jeudi 17 septembre 2026

"L'Égypte au cœur des musées : une minute pour une œuvre d'art" 2026 Metropolitan Museum of Art de New York - 1


 

 

Statuette d'Amon


Statuette du dieu Amon - alliage cuivreux, métaux précieux - Troisième Période Intermédiaire - XXIe - XXIIe dynastie - vers 1070-712 av. J.-C.
provenance inconnue - Metropolitan Museum of  Art de New York - n° 56.17
(par acquisition auprès de Charles E. Morley, à New York en 1956)
 - photo du musée


Des incrustations abondantes, un modelé du corps atypiquement fin et anguleux, ainsi que des traits du visage proches des prototypes thoutmosides du Nouvel Empire ou des premiers prototypes ramessides, suggèrent que cette statuette d'Amon assis date de la Troisième Période Intermédiaire (XXIe - XXIIe dynastie - vers 1070-712 av. J.-C.).

Des caractéristiques techniques telles que la fonte creuse et les bras coulés séparément correspondent bien à cette période.

Le socle antique, réalisé séparément, pourrait avoir été en métal, en bois ou en pierre.

Haute de 15,8 cm, elle est large de 5,1 cm et profonde de 9,7 cm.

Elle est entrée dans les collections du Metropolitan Museum of New York sous le n° 56.17, par acquisition auprès de Charles E. Morley, à New York en 1956.


SOURCES : Notice et informations Metropolitan Museum of Art de New York

https://www.metmuseum.org/art/collection/search/550780



Le petit + d'Ea - égyptophile : 

Dans "Recent Additions to the Egyptian Collection" ("The Metropolitan Museum of Art Bulletin, new ser., vol. 15, n° 3", november 1956), Nora E. Scott décrit ainsi cette statuette sous le n° 19 (pp. 87-88) :

"Le grand dieu Amon : Ce remarquable bronze de la XXIIe dynastie représente le dieu avec les traits du roi régnant, comme il était d'usage. Il porte un collier cérémoniel et un corselet d'armure d'écailles, tous deux incrustés d'or, un pagne finement plissé maintenu par une ceinture à décor à losanges et une couronne, jadis recouverte d'or, dont les plumes caractéristiques ont disparu. Les détails des yeux et la lanière qui soutenait la barbe divine, disparue, sont incrustés d'or. Le dieu tenait jadis un symbole de pouvoir divin dans chaque main".




Pot avec une tête de femme


Flacon avec une tête de femme - céramique peinte - Nouvel Empire - XVIIIe dynastie - vers 1550-1295 av. J.-C.
découvert en 1926 lors de fouilles du Service des antiquités égyptiennes (SAE) dans la nécropole de la pyramide de Teti à Saqqara - Memphis
Metropolitan Museum of Art de New York - n° 26.2.30 
(par acquisition auprès du Gouvernement égyptien en 1926) - photo du musée


Ce pot est représentatif d'un type produit pendant environ un siècle au cours du Nouvel Empire (vers 1450-1350 av. J.-C.). Son iconographie et sa contenance suggèrent qu'il était destiné à contenir du lait maternel. Bien qu'il ait pu être utilisé au quotidien, il était également placé dans les tombes, où son contenu, réel ou symbolique, était censé accompagner la renaissance quotidienne du défunt.

Réalisé en céramique peinte, haut de 15 cm, il est daté du Nouvel Empire, de la XVIIIe dynastie, vers 1550-1295 av. J.-C..

Il  a été découvert en 1926 lors de fouilles menées par le Service des antiquités égyptiennes (SAE) dans la nécropole de la pyramide de Teti à Saqqara - Memphis. A la fin de la mission, il a été acquis auprès du Gouvernement par le Metropolitan Museum of Art de New York et il est entré dans ses collections, la même année, sous le n° 26.2.30.


