Maquette d'un bateau de Meketrê
Parmi les plaisirs de la vie d'un noble égyptien figuraient les parties de chasse dans les marais du Nil, pour pêcher et chasser les oiseaux. Pour ces sorties, on utilisait des radeaux de papyrus ou des embarcations légères comme celle-ci. Ici, Meketrê et son fils ou un compagnon observent les chasseurs depuis un abri léger fait de roseaux tressés et orné de deux grands boucliers. À la proue, deux hommes harponnent des poissons, tandis qu'au milieu du bateau, un pêcheur agenouillé retire le harpon d'un bolti. Une prise précédente, un gros mormyrus, est présentée à Meketrê. Un groupe de foulques, prises précédemment au filet, est présenté par un homme et une femme qui porte un filet de perles sur les épaules, apporte un canard. Les hampes du filet sont attachées aux grilles de l'abri ; les piquets du filet sont posés sur le pont. La présence de femmes issues d'une famille noble dans ces scènes de marais est un thème récurrent dans l'art égyptien.
Datée du Moyen Empire, de la XIIe dynastie, du règne d'Amenemhat Ier (vers 1981-1975 av. J.-C.), cette maquette est réalisée en bois stuqué et peint, lin, ficelle de lin et cuivre. Le bateau avec son gouvernail et ses rames est long de 121,7 cm, haut de 34,3 cm et large de 30,6 cm.
Elle a été découverte dans l'Assassif, dans le serdab de la tombe de Meketrê (TT 280 - MMA 1101), lors de fouilles menées en 1920 par le Metropolitan Museum of Art de New York. Lors du partage des trouvailles, le musée a pu l'acquérir et elle est entrée dans ses collections sous le n° 20.3.6.
SOURCES : Notice et informations Metropolitan Museum of Art de New York
https://www.metmuseum.org/art/collection/search/544126
Le petit + d'Ea - égyptophile :
Fin février 1920, l'Expédition du Metropolitan Museum of Art de New York est autorisée à reprendre les fouilles de la tombe de Meketrê (TT 280) qui n'avait été que brièvement fouillée par l'égyptologue français Georges Daressy en 1895 puis par Sir Robert Mond en 1902. Sous la direction d'Herbert Eustis Winlock, les égyptologues Ambrose Lansing et Harry Burton (grand photographe auquel on devra le reportage de la découverte puis celui de la tombe de Toutankhamon deux ans plus tard) -, plus de 200 fellahs se mettent à l'œuvre.
Le nettoyage et les relevés se poursuivent depuis trois semaines lorsque, le 17 mars l'un des ouvriers employés au nettoiement de la tombe remarque que de petits morceaux de pierre glissent dans une fissure de la roche. "Nous avions déjà regardé dans tant de trous vides, conte M. Winlock, que la nouvelle ne m'émut guère. Qu'importe ! Je m'étendis à plat ventre, glissai la torche dans le trou, pressai le bouton et collai mon œil contre l'ouverture. Instantanément, le rayon électrique illumina tout un petit monde vieux de quatre mille ans ! Des centaines de Lilliputiens allaient et venaient à leurs affaires. Plusieurs brandissant des bâtons poussaient devant eux des bœufs à la robe tachetée. D'autres, s'arc-boutant sur leurs rames manoeuvraient toute une flottille de bateaux…" (récit publié dans "L'Illustration" du 16 avril 1921). Le serdab de la tombe venait d'être découvert…
Plaque avec une tête de roi
Ces petits reliefs ou sculptures de la période tardive et ptolémaïque qui représentent un sujet de manière partielle ou inachevée mais qui sont en eux-mêmes des objets complets constituent une catégorie particulière d'artefacts. Des directives telles que celles destinées aux artistes sont souvent indiquées en bonne place dans le cadre de l'objet, même si, en fait, de nombreux cas peuvent être notés où l'objet ne pourrait tout simplement pas servir de modèle approprié pour une représentation égyptienne formelle traditionnelle. Les personnifications de la royauté, des figures qui peuvent représenter les demi-dieux émergents Imhotep et Amenhotep fils de Hapou, et des dieux ou déesses populaires comme Harpocrate ou Isis, sont largement représentés dans le corpus.
