Vase représentant
une maman singe avec son petit
Inscrite au nom de Mérenrê Ier, quatrième roi de la VIe dynastie, cette charmante composition évoque la maternité et la fertilité, ainsi que les terres exotiques qui fournissaient les composants rares pour les huiles et onguents contenus dans ces vases. Leur contenu était vraisemblablement censé avoir des effets rajeunissants.
Les inscriptions sur ce vase, et sur d'autres similaires, suggèrent qu'ils étaient offerts par les rois de la VIe dynastie à leurs courtisans favoris, en particulier aux femmes, lors du jubilé du roi.
Réalisé en travertin (albâtre égyptien), peinture, résine et pigment, il est haut de 18,6 cm, large de 6,5 cm et profond de 7,6 cm.
Il est daté de l'Ancien Empire, vers 2255 - 2246 av. J.-C., règne de Mérenrê Ier "Roi de Haute et Basse Egypte Mérenrê, qu’il vive à jamais".
Anciennement dans la collection Theodore M. Davis, il a été légué au Metropolitan Museum of Art de New York en 1915, et est devenu sa propriété en 1930. Il a été enregistré dans ses collections sous le numéro 30.8.134
SOURCES : Notice et informations du Metropolitan Museum of Art de New York
Le petit + d'Ea - Egyptophile :
Dans "Recent Acquisitions, a Selection : 1992-1993 : Ancient World" ("The Metropolitan Museum of Art Bulletin", vol. 51, no. 2, Autumn 1993, pp. 6-7), Dorothea Arnold fait cette belle et pertinente analyse : "Sur les navires qui ramenaient des marchandises en Égypte antique depuis les pays plus au sud, le long du Nil ou de la mer Rouge, des babouins et des singes captifs grimpaient dans les gréements, régalant les marins de leurs farces coquines. Une fois arrivés au port d'attache, les singes devinrent très prisés des familles de la noblesse. Leur origine exotique et leur nature divertissante firent de ces animaux des ornements parfaits pour les luxueux contenants de cosmétiques et de parfums. Le vase en albâtre récemment acquis représente un type particulier de vase en forme de singe, particulièrement populaire à la fin de l'Ancien Empire : une femelle singe serrant son petit contre son ventre. Les bracelets et les chaînes de cheville portés par le couple les caractérisent comme étant des animaux de compagnie. Dans ce groupe, la relation mère-enfant est dotée d'une intimité que l'on ne retrouve pas dans les représentations de groupes familiaux humains de la même époque. Le vase, bien que creusé pour servir d'objet utilitaire, est un chef-d'œuvre sculptural. Sa forme générale est ovoïde. Vue de profil, la silhouette, à l'exception d'une bosse au centre du dos, épouse fidèlement la courbe ovale. La tête de l'adulte, au-dessus du bébé, exprime avec justesse la protection attentive d'une mère envers son petit. Vu de face, le bébé singe se fond parfaitement dans le corps de sa mère, dont les bras épousent à nouveau la silhouette ovale. Cependant, les pattes arrière et les moustaches de la mère pointent vers l'extérieur, d'une manière nettement tendue. Cette tension, présente dans de nombreuses sculptures grandeur nature parmi les plus remarquables de l'Ancien Empire, confère une vitalité dynamique à cette composition harmonieuse.
https://www.metmuseum.org/art/collection/search/543898
Représentation féminine
d'un groupe statuaire
Cette représentation féminine est l'une des deux qui flanquaient les jambes d'une statue masculine plus grande. Elle a été trouvée, avec la seconde et des fragments d'autres statues dans un puits de l'enceinte du complexe funéraire de Sésostris-Ankh (Senousertankh) à Lisht Sud. Son mastaba date des dernières années du règne de Sésostris Ier ou des premières années de son successeur, Amenemhat II. Cependant, à en juger par son style, ce groupe statuaire a été créé à la fin du Moyen Empire et doit donc avoir été dédié à une époque où des enterrements ultérieurs ont été effectués dans cette enceinte.
La femme, debout, porte une robe fourreau étroite. Les pans avant de sa perruque se terminent sur ses seins en deux grandes boucles, une coiffure souvent associée à la déesse Hathor.
Cette représentation en quartzite, haute de 31,5 cm et large de 13 cm, est datée du Moyen Empire, XIIe ou XIIIe dynastie, vers 1981 - 1640 av. J.-C..
Elle a été découverte dans la région Memphite, à Lisht sud, dans le puits 23 de la tombe de Sésostris-Ankh (Senousertankh), lors des fouilles 1932 - 1933 de l'Expédition du Metropolitan Museum of Art de New York. Elle a été enregistrée, dans ses collections, en 1933, sous le numéro 33.1.6.
Il est à noter que le musée new-yorkais possède également la statue qui se trouvait du côté opposé (33.1.5).
SOURCES : Notice et informations du Metropolitan Museum of Art de New York
Le petit + d'Ea - Egyptophile :
C'est en décembre 1932 que l'expédition du Metropolitan Museum of Art de New York a découvert, à Lisht, au bord du plateau au nord de la chaussée du roi Sésostris, les vestiges d'un monumental complexe funéraire appartenant à Sesostris-Ankh (Senousertankh).
Selon Dieter Arnold "Middle Kingdom Tomb Architecture at Lisht" (Publications of The Metropolitan Museum of Art Egyptian Expedition, 28, 2008), il s'agit là : "du plus grand et du plus magnifique complexe funéraire privé du Moyen Empire, que ce soit à Lisht ou à Dahchour, et certainement l’un des monuments funéraires privés les plus importants de la période dans tout le pays"…
Sesostris-Ankh ajoute-t-il : "détenait les titres importants habituels d'un haut fonctionnaire, mais son implication dans l'administration royale est manifestement absente. Plusieurs titres laissent penser qu'il était une personne hautement qualifiée, responsable de la construction et des activités artistiques, en plus de ses fonctions religieuses.
Etant doté du titre de 'maître des artisans et prêtre de Ptah, charpentier et constructeur royal, et responsable de la construction du palais', et son complexe funéraire révélant que le constructeur était un architecte exceptionnel, on peut supposer que Sesostris-Ankh lui-même a été responsable, non seulement de la conception de son propre tombeau, mais aussi de l'ensemble pyramidal royal. Il est peut-être l'auteur de l'inhabituel mur d'enceinte de Sésostris orné de panneaux d'Horus".
https://www.metmuseum.org/art/collection/search/558022
Palme d'un éventail de cérémonie
Cette palme (élément jointif) d’un éventail cérémoniel représente un baldaquin royal sur une ombelle, la partie florale du papyrus. Au dos se trouvent des "encoches" pour insérer trois plumes d’autruche, et l'extrémité inférieure est conçue pour s'adapter sur un long manche. Des déesses tenant des éventails à plumes flanquent le pharaon assis sous le baldaquin. Un des cartouches royaux apparaissant juste au-dessous de la corniche pourrait être une mauvaise version de l'un des noms du pharaon du Moyen Empire Amenemhat III. Son complexe pyramidal d'Hawara était un site très prisé pour les inhumations à l’époque romaine, et de nombreuses momies ornées de portraits sur panneaux en bois y ont été trouvées. Cet éventail aurait pu être utilisé dans un temple à proximité d’Arsinöe, capitale du Fayoum.
Haute de 12 cm, cette partie d'éventail est faite de bronze, de verre et d'or. Elle est datée de la période romaine, du Ier - IIe siècle ap. J.-C.. Elle est entrée au Metropolitan Museum of Art de New York en 1926, par l'acquisition de la Collection de feu Lord Carnarvon, et a été enregistrée dans ses collections sous le numéro 26.7.841.
SOURCES : Notice et informations Metropolitan Museum of Art de New York
Le petit + d'Ea - Egyptophile :
Peu de temps après avoir découvert la tombe de Toutankhamon (novembre 1922), Lord Carnarvon s'éteint au Continental Savoy du Caire le 5 avril 1923. Dans un codicille à son testament, destiné à son épouse Lady Almina, il avait exprimé ses volontés sur le devenir de sa collection d'antiquités égyptiennes au cas où elle serait amenée à s'en séparer. Ce qu'elle fera, Howard Carter étant alors chargé des négociations... Grâce à la générosité d'Edward S. Harkness, le Metropolitan Museum of Art de New York s'en portera acquéreur, en 1926, pour la somme de $ 145.000.
Le musée sera alors fier de voir "sa représentation de l'art égyptien grandement améliorée par l'acquisition de cette magnifique collection qui était certainement l'une des dernières grandes collections privées restant en Europe" (Albert M. Lythgoe, "The Carnarvon Egyptian Collection", The Metropolitan Museum of Art Bulletin, vol. 22, n° 2, February 1927)
https://www.metmuseum.org/art/collection/search/547868
Oushebti de Ramsès VI
Cet oushebti fut réalisé pour le pharaon Ramsès VI. Les oushebtis étaient souvent gravés d'une formule magique (également connue sous le nom de chapitre 6 du Livre des Morts) les exhortant à se substituer à leur propriétaire si celui-ci était chargé d'effectuer des travaux subalternes tels que labourer les champs, irriguer les terres ou transporter du sable d'est en ouest. À cette fin, même les oushebtis royaux sont souvent représentés tenant une pioche et une houe, et portant un panier sur l'une ou les deux épaules. Dans cet exemple, le roi tient une houe dans chaque main, mais il n'a pas de panier dans le dos. Il porte un némès orné du double emblème d'un cobra (uraeus) et d'un vautour dont la tête a aujourd'hui disparu, mais dont le cou étroit et arrondi diffère sensiblement de celui du cobra à sa gauche. L'association du vautour et du cobra figurant sur la tête d'un roi fait son apparition au Nouvel Empire : l'exemple le plus connu apparaît sur le masque d'or de Toutânkhamon.
Les cartouches semblent avoir été modifiés dans l'Antiquité, d'un roi antérieur, peut-être Ramsès III, à en juger par les épithètes.
Cet oushebti en faïence est haut de 28,5 cm, large de 8,2 cm et épais de 5 cm. Il date du Nouvel Empire, de la période ramesside, vers 1143 - 1136 av. J.-C..
Anciennement dans la collection J. Pierpont Morgan, il est ensuite entré dans la collection Piero Tozzi. En septembre 1952, il a été acquis par Albert Gallatin dont la collection a été acquise par le Metropolitan Museum of Art de New York en 1966 où il a été enregistrée dans ses collections sous le numéro 66.99.57.
SOURCES : Notice et informations Metropolitan Museum of Art de New York
Le petit + d'Ea - Egyptophile :
Ramsès VI (1143 - 1136) est l'un des trois fils de Ramsès III qui se hissèrent sur le trône du Double Pays. Après un règne de sept ans, il a été inhumé dans la KV 9, l'une des tombes les plus impressionnantes de la Vallée des Rois. "Commencée par Ramsès V, elle a été achevée par Ramsès VI. Fait inhabituel, les deux rois y furent inhumés, comme nous l'apprend un ostracon contemporain, mais seul le sarcophage de Ramsès VI est encore en place. Les deux momies royales furent déplacées dans la cachette KV 35 pendant la neuvième année du règne de Ramsès IX… Ses larges corridors, ses hauts plafonds éliminent ce sentiment d'étouffement ressenti dans certaines tombes plus anciennes et son décor aux couleurs vives sur fond blanc a gardé intacte toute la fraîcheur" (Kent Weeks, "Guide illustré de Louxor, tombes, temples et musées", White Star Publishers, 2005)
https://www.metmuseum.org/art/collection/search/545924
Coupe à décor peint
Les fragments de cette coupe ont été découverts, début décembre 1920, lors de fouilles menées par Howard Carter pour le compte de Lord Carnarvon dans la Vallée des Rois, sur la pente au-dessus de l'entrée de la tombe de Mérenptah (KV 8).
Cette poterie à décors peints en bleu, d'un diamètre de 23,5 cm, est datée du Nouvel Empire, de la période ramesside, XIXe - XXe dynastie - vers 1295 - 1170 av. J.-C..
Attribuée à Lord Carnarvon lors du partage des découvertes, il en a fait don au Metropolitan Museum of Art de New York en 1923, où elle a été enregistrée dans ses collections sous le numéro 23.7.3.
SOURCES : Notice et informations Metropolitan Museum of Art de New York
Le petit + d'Ea - Egyptophile :
Après le départ de Theodore Monroe Davis, le Service des Antiquités de l'Égypte accorda, le 18 avril 1915, la concession de la Vallée des Rois à Lord Carnarvon pour lequel travaillait Howard Carter. Leurs premières fouilles dans la nécropole royale ne furent pas très encourageantes et leurs découvertes peu nombreuses…
Dans "Howard Carter, The path to Tutankhamun", Thomas G. H. James relate ainsi la saison au cours de laquelle fut découverte cette coupe : "Le 1er décembre 1920, Carter continua de dégager la petite vallée latérale reliant la vallée principale, située légèrement au nord-est de la tombe de Ramsès VI à celle de Mérenptah. Son intention suivante était de dégager la zone proche de l'entrée de la tombe de Ramsès VI, où des cabanes d'ouvriers avaient été découvertes lors de travaux antérieurs. Cependant, ses progrès furent limités. Comme il l'expliqua dans son article du 2 janvier 1921 : 'Comme il est impossible de dégager le chemin devant T9 (R VI) [c'est-à-dire la tombe n° 9 de Ramsès VI] pendant la saison touristique et la visite prochaine du Sultan, nous avons déplacé les hommes pour le moment vers une autre partie de la vallée'. La majeure partie du reste de la saison se déroula au fond de la vallée, en direction de la tombe de Thoutmosis III. Les travaux prirent fin le 3 mars… Outre les résultats décevants de leurs fouilles dans la Vallée des Rois, Carnarvon et Carter s'inquiétaient également du changement de politique de Pierre Lacau en matière de fouilles et de partage depuis la guerre"… Ainsi : "le Service des Antiquités s'engageait, après avoir réservé les momies et cercueils royaux, ainsi que d'autres objets d'importance capitale, à 'partager le reste avec le titulaire', et à convenir que 'la part du titulaire le rémunérerait suffisamment pour les efforts et le travail accomplis'. Tant de choses dépendaient de l'interprétation de ces déclarations..."
Illustration : Coupe à décor peint - poterie, pigments - Nouvel Empire - période ramesside - XIXe - XXe dynastie - vers 1295 - 1170 av. J.-C. - découverte lors de fouilles menées par Howard Carter pour Lord Carnarvon, dans la Vallée des Rois - Metropolitan Museum of Art de New York - numéro 23.7.3 (par don de Lord Carnarvon en 1923) - photo du musée
https://www.metmuseum.org/art/collection/search/554498
Ankhpakhered était membre du clergé de Karnak, grand complexe du temple du dieu égyptien Amon où se dressait sa statue. Sa silhouette décidée, à la démarche assurée et au torse nu, évoque les longues traditions de l'Égypte. Mais ici, elle est associée de manière touchante à des traits doux et à une tête lisse en forme d'œuf, telle celle d'un nouveau-né. Cette touche stylistique évoque probablement le souhait de renaître dans l'au-delà.
La représentation simple est entourée d'un cadre élaboré de textes hiéroglyphiques. Une prière pour partager les offrandes faites au dieu Amon figure sur le socle, devant son pied droit. Derrière sa jambe gauche, une invitation aux passants à prier pour lui comme ils souhaiteraient un jour que d'autres prient pour eux. Sur le socle, il exalte le temple où il se trouve près du dieu, que ses statues perdurent et qu'il puisse anticiper la transmission de sa position "de fils en fils sans fin". Ce dernier souhait n'était pas vain : d'autres membres de sa famille étaient bien présents dans les rangs sacerdotaux de Karnak : son père était prêtre avant lui, son frère et son propre fils étaient prêtres, tandis que sa mère était joueuse de sistre et sa femme chanteuse du temple. Sur le pilier dorsal figure une formule relative à l'animation de sa statue.
Réalisée en diorite, elle est haute de 58,9 cm, large de 15,3 cm, profonde de 27,2 cm et a un poids de 15,8 kg. Elle est datée de la Basse Époque - Période ptolémaïque - 380 - 300 av. J.-C..
Provenant de la Cachette du temple d'Amon à Karnak, elle a été acquise en Égypte, en 1908, auprès de Maurice Nahman, au Caire par le Metropolitan Museum of Art de New York. Elle a été enregistrée dans ses collections sous le numéro 08.202.1.