SOURCES : Notice et informations Metropolitan Museum of Art de New York

https://www.metmuseum.org/art/collection/search/544869



Le petit + d'Ea  - égyptophile : 

Dans "The Scepter of Egypt II", William C. Hayes présente  ainsi ce petit pot en céramique rouge : "il présente un haut en forme de tête humaine coiffée d'une courte perruque noire et ornée d'un collier de perles grossièrement dessiné en noir autour du cou. Muni d'une seule anse, il a été découvert dans les détritus d'une nécropole de la XVIIIe dynastie à Saqqara".

Quant à Christiane Desroches Noblecourt, elle rappelle dans "Pots anthropomorphes et recettes magico-médicales dans l'Égypte ancienne que : "le lait de femme a joué pendant très longtemps un grand rôle dans les traitements médicaux. Hippocrate et Pline, parmi tant d'autres, nous en ont laissé des témoignages écrits"…

 



Amulette représentant 

une colonne papyriforme


Amulette "ouadj" représentant une colonne papyriforme - faïence - Nouvel Empire - Époque ptolémaïque - 1550-30 av. J.-C.
provenance ancienne inconnue - Metropolitan Museum of Art de New York - n° 10.130.1818
(par acquisition, grâce à un don d'Helen Miller Gould en 1910 à la famille du révérend Chauncey Murch qui l'avait achetée en Egypte) - photo du musée


Cette amulette représente un sceptre ou une colonne de papyrus munie d'un anneau de suspension à son sommet. La plante elle-même, de son nom égyptien "ouadj" (qui signifie "vert" ou "frais") et le choix de la faïence vert-bleu évoquent fortement la vie, la vitalité et le pouvoir régénérateur, qualités recherchées chez les vivants comme chez les morts. Les amulettes en forme de colonne de papyrus sont très difficiles à dater. Apparues dès le Nouvel Empire, elles connurent une grande popularité à la Basse Époque.

Réalisée en faïence, celle-ci est haute de 4,6 cm et son diamètre est de 0,8 cm.

Elle était anciennement dans la collection que le révérend Chauncey Murch (décédé en 1907) s'était constituée entre 1883 et 1906 alors qu'il était missionnaire en Égypte. En 1910, grâce à un don d'Helen Miller Gould, elle a pu être acquise auprès de sa famille par le Metropolitan Museum of Art de New York et est entrée dans ses collections sous le n° 10.130.1818.


SOURCES : Notice et informations Metropolitan Museum of Art de New York

https://www.metmuseum.org/fr/art/collection/search/545366



Le petit + d'Ea  - égyptophile  : 

Les amulettes "ouadj" apparaissent au Nouvel Empire mais semblent avoir été vraiment populaires au cours de la XXVIe dynastie. Portées par les vivants pour conjurer les dangers de la vie courante, elles furent aussi, de par leur assimilation à l'idée de renaissance, déposées près du défunt pour l'aider à renaître dans l'au-delà…

"Un talisman, en forme de colonnette s'épanouissant en fleur et recouverte d'inscriptions empruntées au texte spécial des chapitres 159 et 160 du Livre des Morts, était, suivant la prescription de ce livre même, placé au cou des momies. Cette colonnette est toujours en pierre verte (feldspath), car elle reproduit l'hiéroglyphe exprimant l'état de ce qui est vert, verdoyant, et, par suite, florissant et prospère. Le sens de l'amulette s'explique de lui-même..." Albert Daninos-Pacha ("Les Monuments funéraires de l'Égypte ancienne").

 



Oushebti de Seniou


Oushebti de Seniou - stéatite émaillée peinte - Nouvel Empire - début XVIIIe dynastie (règne d'Amenhotep I - Thoutmosis III) - vers 1525-1504 av. J.-C.
découvert lors des fouilles 1918-1919 de l'expédition égyptienne du Metropolitan Museum of Art de New York à Thèbes
près de la Cachette des momies royales - radim de la falaise près tombe MMA 1021 - Metropolitan Museum of Art de New York - n° 19.3.206
(par acquisition lors de la division des trouvailles en 1919) - photo du musée


L'oushebti du grand intendant et scribe Seniou est un exemple particulièrement beau de ce type de figurine funéraire du début du Nouvel Empire. Il est inscrit de la formule garantissant qu'il effectuera certains types de travaux pour le défunt dans l'au-delà. Ces travaux comprenaient l'entretien des canaux d'irrigation et la culture des champs.