Prises dans leur ensemble, ces représentations et leurs caractéristiques indiquent que les reliefs et les sculptures de cette catégorie, parfois appelés par les égyptologues "modèles de sculpteur / ex-voto", étaient liés à une pratique de donation, peut-être en rapport à la construction prolifique de temples à ces époques. Malheureusement, il y a peu d'éléments pour nous éclairer sur les modalités de cette pratique de don.
Cette plaque de calcaire, haute de 11,3 cm, large de 11,6 cm et épaisse de 2 cm, est datée de la Basse Époque - Période ptolémaïque (vers 400 - 200 av. J.-C.).
Anciennement dans la collection Timmins, elle a été acquise en Egypte, en 1907, auprès de Panayotis Kitycas, par le Metropolitan Museum of Art de New York. Elle a été enregistrée dans ses collections sous le n° 07.228.3.
SOURCES : Notice et informations Metropolitan Museum of Art de New York
https://www.metmuseum.org/art/collection/search/551288
Le petit + d'Ea - égyptophile :
Dans "The Metropolitan Museum of Art Bulletin" (vol. 2, n° 12, décembre 1907, p. 195), Albert Lythgoe, consacre un article aux récentes acquisitions égyptiennes évoquant ainsi une série de quatorze modèles ou pièces d'essai de la période saïte ou postérieure, de sculpteurs, avec parmi elles, cette plaque : "Bien que, d'une manière générale, la sculpture de cette période manque de la vitalité et de la puissance des œuvres des époques antérieures, la délicatesse et la subtilité du modelé ainsi que le rendu minutieux des détails, visibles dans certains des exemples présentés ici, n'ont peut-être jamais été surpassés, quelle que soit l'époque. Plusieurs de ces modèles présentent un intérêt particulier du fait qu'ils sont inachevés, illustrant ainsi les premières étapes par lesquelles le sculpteur est finalement parvenu à ce produit fini.
Relief du mur sud
d'une chapelle de Ramsès Ier à Abydos
Dans sa galerie 129, le Metropolitan Museum of Art de New York expose des reliefs provenant de trois murs de la chapelle de Ramsès Ier à Abydos. Ce monarque était un officier militaire originaire du delta oriental. Il servit comme général et vizir sous le règne d'Horemheb, dernier roi de la XVIIIe dynastie, et fut désigné par ce dernier comme son successeur.
Ramsès Ier fut le premier roi de la XIXe dynastie. Il monta sur le trône à un âge avancé et fut rapidement remplacé par son fils, Séthi Ier. La plupart des monuments dédiés à Ramsès Ier, y compris celui-ci, furent construits ou achevés par son fils.
Le mur sud de son temple à Abydos représente Ramsès Ier et sa famille présentant des offrandes à Osiris. Le registre supérieur (aujourd'hui disparu) montrait Ramsès conduisant quatre jeunes taureaux à "Osiris Onnophris". Dans le registre inférieur, Ramsès est représenté "faisant de l'encens et des libations" sur des offrandes déposées devant le sanctuaire d' "Osiris, seigneur de la continuité, grand dieu d'Abydos". Derrière la statue d'Osiris se tiennent les déesses Isis et Hathor. Ramsès est accompagné de sa reine, Sitre, qui agite deux sistres. Derrière elle, un cortège d'hommes et de femmes portant des bouquets.
Ce relief en calcaire, daté de la XIXe dynastie, du règne de Séthi Ier (vers 1295-1294 av. J.-C.), est haut de 111 cm et large de 190 cm.
Découvert à Abydos, près du temple de Séthi Ier, en 1910, il a été acquis par John Pierpont Morgan et offert au Metropolitan Museum en 1911. Il est entré dans ses collections sous le n° 11.155.3c.
