Nain portant un vase à cosmétique
Le mouvement contorsionné du nain portant une lourde jarre de stockage sur son épaule rompt avec la rigidité frontale habituelle de la statuaire égyptienne, faisant de cette pièce une véritable sculpture en ronde-bosse. Une telle liberté artistique était acceptable pour des représentations fantaisistes de serviteurs anonymes, mais n'aurait jamais été permise dans la sculpture classique, même dans l'art plus expressif de la période d'Amarna.
Réalisé en travertin (albâtre égyptien), ce récipient est haut de 20,8 cm, large de 9 cm et son diamètre est 7,9 cm. Il est daté du Nouvel Empire, de la XVIIIe dynastie, des règnes d'Amenhotep III - Akhenaton (période amarnienne, vers 1353-1323 av. J.-C.).
Provenant probablement d'Amarna (Akhetaton), il a été acquis par John Pierpont Morgan auprès de Mohammed Mohassib, antiquaire à Louqsor en 1909. En 1917, il en a fait don au Metropolitan Museum of Art de New York et il a été enregistré dans ses collections sous le n° 17.190.1963.
SOURCES : Notice et informations Metropolitan Museum of Art de New York
https://www.metmuseum.org/art/collection/search/544043
Le petit + d'Ea - égyptophile :
Dans "Eternal Egypt : Masterworks of Ancient Art from the British Museum" (British Museum Press, 2001), Edna R. Russmann précise que : "Ces petites représentations masculines et féminines portant des récipients relativement grands étaient des objets de luxe populaires sous les règnes d'Amenhotep III et d'Akhenaton… Les figures masculines représentent clairement des domestiques : l'un est âgé, plusieurs sont des nains et un autre, vêtu d'un pagne aux motifs exotiques, est un étranger… Les figures féminines, vraisemblablement aussi des domestiques, sont toutes nues, à l'exception de leurs bijoux, et paraissent toutes très jeunes. L'une d'elles arbore une coiffure nubienne, et la coiffure inhabituelle de celle-ci ainsi que celle de deux autres exemplaires raffinés, suggèrent que toutes les figures féminines pourraient représenter des étrangères"…
Sphinx d'Hatshepsout
Les parties reconstituées de ce sphinx ont été moulées à partir d'une pièce jumelle presque identique, mais plus complète, conservée au Caire. Ces deux petits sphinx en calcaire se dressaient probablement de part et d'autre de l'entrée de la terrasse supérieure du temple funéraire d'Hatshepsout à Deir el-Bahari. La tête de ce sphinx diffère nettement de celle des grands sphinx d'Hatchepsout, où la tête humaine est coiffée du némès royal (MET 31.3.166 et 31.3.167). Cet exemplaire a été réalisé selon un type de sphinx connu au Moyen Empire, sous le règne d'Amenemhat III (env. 1859-1813 av. J.-C.). Sur ce sphinx, le seul élément humain est le visage, entouré d'une crinière de lion. Des traces de pigment indiquent que le visage était peint en jaune, couleur traditionnellement associée aux femmes dans l'art égyptien.
Réalisé en calcaire (et plâtre), il est long de 106,7 cm, large de 33 cm et haut de 63,5 cm, son poids est de 196 kg.
Il est daté du Nouvel Empire, de la XVIIIe dynastie, du règne conjoint d'Hatchepsout et de Thoutmosis III, vers 1479-1458 av. J.-C..
Il a été découvert lors des fouilles 1926-1928 du Metropolitan Museum of Art de New York, à Deir el-Bahari, dans l'endroit dénommé "carrière de Senenmout".
Acquis par le musée, en 1931, lors du partage des trouvailles, il a été enregistré sous le n° 31.3.94.
