Petite coupe à deux anses découverte
dans le Trésor de Tod
Cette coupe en argent, non décorée, munie de deux hautes anses, a été découverte parmi les artefacts du Trésor de Tod. Sa finesse suggère qu'elle n'était pas destinée à un usage pratique. L'analyse récente de divers objets en argent provenant du Trésor de Tod révèle que l'argent était relativement pur et très probablement importé en Égypte.
Haute de 6,8 cm, d'un diamètre de 7,2 cm, datée du Moyen Empire, de la XIIe dynastie, elle est exposée depuis octobre 2024 au Grand Egyptian Museum à Giza sous le n° GEM 65898.
SOURCES : Notice et informations du Grand Egyptian Museum - GEM
https://gem.eg/en/collection/artefacts/small-two-handled-cup-treasure-of-tod
Le petit + d'Ea - égyptophile :
Située à une vingtaine de kilomètres au sud-est de Louqsor, "sur la rive orientale du Nil, en face d'Armant (Hermonthis), l'ancienne Djerty (Tôd) fut pendant des siècles l'un des principaux lieux de culte du dieu à tête de faucon Montou" (Nicholas Reeves).
L'Institut Français d'Archéologie Orientale commença à y travailler en 1933, confiant le chantier à Fernand Bisson de la Roque…
Le 8 février 1936 sera un jour incroyable pour la mission !
"Enfouis dans les sables du sous-sol du temple de Sésostris Ier, quatre coffres en cuivre au nom du roi Amenhemhat II (1934 -1898), fils et successeur de Sésostris Ier, étaient restés intouchés pendant presque 4000 ans. Les deux grands coffres contenaient essentiellement du lapis-lazuli, brut et travaillé en sceaux et perles ; les deux plus petits ne contenaient pas moins de cent cinquante-trois vases en argent, pour la plupart repliés, de style non égyptien. Des lingots d'argent, en plaquettes ou en chaînes ainsi que quelques objets en or complétaient le trésor. Rien, hormis les coffres, dans ce trésor ne provenait d'Egypte : les matériaux, lapis et argent d'une immense valeur dans l'Antiquité, ne se trouvent pas dans le sol égyptien ; tous les objets sont de facture étrangère…" Guillemette Andreu, "Objets d'Égypte : des rives du Nil aux bords de Seine", Louvre éditions, 2009)
La majeure partie du trésor rejoindra le Musée du Caire (qui mettra plus tard en dépôt quelques pièces au Musée de Louqsor)... et le Louvre se verra attribuer quelques objets d'argent et de lapis-lazuli présents en double exemplaire ainsi que l'un des coffres les contenant…
Statue d'Anubis sur un coffre
provenant du trésor de Toutankhamon
Ce grand coffre portatif a été découvert dans la "Salle du Trésor" de la tombe de Toutankhamon. Sa forme rappelle celle des pylônes qui ornaient les portes des temples égyptiens. Il repose sur un traîneau en bois doré muni de longs bras. Une impressionnante statue noire et or du dieu Anubis, sous forme de chacal le surmonte, sa queue pendant à l'arrière. Anubis était le dieu de la momification et le gardien de la nécropole. À l'intérieur, le coffre est divisé en quatre petits compartiments contenant des objets de culte enveloppés dans du lin, et un grand compartiment renfermant des bijoux.
L'ensemble, réalisé en bois, or, argent, quartzite, obsidienne, et travertin (albâtre égyptien), est haut de 54,3 cm, large de 37 cm et long de 95 cm.
Daté du Nouvel Empire, de la XVIIle dynastie, il est exposé au Grand Egyptian Museum à Giza sous le n° GEM 6.
SOURCES : Notice et informations du Grand Egyptian Museum - GEM
https://gem.eg/en/collection/artefacts/anubis-on-a-chest
Le petit + d'Ea - égyptophile :
La première marche de l'escalier menant à la tombe de Toutankhamon a été découverte le 4 novembre 1922 (Vallée des Rois - KV 62) ; l'ouverture de la tombe aura lieu le 26 novembre 1922 en présence du découvreur Howard Carter, de son mécène Lord Carnarvon et de quelques proches.
C'est le 17 février 1923, lors de l'ouverture "officielle" de la troisième chambre, que les découvreurs et la vingtaine de privilégiés qui les entourent, remarquent : "une porte basse, sur la droite, qui donnait accès à une autre pièce, plus petite (...). Cette porte n'avait été ni bouchée, ni scellée. Un seul coup d'œil suffit à nous faire comprendre que c'était elle qui renfermait les véritables trésors de la tombe …" relate Howard Carter. Cette petite pièce de 4,75 x 3,80 m sera d'ailleurs dénommée : "salle du trésor".
Dans leur "Catalogue officiel du Musée Egyptien du Caire" (Verlag Philippe von Zabern, 1997) Mohamed Saleh et Hourig Sourouzian décrivent ainsi cette statue d'Anubis qui se trouvait à l'entrée : "La statue est en bois stuqué et enduit d'une résine noire ; l'intérieur des oreilles, l'écharpe et le collier sont dorés, les yeux sont en or, en quartz et obsidienne, les griffes en argent. Le corps était recouvert d'une chemise de lin datée de l'an 7 d'Akhenaton ; autour du cou, on avait noué une toile de lin plus fine, ainsi qu'une écharpe, et un collier floral composé de lotus et de bleuets. La statue est fixée sur le couvercle à glissière du coffre en bois doré. Dominé par une corniche à gorge et encadré de tores d'angle, ce coffre est décoré de piliers-djed et de nœuds-tit. Tout en servant de socle à la statue, le coffre contenait des amulettes en faïence bleue, deux coupes d'albâtre dont l'une contenait une matière résineuse, l'autre lui servant de couvercle, et huit pectoraux ouvragés. Ces objets, initialement rangés dans des compartiments, avaient été bouleversés par les voleurs"...
