Dieu enfant coiffé d'un némès
et portant une couronne hemhem
Cette statuette représente un dieu enfant en position assise ou allongée, portant la couronne hemhem et le némès. La couronne hemhem, coulée séparément du dieu enfant, était insérée et fixée au sommet de sa tête. Le dieu enfant se distingue généralement des dieux adultes par divers indices iconographiques : sa nudité, le doigt porté à la bouche (un geste enfantin) et l'épaisse mèche de cheveux attachée au côté droit de son némès. Les dieux enfants sont souvent associés à la royauté, et la couronne hemhem de ce dieu est une couronne royale élaborée aux connotations solaires, ici mises en valeur non seulement par les disques solaires au sommet de la couronne, mais aussi par ceux incisés à la base de chaque élément de la couronne hemhem. Par ailleurs, le ventre rond et bien nourri du dieu enfant symbolise son pouvoir d'apporter prospérité et abondance.
Les dieux enfants gagnèrent en popularité et en culte à partir de la Troisième Période Intermédiaire, rivalisant même avec les dieux les plus puissants et les plus anciens, notamment comme offrandes dans les temples. Le plus connu est Horus l'Enfant (Harpocrate), fils d'Isis et d'Osiris, mais il en existait beaucoup d'autres, comme Khonsou l'Enfant, Ihy et Harsiesis. Il est donc difficile d'identifier précisément cette statuette en l'absence d'inscription.
Réalisée en métal cuivreux, haute de 24,7 cm, large de 9,9 cm, profonde de 8,7 cm, elle est datée de la période ptolémaïque - Basse Époque - vers 664-30 av. J.-C..
Acquise auprès de Maximillian Lowy, Collector's Corner, New York en 1964 par le Metropolitan Museum of Art de New York, elle est entrée dans ses collections sous le n° 64.77.
SOURCES : Notice et informations Metropolitan Museum of Art de New York
https://www.metmuseum.org/art/collection/search/545838
Le petit + d'Ea - égyptophile :
Les couronnes comptent parmi les principaux attributs des pharaons et des divinités. Elles revêtent différentes formes et les éléments qui les composent sont autant de symboliques associées et conjuguées…
Ainsi la couronne "hemhem" est-elle particulièrement "chargée" puisqu'elle représente une triple couronne "atef" posée sur des cornes de bélier horizontales et ornée de disques solaires. Elle symboliserait, selon Isabelle Franco ("Dictionnaire de mythologie égyptienne") : "le triomphe de la lumière solaire et, portée par le roi renaissant et certains dieux enfants, elle atteste de la réussite des forces de la vie. Le terme hemhem est un cri de guerre qui évoque le rugissement du lion, autre image du soleil victorieux".
Oiseaux en cage et porteurs d'offrandes :
relief de la tombe de Montouemhat
Montouemhat exerçait un pouvoir quasi absolu sur Thèbes, conjointement avec l'Épouse du Dieu, durant une partie de la XXVᵉ dynastie et au début de la XXVIᵉ. Il fit construire un vaste tombeau à Assassif, à l'instar d'autres personnes importantes de la fin de la XXVᵉ dynastie et de la XXVIᵉ dynastie, la plupart étant étroitement liées à l'Épouse du Dieu. Cet immense tombeau est parfois qualifié de tombeau-palais. Il est marqué à son extrémité orientale par un grand pylône de briques surmonté d'une arche. L'entrée principale se fait par une porte et un passage descendant situés à l'angle nord-est d'une vaste cour ouverte en contrebas, à l'ouest du pylône. Une seconde cour ouverte, plus petite, suit. Des pièces et des couloirs souterrains s'articulent autour de ces cours, et des couloirs descendants se prolongent vers l'ouest jusqu'à des suites de pièces et la chambre funéraire. Bien que certaines parties soient connues depuis longtemps, cet immense édifice n'a été entièrement dégagé que récemment, et le tombeau fait toujours l'objet d'études. Bien que la pierre soit de mauvaise qualité et que les murs ornés de reliefs à l'intérieur du tombeau soient fortement endommagés, ce relief a été attribué au portique ouest qui s'ouvre à l'ouest de la première cour en contrebas et mène à la seconde. Il s'agit du seul endroit connu à ce jour présentant un relief en cours d'exécution, et d'autres fragments qui peuvent y être rattachés présentent des similitudes avec le relief actuel par leur sujet.