SOURCES : Notice et informations Metropolitan Museum of Art de New York
https://www.metmuseum.org/art/collection/search/551896
Le petit + d'Ea - égyptophile :
Lorsque Pa-Ramessou, haut dignitaire et militaire aguerri, fut choisi par Horemheb pour lui succéder, il était déjà âgé d'une cinquantaine d'années. Notamment connu par deux statues identiques en granite noir le représentant "en scribe" (découvertes par Georges Legrain près du Xe pylône de Karnak, le 25 octobre 1913 - Musée Caire - JE 44863 - JE 44864), il devint pharaon vers 1306-1307 avant J.-C., sous le nom de Ramsès Ier. Son règne fut de courte durée : 1 an 4 mois selon Manéthon… Ce simple constat pourrait expliquer la modeste taille de sa tombe (KV 16) et le fait qu'elle soit restée inachevée. Découverte le 11 octobre 1817 par Giovanni Battista Belzoni pour le compte du consul britannique Henry Salt, l'imposant sarcophage de granite rouge qu'elle contenait était occupé par deux momies, mais aucune d'entre elles n'était celle du souverain...
Représentation du dieu Nefertoum
Le dieu Nefertoum est représenté coiffé d'une fleur de lotus d'où émergent deux plumes. De part et d'autre se trouvent des menats, symboles des grandes déesses. Il tient à la main un éventail de plumes d'autruche émergeant d'une palmette. Des yeux oudjat incrustés d'or et des incrustations de verre aujourd'hui disparues ornaient sa tête, et des yeux oudjat semblent avoir orné les bracelets de ses bras.
Nefertoum était le fils de la déesse lionne Sekhmet et il est parfois considéré comme le fils de Bastet ou d'autres importantes déesses lionnes. Il est associé à l'éclosion du lotus à l'aube et, par conséquent, au soleil et à la création. La popularité de ses statues, offertes en donation, pourrait toutefois être autant liée à la volonté de plaire à sa mère qu'à l'entretien de son propre culte.
Ce grand Nefertoum a été dédié quelque part à Memphis. Après une période qui pourrait même s'étendre sur plusieurs siècles, elle fut retirée avec d'autres statues pour être inhumée avec respect dans l'enceinte du temple. Les traits du visage de la statue sont flous, mais on distingue encore les yeux levés et une petite bouche incurvée. Ces caractéristiques rappellent le style du début ou du milieu de la période saïte. Divers facteurs sont à prendre en compte, mais il se peut que cette statue date d'une période bien antérieure à sa mise en réserve, probablement au cours du IVe ou du IIIe siècle. La datation indiquée est Basse Époque - Epoque ptolémaïque (664-30 av. J.-C.).
Haute de 34,5 cm, large de 8,7 cm et profonde de 7,9 cm, elle est réalisée en métal cuivreux, bronze noir et incrustations de métaux précieux, verre.
Découverte en juillet 1909 dans une cache à Memphis - Mit Rahineh par le Service des antiquités égyptiennes elle a été acquise auprès du gouvernement égyptien en 1910 par le Metropolitan Museum of Art de New York. Elle a été enregistrée dans ses collections sous le n° 10.175.131.
SOURCES : Notice et informations Metropolitan Museum of Art de New York
https://www.metmuseum.org/art/collection/search/551300
Le petit + d'Ea - égyptophile :
Dans "L'Egypte ancienne et ses dieux", Jean-Pierre Corteggiani, présente ainsi "Nefertoum, dieu-lotus, fils de Ptah et de Sekhmet" : "On l'a défini comme une 'divinité de l'odeur agréable' (S. Morenz) ou le 'dieu du parfum royal de la cour' (R. Anthes) : à l'origine il semble en effet qu'il personnifie plus le parfum du lotus bleu que la fleur elle-même. C'est, en tous cas, ce que laisse entendre un passage des Textes des Pyramides (§266a) qui, identifiant le roi à Nefertoum, précise qu'il est apparu 'comme un lotus à la narine de Rê'…
Ses attributs sont : le contrepoids de collier-menat, la fleur de lotus, le khepresh, les plumes et le sceptre lotiforme"...
Statuette d'une femme allaitant
Cette femme est assise par terre, un genou replié. Contre le tissu de sa jupe, tendu sur son genou, elle tient un enfant dont la couleur jaune de la peau indique qu'il s'agit d'une fille. D'une main, elle soutient la tête de l'enfant, tandis que de l'autre, elle lui offre son sein. La tête de l'enfant est inclinée vers l'arrière, soit pour regarder la femme comme le font parfois les nourrissons, soit peut-être par frustration de ne pouvoir atteindre le sein. Derrière la femme, un enfant peint en rouge, donc un garçon, est agenouillé et tire son second sein sous son bras pour téter lui aussi.