SOURCES : Notice et informations Metropolitan Museum of Art de New York
https://www.metmuseum.org/art/collection/search/547751
Le petit + d'Ea - égyptophile :
Dans "L'Egypte des pharaons au musée du Caire" (Hachette, Paris, 1986), Jean-Pierre Corteggiani consacre une notice à l'autre sphinx de la paire qui y est exposé sous la référence JE 53113. Il apporte notamment ces précisions :
"Le petit sphinx du Caire et son double de New York sont probablement les œuvres les plus originales de toute la statuaire de Deir el-Bahari, car il reprennent un type de sphinx caractéristique de la fin de la XIIe dynastie : au lieu d'avoir remplacé la tête de lion par une tête humaine coiffée du némès, le sculpteur a simplement substitué le visage royal au mufle de l'animal, ce qui a pour effet d'accentuer le caractère déjà félin du visage délicat de la reine. Celui-ci, encadré par une crinière stylisée mais réaliste et prolongé par une énorme barbe carrée, reste un portrait : les yeux fendus en amande sous des sourcils très arqués, le nez fin et la petite bouche souriante se retrouvent dans toutes les statues d'Hatshepsout. Sous la barbe autrefois peinte en bleu lapis comme toutes les barbes divines, quelques beaux hiéroglyphes de la même couleur donnent le prénom de la souveraine : 'Maâtkarê aimée d'Amon et douée de vie, à jamais'".
Coquille d'huître portant
le cartouche de Sésostris Ier
Poli jusqu'à la couche interne de nacre, cette coquille d'huître aux reflets irisés a été percée de deux trous afin de pouvoir être enfilée et portée autour du cou. Le nom royal de Sésostris y est gravé. Il s'agit de l'un des cinquante coquillages de ce type connus, la plupart portant, comme celui-ci, le nom de naissance de Sésostris ou le nom de règne de Khéperkarê. Khéperkarê étant le nom de règne de Sésostris Ier, on suppose généralement qu'il s'agit de ce roi (et non d'un autre monarque portant le même nom).
Bien que peu de ces coquillages aient un contexte archéologique, plusieurs de ceux qui en ont un sont liés au personnel militaire et étaient donc probablement portés principalement par les soldats. Cependant, aucun lien militaire n'a été clairement établi avec la sépulture d'où provient celui-ci. Des recherches récentes suggèrent qu'il aurait pu être enterré avec des femmes ou des hommes à la fin du Moyen Empire et avoir servi d'amulette.
Les dimensions de cette coquille d'huître sont 10,7cm × 10,5 cm. Elle est datée du Moyen Empire, de la XIIe-XVIIIe dynastie, du règne de Sésostris Ier ou postérieur, vers 1981-1550 av. J.-C..
Acquise par le Metropolitan Museum of Art de New York auprès du révérend Bruno Tausing, Riverdale, New York en 1961, elle est entrée dans ses collections sous le n° 61.104.
SOURCES : Notice et informations Metropolitan Museum of Art de New York
https://www.metmuseum.org/art/collection/search/556017
Le petit + d'Ea - égyptophile :
Dans "Egyptian Middle Kingdom Oyster Shells with Royal Names : Function, Chronology and Gender Issues" BIFAO 119 (2019), Ahmed M. Ouda Mekawy rappelle :
"Winlock a proposé une fonction pour cette coquille d'huître et les nombreuses autres qui sont conservées dans différents musées.
Si elles avaient eu une valeur religieuse ou amulétique ordinaire, au sens habituel du terme, il ne faudrait pas s'attendre à une vogue aussi brève. Elles semblent, au contraire, avoir été un insigne rigoureusement limité à une courte période - qui est à toutes fins utiles, le règne de Sésostris I - et à partir de ce constat, on devrait supposer qu'elles avaient un rôle civil plutôt qu'un rôle amulétique... Nous aurions donc ici plutôt les insignes d'une organisation ou d'une classe militaire"… L'auteur ajoute cependant plus loin que : "Le point de vue de Winlock, selon lequel les coquilles d'huîtres étaient des insignes militaires, a été rejeté par de nombreux chercheurs..."
Statuette de Harbes avec une figure d'Osiris
Harbes était un haut fonctionnaire du pharaon Psammétique II. Cette statue le représente protégeant une figure du dieu Osiris. Harbes porte les deux cartouches royaux sur ses épaules. La statue était autrefois installée dans le temple de Karnak à Thèbes, où elle constitue un rare exemple d'inscription dédiée à ce roi. À cette époque, un style saïte typique, originaire du nord, s'était répandu dans tout le pays : Harbes a les yeux légèrement en amande et des lèvres arquées, quoique plutôt épaisses, caractéristiques de ce style.
Réalisée en métagrauwacke, cette statue est haute de 61 cm, large de 12,5 cm et profonde de 20,5 cm ; son poids est de 21,1 kg.
Elle est datée de la Basse Époque, de la période saïte, de la XXVIe dynastie, du règne de Psammétique II, vers 595-589 av. J.-C..