Le relief représente quatre oiseaux dans une cage, tandis que des chasseurs tentent d'y enfermer d'autres oiseaux, et qu'un canard essaie de s'échapper. Les scènes de chasse aux oiseaux sont souvent associées à des scènes de pêche et à des activités similaires. Bien que nombre de ces grands tombeaux d'Assassif aient été inspirés par les tombeaux peints de la XVIIIe dynastie situés à proximité, et bien que le sujet général se retrouve dans ces tombeaux, aucun modèle proche n'a été identifié.
Ce relief en calcaire peint de la tombe de Montouemhat (TT 34 - Assassif) est haut de 10,3 cm, large de 19,3 cm et profond de 3,4 cm. Il est daté de la période tardive, koushite ou postérieure, XXVᵉ-XXVIᵉ dynastie, vers 680-650 av. J.-C..
Acquis en Suisse en 1965 auprès de Nicolas Koutoulakis par le Metropolitan Museum of Art de New York, il est entré dans ses collections sous le n° 65.59.2.
SOURCES : Notice et informations Metropolitan Museum of Art de New York
https://www.metmuseum.org/fr/art/collection/search/545866
Le petit + d'Ea - égyptophile :
"Aux deux titres que Montouemhat porte le plus souvent parmi tous ceux qu'il possède, l'adresse à Amon ajoute celui de 'gouverneur de la Haute-Egypte' ; avec son titre de 'prince de la ville', c'est certainement celui qui est le plus réel pour Montouemhat, individu habile qui commença sa carrière sous Taharqa, parvint à rester en poste sous les Assyriens en obtenant l'investiture d'Assarhadon, et sut garder les mêmes fonctions au début du règne de Psamétique Ier après le changement de dynastie. Le fait qu'un tel personnage ne soit que 'quatrième prophète d'Amon' atteste qu'à l'époque des Divines Adoratrices le clergé masculin avait perdu l'essentiel de son pouvoir" (Jean-Pierre Corteggiani, "L'Egypte ancienne et ses dieux", Fayard, 2007, p. 156, à propos du buste n° 893 trouvé par Margaret Benson dans le temple de Mout à Karnak, en 1897).
Partie supérieure d'un sistre à naos
en faïence
Cette partie supérieure d'un sistre à naos conserve la tête et les volutes dérivées du fétiche de Bat, ainsi que le cadre du naos avec l'uræus à son extrémité inférieure. L'emblème d'Hathor porte la perruque lisse, caractéristique de la Basse Époque, contrairement à la perruque bouclée que l'on observe sur certains sistres.
Le visage de la déesse est toujours large aux joues et aplati au menton, mais sa forme quadrangulaire est ici accentuée par la ligne des cheveux retombant sur son front et derrière ses oreilles, ainsi que par son menton résolument carré. Ce caractère anguleux ainsi que sa couleur bleu vif suggèrent qu'elle pourrait être légèrement antérieure à certaines autres présentées dans notre musée ; cette angulosité se retrouve notamment dans les représentations du dieu Bès de la Troisième Période Intermédiaire.
Trois trous de chaque côté permettent le passage de fils métalliques pour fixer des disques à grelots. Bien que la faïence soit un matériau relativement fragile comparé au bois ou au métal, rien n'empêche qu'un sistre en faïence soit à usage unique ou utilisé pour une fête. Les traces d'usure autour des trous suggèrent que des fils étaient effectivement insérés et que l'instrument a été utilisé.
Réalisé en faïence, haut de 19 cm, large de 7,3 cm et profond de 3,5 cm, il est daté de la Troisième Période Intermédiaire - Basse Époque - XXIIe-XXVIe dynasties, vers 750-525 av. J.-C..
Acheté par Lord Carnarvon au Caire auprès de Ralph Blanchard, avant 1923, il était ainsi dans la collection qui fut acquise à sa veuve Lady Almina, en 1926, par le Metropolitan Museum of Art de New York. Il a été enregistré au musée sous le n° 26.7.986.