Brisé dans l'Antiquité, il avait été réparé, ce qui suggère qu'il était apprécié par son propriétaire.

D'une hauteur de 27,3 cm, d'une largeur de 8 cm et d'un diamètre de 5 cm, il est réalisé en stéatite émaillée peinte. Il est daté du Nouvel Empire, du début de la XVIIIe dynastie (règne d'Amenhotep I - Thoutmosis III), vers 1525-1504 av. J.-C..

Il a été découvert lors des fouilles 1918-1919 de l'expédition égyptienne du Metropolitan Museum of Art de New York à Thèbes, près de la Cachette des momies royales, dans le radim (déblais) de la falaise près de la tombe MMA 1021. Le musée a pu l'acquérir lors de la division des trouvailles en 1919 et il est entré dans ses collections sous le n° 19.3.206.


SOURCES : Notice et informations Metropolitan Museum of Art de New York

https://www.metmuseum.org/art/collection/search/544876



Le petit + d'Ea  - égyptophile : 

Les oushebtis (chaouabtis), qu'ils soient en fritte, en terre cuite, en calcaire ou en bois, sont généralement "momiformes", bras croisés sur la poitrine. Leur rôle est de "servir" le défunt, de se substituer à lui pour accomplir les corvées dans l'au-delà. C'est ainsi qu'au Nouvel Empire, ces "serviteurs" ou "répondants" apparaissent le plus souvent munis de houes, de pioches, de sacs ou paniers. Au fil des siècles, leur nombre ne cessera d'augmenter… Ainsi, en trouve-t-on le plus souvent un pour chaque jour de l’année, chaque dizaine étant encadrée par un "chef d'équipe" (ou "dizainier") représentant alors la figurine en pagne et munie d'un fouet. Les inscriptions qu'ils portent étaient destinées à les "activer" ; "nominatives", elles permettent aujourd'hui d'identifier le défunt auquel ils "répondaient"…




Amulette Tit


Amulette Tit - jaspe - Nouvel Empire - vers 1550-1070 av. J.-C.
découverte à Abydos (tombe D33 - cimetière D) lors des fouilles 1899 - 1900 de l'Egypt Exploration Fund
Metropolitan Museum of Art de New York - n° 00.4.39. 
(par attribution de l'EEF en 1900) - photo du musée


Le symbole Tit représente un morceau de tissu noué dont la signification originelle demeure inconnue. Au Nouvel Empire, il était clairement associé à la déesse Isis, la grande magicienne et épouse d'Osiris. À cette époque, le tit était également associé au sang d'Isis. Ce signe était considéré comme un puissant symbole de protection dans l'au-delà, et le Livre des Morts précise que le tit devait être en pierre rouge sang, comme cet exemplaire, et placé autour du cou du défunt.

Réalisé en jaspe, haut de 6,6 cm, large de 2,8 cm et épais de 0,7 cm, il est daté du Nouvel Empire, vers 1550-1070 av. J.-C..

Il a été trouvé en Haute-Egypte, à Abydos, dans la tombe D33 du cimetière D, lors de fouilles menées en 1899 - 1900 par l'Egypt Exploration Fund. Reçu par l'EEF lors du partage des trouvailles, il a  été attribué au Metropolitan Museum, en 1900, en reconnaissance de sa contribution aux fouilles. Il est entré dans ses collections sous le n° 00.4.39.


SOURCES : Notice et informations Metropolitan Museum of Art de New York

https://www.metmuseum.org/art/collection/search/548207

 

Le petit + d'Ea  - égyptophile : 

Dans "Les pierres précieuses de l'Egypte pharaonique, l'exemple des bijoux du Serapeum de Memphis", Christiane Ziegler présente ainsi les amulettes "Tyt" ("nœud d'Isis") dont l'existence est attestée dès l'Ancien Empire : "De pierre rouge, elles portent souvent un texte gravé, en rapport avec le sang de la déesse Isis. Elles sont en relation avec le mythe d'Osiris, assassiné, puis dépecé par son frère Seth, et dont les membres rassemblés par son épouse Isis vont être ensuite réanimés grâce à son pouvoir magique".