Parmi les statuettes de servantes de l'Ancien Empire, les femmes avec des enfants constituent un sujet atypique ; il s'agit d'ailleurs du seul exemple représentant une allaitement. Les servantes avec des enfants sont plus fréquemment représentées sur les reliefs : dans une tombe, un enfant s'accroche au dos de sa mère pendant qu'elle moud du grain, et non loin de là, une autre femme allaite un enfant tout en préparant du pain. Le fait que la femme représentée sur cette statuette porte un foulard blanc, comme beaucoup de femmes s'occupant de la préparation des repas (sans doute pour éviter que la farine et autres résidus ne se collent à ses cheveux), suggère qu'elle était occupée à ces tâches lorsqu'elle s'accorde un instant pour s'occuper des enfants.
Haute de 10,5 cm, elle est réalisée en calcaire et conserve quelques traces de peinture. Elle est datée de l'Ancien Empire, de la Ve dynastie, du règne de Niouserrê (ou postérieur), vers 2420-2389 av. J.-C. (ou postérieur).
Elle provient probablement de la région memphite, de Giza, de la tombe de Nikauinpu.
Elle a été acquise par Lord Carnarvon auprès de Nicolas Tano, au Caire, probablement vers 1920. Elle était ainsi dans sa collection qui fut acquise auprès de sa veuve Lady Almina, en 1926, par le Metropolitan Museum of Art de New York. Elle a été enregistrée au musée sous le n° 26.7.1405.
SOURCES : Notice et informations Metropolitan Museum of Art de New York
https://www.metmuseum.org/art/collection/search/543905
Le petit + d'Ea - égyptophile :
Lord Carnarvon avait prêté cette statuette pour l' "Exhibition of Ancient Egyptian Art" organisée en 1922 au Burlington Fine Arts Club de Londres. Elle est ainsi décrite par Percy Newberry dans le catalogue, sous le n° 18 :
"Statuette d'une femme allaitant ses enfants" - calcaire blanc peint : Elle est représentée assise par terre, le pied droit replié sous le gauche. Elle porte une perruque courte et épaisse, lisse sur le dessus, avec une rangée de boucles peintes en noir en dessous. Son visage, son corps et ses jambes sont jaunes, et elle porte un simple pagne blanc. De sa main gauche posée sur son genou gauche relevé, elle soutient la tête d'un enfant à la peau jaune, aux cheveux noirs, vêtu d'une longue robe blanche. De sa main droite, elle offre son sein gauche à l'enfant. Le sein droit pend sous le bras droit, et derrière la femme se trouve un enfant à la peau peinte en rouge, agenouillé. Le piédestal est peint en noir. Cette figure provient d'un groupe de statuettes trouvées dans une tombe sur le plateau de la Pyramide (voir Breasted, University Record, Chicago, vol. vii, 1921, p. 10) - Ancien Empire".
Portrait d'un homme au visage fin et barbu
Le terme "encaustique" désigne une technique de peinture où la cire d'abeille est mélangée à des pigments. Cette technique a été employée pour la première fois par des peintres grecs des Ve et IVe siècles avant J.-C. Les descriptions antiques sont difficiles à interpréter et les portraits de momies égyptiennes - les seules œuvres réalisées avec cette technique qui nous soient parvenues de l'Antiquité - n'ont pas encore fait l'objet d'analyses approfondies. De nombreuses questions concernant les détails des techniques utilisées par les peintres de portraits de momies restent donc sans réponse, bien que les travaux de quelques chercheurs et artistes contemporains pratiquant l'encaustique aient apporté quelques éclaircissements.
La première étape de la réalisation d'un portrait de momie consistait à esquisser les contours du visage et des vêtements sur un panneau de bois préparé à la détrempe, à la colle transparente ou à la cire foncée. Ensuite, on préparait un mélange de cire d'abeille et de pigments en poudre. La cire pouvait être utilisée chaude ou froide. À l'état fondu, elle était pure ou additionnée de résine, de colle, d'œuf, de gomme ou d'huile. Le mélange de cire d'abeille fondue et de pigments était appliqué rapidement par longs coups de pinceau réguliers. On utilisait une préparation plus fluide pour le fond et les vêtements, et des peintures épaisses et crémeuses, semblables à de la pâte, pour les traits du visage. Une fois la cire refroidie, un outil dur était utilisé pour estomper les différentes carnations du visage et du cou.