SOURCES : Notice et informations Metropolitan Museum of Art de New York
https://www.metmuseum.org/art/collection/search/552831
Le petit + d'Ea - égyptophile :
Le sistre, et particulièrement celui en forme de temple dit "sistre à naos", est apparu pour la première fois en Égypte à l'Ancien Empire (2700 - 2200 av. J.-C.). Son tintement est paré de vertus magiques : il est capable d'apaiser les dieux, d'attirer leur protection et d'éloigner les mauvais esprits. Et, si les prêtres ritualistes l'agitent lors de cérémonies, il est plus généralement un instrument "féminin".
Dans l'étude "Petrified Sound and Digital Color : A Hathor Column in the New Ptolemaic Galleries", publiée en août 2016 par le Metropolitan Museum of Art, Dieter Arnold, Ann Heywood et Sara Chen développent cette interprétation fort intéressante : "L'instrument de musique représentait de façon si caractéristique la déesse qu'il inspira les constructeurs de temple de la 18e dynastie à utiliser des colonnes reprenant la forme de cet emblème dans les temples des divinités féminines. La forme de base du chapiteau en forme de sistre apparaît également dans de nombreuses variations et combinaisons avec d'autres formes de chapiteau sur les colonnes et les piliers carrés. De telles rangées de colonnes de sistres pourraient également être comprises comme une sorte de 'barrière sonore pétrifiée' jouant doucement de la musique autour du sanctuaire d'Hathor et évoquant magiquement l'apparence de la déesse."
Boucle d'oreille à tête de taureau
Les anneaux en fil enroulé, agrémentés d'une tête d'animal, constituent le type de boucles d'oreille hellénistiques le plus courant. La boucle d'oreille à tête de taureau est présente dans toute la Méditerranée, probablement une image positive en raison des prouesses physiques et sexuelles attribuées aux taureaux.
Des exemples comme celui-ci, orné d'une perle d'or ou de pierre incorporée au collier derrière la tête de l'animal, datent principalement des IIe et Ier siècles av. J.-C..
Réalisée en or, haute de 3,7 cm et large de 4,1 cm, elle est datée de la Période ptolémaïque IIe-Ier siècle av. J.-C..
Elle était dans la collection de Theodore M. Davis, qui l'a léguée, en 1915, au Metropolitan Museum of Art de New York où elle a été enregistrée sous le n° 30.8.395.
SOURCES : Notice et informations Metropolitan Museum of Art de New York
https://www.metmuseum.org/fr/art/collection/search/551354
Le petit + d'Ea - égyptophile :
Dans sa thèse "Gold jewellery in Ptolemaic, Roman and Byzantine Egypt", Jack M. Ogden précise :
"Les boucles d'oreille créoles à tête d'animal sont le type de boucle d'oreille en or le plus courant du monde hellénistique. Ce type dérive peut-être des formes étrusques, et non persanes, et est apparu en Égypte au début de l'époque ptolémaïque. La forme essentielle est un anneau effilé, généralement composé de fils torsadés, se terminant par une tête d'animal. Les premiers exemples sont robustes et épurés, dans le style maniéré du début de l'époque hellénistique. Cette simplicité s'est atténuée avec l'engouement croissant pour les pierres de couleur, et les formes ultérieures s'inscrivent dans le goût flamboyant mais fragile du baroque hellénistique tardif".
L'auteur distingue quatre principaux types de boucles d'oreille à tête d'animal en Égypte ; celle-ci appartient au "type c" :
"c) Type de collier à perles. Ce type s'est progressivement développé au cours de la période hellénistique, mais il est plus typique des IIe et Ier siècles av. J.-C. La plupart des colliers présentent des têtes de taureau. Sa caractéristique est la perle sphérique en or ou en pierre qui fait partie du collier. Lorsque le collier comporte une perle en pierre, celle-ci est enfilée sur un fil métallique qui relie l'anneau à la tête. Ce fil métallique ressort parfois sous le museau pour former la boucle de fixation ; dans ce cas, la boucle de fixation est dans l'axe du museau…"
Linteau et relief du tombeau de Mereri,
surintendant des prêtres et gardien
du bétail sacré, décrivant sa vie exemplaire
Après la faiblesse de la VIIIe dynastie, aucun pharaon ne prétendit régner sur l'ensemble du pays. Les historiens appellent la phase suivante de l'histoire égyptienne la Première Période Intermédiaire. Le déclin de la cohésion politique était dû à de graves problèmes économiques. Le Proche-Orient ancien connut alors des changements climatiques et l'Égypte devint de plus en plus aride. La faiblesse des crues annuelles du Nil aggrava la situation. Le redressement final est dû aux dirigeants locaux, qui gérèrent les difficultés région par région et mirent en place de nouvelles méthodes d'irrigation. Finalement, deux grands centres de pouvoir émergèrent : un centre septentrional, gouverné depuis Héracléopolis Magna (Ehnasya el-Medina), juste au sud de l'entrée du Fayoum (IXe et Xe dynasties), et un centre méridional, basé à Thèbes en Haute-Égypte (XIe dynastie). Les deux entités parvinrent à s'assurer l'allégeance des régions voisines et la vallée du Nil se trouva politiquement coupée en deux, la frontière fluctuant au sud et au nord d'Abydos. Dendérah, située dans la région d'Abydos, témoigne de ces allégeances changeantes.
