Modèle de sculpteur
représentant Akhenaton
Cette plaquette en calcaire est sculptée en relief dans le creux du visage d'Akhenaton. Les traits du pharaon sont rendus avec soin dans le style maniériste qui caractérise l'art de son règne. Le visage et le nez sont allongés, le menton proéminent, les lèvres charnues et l'oeil oblique. D'autres éléments ont été négligés ou sont inachevés : la perruque nubienne n'est pas détaillée et l'uraeus à l'avant du front est à peine gravé.
Nous sommes ici face à une étude ou un modèle de sculpteur. Un grand nombre d'entre eux ont été retrouvés dans la ville d'Amarna. Des plaquettes en pierre comme celle-ci servaient de support à l’apprentissage des artistes qui se devaient notamment d'apprendre le style propre au règne d'Akhenaton.
Haute de 14 cm, large de 9,8 cm, épaisse de 2,5 cm, elle peut avoir été découverte à Amarna. Elle date du Nouvel Empire, de la XVIIIe dynastie, de la période d'Amenhotep IV (Aménophis IV-Neferkheperourê-Akhenaton), vers 1349 - 1333 av. J.-C.
Elle est exposée au Musées royaux d'art et d'histoire de Bruxelles sous le n° E.03051.
SOURCES : Musées royaux d'art et d'histoire de Bruxelles
https://carmentis.kmkg-mrah.be:443/eMP/eMuseumPlus?service=ExternalInterface&module=collection&objectId=78464&viewType=detailView
Le petit + d'Ea - égyptophile :
Amenhotep IV, fils d'Amenhotep III et de la reine Tiyi, monte sur le trône du Double Pays à la mort de son père, vers 1349 av. J.-C. Après 4 ou 5 années de règne, il change son nom et devient Akhénaton "Splendeur du disque solaire" ou encore "Esprit utile de l'Aton". Il délaisse Thèbes pour construire une nouvelle ville : Akhetaton - l'horizon d'Aton - aujourd'hui Tell el-Amarna. Quant à Nefertiti, elle est à ses côtés de l'an 4 à l'an 14 de son règne, qui durera 17 années…
En ce qui concerne cet art "amarnien" si particulier, Georges Bénédite écrivait en 1906 : "A El- Amarna tout change et le réalisme règne en maître. Si l'on veut voir quelles pouvaient être les ressource de l'art égyptien, affranchi de tout obstacle, ce que devait donner son génie observateur et satirique, son sens intime de l'expression, c'est là qu'il faut aller"…
Quant à Charles Boreux, il livrait, en 1926 dans son ouvrage "L'art égyptien", cette pertinente analyse : "Il était fatal que cette révolution, pour exclusivement religieuse et politique qu'elle dut être à l’origine, exerçât son contrecoup dans d’autres domaines, et que l'art d'El-Amarna, en particulier, essayât de réagir violemment contre les tendances et l'esthétique thébaines. D'autre part, puisque cette esthétique, depuis le début de la XVIIIe dynastie, s'orientait vers une idéalisation de plus en plus raffinée, on comprend que l’esthétique amarnienne ait voulu s'affirmer, au contraire, comme une esthétique essentiellement réaliste, ne poursuivant que la vérité expressive, et capable de pousser au besoin celle-ci jusqu'à l’exagération systématique."
Situle en bronze, avec inscription
Situle avec inscription - bronze Basse Epoque - vers 664 - 331 av. J.-C. Musées royaux d'art et d'histoire de Bruxelles - n° E.06260 - photo du MRAH |
La situle est piriforme et munie d'une anse attachée à deux anneaux soudés au vase. La base est décorée d'une fleur de lotus épanouie. Deux lignes de texte la séparent du décor figurant sur la panse du vase. Ce décor est composé de deux vignettes juxtaposées qui sont séparées par une inscription verticale et délimitées en haut par une bande étoilée. D'un côté, Nesmin, le propriétaire de la situle, en tenue d'apparat, est debout devant un autel en adorant Osiris, Isis, Nephthys et Horus. Au centre de l'autre vignette est représentée une déesse dans l'arbre que les inscriptions identifient comme Nout, la déesse du ciel. Elle tient dans les mains des vases "heset", avec lesquelles elle verse de l'eau vivifiante à Nesmin, agenouillé à sa droite, et à l'oiseau "ba", debout à gauche sur un perchoir. Deux supports chargés d'offrandes se trouvent en dessous des branches de l'arbre.