Utilisée à froid, la cire devait être rendue apte à la peinture par un procédé appelé émulsification. Ce procédé consistait à ajouter des alcalis pour la mettre en suspension dans de l'œuf ou de l'huile. Les auteurs anciens semblent désigner cette cire sous le nom de "cire punique". On dit que les peintures à la cire émulsifiée sèchent plus lentement que les peintures à la cire fondue, offrant ainsi au peintre un meilleur contrôle et le temps nécessaire pour corriger et ajuster son travail. Les portraits de momies ne présentant que des coups de pinceau, sans traces d'outils durs, auraient été réalisés à la cire froide émulsifiée. De nombreux artistes contemporains pratiquant l'encaustique utilisent un outil chauffé pour fusionner les peintures, d'où le terme "encaustique", qui signifie "brûlé". Les peintres antiques n'utilisaient probablement pas cette technique.
Le corps de cet homme est tourné directement vers le spectateur. Il a des cheveux noirs et épais, de grands yeux ronds, le teint hâlé et une barbe fournie qui accentue ses joues émaciées. Le jeu d'ombre et de lumière sur les différentes parties du visage et du cou est d'une grande maîtrise.
Le panneau de bois de tilleul sur lequel ce portrait est réalisé à l'encaustique est haut de 38,1 cm et large de 21,6 cm.
Daté de la période romaine, vers 160-180 apr. J.-C., il a été acquis auprès de Maurice Nahman au Caire, en 1909, par le Metropolitan Museum of Art de New York. Il est entré dans ses collections sous le n° 09.181.1
SOURCES : Notice et informations Metropolitan Museum of Art de New York
https://www.metmuseum.org/art/collection/search/547856
Le petit + d'Ea - égyptophile :
Ce genre de portrait est, "par convention", classé dans la catégorie "portraits du Fayoum" car la majeure partie d'entre eux (plus de 1000 !) ont été trouvés par William Matthew Flinders Petrie, dès 1888, à Hawara, dans l'immense nécropole de l'élite d'Arsinoé dans le Fayoum.
Ils étaient peints du vivant du modèle, puis après le décès, lors de la momification, placés sur le visage du défunt (ou parfois déposés tout à côté). Ils ne sont jamais signés, ainsi les artistes demeurent-ils anonymes mais l'on sait, par des sources littéraires, "que beaucoup de peintres étaient itinérants"…
"Le fait que la plupart des portraits nous soient montrés détachés de la momie et/ou du sarcophage auxquels ils appartenaient ne contribue pas peu à l'automatisme qui nous les fait considérer comme des tableaux à part entière. Ainsi libérés de cette sorte de carcan ou d'étrange cadre, ils n'en ont l'air que plus "modernes" et c'est vrai surtout pour les portraits peints sur bois, qu'ils soient intacts ou fragmentaires" ("L'apostrophe muette - Essai sur les portraits du Fayoum", Jean-Christophe Bailly).
Calice lotiforme
La fleur parfumée du lotus bleu est un motif récurrent dans toutes les formes d'art égyptien. S'ouvrant chaque matin au soleil, elle devint un symbole de création et de renaissance. Durant la Troisième Période Intermédiaire, les calices en faïence, inspirés de la forme du lotus, et d'autres objets en faïence étaient ornés de scènes en relief évoquant un ensemble de mythes liés à la naissance du roi, fils du dieu soleil, né des marais, et symbolisant ainsi le renouveau du monde après les inondations lors du Nouvel An égyptien. Ici, sur fond d'eau poissonneuse, de touffes de papyrus et de roseaux, les marais sont évoqués comme un lieu magique : le registre central représente un homme portant un veau ou une vache sur ses épaules, un grand oiseau aquatique et un animal à cornes, tous trois naviguant sans la moindre inclinaison dans une barque légère en papyrus ; tandis que dans le registre supérieur, un autre homme sépare à mains nues un animal à cornes et un taureau imposant.
Réalisé en faïence, haut de 14,5 cm, il est daté de la Troisième Période Intermédiaire, de la XXIIe à la XXVe dynastie, vers 945-664 av. J.-C.