Les titres de Mereri indiquent qu'il jouait un rôle important dans le culte d'Hathor de Dendérah, notamment en tant que responsable des vêtements de l'image de culte. Il fit construire un mastaba en briques de terre crue de grande taille sur le site. La façade orientale présentait une frise autobiographique à un seul registre en guise de corniche. L'entrée, surmontée d'une architrave inscrite, menait, par un passage orné de reliefs, à une longue salle rectangulaire abritant treize niches contenant des stèles. La fausse porte du propriétaire se trouvait dans une salle d'offrandes intérieure. Au nord du mastaba, une entrée permettait d'accéder à la chambre funéraire par un tunnel voûté.
Ce fragment représente Mereri lui-même tenant son bâton et un sceptre. On pense qu'il était placé dans le passage menant à la première chambre, probablement avec deux registres de troupeaux.
Réalisé en calcaire, haut de 50 cm et large de 44 cm, il est daté de la Première Période Intermédiaire, de la IXe dynastie, vers 2100-2030 av. J.-C..
Ill a été découvert dans le tombeau, situé derrière le temple d'Hathor, lors de fouilles menées en 1898 par William Matthew Flinders Petrie pour l'Egypt Exploration Fund. Le relief a été attribué par le gouvernement égyptien à l'EEF qui l'a donné au Metropolitan Museum of Art de New York en contrepartie de sa contribution. Il a été enregistré dans ses collections sous le n° 98.4.2f
SOURCES : Notice et informations Metropolitan Museum of Art de New York
https://www.metmuseum.org/art/collection/search/552244
Le petit + d'Ea - égyptophile :
Voici l'introduction de William Matthew Flinders Petrie à son ouvrage "Dendereh, 1898, Memoir of the Egypt Exploration Fund, 17" (London, 1900) :
"Pour la plupart des gens, Dendérah n'est qu'un nom de temple ; l'un des plus grands, des mieux conservés et des plus populaires exemples d'architecture égyptienne, visité et admiré par tous les touristes, escale incontournable de tous les bateaux à vapeur. Les volumineux volumes dans lesquels Mariette publia les inscriptions mises au jour sous sa direction pourraient laisser penser qu'il n'y avait plus rien à faire à Dendérah. Mais à côté du temple se trouvait une ville, restée intacte jusqu'alors, hormis les fouilles des indigènes. Les habitants de cette ville étaient enterrés dans un vaste cimetière désertique, derrière la ville, qui n'avait jamais fait l'objet de recherches scientifiques. Avec l'inconscience habituelle, des dealers furent tentés, ces dernières années, de venir piller les lieux ; mais, heureusement, leurs entreprises furent infructueuses car ils ne firent que rouvrir des tombes déjà pillées, sans chercher les sculptures extérieures. Un cimetière d'une capitale de nome, encore inexploré à l'époque moderne, constituait donc un site prometteur pour les études historiques. La ville était connue pour être ancienne, et il était possible qu'elle se révèle préhistorique ; de nombreuses questions restaient à résoudre, et les perspectives de résultats étaient prometteuses. J'ai donc sollicité, au nom de l'Egypt Exploration Fund, l'autorisation de fouiller à Dendérah, et vers l'ouest jusqu'à Hou…".