Quant à Jean-Pierre Corteggiani, il réussit, dans "L'Egypte ancienne et ses dieux", à donner du nœud d'Isis cette image assez évocatrice : "Il a la forme d'une croix ansée dont les deux branches latérales seraient des boucles aplaties retombant de part et d'autre de la branche verticale". Il rappelle également que, dans le Livre des Morts, la 'Formule pour le nœud-tit' recommande de l'enfiler sur un fil en fibre de sycomore, puis de le placer au cou de la momie le jour de l'enterrement : ainsi paré, le défunt est assuré, par la vertu des paroles à prononcer, que 'le pouvoir magique d'Isis sera la protection de son corps'".

 



Femmes à un banquet

Tombe de Rekhmirê  - TT 100


Femmes à un banquet - Tombe de Rekhmirê (TT 100) - Cheikh Abd el-Gournah (Thèbes-Ouest)
 Nouvel Empire - XVIIIe dynastie - règne de Thoutmosis III - Amenhotep II - vers 1479 - 1400 av. J.-C.
Fac similé a tempera réalisé en 1925 in situ par Nina de Garis Davies de l'Expédition égyptienne du Metropolitan Museum of Art de New York
Metropolitan Museum of Art de New York - n° 30.4.78 (par acquisition en 1930) - photo du musée


Ce fac-similé reproduit une peinture murale de la tombe de Rekhmirê (TT 100), à Cheikh Abd el-Gournah (Thèbes-Ouest). Cette scène de banquet montre deux invitées et une jeune fille servant un liquide contenu dans une petite fiole. Elle est représentée dans une pose inhabituelle, de dos. La consommation de boissons alcoolisées était un élément central de nombreuses célébrations. Outre la consommation sociale, les participants à certaines fêtes, comme la Fête de la Belle Vallée, buvaient excessivement pour atteindre un état d'ivresse, de désorientation et de somnolence censé permettre la communication avec une divinité ou avec les défunts. À cette fin, des drogues pouvaient également être proposées. De petites fioles, comme celle que tient la servante à gauche, contenaient peut-être des concentrés de plantes ajoutés au vin pour en renforcer les effets. L'inscription qui les accompagne dit : "Passez une bonne journée !"

La scène "originale" date du Nouvel Empire, de la XVIIIe dynastie, du règne de Thoutmosis III - Amenhotep II, vers 1479 - 1400 av. J.-C.. 

Le fac-similé (hauteur 47,5 - largeur 66,5 cm) a été peint, in situ dans la tombe, en 1925, par Nina de Garis Davies, membre de la section graphique de l'Expédition égyptienne du Metropolitan Museum of Art de New York qui en a fait l'acquisition en 1930. Il a été enregistré dans ses collections sous le n° 30.4.78.


SOURCES : Notice et informations Metropolitan Museum of Art de New York

https://www.metmuseum.org/fr/art/collection/search/557623

 

Le petit + d'Ea  - égyptophile :

Anna (Nina) Macferson Cummings est née à Salonique le 6 janvier 1881. Elle suit des cours de dessin et de peinture et, alors qu'elle a 25 ans, rencontre à Alexandrie celui qui, en 1907, deviendra son mari : Norman de Garis Davies. Il connaît bien l'Égypte, il y a déjà travaillé avec William Matthew Flinders Petrie, George A. Reisner et James Henri Breasted. Le couple s'installe en Égypte où Norman prend la direction de la section graphique de l'expédition du Metropolitan Museum of Art (MMA). Nina devient implicitement sa collaboratrice et participe aux relevés effectués dans les tombes thébaines. À l'époque, le fac-similé, dessin et couleur, est le seul moyen de reproduction des scènes… À la technique de l'aquarelle succède celle de la peinture 'a tempera' qui se révèle pleinement satisfaisante. Nina excelle dans la méthode d'application de cette peinture et dans le rendu des couleurs. Une exposition de ses œuvres sera réalisée à Londres, puis Bruxelles et Oxford. Le MET possède 120 relevés, provenant de divers tombes et sites… Elle meurt, le 21 avril 1965, à 84 ans.