Découverte par Georges Legrain en 1904 dans la cachette du temple d'Amon à Karnak, elle a été vendue, par Gaston Maspero, directeur du Musée égyptien du Caire, à Lady William Cecil en 1905. En 1919, elle a été acquise auprès Lord Cecil par le Metropolitan Museum of Art de New York et a été enregistrée dans ses collections sous le n°19.2.2.
SOURCES : Notice et informations Metropolitan Museum of Art de New York
https://www.metmuseum.org/art/collection/search/546748
Le petit + d'Ea - égyptophile :
Cette statue est de type "théophore" (du grec ancien theóphoros "qui porte dieu"), composé de théo (dieu) et phore (qui porte).
"Elle illustre la disposition généralement retenue au début des époques tardives quand le monument est en pierre, laquelle consiste à placer la figure divine devant les pieds du personnage, suivant un usage emprunté au Nouvel Empire" précise Olivier Perdu dans une notice de présentation d'une statue quasi-identique ("La Cachette de Karnak - Nouvelles perspectives sur les découvertes de Georges Legrain", sous la direction de Laurent Coulon IFAO, 2016).
Par ailleurs, la base de données de "La Cachette de Karnak" donne ces deux précisions :
- "La date de sa découverte est fournie par Ms Legrain-Kuentz (Musée du Caire), V/4 : 'Trouvée le 23 Avril 1904 dans la Cachette de Karnak' (G. Legrain). Sur cette fiche, la statue d'Ḥrbs K238 a été un temps erronément identifiée à JE 36905bis".
- "Cette statue a été offerte par G. Maspero à Lady Cecil et n’a jamais été enregistrée au Musée du Caire".
Peinture de plafond
du palais d'Amenhotep III
Les bâtiments importants du complexe palatial d'Amenhotep III à Malqatta étaient ornés de peintures au sol, aux murs et au plafond. Cette section partiellement restaurée d'une peinture de plafond a été découverte face visible dans une pièce adjacente à la chambre du roi. Son décor consiste en un motif répétitif de spirales continues remplies de rosettes, alternant avec des bucranes (crânes de bœuf). Des motifs de plafond similaires, peints et modelés en plâtre, ont été mis au jour sur des sites égéens d'une période légèrement antérieure.
Cette peinture composée de boue séchée, de plâtre, peinture et gesso, est haute de 140 cm et large de 140 cm.
Elle est datée du Nouvel Empire, de la XVIIIe dynastie, du règne d'Amenhotep III, vers 1390-1352 av. J.-C..
Elle a été découverte lors des fouilles 1910-1922 du Metropolitan Museum of Art de New York dans le palais d'Amenhotep III de Malqatta, dans l'antichambre de la chambre du roi.
Acquise par le musée en 1911 lors de la division des trouvailles, elle a été enregistrée dans ses collections sous le n° 11.215.451.
SOURCES : Notice et informations Metropolitan Museum of Art de New York
https://www.metmuseum.org/art/collection/search/544502
Le petit + d'Ea - égyptophile :
"Durant son règne et peut-être même plusieurs années avant son jubilé, Amenhotep III engagea un immense chantier en faisant aménager, plus au sud de son temple de millions d’années, sur le site actuel de Malqatta, une véritable ville à laquelle sera donnée le nom de Itn THn 'Aton-le-Resplendissant' ou Pr (Nb-MAat-Ra) Itn THn '(Le) Domaine de Nebmaâtrê (appelé́) Aton-le-Resplendissant'. Si cette cité résidentielle s'étendait depuis Medinet Habou au nord, jusqu'au Kôm al-aAbd au sud, elle n'a pas révélé jusqu'à présent, faute d'une fouille systématique, tous les quartiers qui la composaient. Sur place, en revanche, ont pu y être déjà identifiés les vestiges de plusieurs palais, dont celui du roi, appelé́ Pr hai '(La) Demeure de la réjouissance' ou (Nb-MAat-Ra) m pr hai 'Nebmaâtrê (est) dans la Demeure de l'Exultation'. On y avait également construit un temple pour Amenhotep III divinisé, qui portait le nom de Îwt Imn n/im (Nb-MAat-Ra) im pr-Hai '(Le) Château d’Amon-de-Nebmaâtrê dans la Demeure de l'Exultation'. Proche du palais royal, avait été creusé un immense lac artificiel, de 2,5 km de long, d’un 1 km de large et profond de ± 5 m, connu aujourd'hui pour être le Birket Habou et que les savants de Bonaparte avaient interprété comme étant un hippodrome" (Christian Leblanc, Angelo Sesana, "Le Bel Occident de Thèbes Imentet Neferet, De l'époque pharaonique aux temps modernes - Une histoire révélée par la toponymie", L'Harmattan, 2022).