Cette situle en bronze, d'une hauteur de 38,7 cm et datée de la Basse Epoque, vers 664 - 331 av. J.-C..
Elle est exposée au Musées royaux d'art et d'histoire de Bruxelles sous le n° E.06260.
SOURCES : Musées royaux d'art et d'histoire de Bruxelles
https://carmentis.kmkg-mrah.be:443/eMP/eMuseumPlus?service=ExternalInterface&module=collection&objectId=82876&viewType=detailView
Le petit + d'Ea - égyptophile :
"La situle est un vase de cérémonie utilisé pour le rituel quotidien dans les temples et pour le culte funéraire privé. Certaines situles ont été en effet découvertes dans des tombes et on les voit aussi représentées, dans la sépulture, sur des scènes de processions funéraires et d’offrandes faites au défunt. La situle contenait le lait pour les aspersions qui avaient lieu pendant la procession funèbre, lorsque l’on transportait le sarcophage à sa sépulture ; le lait était aussi offert au défunt pour sa renaissance et pour le nourrir, comme l’eau qui servait aux libations sur la table des offrandes, en guise de rite purificatoire" précise le Musée du Vatican qui possède un exemplaire quasi identique.
Ajoutons ces précisions de Jean-Pierre Corteggiani ("L'Egypte ancienne et ses dieux", Fayard, 2007) : "Bien que leur usage soit attesté dès la XIIe dynastie, les vases à libation que l'on désigne sous le nom de situles - mot latin dont dérive le français seau - sont surtout connus par les nombreux spécimens de bronze retrouvés dans les sépultures de la basse époque et de l'époque gréco-romaine. La plupart de ces récipients ont la forme oblongue d'un obus cylindro-conique suspendu à une anse mobile par deux anneaux fixés sur un col un peu plus étroit que la panse".
Ostracon "La souris et le chat"
| Ostracon "La souris et le chat" - calcaire, peinture Nouvel Empire - vers 1550 - 1069 av. J.-C. - découvert à Louqsor Musées royaux d'art et d'histoire de Bruxelles - n° E.06727 - photo du MRAH |
Cet ostracon figuré fait partie de la catégorie de représentations satiriques. Elles mettent en scène des animaux, le plus souvent des chats et des souris, en usant à la fois de la parodie et de l'inversion. Leur composition est inspirée des représentations funéraires et des bas-reliefs des temples. Sur les ostraca satiriques, les chats jouent le rôle de serviteurs des dames souris. Cet exemplaire des Musées de Bruxelles montre une souris assise devant une table d'offrandes. Elle renifle l'odeur d'une fleur de lotus qu'elle tient dans sa main gauche. De l'autre côté de la table un chat, dressé debout sur les pattes arrière, manie un éventail.
Peint sur calcaire, il est haut de 9 cm et large de 12 cm.
Découvert à Louxor, daté du Nouvel Empire, vers 1550 - 1069 av. J.-C., il est exposé au Musées royaux d'art et d'histoire de Bruxelles sous le n° E.06727.
SOURCES : Musées royaux d'art et d'histoire de Bruxelles
https://carmentis.kmkg-mrah.be:443/eMP/eMuseumPlus?service=ExternalInterface&module=collection&objectId=83570&viewType=detailView
Le petit + d'Ea - égyptophile :
Les ostraca (au singulier : ostracon) sont des tessons, éclats ou fragments de calcaire, ou encore de terre cuite qui étaient, dans l'antiquité, utilisés par les artistes comme supports graphiques pour leurs "essais". Le papyrus était en effet alors trop onéreux et réservé à des usages plus 'nobles'… Ainsi les ostraca, qu'ils trouvaient à profusion dans les flancs de la montagne, étaient-ils le support sur lequel ils travaillaient leurs esquisses préparatoires, sur lequel ils s'exerçaient, recommençaient, afin d'atteindre l'excellence et être enfin admis à travailler in situ dans les tombes royales.
Il est à noter que le "grand puits" de Deir el-Medineh ("Set Maât her imenty Ouaset" - "La place de Vérité, à l'occident de Thèbes"), village des artisans qui travaillaient dans les tombes, a livré des milliers d'ostraca lors de son dégagement réalisé par Bernard Bruyère en 1949 - 1950.