SOURCES : Notice et informations Metropolitan Museum of Art de New York
Le petit + d'Ea - Egyptophile :
En 1903, Gaston Maspero, directeur du Service des Antiquités de l'Egypte, donne la consigne à Georges Legrain qui est à la tête de la "Direction des travaux de Karnak" depuis 1895 : "de fouiller un endroit mal connu du temple, de préférence aux alentours du lac sacré". L'égyptologue opte alors pour la cour du septième pylône. Le 26 décembre 1903, après avoir mis au jour de nombreux blocs datant du Moyen et du Nouvel Empire, il découvre, en soulevant une stèle de Séthy Ier, une "favissa"… Pendant cinq fructueuses - mais difficiles - saisons "près de 800 statues et 17000 bronzes" seront extraits de cette fosse profonde de 10 à 15 mètres. Ce qui sera dénommé "La Cachette de Karnak" s'inscrit comme l'une des plus belles découvertes égyptologiques du début du XXe siècle ! Comment analyser la présence d'un tel dépôt, ses raisons, et l'époque à laquelle il a été effectué ?
Dans une interview accordée à Egypte-actualités, en novembre 2016 lors de la publication de son ouvrage : "La Cachette de Karnak - Nouvelles perspectives sur les découvertes de Georges Legrain", Laurent Coulon donnait les explications suivantes : "L'hypothèse de Georges Legrain qui situait la date de l'enfouissement des statues à la fin de l'époque ptolémaïque reste la plus crédible. Le réexamen approfondi des données disponibles qu'a mené Emmanuel Jambon montre que ce dépôt a eu lieu en une seule opération et non à différentes époques, car des statues des derniers siècles avant notre ère ont été trouvées au plus profond de la fosse, alors que certaines beaucoup plus anciennes, du Moyen et du Nouvel Empire, se trouvaient dans les strates supérieures. La raison d'être de cet enfouissement massif reste, lui, sujet à débat ; il ne peut pour l'instant être relié à aucun événement précis"…
https://www.metmuseum.org/art/collection/search/551996
Tête fragmentaire d'une statuette
d'un prêtre "chauve d'Hathor"
Cette tête fragmentaire en stéatite est haute de 3,4 cm et large de 3,1 cm.
Elle est datée de la fin du Nouvel Empire - XVIIIe - XIXe dynastie, vers 1336 - 1250 av. J.-C..
Elle a été donnée par J. Lionberger Davis, en 1964, au Metropolitan Museum of Art de New York et a été enregistrée dans ses collections sous le numéro 64.225.
SOURCES : Notice et informations Metropolitan Museum of Art de New York
Le petit + d'Ea - Egyptophile :
Dans ses "Regards croisés sur la civilisation égyptienne, Pages choisies d’archéologie et d’histoire" (L'Harmattan, 2024), Christian Leblanc nous éclaire ainsi sur la confrérie des "Chauves d'Hathor" :
Des recettes permettaient dans l’ancienne Égypte de remédier à la calvitie. Mais l’on sait aussi que des personnes atteintes d’une calvitie, notamment sincipale (c’est-à-dire celle du sommet du crâne), pouvaient devenir des intermédiaires privilégiés entre les femmes et une divinité́ particulière. Gage de sagesse, d’humilité́ et de maturité́, la calvitie était aussi un symbole d’érotisme. Témoins tangibles d’une dévotion populaire, c’est ainsi que plusieurs statues sont connues pour être celles de "chauves d’Hathor" (iz/iAz n Îwt-Îr) ou encore "chauves de la (déesse) Dorée", une curieuse confrérie apparue au Nouvel Empire… Sous le règne de Ramsès II, Ameneminet qui était l’un des architectes du Ramesseum, avait cette vocation : 'Je suis le chauve de cette déesse (i. e. Hathor), l’intermédiaire de sa Maîtresse. Quiconque est porteur de prières, qu’il les dise à mon oreille et je les répéterai à ma Maîtresse, en son heure d’apaisement. Mettez-moi de la bière sur la main, du jus de dattes à ma bouche, de l’onguent fin sur ma calvitie et un collier de fleurs fraîches à mon cou. Versez-moi du vin et de la bière, car je suis un chauve de la déesse. En vérité́, à défaut de bière, donnez- moi de l’eau fraîche, parce que la Maîtresse aime qu’un chauve soit rassasié.' (statue sistrophore du musée de Louqsor, J.141)".
https://www.metmuseum.org/art/collection/search/545849
Chapiteau papyriforme composite
Ce chapiteau était placé au sommet de l'une des dix colonnes d'un kiosque construit devant le temple d'Amon à Hibis, dans l'oasis de Kharga. Il s'agit d'un exemple ancien de chapiteau composite, composé de plusieurs espèces de plantes combinées dans un motif qui, avec le temps, est devenu de plus en plus élaboré et fantaisiste. Ici, la composition est encore assez simple, mélangeant deux espèces de cyperus : huit plants de papyrus commun (Cyperus papyrus, au-dessus) alternant avec huit plants de Cyperus alopecuroides (Cyperus alopecuroides, au-dessous). Le chapiteau présente encore des vestiges de sa peinture d'origine.
D'une hauteur de 126 cm, il est en grès peint et date de la Basse Époque - 30e dynastie - règne de Nectanébo Ier et II, vers 380 - 343 av. J.-C..
A l'issue des fouilles 1909-1910 du Metropolitan Museum of Art de New York, lors de la répartition des découvertes, il lui a été attribué par le Gouvernement égyptien. Il a été enregistré dans ses collections sous le numéro 10.177.2.
Analyse d'un conservateur du Met - Histoire :
"Nectanébo Ier (378 - 360 av. J.-C.) lança un impressionnant programme de construction de temples, visant à renforcer l'Égypte contre la menace perse. Même le temple d'Hibis, très éloigné, dans l'oasis de Kharga, fut agrandi par un magnifique porche d'entrée à colonnes, avec deux rangées de quatre colonnes de chaque côté. En raison de la précarité du terrain, le temple s'affaissa et le porche s'effondra. Une mission du Metropolitan Museum fouilla et documenta le temple à partir de 1909, puis organisa sa restauration, réalisée par Émile Baraize pour le Service des Antiquités égyptiennes. En 1910, H. E. Winlock demanda à Gaston Maspero, alors directeur du Service des Antiquités, l'autorisation d'acheter un chapiteau (celui de l'angle sud-ouest) pour le Metropolitan Museum et de le remplacer, dans le kiosque reconstruit, par une réplique grossièrement taillée.
L'installation originale au sein du musée, telle qu'elle apparaît sur une ancienne photo, fut revue en 1940, puis en 1991, lorsqu'elle fut installée sur un fût de colonne court et abstrait, plus loin dans la galerie 131. À cette occasion, Ann Heywood, conservatrice du Metropolitan Museum, effectua d'importantes réparations du chapiteau…"
SOURCES : Notice et informations Metropolitan Museum of Art de New York
Le petit + d'Ea - Egyptophile :
Les chapiteaux de colonnes de l'art égyptien reprennent, le plus souvent, des motifs végétaux : ainsi trouve-t-on notamment, des colonnes lotiformes, papyriformes, ou encore palmiformes. Le chapiteau campaniforme - composite -, apparu à l'époque ptolémaïque et romaine, rassemble plusieurs espèces végétales et conjugue les styles, ce qui lui a donné son nom… Ainsi avec ses tiges, ses boutons, son décor végétal explose, se mêlant à des palmettes et volutes, le tout dans une luxuriance d'une symétrie parfaite…
Mais on trouve aussi des colonnes protodoriques dont le chapiteau est réduit à un simple abaque ou encore des colonnes à chapiteaux "en piquet de tente". Dans "Architecture universelle, Egypte - Epoque pharaonique", Jean-Louis de Cenival rappelle aussi que : "Le chapiteau peut évoquer plus directement une divinité : dans les temples consacrés à Hathor sont presque toujours employés des piliers ou colonnes 'hathoriques' : le chapiteau reproduit sur une, deux ou quatre faces la figure de femme à oreilles de vache qui est celle d'Hathor, surmontée d'un petit édifice"…
https://www.metmuseum.org/art/collection/search/551898
Groupe représentant
deux femmes et un enfant
Ce groupe statuaire représente deux femmes et un enfant : l'une allaite son enfant pendant que l'autre la coiffe.
Réalisé en calcaire peint, il est haut de 7,1 cm, large 4,3 cm et profond de 8,2 cm. Il est daté de la fin du Moyen Empire, début du Nouvel Empire, des dynasties 12 à 18, d'environ 1981 - 1500 av. J.-C..
Il a été acquis auprès de Mohammed Mohassib, antiquaire à Louqsor, en 1922, par le Metropolitan Museum of Art de New York et a été enregistré dans ses collections sous le numéro 22.2.35.
SOURCES : Notice et informations Metropolitan Museum of Art de New York
Le petit + d'Ea - Egyptophile :
La provenance "ancienne" de ce petit groupe n'est pas connue. Cependant, dans "Scepter of Egypt I", William C. Hayes fait le constat que : "De petites figurines de ce genre représentant des femmes égyptiennes 'au foyer' avec leurs enfants en bas âge se trouvent dans les tombes de la douzième dynastie à el Lisht et ailleurs".
Concernant celui-ci précisément, il indique que : "typique de la vie dans d'un foyer égyptien, il représente une femme accroupie au sol, allaitant un enfant un peu trop grand, tandis que sa servante, assise derrière elle sur un tabouret, coiffe ses longs cheveux finement tressés".
https://www.metmuseum.org/art/collection/search/544225
Statue de deux hommes
et d'un garçon, image familiale
Tous les individus de ce petit groupe sont des hommes, représentés selon les conventions de l'art amarnien. Ce groupe intrigant a été interprété de diverses manières : une famille composée d'un grand-père, d'un père et d'un fils, ou un homme à trois âges différents de sa vie. Cette dernière hypothèse est très improbable, car les multiples représentations d'un même individu sur une même statue ne sont pas représentées en interaction comme ici. En réalité, un examen attentif des visages et des personnages suggère que la statue est une sorte d'emblème domestique. Le personnage de gauche est un personnage de haut rang, probablement le plus âgé ; il s'agit probablement d'un parent vénéré ou du suzerain respecté de l'homme et du garçon, étroitement enlacés. La statuette était probablement vénérée dans la maison de son propriétaire.
Haute de 17 cm, large de 12,5 cm, elle est en calcaire peint et datée du Nouvel Empire, de la période amarnienne - XVIIIe dynastie - règne d'Akhenaton, vers 1353-1336 av. J.-C..
En 2016, Ann Heywood du Département de la conservation des objets faisait cette analyse scientifique :
"Ces trois personnes portaient à l'origine de larges colliers contenant du pigment bleu égyptien. Le bleu d'Égypte, une forme synthétique du minéral cuprorivaïte, était le bleu le plus utilisé dans l'Antiquité et serait le premier pigment synthétique produit. Des "vestiges" de ces larges colliers peints en bleu, aujourd'hui disparus, sont détectables sur les deux figures de droite, sous la forme d'une peau rouge mieux préservée ; il semble que la peinture au bleu d'Égypte ait contribué à protéger le pigment rouge sous-jacent. D'infimes traces de pigment bleu provenant des colliers ont été décelées au microscope à grossissement x10, mais la preuve la plus frappante de leur présence a été révélée par la photographie par luminescence infrarouge. Cette technique exploite le fait que même des traces de bleu d'Égypte présentent une forte émission infrarouge lorsqu'elles sont stimulées. Cette émission peut être capturée photographiquement, ce qui nous permet de recréer de manière spectaculaire et non invasive les colliers".
Elle provient probablement du sud de la Haute-Égypte, Gebelein (Krokodilopolis) ; avec une origine possible de Moyenne-Égypte, Amarna (Akhetaton).
Elle a été acquise auprès de Mohammed Mohassib, antiquaire à Louqsor, en 1911, par le Metropolitan Museum of Art de New York et a été enregistrée dans ses collections sous le numéro 11.150.21.
SOURCES : Notice et informations Metropolitan Museum of Art de New York
Le petit + d'Ea - Egyptophile :
Dans "The Scepter of Egypt : A Background for the Study of the Egyptian Antiquities in The Metropolitan Museum of Art. Vol. 2", William C. Hayes analyse ainsi cet artefact : "Ce groupe s'inscrit totalement dans la tradition amarnienne, non seulement sur le plan typologique et stylistique, mais aussi dans la relation franchement affectueuse entre les deux hommes et le garçon. Il a cependant dû être sculpté vers la fin du règne d'Akhenaton, alors que, sous l'influence croissante de Memphis, le maniérismes exagéré et l'extrême sentimentalisme du style amarnien primitif commençaient à céder la place à un sentiment de dignité et de monumentalité, hérité peut-être de l'Ancien Empire. On a supposé que ce groupe représentait une cérémonie de la vie du garçon, à droite, et de son père ou de son frère aîné, à gauche, la figure centrale représentant un prêtre officiant. Quoi qu'il en soit, ses points d'intérêt sont nombreux, notamment la mise en lumière sur les costumes et la coiffure de l'époque".
https://www.metmuseum.org/art/collection/search/544683
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