Peinture murale représentant
un chat terrassant un serpent
Le chat terrassant le serpent est associé au chapitre 17 du Livre des Morts. L'original de cette scène se trouve dans la tombe de Sennedjem (TT 1) à Deir el-Medineh, sur la rive ouest de Thèbes. Elle date du Nouvel Empire, de la XIXe dynastie, des règnes de Ramsès Ier - Ramsès II, vers 1295-1213 av. J.-C..
Cette reproduction, a tempera sur papier (dimensions 47 cm × 84,5 cm - échelle 1:1), a été peinte, in situ à Deir el-Médineh, par Charles K. Wilkinson de la section des arts graphiques du Metropolitan Museum of Art de New York au cours de l'expédition égyptienne 1920-1921.
Transportée à New York, elle a été intégrée aux collections du musée, en 1930, sous le n° 30.4.1.
SOURCES : Notice et informations Metropolitan Museum of Art de New York
https://www.metmuseum.org/art/collection/search/548564
Le petit + d'Ea - égyptophile :
Dans son "Guide illustré de Louxor, tombes, temples et musées" (White Star Publishers, 2005), Kent Weeks, décrit ainsi la scène : "Sur la mur droit de l'accès à la chambre funéraire, un chat solaire d'Héliopolis, assis sous un perséa, frappe Apophis le serpent malfaisant, ennemi du dieu Soleil, à l'aide d'un grand couteau et du sang jaillit de ses blessures"…
Mouchoir provenant du dépôt
du matériel d'embaumement de Toutankhamon
En décembre 1907, Theodore M. Davis, un riche Américain finançant des fouilles dans la Vallée des Rois, découvrit une petite fosse près du tombeau de Séthy Ier. À l'intérieur, il trouva une douzaine de grandes jarres de stockage blanchies à la chaux et scellées. Ces jarres contenaient notamment des sachets de natron (un type de sel), des morceaux de lin portant des inscriptions hiératiques datées des années 6 et 8 du règne d'un roi nommé Toutankhamon (nom de trône : Nebkhéperourê). À l'époque, on ne savait presque rien de Toutankhamon et Davis déclara avoir découvert le tombeau du roi.
Davis reçut plusieurs jarres et leur contenu lors du partage des découvertes et, en 1909, il fit don de la majeure partie de sa part au Metropolitan Museum. Ce n'est que plus tard qu'Herbert Winlock, directeur des fouilles du Musée à Thèbes, comprit que le natron et le lin provenaient des résidus d'embaumement de Toutankhamon.
Les draps et vêtements de lin usagés servaient à envelopper et rembourrer les momies. Le linge non utilisé pour la momification était parfois enfoui dans les caches d'embaumement. Trois pièces rapiécées et lavées, découvertes dans la cache d'embaumement de Toutankhamon, furent initialement identifiées comme des mouchoirs portés par les invités au repas funéraire du roi. On pense aujourd'hui qu'il s'agissait de restes de linge d'embaumement. Ce mouchoir bleu, teint à l'indigo, est assez petit et pourrait avoir appartenu à Toutankhamon durant son enfance. Qu'il ait été porté par le roi ou non, les exemples de lin teint de l'Égypte antique sont extrêmement rares, ce qui en fait une pièce précieuse. Deux des mouchoirs étaient destinés à des adultes, le troisième est de taille enfant.
Ce morceau de lin a une longueur de 51 cm et une largeur de 66 cm. Trouvé lors des fouilles Davis/Ayrton (1907), dans la KV 54, il est daté du Nouvel Empire, de la XVIIIe dynastie, du règne de Toutankhamon vers 1336-1327 av. J.-C..
Lors du partage des trouvailles, il a été attribué à Theodore M. Davis qui en a fait don au Metropolitan Museum of Art de New York en 1909. Il est entré dans les collections sous le n° 09.184.218.