Visage d'une statue composite,
représentant probablement la reine Tiyi
Cette tête en quartzite appartenait autrefois à une statue composite réalisée à partir de plusieurs matériaux différents. La couleur de la pierre (le rouge étant la couleur traditionnellement associée aux hommes) a d'abord permis d'identifier le sujet comme étant Akhenaton. Cependant, la représentation semble avoir porté la perruque tripartite classique, dont deux mèches épaisses encadrent le visage tandis qu'une troisième partie retombe dans le dos. Cette perruque et la grande ressemblance du visage avec les représentations connues de la mère d'Akhenaton, la reine Tiyi, rendent quasi certaine qu'il s'agit bien d'elle.
Le modelé fin du visage est caractéristique de l'atelier du sculpteur Thoutmosis sur le site d'Amarna. La découverte de moulages en plâtre dans l'atelier de Thoutmosis suggère que cette tête faisait peut-être partie d'une statue de groupe représentant Akhenaton avec ses parents, Tiyi et Amenhotep III.
Haute de 13,3 cm, large de 12,5 cm, profonde de 12,4 cm, elle pourrait provenir d'Amarna.
Elle est datée du Nouvel Empire, de la XVIIIe dynastie, de la période amarnienne, des règnes d'Amenhotep III ou d'Akhenaton, vers 1353-1336 av. J.-C..
Acquise au Caire auprès de l'antiquaire Maurice Nahman en 1911, par le Metropolitan Museum of Art de New York elle est entrée dans ses collections sous le n° 11.150.26.
SOURCES : Notice et informations Metropolitan Museum of Art de New York
https://www.metmuseum.org/art/collection/search/544693
Le petit + d'Ea - égyptophile :
Dans "The Royal Women of Amarna", Dorothea Arnold fait cette intéressante analyse : "La tête du Metropolitan devait autrefois appartenir à une statue aux deux tiers de la taille humaine, qui était composée de divers matériaux en pierre ; sa tête, ses bras et ses pieds auraient été faits de quartzite. Le dos et le haut de la tête étaient préparés pour recevoir soit une couronne, soit une perruque. En raison des similitudes entre la pièce du Metropolitan Museum et la tête en bois de la reine Tiyi à Berlin, l’identification de Tiyi semble certaine, malgré la couleur rougeâtre foncé de la pierre, qui avait conduit les chercheurs à décrire la tête comme masculine. Bien que les femmes égyptiennes soient généralement représentées avec une carnation jaune, pendant la période d’Amarna, les images des princesses royales et de la reine Néfertiti étaient faites de quartzite brun foncé ou rougeâtre"…
Statue d'Imhotep assis
Imhotep fut le fonctionnaire qui supervisa la construction de la première pyramide de pierre monumentale d'Égypte, au début de la IIIe dynastie (env. 2650-2600 av. J.-C.). L'importance de cet accomplissement marqua tellement les Égyptiens qu'Imhotep fut honoré et commémoré tout au long de l'histoire égyptienne. Dès le Nouvel Empire, il fut invoqué comme le protecteur de l'écriture et de la sagesse, et à l'époque de la réalisation de cette statue, il avait acquis un statut pleinement divin, avec sa propre mythologie et son propre culte. Imhotep était également invoqué pour son intercession en cas de maladie et d'infertilité, et il fut plus tard assimilé par les Grecs à leur propre dieu de la médecine, Asclépios.
Imhotep est presque toujours représenté avec les cheveux courts ou coiffé d'une calotte, assis et tenant un rouleau de papyrus ouvert. Dans cet exemple, la représentation finement incrustée du dieu est réalisée séparément de son siège et de son socle richement décorés. Le fauteuil est haut avec un dossier arrondi. Son assise est ornée d'une moulure élaborée en forme de cavetto et ses pieds sont reliés par des panneaux ajourés verticalement.
Réalisée en métal cuivreux avec incrustations de métaux précieux, cette statue est haute de 14 cm, large de 4,8 cm et profonde de 9,8 cm. Datée de la période ptolémaïque, vers 332-30 av. J.-C., elle provient du Delta et a été acquise par Lord Carnarvon au Caire avant 1923. Elle était ainsi dans sa collection qui fut acquise à sa veuve Lady Almina, en 1926, par le Metropolitan Museum of Art de New York. Elle a été enregistré au musée sous le n° 26.7.852a, b.