 



Statue cube de Tchaouenouaset

fils d'Harsiésis, scribe des offrandes divines


Statue cube de Tchaouenouaset, fils d'Harsiésis, scribe des offrandes divines - dolérite
 Troisième Période intermédiaire (Koushite) - Basse Époque - XXVᵉ-XXVIᵉ dynastie - vers 690-610 av. J.-C.
découverte par Georges Legrain, en 1904, dans la cachette de Karnak - Metropolitan Museum of Art de New York n° 35.9.1
(par don en 1935 de Edward S. Harkness qui l'avait acquise en Égypte avant 1924) - photo du musée


Tchaouenouaset appartenait à une illustre famille de prêtres et vizirs de Thèbes : son père, Harsiésis, son grand-père, Horkhebyt, et son arrière-grand-père, également nommé Harsiésis, sont mentionnés sur la statue.

Le panneau frontal de Tchaouenouaset le représente en train de vénérer le fétiche d'Osiris. La place prépondérante de ce motif, que l'on retrouve plus souvent sur les côtés des statues cube, pourrait être liée au rôle de son fils, Petsios, donateur de la statue, en tant que prêtre d'Osiris Coptite, vénéré dans le complexe de sanctuaires d’Osiris rattaché à Karnak. Ces sanctuaires jouaient un rôle dans les reconstitutions de la résurrection d’Osiris au temple de Karnak. À partir de la fin du Nouvel Empire, le culte d'Osiris s'est de plus en plus imbriqué dans tous les aspects de la pratique religieuse.

Cette statue en dolérite, haute de 25 cm, est datée de la Troisième Période intermédiaire (Koushite) - Basse Époque - de la XXVᵉ-XXVIᵉ dynastie (vers 690-610 av. J.-C.). 

Elle a été découverte par Georges Legrain, en 1904, dans la cachette du temple d'Amon à Karnak (elle est répertoriée dans la base de données en ligne de la cachette de Karnak).

Elle a été acquise par Edward S. Harkness en Égypte avant 1924. En 1935, il en a fait don au Metropolitan Museum of Art de New York et elle est entrée dans ses collections sous le n° 35.9.1.


SOURCES : Notice et informations Metropolitan Museum of Art de New York

https://www.metmuseum.org/art/collection/search/546749

 

Le petit + d'Ea  - égyptophile :

En 1903, Gaston Maspero, directeur du Service des Antiquités de l'Egypte, donne la consigne à Georges Legrain qui est à la tête de la "Direction des travaux de Karnak" depuis 1895 : "de fouiller un endroit mal connu du temple, de préférence aux alentours du lac sacré". L'égyptologue opte alors pour la cour du septième pylône. Le 26 décembre 1903, après avoir mis au jour de nombreux blocs datant du Moyen et du Nouvel Empire, il découvre, en soulevant une stèle de Séthy Ier, une "favissa"… Pendant cinq fructueuses - mais difficiles - saisons "près de 800 statues et 17000 bronzes" seront extraits de cette fosse profonde de 10 à 15 mètres. Ce qui sera dénommé "La Cachette de Karnak" s'inscrit comme l'une des plus belles découvertes égyptologiques du début du XXe siècle ! Comment analyser la présence d'un tel dépôt, ses raisons, et l'époque à laquelle il a été effectué ?