SOURCES : Notice et informations Metropolitan Museum of Art de New York
https://www.metmuseum.org/art/collection/search/548834
Le petit + d'Ea - égyptophile :
En décembre 1907, alors qu'Edward Russel Ayrton fouille dans la Vallée des Rois pour le compte du mécène américain Theodore Monroe Davis, il dégage près de l'hypogée de Ramsès X : "un puits rectangulaire, profond de plus d'un mètre et 'comblé de grands pots de terre contenant des produits funéraires : des couronnes de feuilles et de fleurs séchées, des petits sacs remplis de poudre. Le couvercle brisé de l'un de ces vases était enveloppé d'un tissu qui portait le nom de Toutankhamon'" (John Romer, "La Vallée des Rois").
Ils sont alors convaincus que, dans ce qui sera référencé "KV 54", se trouve tout ce qui reste de ce pharaon… L'histoire les contredira - et ce de façon éblouissante ! - 15 ans plus tard.
S'il ne s'agit pas là de la demeure d'éternité du jeune roi, comme l'explique Nicholas Reeves dans "The Complete Valley of the Kings", ce puits y est cependant très étroitement lié : "Plus qu'une petite fosse abandonnée, la KV 54 a été utilisée peu de temps après l'enterrement de Toutankhamon dans la KV 62 et suite au premier pillage".
Dans son excellent "Toutankhamon", Marc Gabolde livre quant à lui cette intéressante analyse : "Une partie du matériel qui avait été utilisé pour l'embaumement et certains rites fut déposé dans des jarres et celles-ci placées dans un puits de tombe inachevé à environ cent dix mètres à l'est de l'entrée de la tombe (KV 54). Ce matériel, à la fois sacré et impur, devait rester à proximité de la dépouille mais maintenir avec elle une distance respectable d'au moins cent vingt coudées".
Bijoux de la petite Myt
Une vingtaine de dames de la famille royale furent enterrées dans et autour du temple du roi Montouhotep II à Deir el-Bahari. Six de ces sanctuaires de surface furent construits, ouvrant sur la colonnade entourant l'imposante structure centrale du temple. Dans le puits funéraire situé à l'est du plus septentrional de ces sanctuaires, l'archéologue Herbert E. Winlock découvrit, durant l'hiver 1920-1921, dans la fosse 18, la sépulture de Myt ("petit chat"), pillée puis restaurée et scellée à nouveau dans l'Antiquité.
La momie de Myt était enveloppée de plusieurs couches de linceuls, et cinq colliers furent trouvés entre ces couches, autour de sa tête. La valeur des matériaux et la finesse de ses bijoux indiquent qu'elle devait être de haut rang, bien qu'elle n'eût que cinq ans. On a supposé qu'elle était la fille de Montouhotep II, mais aucune preuve directe ne le confirme.
Ces colliers sont faits d'or, de cornaline, d'argent, de verre, de pâte bleue, de feldspath, d'améthyste, de jaspe, de cristal de roche, et de résine, ficelle de lin et cuir. D'une longueur variant de 43 à 76 cm, ils sont datés du début du Moyen Empire, de la XIe dynastie, du règne de Montouhotep II, env. 2051-2030 av. J.-C..
Acquis par le Metropolitan Museum of Art de New York lors du partage des fouilles en 1922, ils sont entrés dans ses collections sous les n° 22.3.320-.324-related.
SOURCES : Notice et informations Metropolitan Museum of Art de New York
https://www.metmuseum.org/art/collection/search/590944
Le petit + d'Ea - égyptophile :
Dans "Excavations at Deir El Bahri 1911-1931", Herbert Eustis Winlock relate ainsi la découverte du sarcophage et de la momie de Myt (ou Miuyet, ce "mignon" diminutif, signifie "kitty", petit chat, minou) : "Lorsque nous avons ouvert le grand sarcophage (le couvercle devait peser deux tonnes), le petit cercueil en bois blanchi à la chaux de Miuyet s'y trouvait. A l'intérieur, nous avons trouvé un second cercueil avec des bandes de tissu recouvrant la petite momie. Là, Miuyet était allongée sur le côté avec les yeux de son masque de plâtre regardant à travers les yeux peints sur ses cercueils. Les cercueils étaient petits, mais la momie enveloppée avec son masque était encore beaucoup plus petite, et au fur et à mesure que nous l'avons démaillotée, nous avons constaté que, aussi petite soit-elle, elle était rembourrée principalement à la tête et aux pieds pour compenser les minuscules proportions du petit enfant pathétique qui se trouvait à l'intérieur... Nous avons enlevé bandelette après bandelette, et puis tout à coup il y eut un éclat de perles de cornaline. Miuyet avait peut-être été enterrée précipitamment dans les cercueils, mais au moins elle était parée de tous les bijoux qu'elle avait portés dans sa courte vie".