Maquette représentant deux femmes
brassant de la bière
Ces statuettes en bois peint représentant des servantes, ont été découvertes parmi plusieurs autres modèles dans la tombe de Niankhpepi, dans la nécropole de Meir (région d'Assiout). Le propriétaire de la tombe a vécu à la VIe dynastie (Ancien Empire), sous le règne du roi Pepi Ier (Meryrê).
Cette maquette représente deux femmes aux cheveux courts et vêtues de pagnes blancs courts, debout devant deux grandes jarres servant au brassage de la bière. Elles filtrent le moût dans les jarres. Pour brasser la bière, le moût était préparé en mélangeant des morceaux de pain cuit à de l'eau afin d'obtenir une pâte. Ce moût était ensuite filtré dans des jarres chauffées contenant de la levure, des dattes et du miel pour amorcer la fermentation.
Réalisée en bois peint cette maquette, haute de 31 cm, large de 11,1 cm et longue de 39,3 cm, est exposée depuis octobre 2024 au Grand Egyptian Museum à Giza sous le n° GEM 1184.
SOURCES : Notice et informations du Grand Egyptian Museum - GEM
https://gem.eg/en/collection/artefacts/statuette-of-two-women-making-beer
Le petit + d'Ea - égyptophile :
Cette maquette a été découverte, en mars 1894, à Meir (l'une des nécropoles de l'ancienne "Kis" - chef-lieu du quatorzième nome) par l'inspecteur Mohamed Effendi Dohéîr du Service des Antiquité dirigé alors par Jacques de Morgan qui avait diligenté les fouilles.
La tombe A1 appartenait à un grand du royaume : "Niankhpepi, dit le Noir, était à la tête de la Haute-Égypte, chancelier du roi de Basse-Égypte, ami unique, respecté du Grand Dieu, prêtre ritualiste et grand prêtre" …
Voici un court extrait du "Guide du musée du Caire, 1902" dans lequel Gaston Maspero présente les maquettes qu'elle contenait et interprète leur rôle : "Ensemble de statuettes en bois représentant les serviteurs du mort qui fut trouvé au tombeau de Papiniônkhou. Les habitants de l'Égypte moyenne avaient l'habitude de doubler, par des figures isolées, toutes les scènes qu'on se bornait ailleurs à graver sur les murailles de l'hypogée… Voici des personnages qui jouent les scènes de cuisine ou de fabrication dont l'offrande était précédée nécessairement..."
Sphinx de Chepenoupet II
L' "Épouse du dieu Amon" était la prêtresse la plus importante de cette divinité dont le culte était centré à Thèbes, en Haute-Égypte. Cette fonction apparaît pour la première fois au Moyen Empire. Son importance politique atteint son apogée à la fin de la Troisième Période Intermédiaire. Après l'invasion perse de l'Égypte en 525 av. J.-C., le titre tombe en désuétude.
Ce sphinx en granite gris de Chepenoupet II a été découvert en 1904 dans la cachette de Karnak (CK 132). Chepenoupet II était la fille du roi nubien Piankhy. Elle a occupé la fonction d' "Épouse du dieu" du règne du roi Taharqa (XXVᵉ dynastie) jusqu'après la neuvième année du règne du roi Psammétique Ier (XXVIᵉ dynastie). La statue représente le buste d'un sphinx (partie postérieure manquante) à tête féminine et bras humains, tenant un vase à tête de bélier orné d'un uræus (partiellement brisé). Chepenoupet II porte une perruque dont les cheveux, plats à l'arrière, se divisent en deux larges mèches formant des tresses bouclées à l'avant. Son nom et ses titres sont gravés sur le vase à tête de bélier et sur le socle. Bien que la lecture du second cartouche de Chepenoupet soit incertaine, une statue identique découverte au lac sacré de Karnak (aujourd'hui conservée au Musée égyptien de Berlin) permet de l'attribuer Chepenoupet II.
Ce sphinx, haut de 42,7 cm, large de 25,2 cm et long de 48 cm, est exposé depuis octobre 2024 au Grand Egyptian Museum à Giza sous le n° GEM 4379.
SOURCES : Notice et informations du Grand Egyptian Museum - GEM
https://gem.eg/en/collection/artefacts/sphinx-of-shepenwepet
Le petit + d'Ea - égyptophile :
Dans son "Catalogue Général des Antiquités égyptiennes du Musée du Caire, Statues et statuettes de rois et de particuliers, n° 42192 42250" (IFAO, 1914), Georges Legrain décrit ainsi, sous le n° CG 42201, ce sphinx qu'il avait lui-même découvert dans la Cachette de Karnak le 2 avril 1904 :
"Attitude. Sphinx à corps de lion, à bras humains, à tête féminine. Les bras tiennent un vase à panse arrondie surmonté d’une tête de bélier ornée d’une uræus.
Costume. La tête porte une coiffure retombant à plat dans le dos et à l’avant divisée en deux très grosses mèches qui forment tresse, s’enroulent et retombent en avant. Une uræus se dresse sur le front.
Couleurs. Aucune trace…
Technique. Très bonne. La coiffure est dépiquée, ce qui laisse à penser qu'elle dut être dorée.
Style. Très joli. Le visage, absolument intact, est plein, le nez camard, les yeux petits et bridés, la bouche sans sourire.
Conservation. La partie postérieure, jusqu’à l’avant-train, manque. La tête de l’uræus du bélier surmontant le vase est brisée."
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