SOURCES : Notice et informations Metropolitan Museum of Art de New York
https://www.metmuseum.org/art/collection/search/548300
Le petit + d'Ea - égyptophile :
Ce type de statuette votive d'Imhotep, le plus souvent en bronze ou alliage de bonze, était produit en grande série à la Basse Epoque, ce qui explique non seulement que l'on en retrouve dans la plupart des départements égyptiens des musées, mais à quel point son culte était populaire…
Imhotep, comme le précise Jean-Pierre Corteggiani : "fut d'abord considéré comme un sage, puis la tradition, qui avait ajouté à ses titres ceux de prêtre lecteur et de vizir, en fit le patron des scribes au Nouvel Empire… Il fut vénéré comme un dieu à compter de la XXVIe dynastie, les théologiens faisant de lui le "fils de Ptah"… Dès lors les inscriptions qui accompagnent ces images le présentent comme 'l'auguste dieu qui fait vivre les hommes', ou encore comme 'le plus grand des médecins', 'celui qui soigne la maladie et qui guérit les membres', très souvent qualifié de 'grand', 'il écoute les prières' et vient vers ceux qui l'implorent, protégeant la femme enceinte et donnant un enfant à celle qui était stérile… "
Buste d'ancêtre
Durant la période ramesside, des bustes d'ancêtres étaient placés dans des niches des maisons du village de Deir el-Médineh ou dans des tombes des cimetières environnants. On en a également retrouvé sur d'autres sites, comme à Abydos. Cet exemplaire est remarquable par ses dimensions imposantes, la finesse de la sculpture des traits du visage et la richesse de sa décoration peinte, exceptionnellement bien conservée.
Réalisé en calcaire peint, il est haut de 41,2 cm, large de 24,5 cm et profond de 16 cm. Daté du Nouvel Empire, de la période ramesside, du début de la XIXᵉ dynastie, vers 1320-1237 av. J.-C., il provient probablement de Deir el-Medineh.
Il était, avant 1943, dans la collection Levi de Benzion qui a été vendue au Caire en 1947. Il s'est ensuite retrouvé chez l'antiquaire cairote Tano où Albert Gallatin l'a acquis en 1950. Il était ainsi dans la Collection Albert Gallatin, acquise par le Metropolitan Museum of Art de New York en 1966. Il a été enregistré sous le n° 66.99.45.
SOURCES : Notice et informations Metropolitan Museum of Art de New York
https://www.metmuseum.org/art/collection/search/545914
Le petit + d'Ea - égyptophile :
"Les termes 'bustes de laraires' ou 'bustes des ancêtres' se réfèrent habituellement à de petits bustes anthropomorphes de calcaire, de grès, de bois ou d'argile. Ce sont des bustes très simplifiés, sans bras, avec le crâne rasé ou pourvu d'une perruque plus ou moins élaborée. Ils portent rarement des inscriptions et restent le plus souvent anonymes… Leur fonction d'objet de culte est confirmée par des scènes sur deux petites stèles montrant que des offrandes étaient présentées à ces statuettes…" précise Robert J. Demarée dans "Les artistes de pharaon, Deir el-Medineh et la Vallée des Rois" (Louvre, 2002).
Ce corps momifié conserve ses bandelettes de lin d'origine et appartient à une femme dont le nom est inconnu. Les bandelettes et le revêtement de la momie sont représentatifs des coutumes en vigueur à l'époque des dernières inhumations, selon la tradition égyptienne. La tête de la femme, couronnée de fleurs, repose sur un oreiller d'or. Sa tunique blanche est ornée de larges clavi (rayures) noires, et elle porte un manteau orné d'orbiculi (ornements circulaires) noir verdâtre, ornements populaires à partir de la fin du IIIe siècle.
De nombreuses sépultures de l'époque romaine ont été découvertes dans les parvis du temple du roi Montouhotep II (env. 2061-2010 av. J.-C.). Le temple du roi n'était plus en activité, mais le temple voisin d'Hatchepsout servait de sanctuaire au dieu grec Asclépios et aux sages égyptiens divinisés Imhotep et Amenhotep, fils d'Hapou. Les pèlerins y séjournaient en vue d'une guérison magique de leurs maux et une sépulture à proximité était considérée comme bénéfique pour le défunt.