Miroir de Reniseneb
"Grand des Dizaines du Sud"
Ce miroir, dont le manche représente une plante de papyrus, porte l'inscription du nom de Reniseneb, dont le titre judiciaire se traduit par "Grand des Dizaines du Sud". Le sarcophage de Reniseneb fut découvert en 1910 lors de fouilles menées dans l'Assassif par Howard Carter et son mécène, Lord Carnarvon. Il se trouvait au fond du puits d'une tombe à fosse (CC 25). Bien que les deux chambres adjacentes à ce puits aient été pillées, le sarcophage et la momie de Reniseneb étaient restés intacts. Malheureusement, l'humidité avait causé d'importants dégâts. Ce miroir fut trouvé dans les bandelettes recouvrant la poitrine de la momie. Un collier (26.7.1349) et une amulette shen (26.7.1347) furent découverts au niveau du cou, et une petite figurine d'hippopotame (26.7.898) dans les bandelettes au bas du dos. Le miroir est actuellement exposé dans le plateau supérieur d'un coffret à cosmétiques découvert dans la même tombe à fosse (26.7.1438).
Réalisé en cuivre pur, or et ébène, haut de 22,3 cm, large 11,3 cm et épais de 2,5 cm, il est daté du Moyen Empire, des XIIe-XIIIe dynasties, vers 1810-1700 av. J.-C..
Acquis par Lord Carnarvon lors du partage des trouvailles 1910, il se trouvait dans sa collection qui fut acquise à sa veuve Lady Almina, en 1926, par le Metropolitan Museum of Art de New York. Il a été enregistré au musée sous le n° 26.7.1351.
SOURCES : Notice et informations Metropolitan Museum of Art de New York
https://www.metmuseum.org/art/collection/search/544234
Le petit + d'Ea - égyptophile :
Le manche de ce miroir reprend "la forme par excellence du manche de miroir égyptien qui est la colonnette dont le chapiteau s'évase jusqu'à former deux cornes retombantes. Quant à son disque de bronze, sa forme l'apparente au miroir "solaire" : "Par là il faut entendre de cette disposition qui n'est ni circulaire ni elliptique, mais qu'il n'est pas nécessaire d'être grand observateur pour reconnaître l'aspect sous lequel se présente le soleil au dessus de la ligne d'horizon" (Georges Bénédite).
Parce qu'il réfléchit le soleil et la lumière, parce qu'il réfléchit celui qui s'y regarde, le miroir pouvait revêtir un caractère divin et était d'ailleurs associé à Hathor. Les noms qui lui sont donnés sont extrêmement "révélateurs" : "La chose où est vue la face", "La chose qui ouvre ou révèle la face" (Georges Bénédite). Il est le plus souvent appelé "ankh : "le mot même qui désigne la vie. Le miroir doit donc être compris non seulement comme un instrument de toilette, mais aussi comme un puissant symbole : c'est un 'donneur de vie'". Il se retrouve donc ainsi, fréquemment, dans le contexte funéraire.
Bague scarabée d'Henouttaoui
portant le nom d'Amon-Rê
La chanteuse d'Amon, Henouttaoui, mourut vers 1000 av. J.-C., à l'âge d'une vingtaine d'années. Elle fut inhumée au Nouvel Empire, à Deir el-Bahari, dans un tombeau situé juste à l'extérieur du temple de la pharaonne Hatchepsout. Sa tombe, découverte lors des fouilles 1923-1924 du Metropolitan Museum of Art de New York, a été référencée MMA 59.
Elle pourrait avoir été à l'origine la sépulture de Minmose, un haut fonctionnaire d'Hatchepsout, dont une partie du cercueil fut retrouvée parmi les décombres. Henouttaoui semble avoir été enterrée à la hâte : elle n'avait même pas été embaumée, mais simplement enveloppée de plusieurs bandelettes de lin, sans autre mobilier funéraire que ses cercueils emboîtés.