Dans une interview accordée à Egypte-actualités, en novembre 2016 lors de la publication de son ouvrage : "La Cachette de Karnak - Nouvelles perspectives sur les découvertes de Georges Legrain", Laurent Coulon donnait les explications suivantes : "L'hypothèse de Georges Legrain qui situait la date de l'enfouissement des statues à la fin de l'époque ptolémaïque reste la plus crédible. Le réexamen approfondi des données disponibles qu'a mené Emmanuel Jambon montre que ce dépôt a eu lieu en une seule opération et non à différentes époques, car des statues des derniers siècles avant notre ère ont été trouvées au plus profond de la fosse, alors que certaines beaucoup plus anciennes, du Moyen et du Nouvel Empire, se trouvaient dans les strates supérieures. La raison d'être de cet enfouissement massif reste, lui, sujet à débat ; il ne peut pour l'instant être relié à aucun événement précis"…

 



Statue d'Osiris offerte 

par l'astronome de la Maison d'Amon, Ibeb


Statue d'Osiris offert par l'astronome de la Maison d'Amon, Ibeb
bronze au plomb, feuilles de métal précieux, incrustations d'autres matériaux ; bois, peinture (socle)
Troisième Période Intermédiaire - XXIe-XXIVe dynastie - vers 1070-712 av. J.-C.
découverte en Moyenne-Égypte, à Hiba, lors de fouilles menées par l'Egypt Exploration Fund en 1902-1903
Metropolitan Museum of Art de New York n° 03.4.11a-d. (par don en 1903 de l'EEF pour contribution aux fouilles) - photo du musée


Cette statue a été mise au jour à Hiba (ou Teudjoi), ville fortifiée au sud d'Héracléopolis, en Moyenne-Égypte. Ce site constituait un avant-poste important à la limite nord de la partie du pays contrôlée par Thèbes, de la fin du Nouvel Empire jusqu'à la Troisième Période Intermédiaire. Bien que le site n'ait pas fait l'objet de fouilles archéologiques approfondies, il semble que les grands prêtres thébains (et parfois les rois) y aient résidé, et le roi Sheshonq Ier (vers 945-924 av. J.-C.) y fit construire un temple d'Amon. La statue est conservée sur son socle en bois d'origine, portant une inscription hiéroglyphique mentionnant le nom du donateur : "l'astronome de la maison d'Amon Ibeb (Ibi), fils de l'astronome de la maison d'Amon Ankhpekhered". La patine noir brillant actuelle est une patine artificielle appliquée dans les années 1930.

Cette statue, réalisée en bronze au plomb avec des feuilles de métal précieux et des incrustations d'autres matériaux, est haute (hors socle) de 35 cm, large de 12,2 cm et profonde de 9 cm. Son socle, haut de 9,5 cm, large 13,4 cm et profond de 26,2 cm, est en bois avec inscriptions à l'encre ou à la peinture noire. 

Datée de la Troisième Période Intermédiaire, de la XXIe-XXIVe dynastie, vers 1070-712 av. J.-C., elle a été découverte lors de fouilles menées à Hiba par l'Egypt Exploration Fund en 1902-1903. L'EEF a pu l'acquérir lors du partage des trouvailles et l'a donnée au Metropolitan Museum of Art de New York en 1903, pour sa contribution aux fouilles. Elle a été enregistrée sous le n° 03.4.11a-d.


SOURCES : Notice et informations Metropolitan Museum of Art de New York

https://www.metmuseum.org/art/collection/search/547898

 

Le petit + d'Ea  - égyptophile :

Dans "Les Portes du Ciel", Florence Gombert précise que, à partir du VIe siècle le dieu Osiris "connaît une faveur particulière comme divinité renaissante et à l'échelle du pays entier, comme incarnation de la fertilité sans cesse renouvelée par la crue du Nil".