Outre le corps humain momifié, cette momie est composée de lin, de plâtre, de peinture et de matériaux de momification. Elle est longue de 156,5 cm, large de 33 cm et haute de 26,5 cm.
Datée de l'époque romaine, vers 270-280 apr. J.-C., elle a été découverte à Deir el-Bahari, sur le parvis du temple de Montouhotep II, dans une tombe peu profonde à l’ouest de l’ancienne maison de Naville, lors des fouilles 1923-1924 du Metropolitan Museum of Art de New York.
En 1925, lors du partage des trouvailles, le musée a pu l'acquérir et elle est entrée dans ses collections sous le n° 25.3.219.
SOURCES : Notice et informations Metropolitan Museum of Art de New York
https://www.metmuseum.org/art/collection/search/547758
Le petit + d'Ea - égyptophile :
Dans "Portraits de l'Égypte romaine", à propos d'un masque du même type, Marie-France Aubert et Roberta Cortopassi apportent ces précisions : "De nombreux exemplaires de ce type de masque plastron ont été découverts à Deir el-Bahari, ultimes exemples de la tradition funéraire du cartonnage. Ils étaient cousus et attachés par des liens au linceul enveloppant la momie. Le buste du défunt est peint sur une toile grossière découpée en forme de niche. La tête, seul élément en relief, est faite de toile de lin agglomérée et stuquée. A part quelques détails vestimentaires, l'iconographie est toujours la même… "
Sa tête est ceinte d'une couronne à cabochons en relief. A son cou sont accrochés plusieurs colliers et ses oreilles sont ornées d'imposantes boucles dorées ... De sa main gauche, elle tient une guirlande de fleurs et de la droite un canthare, une 'coupe à anses'.
Relief représentant deux princesses
La démonstration d'affection dans ce détail représentant deux des filles d'Akhenaton est caractéristique de l'intimité admise dans les représentations de la famille royale durant la période amarnienne. Bien que les gestes affectueux ne soient pas totalement inconnus dans l'art royal d'autres époques, la pose décontractée et la représentation frontale du buste de l'aînée sont sans précédent parmi les figures royales et extrêmement rares dans tout type de représentation durant les autres périodes de l'art égyptien.
Ce relief en calcaire peint est haut de 21,2 cm, large de 29,2 cm et profond de 2,2 cm. Il est daté du Nouvel Empire, de la XVIIIe dynastie, du règne d'Akhenaton, vers 1353-1336 av. J.-C..
Il a été découvert en Moyenne-Égypte, à Hermopolis (Ashmounein - Khemenou), dans les fondations du pylône du temple Ramsès II, par l'Expédition allemande d'Hermopolis en 1939 mais sa provenance est probablement Amarna (Akhetaton).
Il était, dès 1964, dans la Collection Norbert Schimmel (Hoffman, catalogue "La beauté de l'art ancien", n° 110) et il a été publié et exposé fréquemment. En 1979, il a été prêté et exposé au Metropolitan Museum of Art de New York et M. Schimmel lui en a fait don en 1985. Il a été enregistré dans ses collections sous le n° 1985.328.6.
SOURCES : Notice et informations Metropolitan Museum of Art de New York
https://www.metmuseum.org/art/collection/search/544058
Le petit + d'Ea - égyptophile :
Né à Berlin en 1904, Norbert Schimmel immigra aux États-Unis où il fit fortune. Passionné d'art, esthète et bienfaiteur, il n'eut de cesse d'enrichir ses collections et fit don de plus d'une centaine d'artefacts au Metropolitan Museum of Art de New York. Parmi eux, entre 1981 et 1985 : "vingt-cinq fragments de calcaire sculptés datant de la période amarnienne, parmi lesquels figurent quelques-uns des plus beaux exemples de relief de l'époque d'Akhenaton"…
Dans "The Royal Women of Amarna", Dorothea Arnold fait cette analyse sensible sur celui-ci : "Les princesses qui se tournent l'une vers l'autre sont caractérisées comme appartenant à un monde qui leur est propre : un monde de jeunesse et de beauté délicate qui est un trésor de la société, mais aussi la promesse d'un avenir prometteur"…
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