Lors du démaillotage de la momie (une pratique que le musée ne pratique plus aujourd'hui), deux bagues furent découvertes à la main gauche d'Henouttaoui. Leurs montures représentent des scarabées sacrés, associés au soleil levant et à la renaissance. Ce scarabée porte sur sa face inférieure l'inscription du nom du dieu soleil Amon-Rê, dont le culte était vénéré par Henouttaoui, placé sous un grand bouton de lotus et au-dessus d'un panier, hiéroglyphe signifiant "seigneur". L'autre scarabée (MET 25.3.193) porte sur sa face inférieure l'inscription du nom de trône d'Hatchepsout, Maâtkarê, flanquée de deux plumes d'autruche symbolisant Maât, l'ordre cosmique.
Ces deux scarabées datent du début de la XVIIIe dynastie et sont similaires à des exemplaires découverts à proximité, dans les dépôts de fondation du temple d'Hatchepsout. Henouttaoui portait donc des scarabées de la même période que le tombeau qui fut apparemment réutilisé pour sa sépulture. On ignore si ces scarabées sont entrés en sa possession de son vivant ou s'ils ont été découverts dans la tombe plus ancienne, construite cinq cents ans avant sa mort, lors des préparatifs funéraires.
Les dimensions de l'anneau sont 2,2 cm × 1,8 cm, et celles du scarabée 1 cm × 0,7 × 0,5 cm. Cette bague en or et stéatite émaillée est datée du Nouvel Empire, de la XVIIIe dynastie, vers 1550-1295 av. J.-C..
Acquise par le musée lors du partage des trouvailles en 1925, elle est entrée dans ses collections sous le n° 25.3.192.
SOURCES : Notice et informations Metropolitan Museum of Art de New York
https://www.metmuseum.org/art/collection/search/548270
Le petit + d'Ea - égyptophile :
Henettawy - Henouttaoui - un nom assez fréquent en cette fin de XXIe dynastie -, était issue de la bonne société. Membre du clergé thébain, elle était "maîtresse de maison" et "chanteuse d'Amon-Rê". A son décès prématuré (entre 18 et 21 ans selon les sources), sa famille et ses fidèles l'avaient accompagnée à son lieu de sépulture, à Deir el-Bahari… Il s'agissait du "remploi" de la tombe pillée d'un certain "Minmose" qui avait servi sous le règne d'Hatshepsout. Il avait peut-être été "l'un des ingénieurs chargés du transport des obélisques de la reine d'Assouan au temple de Karnak. Il avait fait creuser une fosse profonde dans la roche à côté du revêtement (de la chaussée) de Montouhotep, avec une chambre funéraire au fond" précise Herbert Eustis Winlock, directeur de la mission du Metropolitan de New York, qui, lors de sa mission 1922-1923, sortit Henouttaoui du long oubli dans lequel les siècles et la solitude de sa tombe l'avaient laissée…
Statuette de Huwebenef
Comme d'autres statuettes du début du Nouvel Empire, Huwebenef présente un corps élancé, des traits délicats et des yeux exceptionnellement grands. La statuette repose sur un socle en bois portant une inscription funéraire de Djehouty, le père de Huwebenef. Les statuettes de l'enfant Amenemhab (MET 26.7.1413a, b) et de Huwebenef ont été découvertes dans le cercueil d'une femme présumée être leur mère.
Cette statue en bois est haute de 35 cm et large de 6,6 cm. Elle est datée du Nouvel Empire, de la XVIIIe dynastie, du règne d'Ahmosis Ier à celui de Thoutmosis II, vers 1550-1479 av. J.-C..
Elle a été découverte à Thèbes, dans l'Assassif, dans la tombe CC 37, salle (C), sépulture 24, lors de fouilles menées, en 1911, par Lord Carnarvon et Howard Carter.
Acquise par Lord Carnarvon lors du partage des trouvailles, elle se trouvait dans sa collection qui fut acquise à sa veuve Lady Almina, en 1926, par le Metropolitan Museum of Art de New York. Elle a été enregistrée au musée sous le n° 26.7.1414a, b.