Dans "Le crépuscule des pharaons", Laurent Coulon souligne que : "Les recensements qui ont pu être faits dans les sanctuaires recevant des ex-voto de tout type, tels que ceux associés aux catacombes d'animaux sacrés, ou sur des dépôts massifs comme ceux du Sérapeum de Memphis ou de la cachette de Karnak, montrent que les effigies osiriennes surpassaient en nombre celles de tous les autres dieux, même quand il s'agissait des divinités locales. Osiris incarnait, par excellence, ce don de vie qui était l'objet même de la consécration d'une statuette par un fidèle"… 

 



Situle à décor floral du trésor de Tell Basta


Situle à décor floral - électrum - Nouvel Empire - XIXe dynastie ramesside - règne de Ramsès II ou légèrement postérieur - vers 1279-1213 av. J.-C.
provenant du temple de Tell Basta à Bubastis - découverte à Tell Basta lors de la construction d'une voie ferrée en 1906
Metropolitan Museum of Art de New York - n° 07.228.22
(par acquisition auprès de l'antiquaire Maurice Nahman, en 1907) - photo du musée


Le vin était une boisson prisée, dès les premiers temps en Égypte, bien que les services à vin y soient relativement récents, les passoires n'ayant été retrouvées qu'au début du Nouvel Empire. L'importance du vin s'accrut durant cette période, les boissons enivrantes jouant un rôle prépondérant lors des fêtes et des célébrations communautaires. Associées à Bastet et à d'autres déesses félines, ces boissons permettaient à ceux qui les consommaient de simuler l'ivresse qui apaisait les déesses.

De telles pratiques avaient probablement lieu lors des fêtes en l'honneur de Bastet à Tell Basta (Bubastis) où ces vases ont été découverts. Ils étaient enfouis dans deux caches antiques près du temple de Bastet, avec des bijoux en argent et en or, des lingots et divers objets de moindre valeur. Rares dans l'Antiquité, la plupart des vases en argent et en or étaient ensuite fondus et réutilisés pour de nouvelles réalisations. Les trésors de Tell Basta constituent donc des découvertes exceptionnelles. Les situles faisaient partie de services à vin, apparemment utilisés pour déguster le vin. Cet exemplaire en électrum est orné de feuilles d'olivier autour du col et d'un calice de lotus enserrant la base.

Cette situle à décor floral est haute de 13,8 cm et a un diamètre de 4,8 cm. Elle est datée du Nouvel Empire, de la XIXe dynastie ramesside, règne de Ramsès II ou légèrement postérieur, vers 1279-1213 av. J.-C..

Découverte à Tell Basta lors de la construction du chemin de fer en 1906, elle a été acquise auprès de l'antiquaire cairote Maurice Nahman, en 1907, par le Metropolitan Museum of Art de New York et a été enregistrée dans ses collections sous le n° 07.228.22.


SOURCES : Notice et informations Metropolitan Museum of Art de New York

https://www.metmuseum.org/art/collection/search/548210

 

Le petit + d'Ea  - égyptophile :

Dans ses "Essais sur l'art égyptien", l'égyptologue Gaston Maspero consacre tout un chapitre à cette découverte aussi fortuite qu'incroyable des "Trésors de Zagazig" (Bubastis, Tell Basta) : "Une fois de plus, le hasard nous a bien servis. Des ouvriers qui pratiquaient un remblai de voie ferrée près de Zagazig, sur l'emplacement de l'ancienne Bubastis, découvrirent, le 22 septembre 1906, dans les ruines d'une maison en briques, un véritable trésor de bijoux et d'orfèvreries égyptiennes. Ils espéraient être seuls à profiter de la trouvaille, mais l'un de nos surveillants les avait vus, sans en rien manifester sur le moment de peur d'être maltraité par eux : le lendemain, il fit son rapport à l'inspecteur indigène, Mohammed Effendi Chaban, qui mit aussitôt la police à leurs trousses et qui prévint son chef, M. Edgar, inspecteur général des Antiquités pour les provinces du Delta". Et l'histoire ne s'arrête pas là…"Le 17 octobre un ouvrier mit à nu d'un coup de pioche plusieurs morceaux de vases en argent : il essaya de les dissimuler, mais nos ghafirs les empêchèrent et la fouille continua sous la protection de la police. Les objets gisaient en un tas, l'or entre deux couches d'argent; le soir même, ils étaient en sûreté." Suite à ces "trouvailles", des perquisitions permirent de remettre la main sur certains des artefacts indélicatement subtilisés, alors que d'autres se retrouvèrent sur le marché des antiquités. C'est ainsi que Maurice Nahman un antiquaire bien connu sur la place du Caire en proposera à la vente…"




Partie supérieure 

d'une statue assise d'une reine (Ahmès-Nefertari ?)