Provenant vraisemblablement de Moyenne-Égypte, de la région de Touna el-Gebel, il a été acquis par Lord Carnarvon au Caire avant 1923. Il était ainsi dans sa collection qui fut acquise auprès de sa veuve Lady Almina, en 1926, par le Metropolitan Museum of Art de New York. Il a été enregistré au musée sous le n° 26.7.971.
SOURCES : Notice et informations Metropolitan Museum of Art de New York
https://www.metmuseum.org/art/collection/search/548339
Le petit + d'Ea - égyptophile :
Parmi les trois nymphéacées habituellement répertoriées sur le sol égyptien, le Nymphaea caerulea, ou lotus bleu, est certainement le plus caractéristique.
D’un arôme suave et doux, il s’épanouit le jour, s’ouvrant dès les premiers rayons du soleil, puis le soir venu, fermé pour la nuit, il disparaît sous les eaux dont il ne ressortira que le lendemain matin... "Son centre jaune, avec un contour bleu, évoque également le soleil dans le ciel" précise Salima Ikhram. Il est considéré par les anciens Égyptiens comme "la fleur initiale" et "le symbole de la naissance de l’astre divin". Ainsi, lorsqu'il a terminé sa course, le soleil se réfugie dans le lotus pour replonger dans l’onde. Et le cycle recommence ainsi chaque jour et chaque nuit, depuis la nuit des temps".
Stèle de Tabakenkhonsou
Dans le cadre du mobilier funéraire, les stèles funéraires comportaient une prière pour des offrandes destinées à assurer la subsistance du défunt. Outre Osiris, Rê-Horakhty et Atoum - symbolisant le soleil levant et couchant et donc associés à la vie - étaient des divinités centrales particulièrement vénérées. Contrairement aux stèles de la Troisième Période Intermédiaire, cette période se caractérise généralement par des couleurs plus sobres et un style plus standardisé.
Cette stèle représente Tabakenkhonsou, conduite par le dieu Thot, présentée à Isis et Osiris sous le corps de la déesse Nout qui surplombe la stèle. Une offrande à Geb est mentionnée. Le nom du père de Tabakenkhonsou est illisible, mais sa mère s'appelait Tami.
Réalisée en bois, gesso et peinture, cette stèle est haute de 31,1 cm et large de 26,7 cm. Elle est datée de la Troisième Période Intermédiaire (Koushite), de la XXVᵉ dynastie, vers 680-670 av. J.-C..
Elle a été découverte lors des fouilles 1894-1895 de l’Egypt Exploration Fund, dirigées par Edouard Naville dans le temple d’Hatchepsout à Deir el-Bahari, dans la fosse de la salle hypostyle du sanctuaire d’Hathor.
Acquise par l'EEF lors du partage des trouvailles, elle a été donnée au Metropolitan Museum of Art de New York, pour sa contribution aux fouilles, en 1896. Elle est entrée dans ses collections sous le n° 96.4.4
SOURCES : Notice et informations Metropolitan Museum of Art de New York
https://www.metmuseum.org/art/collection/search/550791
Le petit + d'Ea - égyptophile :
"L'Egypt Exploration Found (EEF), basé à Londres, a été fondé en 1882 par Amelia Edwards et Reginald Stuart Poole dans le but d'explorer, de recenser et de faire des fouilles en Égypte. Le partage des résultats de leurs travaux constituait également une valeur fondamentale. Initialement, ce partage se faisait uniquement par le biais de publications et de conférences, plutôt que par la dispersion des découvertes, la législation égyptienne interdisant l'exportation d'antiquités. À partir de 1883, un système de "partage" fut toutefois négocié avec Gaston Maspero, directeur du Service des antiquités égyptiennes. Grâce à ce système, une partie des découvertes issues des fouilles autorisées pouvait être exportée par la mission étrangère qui dirigeait les travaux de terrain, après une première sélection effectuée par les autorités du Caire. Ce mécanisme permit à l'EEF de rapporter légalement en Grande-Bretagne plusieurs milliers d'artefacts. Après une exposition annuelle à Londres présentant les travaux de la saison, le Fonds s'efforçait de distribuer ces découvertes aux institutions publiques, ce qui devint l'un des objectifs de l'EEF… De nombreux musées, universités et bibliothèques ont soutenu les travaux de l'EEF par le biais d'abonnements, tout comme de nombreux particuliers. Toutefois, ces derniers ne recevaient généralement pas les objets découverts en contrepartie, mais pouvaient désigner des institutions publiques locales comme destinataires. La répartition démographique des donateurs influençait les décisions de distribution, de même que le montant des contributions des organismes publics. Ainsi, plus de 75 institutions au Royaume-Uni, au moins 35 destinations aux États-Unis et 35 autres organisations dans le monde ont reçu des caisses d'objets avant 1915. Ces objets étaient généralement distribués rapidement à la fin de la saison, mais les pièces restantes pouvaient être conservées en réserve pendant plusieurs années avant d'être expédiées si de nouvelles institutions donatrices se manifestaient…" (informations provenant du site de l'EES).