SOURCES : Notice et informations Metropolitan Museum of Art de New York
https://www.metmuseum.org/art/collection/search/544491
Le petit + d'Ea - égyptophile :
En novembre 1905, quelques mois après "l'affaire de Saqqarah" Howard Carter démissionne de son poste d'inspecteur des Antiquités et se retrouve sans emploi… Mi-janvier 1909, grâce à Gaston Maspero, il rencontre Lord Carnarvon qui détient, depuis 1906, une concession sur Thèbes ouest. L'aristocrate britannique, qui recherche un égyptologue pour superviser ses fouilles, lui propose "une somme énorme pour entreprendre, dès février, plusieurs mois de fouilles à Drah abou’l Neggeh". S'ils travaillent également à Assouan, à Sakha (l'ancienne Sais) et dans le Delta, c'est bien à Thèbes qu'ils concentrent leurs recherches... C'est d'ailleurs là, près des nécropoles et des temples, qu'ils construiront dès 1911, leur "dig house"…
Dans "Five years' explorations at Thebes : a record of work done 1907-1911" publié en 1912, Lord Carnarvon et Howard Carter rendent compte de leurs premières années de "collaboration". Leur association, respectueuse de part et d'autre, évoluera vers une belle amitié. En avril 1915, au départ de Theodore Monroe Davis, ils récupèrent la concession de la Vallée des Rois. Ils ne tarderont pas à partager la même obsession : "trouver la tombe de Toutankhamon" … Cette longue et coûteuse quête de sept années sera finalement couronnée de succès le 4 novembre 1922 !
Coffre à canopes de Khonsou
Ce coffre à canopes, réalisé pour Khonsou possède un couvercle en forme de sanctuaire et la corniche cavetto typiquement égyptienne sur son pourtour supérieur. Il repose sur un traîneau et deux boutons permettent de fermer le couvercle. L'intérieur est divisé en quatre compartiments destinés à abriter les quatre organes internes. Le couvercle est orné de deux représentations d'Anubis sous forme de chacal, et les côtés du coffre représentent les déesses Isis et Nephthys, Selket et Neith, ainsi que les quatre fils d'Horus, protecteurs des organes internes. Les inscriptions assurent Khonsou de leur protection.
Réalisé en bois, gesso, peinture, vernis et de corde de lin il est haut de 44,5 cm, large de 48,2 cm et profond de 55,4 cm.
Il est daté du Nouvel Empire, de la XIXe dynastie, du règne de Ramsès II, vers 1279-1213 av. J.-C..
Il provient de Thèbes, de Deir el-Medineh, du tombeau de Sennedjem (TT 1), où il a été découvert lors de fouilles réalisées par Gaston Maspero pour le Service des antiquités égyptiennes en 1885-1886.
Vendu par le gouvernement égyptien en 1886 au Metropolitan Museum of Art de New York, il a été enregistré dans ses collections sous le n° 86.1.3a, b.
SOURCES : Notice et informations Metropolitan Museum of Art de New York
https://www.metmuseum.org/art/collection/search/544708
Le petit + d'Ea - égyptophile :
"En 1886, Salam Abu Duhi, un villageois de Gournah se vit attribuer une concession dans une zone de Deir el-Medineh proche de chez lui. Après quelques jours de fouilles seulement, Salam et trois de ses amis firent une découverte spectaculaire : au fond d’un puits funéraire encore inexploré, ils trouvèrent une porte en bois dont les sceaux antiques étaient intacts. Salam avertit immédiatement Maspero, qui se trouvait justement à Louqsor pour sa visite annuelle d’inspection" ("Trésors cachés de l'Egypte", Zahi Hawass).
La tombe de Sennedjem venait d'être découverte... Référencée TT 1, elle se révélera être une sépulture "familiale" abritant vingt corps accompagnés d'un riche mobilier funéraire…
Le 2 février 1886, quelques jours après la découverte, Gaston Maspero précisera : "Il va de soi que nous avons acheté aux fellahs la moitié qui leur revenait : elle nous a coûté 46 guinées. Une fois que nous aurons choisi tout ce qui est bon pour le musée, la vente des momies et des objets superflus nous rapportera au moins 60 guinées, peut-être quatre-vingts, qui passeront aux fouilles de Louxor et du Sphinx. Ç'aura donc été une bonne affaire de toutes les manières, bonne au point de vue scientifique, puisqu'elle nous a donné des monuments dont nous n'avions aucun spécimen, bonne au point de vue financier, puisque non seulement les objets finiront par ne rien nous coûter, mais, que nous aurons gagné assez d'argent pour pratiquer des fouilles nouvelles" … C'est ainsi que de nombreux artefacts seront acquis par le Metropolitan…
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