Partie supérieure d'une statue assise d'une reine (Ahmès-Nefertari ?) - calcaire induré peint
 XVIIe dynastie - début XVIIIe dynastie - vers 1580-1550 av. J.-C.
découverte dans l'Assassif - déblais de la cour CC 41 - par l'expédition du Metropolitan Museum of Art de New York lors des fouilles 1915-1916
Metropolitan Museum of Art de New York - n° 16.10.224
(par acquisition lors du partage des trouvailles en 1916) - photo du musée


Cette représentation d'une reine coiffée d'une parure de vautour sur une volumineuse perruque tripartite a été détachée de son pilier dorsal dans l'Antiquité, probablement par quelqu'un qui souhaitait utiliser ce fragment de pierre à la forme pratique à d'autres fins. Il est possible qu'un roi (son père, son fils ou son époux) ait été initialement représenté assis à ses côtés. La sculpture a été provisoirement identifiée comme étant celle de la reine Ahmès- Nefertari, mère d'Amenhotep Ier, et datée du règne d'Ahmose (vers 1550-1525 av. J.-C.), au tout début de la XVIIIe dynastie. Cependant, la remarquable planéité du visage et de la perruque rappelle certaines œuvres de la XVIIe dynastie, et l'intrigante interaction des muscles charnus dans la partie inférieure du visage évoque même les images de la fin du Moyen Empire. Cette combinaison de traits stylistiques s'explique au mieux par la période artistique d'une grande richesse qui sépare la fin du Moyen Empire du début du Nouvel Empire.

La datation retenue est fin de la XVIIe dynastie - début de la XVIIIe dynastie (vers 1580-1550 av. J.-C.).

Réalisée en calcaire induré peint, cette représentation est haute de 28 cm, large de 17,8 cm et son diamètre est de 10 cm.

Elle a été découverte en Haute-Égypte, à Thèbes, dans l'Assassif, dans les déblais de la cour CC 41 lors de fouilles menées par l'expédition du Metropolitan Museum of Art de New York en 1915-1916. Le musée a pu l'acquérir lors du partage des trouvailles, en 1916, et elle est entrée dans ses collections sous le n° 16.10.224.


SOURCES : Notice et informations Metropolitan Museum of Art de New York

https://www.metmuseum.org/art/collection/search/544454

 

Le petit + d'Ea  - égyptophile :

Dans "Hatshepsut : From Queen to Pharaoh" ("Metropolitan Museum of Art, n° 8", pp. 29-30), Edna R. Russmann apporte ces précieuses précisions : "Malheureusement, le nom de cette reine a été perdu lors de la découverte du buste dans Assassif, sur la rive ouest de Thèbes, par le Metropolitan Museum. Il ne se trouvait pas à son emplacement d'origine. Dans le terrain fortement perturbé de cette zone de la nécropole thébaine, continuellement réutilisée pendant des siècles, la seule structure connue datant du début de la XVIIIe dynastie est une chapelle érigée par Amenhotep Ier. Bien des années plus tard, elle devint un sanctuaire dédié à ce roi, qui avait été divinisé, et surtout à sa mère, la reine divinisée Ahmès-Nefertari. L'introduction de son culte était probablement due à son importance originelle dans la région, car sa tombe se trouvait certainement à proximité, ainsi que d'autres structures aujourd'hui disparues. Bien que des statues plus tardives d'Ahmès-Néfertari divinisée existent, aucune représentation contemporaine de la grande reine n'est connue. Bien qu'il soit fort possible que ce buste la représente et qu'il ait été réalisé de son vivant ou peu après, il est peu probable que nous le sachions un jour avec certitude…"

 



 

 

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