Figurine d'Apis
| Figurine du taureau Apis - or - bronze datation inconnue Musées royaux d'art et d'histoire de Bruxelles - n° E.05645 - photo du MRAH |
Cette statuette votive représente le taureau Apis. Ce dieu procréateur, qui était incarné dans un animal vivant, avait un culte à côté du temple de Ptah à Memphis. Il porte un disque solaire muni d'un uraeus entre les cornes. Son dos est recouvert d'un scarabée ailé, d'une couverture ornée et d'un vautour aux ailes déployées. L'inscription écrite sur la base est totalement effacée.
Haute de 14,6 cm, large de 14,3 cm et profonde de 4,9 cm elle est réalisée en or et bronze. Sa datation est inconnue.
Elle est exposée au Musées royaux d'art et d'histoire de Bruxelles sous le n° E.05645.
SOURCES : Musées royaux d'art et d'histoire de Bruxelles
https://carmentis.kmkg-mrah.be:443/eMP/eMuseumPlus?service=ExternalInterface&module=collection&objectId=81726&viewType=detailView
Le petit + d'Ea - égyptophile :
L'image du taureau, animal robuste, belliqueux, invincible et doté d'une grande vigueur sexuelle, a été "endossée" par les pharaons qui n'ont pas hésité à se qualifier de "taureau puissant". Et, comme le précise Isabelle Franco dans son "Dictionnaire de mythologie égyptienne" : "des taureaux particuliers furent choisis pour devenir le réceptacle terrestre de certains dieux". Elle rappelle que Apis, "taureau sacré de Memphis", était "considéré comme une manifestation du dieu Ptah dont il est le 'ba', mais aussi du soleil dont il porte le disque entre les cornes... L'animal qui servait de support à la divinité était choisi selon des critères très rigoureux (couleur de la robe, implantation du pelage, moment de la naissance, etc…). À sa mort, le taureau bénéficiait d'un embaumement et d'un enterrement digne de son rang et les prêtres se dispersaient dans tout le pays afin de rechercher son successeur."
Apis, n'était pas le seul taureau auquel un culte était rendu … Ainsi Mnevis était le taureau solaire d'Héliopolis alors que, dans la région thébaine, on honorait le taureau Boukhis...
Statue de la reine Isisnéfert
De la statue en grès schisteux vert, représentant la reine Isisnéfret, deuxième ''Grande Épouse Royale'' de Ramsès II, ne reste que la tête et une minime partie du corps. Le visage, assez rond avec de grands yeux maquillés, est surmonté d'une perruque tripartite montrant sur la partie supérieure un élément rond qui correspond à la base d'une couronne. La reine porte sur le front le double uraeus. L'identification de la statue est certifiée par le cartouche sur le bras droit contenant le nom de la reine.
Haute de 15 cm, large de 11 cm et profonde de 8,5 cm, elle est datée du Nouvel Empire, de la XIXe dynastie, vers 1295 - 1186 av. J.-C.
Elle est exposée au Musées royaux d'art et d'histoire de Bruxelles sous le n° E.05924.
SOURCES : Musées royaux d'art et d'histoire de Bruxelles
https://carmentis.kmkg-mrah.be:443/eMP/eMuseumPlus?service=ExternalInterface&module=collection&objectId=82434&viewType=detailView
Le petit + d'Ea - égyptophile :
Dans "Isis-Nofret, grande épouse de Ramsès II. La reine, sa famille et Nofretari" (BIFAO 93, 1994), Christian Leblanc apporte ces précieuses précisions : "Au nombre des grandes épouses royales qui ont entouré Ramsès II durant son long règne, deux femmes ont eu, de toute évidence un rôle majeur. Il s'agit, d'une part de Nofretari, dont les sources archéologiques et épigraphiques montrent clairement l'influence particulière dès l'avènement de Ramsès, et, d'autre part, d'Isis-Nofret, dont la position ne fut pas moins éminente à la cour, si l'on retient que c'est l'un de ses enfants, le prince Merenptah, treizième 'fils du Roi', qui assura, à la mort de Ramsès le Grand, la succession au trône…
Outre les monuments ou objets sur lesquels ses noms et titres sont mentionnés, Isis-Nofret I - c'est-à-dire l'épouse de Ramsès II - est surtout connue par un certain nombre de statues, reliefs et stèles qui lui sont personnellement attribués, mais dont la provenance demeure parfois ignorée.
C'est le cas du buste en grès schisteux, offert en 1922 aux musées royaux d'Art de d'Histoire de Bruxelles, par Arakel Bey Nubar. La reine y apparaît sous des traits encore juvéniles, coiffée d'une perruque à retombées latérales que surmonte un mortier. Au front se dresse le double uraeus et sur l'épaule est inscrit son nom dans un cartouche"…
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