Cuiller à fard en ivoire
Les cuillers décorées étaient particulièrement prisées dans les cercles de la cour du Nouvel Empire. Leurs formes et leurs ornements évoquaient les thèmes et les mythes de la renaissance et du renouveau, bien que leur usage précis demeure mal connu.
Cette cuiller en ivoire, dont la symétrie est rehaussée par un subtil jeu de formes et de lignes, date de la XIXe dynastie. Le cuilleron discoïde représente le soleil dispensateur de vie. Le décor du manche est principalement composé d'une version abrégée du sistre, un hochet emblème d'Hathor, la grande déesse de la fertilité. Sur le sistre, Hathor porte comme coiffe un petit sanctuaire orné de volutes, percé d'une ouverture où étaient suspendus les éléments du sistre. Ici, le sanctuaire est réduit à une découpe encadrée, toujours flanquée de volutes, au-dessus de son visage triangulaire et de ses oreilles de vache. La composition d'ensemble repose sur un subtil jeu de mots. Il s'agit, en résumé, d'une réinterprétation de l'imagerie symbolique des miroirs, où le soleil et Hathor sont également associés. Ici, le disque solaire est peut-être assimilé au boîtier de percussion du sistre, ou bien il peut être perçu comme une divinité apparaissant à l'entrée du sistre sacré.
D'une longueur de 9,6 cm, d'une largeur de 5,6 cm, elle est datée du Nouvel Empire, des dynasties ramessides XIXe - XXe, vers 1295-1070 av. J.-C..
Achetée à Nicholas Wright à Londres par Peter Sharrer du New Jersey, elle a été acquise auprès de lui par le Metropolitan Museum of Art de New York en 1994. Elle a été enregistrée dans ses collections sous le n° 1994.70.
SOURCES : Notice et informations Metropolitan Museum of Art de New York
https://www.metmuseum.org/art/collection/search/549271
Le petit + d'Ea - égyptophile :
Pour les égyptiens anciens : "Le corps humain était l'expression visuelle de la vie intérieure… Depuis les temps les plus reculés, hommes et femmes utilisent le maquillage pour les yeux et les cosmétiques pour mettre en valeur leur apparence dans un but de séduction mais aussi pour des motifs religieux" analyse Zahi Hawass dans "Parfums et cosmétiques". Une notion qu'exprime avec profondeur Christian Leblanc dans ses "Regards croisés" : "Répondant certes à un souci d’esthétique, à une prévention thérapeutique qu’imposaient notamment les rudes conditions climatiques auxquelles devait faire face l’habitant des rives du Nil, cette attention accordée au physique comme à la toilette, constituait bien plus encore un complément cohérent à la bonne conduite morale, deux exigences indissociables et par la voie desquelles on pouvait espérer se rapprocher de l’Être suprême...
Il est important de rappeler que : "les fards égyptiens étaient aussi associés au culte divin : largement présents dans la liste des offrandes funéraires, ils contribuaient aux rites qui avaient pour but de préserver les dieux de la mort et de ressusciter les défunts"...
Cercueil du prince Amenemhat
Ce cercueil renfermait la momie pillée d'un enfant royal ayant probablement vécu au début de la XVIIIe dynastie et réinhumé dans ce simple sarcophage d'enfant en bois, d'une époque ultérieure. Le nom et le titre d'Amenemhat (il est ici désigné comme "roi de Haute et Basse-Égypte") ont été grossièrement peints par-dessus une inscription déjà présente sur le couvercle. Sur la poitrine de la momie de l'enfant, une fois celle-ci "réemballée", les prêtres attachèrent un pectoral en bois peint représentant Amenhotep Ier divinisé. Des guirlandes de feuilles de perséa et de longs boutons de lotus furent déposées dans le sarcophage et un bol en céramique grossière rempli de dattes et d'autres fruits assurait la subsistance éternelle d'Amenemhat.
Ce cercueil, long de 104,4 cm, large de 30,6 cm et haut de 35,1 cm, est réalisé en bois stuqué et peint. Il est daté de la fin du Nouvel Empire - début de la Troisième Période Intermédiaire, des XXe-XXIIe dynasties, vers 1186-945 av. J.-C..
Il a été découvert par l'expédition égyptienne du Metropolitan Museum of Art de New York, sous un gros rocher, en haut des falaises du massif thébain, non loin de la cachette des momies royales (DB 320) où de nombreux rois et reines du Nouvel Empire avaient été réinhumés par des prêtres de la Troisième Période Intermédiaire. À proximité se trouvait une tombe à puits contenant plusieurs boîtes en bois renfermant des offrandes alimentaires momifiées qui pourraient avoir fait partie du tombeau.
Il a été acquis par le Metropolitan Museum of Art de New York lors du partage des trouvailles et il est entré dans ses collections en 1919, sous le n° 19.3.289a, b.
SOURCES : Notice et informations Metropolitan Museum of Art de New York
https://www.metmuseum.org/art/collection/search/545660
Le petit + d'Ea - égyptophile :
Dans "The Egyptian Expedition 1918-1920 - I - Excavations at Thebes 1918-19" ("The Metropolitan Museum of Art Bulletin, volume 15"), Ambrose Lansing relate ainsi la mise au jour du cercueil : "Les ouvriers avaient découvert une grande pierre plate et, sous l'un de ses bords, un visage apparut. Ils le prirent d'abord pour celui d'une statue. Il s'agissait en réalité d'un cercueil d'enfant ; la pierre qui le recouvrait avait été placée là pour supporter le poids des débris. Après avoir pris les photos nécessaires, le cercueil fut soigneusement transporté dans la maison. Il n'avait rien d'exceptionnel : un cercueil standard, datant de la XXIIe dynastie environ. Il avait été réutilisé, car le nom avait été effacé et remplacé grossièrement par un autre. L'écriture était très illisible et il ne sembla pas nécessaire de déchiffrer les signes à ce moment-là. Le premier était le signe hiératique habituel signifiant 'le roi', suivi de 'Seigneur des Deux Terres', comme il se doit dans la titulature courante. Le nom lui-même n'était pas clairement écrit, mais lorsqu'un signe, manifestement omis par erreur, fut ajouté, il devint le nom bien connu 'Amenemhet'. C'est donc avec un intérêt accru que le couvercle fut soulevé. Une masse de feuilles et de fleurs dissimulait presque entièrement le corps. Celles qui le recouvraient furent soulevées et la petite momie - bien plus petite que le sarcophage - apparut, ornée d'une guirlande et de cinq boutons de lotus à longue tige…".
Partie supérieure
d'une statue d'Ankhemtjénénet
Les traits marqués d'Ankhemtjénénet témoignent de l'attrait de cette période pour les modèles non idéalisés antérieurs, notamment dans la région de Memphis où la statuaire de l'Ancien et du Moyen Empire était largement répandue.
Ankhemtjénénet est enveloppé dans un manteau de type Moyen Empire. Son nom est inscrit sur ses épaules. En dessous, sur l'épaule droite, figure le nom d'Irefâaenptah, qui pourrait être celui de son père. Une référence au temple de Ptah apparaît sur son épaule gauche, sous son nom, et au dos de la statue figurent deux lignes d'une formule d'offrande à Ptah-Sokar.
La partie supérieure de cette statue, sculptée dans du quartzite rouge, est haute de 25 cm, large de 29 cm et profonde de 18,2 cm.
Elle est datée de la Troisième Période intermédiaire - Basse Époque, des XXVᵉ-XXVIᵉ dynastie, vers 743-656 av. J.-C..
Selon Bernard Bothmer ("Egyptian Sculpture of the Late Period", Brooklyn 1960, p. 12), elle a été découverte à Mit Rahineh en 1892 et a été enregistrée au Journal des Entrées du Musée égyptien du Caire JE 29878.
Achetée auprès de l'antiquaire cairote Panayotis Kitycas, en 1907 par le Metropolitan Museum of Art de New York, elle a été enregistrée dans ses collections sous le n° 07.228.47.
SOURCES : Notice et informations Metropolitan Museum of Art de New York
https://www.metmuseum.org/art/collection/search/546762
Le petit + d'Ea - égyptophile :
Dans "Le crépuscule des pharaons", Marsha Hill introduit ainsi la description de ce "buste de statue" : "La tête coiffée d'une perruque à revers aux mèches soigneusement détaillées se distingue surtout par son visage carré, son front bas, ses pommettes saillantes et sa bouche large, et moins par l'accentuation des marques du vieillissement. Les traits énergiques du personnage témoignent du goût manifesté à la fin de la Troisième Période intermédiaire et au début de l'époque saïte pour les modèles non idéalisés des plus hautes époques. C'est un effet de la tendance archaïsante amorcée dès la fin de la période libyenne qui trouve son inspiration dans la production artistique de l'Ancien et du Moyen Empire, dont la ville de Memphis, en particulier, conserve de magnifiques témoignages…".
Ceinture ornée de perles en or et lapis-lazuli
en forme de cauris
Cette ceinture appartenait à l'une des trois épouses étrangères de Thoutmosis III. On considère généralement que les perles les plus grosses, en or et lapis-lazuli, évoquent des cauris stylisés. Ces perles étaient populaires au Moyen Empire et symbolisaient la fertilité.
La ceinture, en or et lapis-lazuli, est longue de 81,3 cm ; la perle de lapis-lazuli la plus grande est longue de 1,5 cm, large de 1,2 cm et épaisse de 0,3 cm.
Elle est datée du Nouvel Empire, de la XVIIIe dynastie, du règne de Thoutmosis III, vers 1479-1425 av. J.-C..
Elle provient de Haute-Égypte, de Thèbes, probablement de la tombe des trois épouses étrangères de Thoutmosis III (Wadi D, tombe 1 - Wadi Qabbanat el-Qurud), découverte durant la Première Guerre mondiale. La plupart des perles ont été achetées à Howard Carter, entre 1919 et 1920 avec d'autres objets présumés provenir de la même tombe. D'autres coquillages en or ont été acquis auprès de Ernst Kofler, Lucerne en 1958 et des coquillages supplémentaires en or et en lapis-lazuli, auprès de la Galerie Nefer, Zurich, en 1982.
Cette ceinture (reconstituée) a été enregistrée sans les collections du Metropolitan Museum of Art de New York sous le n° 26.8.60.
SOURCES : Notice et informations Metropolitan Museum of Art de New York
https://www.metmuseum.org/art/collection/search/547635
Le petit + d'Ea - égyptophile :
La sépulture commune des "épouses étrangères" de Thoutmosis III a été découverte au cours de l'été 1916, sur la rive ouest de Thèbes (à Wadi Galbanat el-Qurud, ouadi D) par des pilleurs du village voisin de Gournah. Menhet, Mertet et Menouay (Manhata, Marouta/Marthe, Manuwai), y reposaient, entourées de trousseaux funéraires d'une incroyable richesse … Bijoux, ceintures, perruques, vases canopes, sandales en or, voisinaient avec des vases précieux, des miroirs et de luxueux objets de toilette, …
Après avoir partagé leur butin, les voleurs le proposeront aux antiquaires locaux … Fin septembre 1916, Howard Carter est de retour à Thèbes. "Encouragé par Alan Gardiner et financé par le Comte de Carnarvon, il se lancera dans la recherche, auprès des antiquaires, de tous les objets provenant de la tombe". Deux années plus tard, le Metropolitan Museum of Art de New York qui souhaite alors enrichir son tout nouveau département d'antiquités égyptiennes fera, par son intermédiaire, l'acquisition de l'ensemble des artefacts recensés et ne cessera, par la suite, de poursuivre sa quête afin de reconstituer l'incroyable trésor des trois épouses étrangères de Thoutmosis III…
Tête de statue d'un homme âgé
Cette petite tête faisait probablement partie d'une statue debout soutenue par un pilier. Ses yeux étroits, les vestiges d'un nez proéminent, son visage marqué et ses lèvres larges et plates en font l'une des rares représentations réalistes d'un dignitaire âgé de l'Ancien Empire.
Datée de la IVe dynastie, vers 2550-2460 av. J.-C., elle est en calcaire peint. Elle est haute de 10,2, large de 10,7 et profonde de 8,5 cm.
Sa provenance ancienne n'est pas précisée. Elle était auparavant dans la collection Levi de Benzion au Caire et elle a été acquise auprès de Frank J. Tano à New York en 1947 par le Metropolitan Museum of Art de New York. Elle a été enregistrée sans ses collections sous le n° 47.105.1.
SOURCES : Notice et informations Metropolitan Museum of Art de New York
https://www.metmuseum.org/art/collection/search/543871
Le petit + d'Ea - égyptophile :
Dans "Scepter of Egypt I", William C. Hayes décrit ainsi cette représentation : "Bien que mesurant moins de onze centimètres de haut, cette tête en calcaire peint est un exemple remarquable du talent des sculpteurs de l'Ancien Empire dans le domaine du portrait réaliste. Fragment d'une statuette funéraire de la Ve dynastie, elle révèle les traits marqués et ridés d'un homme d'un âge avancé. Le visage, modelé avec une précision extraordinaire, est peint d'un jaune brunâtre. La perruque, courte et fournie, est noire, et l'on distingue des traces de peinture noire sur les sourcils, le contour des yeux et les pupilles".
Oushebti de Tamaket
Cet oushebti porte l'inscription "Tamaket, épouse de Khonsou, fils de Sennedjem".
Haut de 18,2 cm, large de 5,3 cm et profond de 3,6 cm, il est réalisé en céramique peinte.
Il est daté du Nouvel Empire, de la XIXe dynastie, du règne de Ramsès II, vers 1279-1213 av. J.-C.
Il provient de Thèbes, de Deir el-Medina, du tombeau de Sennedjem (TT 1), où il a été découvert lors de fouilles réalisées par Gaston Maspero pour le Service des antiquités égyptiennes en 1885-1886.
Vendu par le gouvernement égyptien en 1886 au Metropolitan Museum of Art de New York, il a été enregistré dans ses collections sous le n° 86.1.26.
SOURCES : Notice et informations Metropolitan Museum of Art de New York
https://www.metmuseum.org/fr/art/collection/search/551124
Le petit + d'Ea - égyptophile :
Cet oushebti, aux mains croisées sur la poitrine, porte une perruque noire et un vêtement blanc inscrit d'une courte colonne de hiéroglyphes tracés en noir. Khonsou, l'époux de Tamaket, tout comme son beau-père Sennedjem, étaient membres de la communauté des artisans de "Set Maât her imenty Ouaset" ("La place de Vérité, à l'occident de Thèbes", l'actuel village de Deir el Medineh). Fondée au début de la XVIIIᵉ dynastie sous le règne de Thoutmosis Iᵉʳ, cette "institution royale" sera étendue et agrandie plusieurs fois, notamment sous les règnes de Thoutmosis III et des premiers ramessides. Les architectes, scribes, peintres, sculpteurs, carriers, simples ouvriers qui y vivaient, avec leur famille, travaillaient au creusement et à la décoration des demeures d'éternité de la Vallée des Rois et de la Vallée des Reines, et peut-être même de nécropoles plus lointaines. C'est là, que Sennedjem et ses proches furent inhumés…
Leur tombe fut retrouvée, début 1886, par Salam Abu Duhi, un villageois de Gournah qui s'était vu attribuer une concession à Deir el-Medineh. Il préviendra Gaston Maspero, alors directeur du Service des Antiquités, qui supervisera le dégagement de la "TT 1" …
Le 2 février 1886, quelques jours après la découverte, il précisera : "Il va de soi que nous avons acheté aux fellahs la moitié qui leur revenait : elle nous a coûté 46 guinées. Une fois que nous aurons choisi tout ce qui est bon pour le musée, la vente des momies et des objets superflus nous rapportera au moins 60 guinées, peut-être quatre-vingts, qui passeront aux fouilles de Louxor et du Sphinx. Ç'aura donc été une bonne affaire de toutes les manières, bonne au point de vue scientifique, puisqu'elle nous a donné des monuments dont nous n'avions aucun spécimen, bonne au point de vue financier, puisque non seulement les objets finiront par ne rien nous coûter, mais, que nous aurons gagné assez d'argent pour pratiquer des fouilles nouvelles" … C'est ainsi que de nombreux artefacts seront acquis par le Metropolitan…
Statue assise
de l'intendant Sehetepibrêankh
Cette statue illustre le type de représentation humaine le plus courant au début du Moyen Empire (vers 2000-1900 av. J.-C.). Inspirée des représentations du roi, elle témoigne du dévouement de Sehetepibrêankh au service du souverain, dont il fut un véritable représentant. La statue se dressait autrefois dans le tombeau de Sehetepibrêankh, à l'endroit où famille et amis pouvaient déposer des offrandes et prier.
De chaque côté du siège, les inscriptions indiquent "Le véritable ami du roi, son bien-aimé, l’intendant Sehetepibrêankh", alors qu'à l'avant du socle il est inscrit : "Offrande que le roi fait (et) Anubis, qui se trouve sur sa montagne, à l’âme de l’intendant Sehetepibrêankh".
Cette statue en calcaire est haute de 94,5 cm et large de 29,5 cm.
Elle est datée du Moyen Empire, de la XIIe dynastie, du règne d'Amenemhat II, vers 1919-1885 av. J.-C..
Elle a été découverte dans la région memphite, à Lisht Sud, dans la tombe de Sehetepibrêankh - fosse 6L.P19 - lors des fouilles 1923-1924 du Metropolitan Museum of Art de New York.
Lors du partage des trouvailles, en 1924, le gouvernement égyptien l'a attribuée au musée où elle a été enregistrée sous le n° 24.1.45
SOURCES : Notice et informations Metropolitan Museum of Art de New York
https://www.metmuseum.org/art/collection/search/573446
Le petit + d'Ea - égyptophile :
Dans "Ancient Egypt Transformed : The Middle Kingdom", Dieter Arnold et Peter Jánosi, apportent les précisions suivantes sur cette statue : "Sehetepibreankh semble avoir été 'intendant de la double maison du trésor', une fonction importante au sein des services fiscaux. Il a probablement servi sous Sésostris Ier et Amenemhat II. Il a été inhumé près de la pyramide de Sésostris Ier à Lisht et cette statue se trouvait autrefois dans la chapelle en briques de sa tombe. La forme du visage et de la bouche, ainsi que le style de la perruque, suggèrent une datation au milieu de la XIIe dynastie".
Statuette Ptah-Sokar-Osiris
de Pakherenkhonsou
Cette statuette momiforme porte l'inscription suivante : "À l'Osiris (le défunt transformé) du Gardien de la Maison d'Amon, Pakherenkhonsu, juste de voix". Connue sous le nom de statuette de Ptah-Sokar-Osiris, elle représente la fusion de trois dieux : Ptah, dieu créateur et protecteur des artisans ; Sokar, divinité à tête de faucon liée à la nécropole memphite ; et Osiris, souverain des enfers.
D'autres exemplaires de ces statuettes étaient creux et contenaient des papyrus funéraires enroulés. Cette statuette est massive, tout comme son socle rectangulaire, probablement parce qu'elle date d'une époque où les papyrus n'étaient généralement pas inclus dans les sépultures à Thèbes.
La statuette est ornée de deux plumes d'autruche encadrant un disque solaire qui la relie au cycle solaire. Son visage est vert, couleur associée à la fertilité et à la renaissance. Le lien avec le lever et le coucher quotidiens du soleil, ainsi que celui avec le cycle agricole annuel, contribuaient à assurer la renaissance perpétuelle du défunt.
Haute de 44 cm, large de 9 cm et profonde de 22 cm, elle est en bois, gesso et peinture. Elle est datée de la Troisième Période Intermédiaire, de la XXVᵉ dynastie (koushite), vers 750-700 av. J.-C..
Elle a été découverte lors des fouilles 1914-1915 du Metropolitan Museum of Art de New York à Thèbes, à el-Khokha, dans la tombe MMA 832 (H 3) - Fosse 1 - sépulture de Pakherenkhonsu. Acquise par le musée lors du partage des trouvailles, elle a été transportée à New York et intégrée à ses collections, en 1928, sous le n° 28.3.48.
SOURCES : Notice et informations Metropolitan Museum of Art de New York
https://www.metmuseum.org/art/collection/search/550795
Le petit + d'Ea - égyptophile :
Dans "L'Egypte ancienne et ses dieux", Jean-Pierre Corteggiani rappelle : "Selon les Textes des Pyramides", Sokar accueille et purifie le roi défunt qui, identifié à lui, est élevé vers le ciel dans la barque du dieu mais, à la même époque, sa personnalité devient plus complexe puisque, dès la Ve dynastie, elle se confond avec celle de Ptah, puis, un peu plus tard, avec celle d'Osiris pour former successivement les trois entités syncrétiques que sont Ptah-Sokar, Sokar-Osiris et enfin Ptah-Sokar-Osiris"
Dans "La religion égyptienne" (1949), Jacques Vandier précise que : "Le syncrétisme qui est, d'une façon générale, la fusion de plusieurs systèmes philosophiques ou religieux, exprime, dans le cas particulier de l'Égypte, la tendance, si nettement attestée dans ce pays, à identifier un dieu à un autre dieu de façon à faire de cette dualité divine un être unique dans lequel se retrouvent les caractères, primitivement indépendants, de ses deux éléments formateurs."
Stèle d'Horemkhauef
Horemkhauef vivait à Hiérakonpolis, ville du sud de l'Égypte, à la toute fin du Moyen Empire, peu avant que la capitale, Lisht, ainsi que le reste du nord de l'Égypte, ne soient abandonnés aux Hyksos. Il était fonctionnaire chargé du bornage des champs à des fins fiscales, mais il officiait également comme prêtre dans le temple local d'Horus, dieu protecteur de Hiérakonpolis.
La stèle d'Horemkhauef, érigée dans son tombeau, est remarquable par la description d'une mission : il fut envoyé dans la capitale pour rapporter, pour ce temple, une statue de culte d'Horus et d'Isis, réalisée dans les ateliers royaux. La stèle elle-même fut fabriquée à Hiérakonpolis, comme l'indiquent son style et son orthographe relativement rudimentaires.
Datée du Moyen Empire, du début de la XIIIe dynastie, vers 1802-1640 av. J.-C., cette stèle en calcaire peint, haute de 58 cm, large de 35 cm, profonde de 15 cm, a un poids de 30 kg.
Elle a été découverte lors des fouilles 1934-1935 du Metropolitan Museum of Art de New York en Haute-Égypte, à Hiérakonpolis (Nekhen) dans la tombe d'Horemkhauef. Attribuée au musée par le gouvernement égyptien lors du partage des trouvailles, elle est entrée dans ses collections sous le n° 35.7.55.
SOURCES : Notice et informations Metropolitan Museum of Art de New York
https://www.metmuseum.org/art/collection/search/544364
Le petit + d'Ea - égyptophile :
Voici un extrait de la présentation de cette stèle par William C. Hayes dans "Scepter of Egypt I" : "L'ancienne ville de Nekhen (Hiérakonpolis), qui occupait le site, était le centre du culte d'un dieu faucon connu à l'époque dynastique sous le nom d' 'Horus de Nekhen'. Horemkhauef, propriétaire de notre stèle, était le 'Grand Inspecteur' du sacerdoce de cette divinité vénérée. Après une longue et complexe formule d'offrande, où sont invoqués tous les dieux et déesses locaux de Nekhen, le texte de la stèle relate comment Horemkhauef se rendit dans la ville de résidence du roi d'Égypte pour rapporter des images de son dieu et de sa mère, Isis, apparemment réalisées récemment dans les ateliers royaux pour le temple de Nekhen… Le reste de l'autobiographie d' Horemkhauef, bien que plus général et stéréotypé, mérite d'être cité : 'J'ai été un excellent dignitaire sur terre et je serai un excellent esprit dans l'au-delà, car j'ai donné du pain aux affamés et des vêtements aux démunis, et j'ai soutenu mes frères et sœurs, ne laissant aucun d'eux mendier, de sorte que chacun saluait ses compagnons. J'ai pris soin de la maison de ceux qui m'ont élevé, et ils ont été enterrés et honorés. J'ai offert mon travail à Horus, et Horus m'a accordé un congé du travail au temple, car il m'aimait - Horemkhauef, Inspecteur en chef des prêtres d'Horus de Nekhen, Intendant des champs, engendré par l'Inspecteur des prêtres, Intendant des champs, Thoty, justifié, et né de l'Ornement royal, Ta-net-yeby, justifié'."
Il rappelle en outre que : "Selon une convention propre à la sculpture provinciale de la fin de l'Ancien Empire et de la fin du Moyen Empire, la figure d' Horemkhauef, sculptée en véritable relief, est trapue et massive, tandis que celle de sa femme, exécutée en relief en creux, est élancée et anguleuse".
Statue de Séthy Ier
Séthy Ier, deuxième roi de la XIXe dynastie, était, à l'instar de son père Ramsès Ier, profondément conscient de son rôle dans l'établissement d'une nouvelle dynastie et la restauration de la puissance et du prestige de l'Égypte auprès de ses voisins. Il mena des campagnes au Levant et les bas-reliefs de ses batailles ornent les murs extérieurs de l'immense salle hypostyle qu'il fit ajouter au temple de Karnak. Il rouvrit également les mines d'or du désert oriental et de Nubie. Il fit construire un magnifique temple funéraire à Abydos, où fut gravée la célèbre liste royale d'Abydos, ainsi qu'un autre temple funéraire à Thèbes. Dans la Vallée des Rois, il fit édifier l'un des tombeaux les plus finement sculptés et décorés jamais réalisés dans ce lieu.
Cette statue du roi agenouillé le représentant faisant des offrandes à Osiris était probablement destinée à son temple d'Abydos. La même qualité artistique remarquable que celle des reliefs de Séthy Ier se retrouve dans cette statue, dont le visage évoque celui de rois antérieurs de la XVIIIe dynastie, tels que Thoutmosis III.
Réalisée en granodiorite, elle est haute de 114,5, large de 37 cm et profonde de 76 cm. Elle date du règne du souverain (Nouvel Empire - XIXe dynastie - vers 1294-1279 av. J.-C.).
Elle a été acquise auprès de l'antiquaire cairote Maurice Nahman en 1922 par le Metropolitan Museum of Art de New York et a été enregistrée dans ses collections sous le n° 22.2.21.
SOURCES : Notice et informations Metropolitan Museum of Art de New York
https://www.metmuseum.org/art/collection/search/544765
Le petit + d'Ea - égyptophile :
"Le plus fameux édifice d'Abydos est 'la demeure des millions d'années du roi Menmaâtrê (Séthy Ier) qui repose à Abydos'. Commencé par Séthy Ier, ce temple fut achevé par son fils Ramsès II. Son décor élégant, exceptionnellement bien préservé en fait l'un des chefs-d'œuvre de l'architecture et de l'art égyptien. Des égyptologues ont expliqué l'inhabituel plan en L du temple dans un souci d'éviter d'endommager l'Osireion, un cénotaphe ancien, souterrain placé juste au-dessous du temple. Beaucoup sont maintenant convaincus que l'Osireion fut en réalité construit par Séthy Ier, en reprenant le plan des tombes de la Vallée des Rois et non dans l'ancien Empire" (Kent Weeks, "Guide illustré de Louxor, tombes, temples et musées", White Star Publishers, 2005).
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