Dirigée initialement par Edouard Naville puis par William Matthew Flinders Petrie, l'EEF est devenu, en 1919, l'Egypt Exploration Society.
Buste d'un prêtre au crâne rasé
(Imhotep ?)
Ces petits reliefs ou sculptures de la période tardive et ptolémaïque qui représentent un sujet de manière partielle ou inachevée mais qui sont en eux-mêmes des objets complets constituent une catégorie particulière d'artefacts. Des directives telles que celles destinées aux artistes sont souvent indiquées en bonne place dans le cadre de l'objet, même si, en fait, de nombreux cas peuvent être notés où l'objet ne pourrait tout simplement pas servir de modèle approprié pour une représentation égyptienne formelle traditionnelle. Les personnifications de la royauté, des figures qui peuvent représenter les demi-dieux émergents Imhotep et Amenhotep fils de Hapou, et des dieux ou déesses populaires comme Harpocrate ou Isis, sont largement représentés dans le corpus.
Prises dans leur ensemble, ces représentations et leurs caractéristiques indiquent que les reliefs et les sculptures de cette catégorie, parfois appelés par les égyptologues "modèles de sculpteur / ex-voto", étaient liés à une pratique de donation, peut-être en rapport à la construction prolifique de temples à ces époques. Malheureusement, il y a peu d'éléments pour nous éclairer sur les modalités de cette pratique de don.
Ce buste en calcaire, haut de 19 cm et large de 14,6 cm est daté de 400 - 200 av. J.-C.. Il représente un personnage au crâne rasé qui pourrait être le sage divinisé Imhotep.
Anciennement dans la collection Timmins, il a été acquis en Egypte, en 1907, auprès de Panayotis Kitycas, par le Metropolitan Museum of Art de New York. Il a été enregistré dans ses collections sous le n° 07.228.1.
SOURCES : Notice et informations Metropolitan Museum of Art de New York
https://www.metmuseum.org/art/collection/search/551284
Le petit + d'Ea - égyptophile :
Panayotis Kyticas (1890-1924) était l'un des principaux antiquaires du Caire. "Sa boutique d'origine se situait à Midan Kantaret el-Dikka, en face de l'hôtel Shepheard et juste en face de Thomas Cook & Sons. En 1896, il déménagea dans l'immeuble Halim Pasha, le pâté de maisons situé juste au sud de l'hôtel Shepheard, du même côté de la rue. Valdemar Schmidt le décrivait comme 'un Grec de naissance, mais pleinement Européen à tous égards'.
Dans sa boutique plutôt petite, on trouvait très souvent des antiquités intéressantes et importantes à des prix élevés, en conséquence. À l'heure de la fermeture, les archéologues du Caire avaient l'habitude de faire un détour par Kyticas, où l'on croisait fréquemment des représentants du Musée égyptien. Par conséquent, la boutique de Kytikas était un lieu où l'on pouvait obtenir de bonnes informations sur les découvertes et les trouvailles d'antiquités dans toute l'Égypte… Son fils, Denis P. Kyticas (actif de 1913 à 1930), poursuivit l’activité après la mort de son père en 1924" (source : Fredrik Hagen, Kim Ryholt, "The Antiquities Trade in Egypt 1880-1930 : The H.O. Lange Papers", The Royal Danish Academy of Science and Letters, Scientia Danica, Series H, Humanistica 4 vol. 8, 2016).
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire