jeudi 12 juin 2025

"L'Égypte au cœur des musées : une minute pour une œuvre d'art" 2025 - Metropolitan Museum of Art de New York - 4




Statuette d'un lion 

tenant un prisonnier nubien 


Statuette d'un lion tenant un prisonnier nubien - récipient à cosmétique ? - bois
fin du Moyen Empire ou Deuxième Période intermédiaire - XIIe dynastie, vers 1850 - 1550 av. J.-C.
acquis en Egypte en 1931 - Metropolitan Museum of Art de New York - numéro 31.4.4 (par don anonyme en 1931) - photo du musée


Les bras de ce jeune nubien sont ouvertement tendus le long du corps, paumes tournées vers l'extérieur, dans un geste signifiant sa soumission volontaire. En réponse, l'attitude du lion est plus protectrice que menaçante. Trois trous au sommet de la tête de l'animal semblent avoir servis à fixer un couvercle sur une cavité contenant encore des traces de fibres organiques. Cet objet pourrait avoir servi de contenant à un produit cosmétique importé du Sud.

Réalisé en bois, haut de 8 cm, large de 2,1 cm et profond de 3,5 cm, il est daté de la fin du  Moyen Empire ou de la Deuxième Période intermédiaire - XIIe dynastie, vers 1850 - 1550 av. J.-C..

Il a été acquis en Egypte en 1931, et donné - anonymement - la même année, au Metropolitan Museum of Art de New York où il a été enregistré sous le numéro 31.4.4.

SOURCES : Notice et informations Metropolitan Museum of Art de New York

 

Le petit + d'Ea - Egyptophile :

Il est intéressant de prendre connaissance de l'analyse faite de cet artefact par Dorothea Arnold dans "Ancient Egypt Transformed : The Middle Kingdom" (The Metropolitan Museum of Art, pp. 169-70, no. 103) : 

"Un lion, la gueule ouverte de manière menaçante, se tient debout et tient entre ses pattes la tête d'un jeune homme à la touffe de cheveux courts. Le jeune homme, agenouillé, regarde le spectateur. Les bords obliques de son pagne sont visibles sur ses cuisses, et ses parties génitales sont recouvertes d'une pièce ovale de textile ou de cuir… Située juste au sud de la troisième cataracte du Nil, Kerma était la capitale d'un puissant royaume qui prospéra en Haute-Nubie d'environ 2500 av. J.-C. à environ 1500 av. J.-C., date à laquelle elle fut détruite par les rois du début de la XVIIIe dynastie.

Les égyptologues ont décrit le jeune homme de Kerma comme un prisonnier, mais ses bras ne sont pas liés, contrairement à la règle sur les représentations de captifs. Au lieu de cela, il tient les mains le long du corps, paumes vers le haut, sans doute dans un geste de soumission, mais plus révélateur de révérence que de l'abandon désespéré habituellement exprimé par les prisonniers dans les représentations du pharaon frappant ses ennemis. On perçoit ici une acceptation confiante dans l'attitude du jeune homme et une certaine protection dans l'étreinte du lion. On se souvient que des lions rampants gravés sur des baguettes apotropaïques non seulement dévorent les prisonniers, mais brandissent également dans leurs pattes le hiéroglyphe de protection. Les relations entre l'Égypte et Kerma étaient pour le moins conflictuelles au Moyen Empire. Un certain commerce semble avoir eu lieu, mais les pharaons de la XIIe dynastie ont investi des ressources considérables dans la construction d'une chaîne de forteresses solides entre la Basse-Nubie (nord) dominée par l'Égypte et le territoire de Kerma. La représentation presque compatissante de la soumission du jeune homme de Kerma est d'autant plus frappante. Il ne s'agit cependant pas d'un cas totalement isolé, car l'art égyptien comportait une tradition de représentation d'étrangers complaisants parmi la multitude de peuples soumis…" 

 

https://www.metmuseum.org/art/collection/search/544226

 

 


Maquette d'une étable avec bovins 

provenant de la tombe de Meketrê


Maquette d'une étable avec bovins - bois plâtré et peint, gesso
Moyen Empire - XIIe dynastie - début du règne d'Amenemhat Ier, vers 1981 - 1975 av. J.-C.
découverte lors de fouilles menées par le Metropolitan Museum of Art en 1920 dans l'Assassif Sud, tombe de Meketrê (TT 280, MMA 1101)
Metropolitan Museum of Art - numéro 20.3.9 (par acquisition en 1920 lors de la division des découvertes) - photo du musée


Cette maquette d'étable a été découverte, avec vingt-trois autres maquettes de bateaux, de jardins et d'ateliers dans une chambre cachée, à côté du passage menant à la tombe creusée dans la roche de l'intendant royal en chef Meketrê, qui débuta sa carrière sous le roi Nebhepetrê Montouhotep II de la XIe dynastie et continua à servir les rois successifs jusqu'au début de la XIIe dynastie.

Dans cette étable, on engraisse le bétail avant de l'abattre. Quatre bœufs sont nourris dans une mangeoire située dans une grande stalle ; deux autres sont nourris à la main par les palefreniers à partir d'un tas de fourrage et d'un sac de céréales dans la pièce d'en face. L'un des bœufs est si gras qu'il ne peut plus se tenir debout. Près de la porte est assis un surveillant, un bâton à la main.

Toutes les pièces accessibles de la tombe de Meketrê (TT 280 - MMA 1101) - Assassif Sud - avaient déjà été violées et pillées durant l'Antiquité ; mais au début de 1920, Herbert Winlock, responsable des fouilles au musée, souhaitait obtenir un plan précis de la tombe pour sa carte de la nécropole thébaine sous la XIe dynastie. Il fit donc nettoyer les débris accumulés par ses ouvriers. C'est lors de cette opération de nettoyage que fut découverte la petite chambre secrète, remplie de vingt-quatre maquettes presque parfaitement conservées. La moitié de ces maquettes fut finalement transférée au Musée égyptien du Caire et l'autre moitié, dans le cadre du partage des découvertes, au Metropolitan Museum.

Datée du Moyen Empire, de la XIIe dynastie, du début du règne d'Amenemhat Ier, vers 1981 - 1975 av. J.-C., cette maquette, réalisée en bois plâtré et peint et gesso, est longue de 72,5 cm, large de 57 cm et haute 28,5 cm ; la hauteur moyenne des bovins étant de 18 cm. 

Elle a pu, lors de la division des découvertes, être acquise par le musée où elle a été enregistrée, en 1920, sous le numéro 20.3.9..

 

Le petit + d'Ea - Egyptophile :

Fin février 1920, l'Expédition du Metropolitan Museum of Art de New York est autorisée à reprendre les fouilles de la tombe de Meketrê (TT 280) qui n'avait été que brièvement fouillée par l'égyptologue français Georges Daressy en 1895 puis par Sir Robert Mond en 1902. Sous la direction d'Herbert Eustis Winlock, les égyptologues Ambrose Lansing et Harry Burton (grand photographe auquel on devra le reportage de la découverte puis celui de la tombe de Toutankhamon deux ans plus tard) -, plus de 200 fellahs se mettent à l'œuvre.

Le nettoyage et les relevés se poursuivent depuis trois semaines lorsque, le 17 mars l'un des ouvriers employés au nettoiement de la tombe remarque que de petits morceaux de pierre glissent dans une fissure de la roche. "Nous avions déjà regardé dans tant de trous vides, conte M. Winlock, que la nouvelle ne m'émut guère. Qu'importe ! Je m'étendis à plat ventre, glissai la torche dans le trou, pressai le bouton et collai mon œil contre l'ouverture. Instantanément, le rayon électrique illumina tout un petit monde vieux de quatre mille ans ! Des centaines de Lilliputiens allaient et venaient à leurs affaires. Plusieurs brandissant des bâtons poussaient devant eux des bœufs à la robe tachetée. D'autres, s'arc-boutant sur leurs rames manoeuvraient toute une flottille de bateaux…" (récit publié dans "L'Illustration" du 16 avril 1921). Le serdab de la tombe venait d'être découvert…

 

https://www.metmuseum.org/art/collection/search/544254

 



Modèle de bouclier, d'étui à lances et lances


 Modèles de bouclier, d'étui à lances et lances - bois stuqué peint, et cuivre pour les lances
 Moyen Empire - XIIe dynastie, vers 1981 - 1802 av. J.-C. - découverts en Moyenne-Égypte à Assiout lors de fouilles
réalisées par Sayyid Pacha Khashaba (Saïd Bey) et acquises par lui lors du partage des trouvailles
Metropolitan Museum of Art de New York - numéros : bouclier 17.9.3 - étui à lance : 17.9.4 - lances 17.9.5-.11
(par acquisition auprès du découvreur en 1917) - photo du musée


Les soldats égyptiens partant au combat portaient des lances et se protégeaient avec des boucliers. 

Ce bouclier (17.9.3), cet étui à lances (17.9.4) et ces sept lances (17.9.5-1,11), sont des reproductions fidèles de l'équipement militaire de l'époque. Le bouclier, d'une hauteur de 71,5 cm, est peint pour imiter la peau de bovin qui est renforcée sur les bords par une bande de cuir brut, ici indiquée en rouge.

Le modèle d'étui à lances, d'une hauteur de 41,6 cm, est lui aussi peint pour imiter la peau de bovin utilisée dans le véritable équipement militaire. 

Il contient sept modèles de lances en bois (d'une longueur de 40.9 cm), avec une pointe en cuivre lame (10,2 cm) simplement insérée à l'extrémité de la hampe. Une vraie lance, d'une longueur à peu près identique, aurait été dotée d'une pointe en silex ou en métal et aurait été destinée au combat rapproché.

Ces modèles d'armes et de bouclier, faits en bois stuqué peint, et cuivre pour les lances, ont été réalisés pour l'enterrement d'un officiel du Moyen Empire - XIIe dynastie, vers 1981 - 1802 av. J.-C..

Ils ont été découverts en Moyenne-Égypte à Assiout, l'ancienne Lycopolis, lors de fouilles réalisées par Sayyid Pacha Khashaba (Saïd Bey) qui les a achetés lors du partage des trouvailles. Les différents artefacts ont, en 1907, été acquis auprès de lui par le Metropolitan Museum of Art de New York - numéros : bouclier 17.9.3 - étui à lance : 17.9.4 - lances 17.9.5-.11.

SOURCES : Notice et informations Metropolitan Museum of Art de New York

 

Le petit + d'Ea - Egyptophile :

Assiout, capitale du Saïd, est une ville "frontière" entre la Moyenne-Égypte et la Haute-Égypte septentrionale. "Assiout est le décalque du nom égyptien, précédé de l'article arabe - el-, es-, as-, de la ville de Saout, métropole du XIIIe nome de Haute Égypte. La principale divinité locale, Oupouaout - un chien noir -, a entraîné les Grecs à nommer la ville Lycopolis, 'la Ville-du-Loup'. Assiout était la patrie d'Oupouaout, dieu à vocation funéraire, de même qu'Anubis était une force divine veillant sur les morts, comme il avait accompli les opérations des funérailles d'Osiris… Dans la falaise qui dominait l'ancienne ville de Saout s'ouvraient les hypogées. C'est là tout ce qui subsiste de l'ancienne ville recouverte par l'agglomération actuelle. Les tombes creusées dans la falaise d'Assiout livrèrent un important mobilier funéraire… (Sydney H. Aufrère, Jean-Claude Golvin "L'Egypte restituée, tome 3. Sites, temples et pyramides de Moyenne et de Basse Egypte", 1997).

En 1910, c'est Ahmed Bey Kamal qui est en charge du secteur pour le Service des Antiquités. Il semble qu'alors, un riche homme d'affaires d'Assiout, Sayed Khashaba (Saïd Bey), ait bénéficié d'une concession de fouilles. Cela lui permit de constituer sa propre collection d'antiquités. 

Ces "modèles" d'équipement militaire ne peuvent que nous renvoyer à la maquette représentant une troupe de soldats égyptiens (bois peint - Moyen Empire - XIe dynastie - env. 2000 av. J.-C.) provenant de la tombe du prince Mesehti découverte en 1893, dans la nécropole d'Assiout, lors de "fouilles faites par des indigènes" (Musée égyptien du Caire - JE 30968 - CG 258 - exposée au GEM depuis octobre 2024).

 

https://www.metmuseum.org/art/collection/search/590949




Accessoire cérémoniel en forme d'Ankh


Signe-ankh - faïence - Nouvel Empire - XVIIIe dynastie - règne de Thoutmosis IV, vers 1400 - 1390 av. J.-C.
découvert en 1903, dans la Vallée des Rois, dans la tombe de Thoutmosis IV (KV 43)
lors de fouilles d'Howard Carter financées par Theodore Monroe Davis - Metropolitan Museum of Art de New York - numéro 30.8.29
(légué par Davis en 1915 qui l'avait acquis lors du partage des découvertes) - photo du musée


L'ankh était utilisé comme hiéroglyphe pour écrire les mots "vivre", "vivant" ou "vie". Il est devenu le symbole populaire de la vie en général.

Ce signe-ankh, en faïence, est haut de 27,7 cm, large de 14 cm et épais de 2 cm.

Il est daté du Nouvel Empire, de la XVIIIe dynastie, du règne de Thoutmosis IV, vers 1400 - 1390 av. J.-C..

Il a été découvert en 1903, dans la Vallée des Rois, dans la tombe de Thoutmosis IV (KV 43), lors de fouilles menées par Howard Carter pour Theodore M. Davis. 

Acquis par ce dernier lors du partage des découvertes, il l'a légué au Metropolitan Museum of Art de New York en 1915 et il a été enregistré dans ses collections en 1930 - sous le numéro 30.8.29.

SOURCES : Notice et informations Metropolitan Museum of Art de New York

 

Le petit + d'Ea - Egyptophile :

C'est le 3 février 1903 qu'Howard Carter découvre la tombe du successeur d'Amenhotep II, Thoutmosis IV qui régna pendant dix ans sur le Double Pays. Il relate ainsi l'incroyable moment de la découverte : "Nos yeux s'habituèrent à la faible lumière de nos bougies et… nous réalisâmes dans l'obscurité que la partie supérieure des parois de ce puits était richement sculptée et peinte. Les scènes représentaient le Pharaon … debout devant divers dieux et déesses de l'Au-Delà… C'était la preuve ultime que j'avais trouvé la tombe de Thoutmosis IV…"

Bien que la tombe ait été pillée dans l'antiquité, elle livrera de belles pièces d'équipement funéraire… Parmi elles, Nozomu Kawai ("Development of the burial assemblage of the Eighteenth dynasty Royal Tombs") évoque : "Un certain nombre d’amulettes et d’objets rituels... Les amulettes de faïence bleue sont particulièrement remarquables. Les symboles d’Ankh montrent de la diversité, y compris le récipient de faïence en forme d’Ankh, et peuvent être divisés en 8 groupes : 27 pièces complètes et 17 pièces brisées"…

Le signe-ankh est présent dès la plus haute antiquité : le fait qu'il signifie la vie en fait un "incontournable" dans l'iconographie... Présenté aux narines du défunt, il doit lui insuffler le souffle vital. Souvent dénommé "croix de vie" ou encore "croix ansée", il est présent sur les murs des tombes, des temples, sur les parois des sarcophages, dans la statuaire, dans la joaillerie, les amulettes. Dans son article "Les talismans ânkh et shen" (BIFAO 11, 1911), Gustave Jéquier précise : "C'est un attribut divin, un insigne que les dieux et les déesses tiennent toujours dans la main par la boucle. Bien que descendant direct et successeur des dieux, le roi n'est pas encore leur égal tant qu'il règne sur la terre : ainsi il n'a pas droit au port de l'ankh et ne prend cet insigne que dans certaines cérémonies cultuelles où il officie en qualité de dieu".

 

https://www.metmuseum.org/art/collection/search/544840

 

 

 

Plaque en relief à l'emblème d'Hathor, incurvée comme si elle provenait de la frise d'un temple


Plaque incurvée en relief à l'emblème d'Hathor - calcaire - Epoque ptolémaïque, vers 400 - 30 av. J.-C.
Metropolitan Museum of Art de New York - numéro 07.228.29
(par acquisition au Caire, en 1907, auprès de l'antiquaire Maurice Nahman) - photo du musée


Les petits reliefs ou sculptures de la Basse Époque et de l'Époque ptolémaïque, représentant un sujet de manière partielle ou inachevée, mais étant eux-mêmes des objets finis, constituent une catégorie d'objets particulière. Des directives, telles que celles destinées aux artistes, sont souvent mises en avant comme faisant partie intégrante de l'objet, même si, en réalité, on peut citer de nombreux cas où l'objet ne pouvait tout simplement pas servir de modèle approprié à une représentation formelle égyptienne traditionnelle. Des personnifications de la royauté, des représentations pouvant représenter les demi-dieux émergents Imhotep et Amenhotep fils de Hapou, ainsi que des dieux populaires comme Harpocrate ou Isis, sont largement représentés dans le corpus.

L'ensemble des figures représentées et les autres éléments indiquent que les reliefs et sculptures de cette classe, parfois appelés par les égyptologues "modèles de sculpteur/objets votifs", étaient peut-être une pratique de donation liée à la construction prolifique de temples au cours de ces siècles. Malheureusement, peu d'éléments nous éclairent sur les mécanismes d'une telle pratique de donation.

Des éléments architecturaux sont également représentés parmi les petites sculptures que l'on peut qualifier de sculptures de donation. Des frises figuratives reprenant la courbure d'une corniche en cavet apparaissent parfois au sommet des murs tout comme des frises non courbées. Ce relief représente une section d'une frise courbée d'emblèmes d'Hathor, un élément décoratif que l'on retrouve dans de nombreux temples féminins et mammisis de la Basse Époque. L'emblème d'Hathor apparaît au-dessus du hiéroglyphe désignant l'or, de sorte que la composition indique "la déesse dorée". 

Réalisé en calcaire, cet élément est haut de 24 cm, large de 16,6 cm, profond de 9,5 cm et épais de 2,8 cm.

Daté de l'Époque ptolémaïque, vers 400 - 30 av. J.-C., il a été acquis au Caire, en 1907, auprès de l'antiquaire Maurice Nahman par le Metropolitan Museum of Art de New York et enregistré, la même année, dans ses collections sous le numéro 07.228.29.

SOURCES : Notice et informations Metropolitan Museum of Art de New York

 

Le petit + d'Ea - Egyptophile :

Hathor, déesse de l'amour, de la joie, de la beauté, de la musique, est l'une des divinités "primordiales" du panthéon égyptien. Elle est certainement aussi celle qui est parée des plus belles épithètes … "La Dorée", "Or des dieux", "Argent des Déesses", "Dame de Vie", "Qui remplit le ciel et la terre de sa beauté", "Maîtresse du Ciel", "Souveraine de tous les dieux", "Maîtresse du Palais", "Dame de la musique" … Elle a été adorée dans de multiples lieux de culte et son beau visage orne notamment les chapiteaux des colonnes, les sistres, les miroirs, les contrepoids de ses colliers-menat …

 

https://www.metmuseum.org/art/collection/search/551289

 

 


Statue de Roy chantant l'hymne solaire 

inscrit sur sa stèle


Statue de Roy chantant l'hymne solaire inscrit sur sa stèle - calcaire peint
Nouvel Empire -  XVIIIe dynastie - règne d'Amenhotep II, vers 1427 - 1400 av. J.-C.
achetée à Louqsor par J. Pierpont Morgan en mars 1909, offerte par son fils, en 1917, au MMA dans le cadre de la collection Morgan
Metropolitan Museum of Art de New York - numéro 17.190.1960 - photo du musée


Le scribe Roy tient une stèle sur laquelle est inscrit un hymne au dieu solaire Rê. Roy était également intendant d'un temple dédié à une reine dont le nom n'est pas mentionné. Son titre de "grande épouse royale" l'identifie comme la reine la plus importante de son mari.

Roy est agenouillé, les mains levées, dans une posture d'adoration classique, et la statue doit probablement être interprétée comme une représentation de Roy récitant le texte de la stèle.

Cette statue, provenant de Thèbes, haute de 31,5 cm, large de 19 cm est réalisée en calcaire peint. Elle est datée du Nouvel Empire, de la XVIIIe dynastie, du règne d'Amenhotep II, vers 1427 - 1400 av. J.-C..

Achetée à Louqsor par J. Pierpont Morgan en mars 1909, elle a été offerte par son fils, en 1917, dans le cadre de la collection Morgan au Metropolitan Museum of Art de New York et a été enregistrée dans ses collections sous le numéro 17.190.1960.

SOURCES : Notice et informations Metropolitan Museum of Art de New York

 

Le petit + d'Ea - Egyptophile :

Dans "The Scepter of Egypt : A Background for the Study of the Egyptian Antiquities in The Metropolitan Museum of Art. Vol. 2", William C. Hayes rappelle : 

"Un produit 'induit' de la résurgence, sous les dirigeants thoutmosides de la religion solaire d’Héliopolis, était une représentation du propriétaire de la tombe, agenouillé et chantant un hymne au dieu soleil, ses mains levées devant lui dans une attitude d’adoration, ou peut-être pour protéger son visage de l’éclat de la divinité. Parfois, les paroles de l’hymne sont inscrites sur le pagne de la personne elle-même, mais, le plus souvent elles sont sculptées sur une dalle semblable à un stèle qui est debout devant l’adorant agenouillé, qu'il touche mais ne soutient pas… Ce type est admirablement illustré par cette statuette en pierre calcaire peinte de Roy, sous-intendant de la Reine, datée par son style, son type facial et la forme de sa perruque de l’époque des règnes d’Amenhotep II et de Thoutmosis IV". 

 

https://www.metmuseum.org/art/collection/search/544813

 

 


Statuette de chat


Statuette de chat - métal cuivreux - Basse Époque - Période ptolémaïque, vers 664 - 30 av. J.-C.
 achetée par Albert Gallatin, au Caire, auprès de Kelekian, en avril 1926 - Metropolitan Museum of Art de New York - numéro 66.99.14
(par acquisition en 1966 de la Collection Gallatin) - photo du musée


Bastet était une puissante déesse de Basse-Égypte, protectrice et capable d'apporter une grande prospérité. Sous sa forme zoomorphe, elle était représentée sous les traits d'un chat, et les chats étaient considérés comme sacrés pour elle. En tant que chatte, elle est sur ses gardes, face aux forces extérieures. Les statuettes de chat comptaient parmi les dédicaces zoomorphes les plus courantes de la Basse Époque et de la Période ptolémaïque. De petites statuettes comme celle-ci étaient offertes en offrande aux temples ou déposées dans des catacombes aux côtés de momies de chat, comme dans les vastes catacombes de Bubastis et de Saqqarah. Parfois, des exemplaires creux plus grands contenaient une momie de chat.

Cette représentation en métal cuivreux, haute de 11,8 cm, est datée de la Basse Époque - Période ptolémaïque, vers 664 - 30 av. J.-C..

Achetée par Albert Gallatin, au Caire, auprès de Kelekian, en avril 1926, elle figurait dans sa collection acquise par le Metropolitan Museum of Art de New York en 1966. Elle a été enregistrée sous le numéro 66.99.145.

SOURCES : Notice et informations Metropolitan Museum of Art de New York

 

Le petit + d'Ea - Egyptophile :

Dans "Le crépuscule des pharaons", Laurent Coulon rappelle que : "Les falaises de Saqqara abritaient un Bubastéion près duquel étaient inhumées des milliers de momies de chat. Dans ces sanctuaires, la consécration d'une momie de chat à la déesse et celle d'une effigie en bronze devaient relever d'une même démarche religieuse, l'une pouvant en l'occurrence être contenue par l'autre. À l'examen des momies, il est apparu que loin d'être un animal sacré et intouchable, le chat était avant tout une simple image de la divinité, qu'il était possible de sacrifier, même très jeune. Consacrées par les fidèles en ex-voto aux déesses locales, les momies accompagnées éventuellement de bronzes étaient ensuite entreposées dans des catacombes où elles s'entassaient par centaines de milliers"...

 

https://www.metmuseum.org/art/collection/search/570749

 



Ceinture ornée de coquillages cauris


Ceinture ornée de coquillages cauris - Moyen Empire - XIIe dynastie - fin XVIIe dynastie, vers 1850 - 1700 av. J.-C.
découverte lors des fouilles 1912 - 1913 du Metropolitan Museum of Art de New York dans l'Assassif - tombe MMA 840
Metropolitan Museum of Art de New York - numéro 13.180.11 (par acquisition lors du partage des découvertes en 1913) - photo du musée


Cette ceinture a été trouvée, avec d'autres bijoux, dans la chambre pillée, accessible par un puits, dans le portique d'une tombe rupestre du secteur d'Assassif, dans la nécropole thébaine. Parmi les objets découverts figuraient des parties d'un cercueil rectangulaire en bois orné de hiéroglyphes verts sur fond jaune, ainsi que quelques vestiges d'une ou plusieurs maquettes de bateaux en bois, trois scarabées, deux récipients de toilette en anhydrite, et un ensemble de bijoux remarquables par l'utilisation importante de l'argent. Les dates, établies par comparaison stylistique avec certains objets, s'étendent de la fin du Moyen Empire (vers 1850 - 1700 av. J.-C.) à la fin de la Deuxième Période intermédiaire (vers 1580 - 1550 av. J.-C.). Plusieurs pots en argile (28.3.239-241, aujourd'hui conservés à l'Oriental Institute Museum de Chicago), provenant de la zone de la tombe, mais non identifiés avec certitude comme ayant été trouvés à l'intérieur du puits et de la chambre d'où proviennent les bijoux, datent de la fin de la Deuxième Période intermédiaire.

Cette ceinture, en électrum sur plâtre, cornaline, et améthyste, est longue de 66 cm. Les coquillages ont, eux, une longueur de 2,6 cm. Elle est datée de la fin du Moyen Empire, XIIe dynastie - fin-XVIIe dynastie, vers 1850 - 1700 av. J.-C..

Découverte, en 1912 - 1913 lors de fouilles menées par le Metropolitan Museum of Art de New York dans la tombe MMA 840 (Assassif), elle a été acquise par le Musée lors de la division des découvertes en 1913 et a été enregistrée dans ses collections sous le numéro 13.180.11.

SOURCES : Notice et informations Metropolitan Museum of Art de New York

 

Le petit + d'Ea - Egyptophile :

Une double rangée constituée de trois perles de cornaline cernées de part et d'autre d'une perle d'améthyste, relie des coquillages de type "cauris". Dans "L'or des pharaons - 2500 ans d'orfèvrerie dans l'Egypte ancienne", Christiane Ziegler apporte cette importante indication sur la symbolique de ces petits mollusques marins de la famille des cyprées. "Utilisés en Égypte dès l'époque prédynastique, il se peut, qu'à cause de leur ressemblance avec un œil ou un sexe féminin, on leur ait attribué une valeur protectrice. Ils seraient associés à la fertilité tout comme la graine d'acacia que reproduisent les perles de certaines ceintures du Moyen Empire". 

Elle ajoute que : "La mode de telles ceintures prit son essor au Moyen Empire. Elles étaient portées par des fillettes et des jeunes femmes et sont fréquemment peintes sur les statues de concubines du défunt ou les ex-voto dédiés à la déesse Hathor… Les tombes livrèrent de nombreux exemplaires de ceintures d'orfèvrerie et les plus belles sont celles de Méréret trouvée à Dahchour et celle de Sat-Hatour-Iounet à Illahoun"…


https://www.metmuseum.org/art/collection/search/544420

 

 


Statue du surveillant des tailleurs de pierre Senbebou et sa famille


Statue du surveillant des tailleurs de pierre Senbebou et sa famille - grès - Moyen Empire - XIIe dynastie, vers 1981-1802 av. J.-C.
provenance possible : Éléphantine - Metropolitan Museum of Art de New York - numéro 56.136.
 (par acquisition, en 1956, auprès Michael Abemayor) - photo du musée


Senbebou, personnage central de ce groupe, était surveillant des tailleurs de pierre, un titre indiquant qu'il supervisait l'extraction et/ou la taille de pierre, profession également exercée par son père et son fils. Abetib, à gauche, était probablement l'épouse de Senbebou, tandis que Peryt, à droite, était soit une autre épouse, soit peut-être une belle-sœur. Au Moyen Empire, les fonctionnaires de rang intermédiaire comme Senbebou furent de plus en plus en mesure de commander des monuments commémoratifs de qualité respectable.

Ce groupe statuaire en grès est haut de 22,2 cm, large de 30 cm et profond de 16 cm. Il est daté du Moyen Empire, de la XIIe dynastie, vers 1981 - 1802 av. J.-C. et pourrait provenir du sud de la Haute-Égypte, de l'île Éléphantine.

Acquis en 1956 auprès Michael Abemayor par le Metropolitan Museum of Art de New York, il est entré dans les collections sous le numéro 56.136.

SOURCES : Notice et informations Metropolitan Museum of Art de New York

 

Le petit + d'Ea - Egyptophile :

Dans "Être et paraître, Statues royales et privées de la fin du Moyen Empire et de la Deuxième Période intermédiaire (1850-1550 av. J.-C.)", Simon Connor présente ainsi les trois personnages : "Senbebou le noir, fils de Kayt et Sobekhotep, sa femme Abetib et sa belle-sœur Peryt, fille de Henout". Il ajoute : "Statue dédiée par son fils Ptah-our, qui porte le même titre - XIIe dynastie, règne d'Amenemhat III (style ; personnages attestés par d'autres sources, les stèles de Berlin 1203 et du Caire CG 20731). Grès. Triade : un homme assis en position asymétrique, jambe gauche relevée, entouré par deux femmes agenouillées, mains gauches portées à la poitrine. Pagne long noué au-dessus du nombril ; robes fourreaux. Perruque longue, striée et bouffante, rejetée derrière les épaules ; perruques tripartites striées. Proscynème : Satet, maîtresse d'Eléphantine".

 

https://www.metmuseum.org/art/collection/search/544181

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