mercredi 11 juin 2025

"L'Égypte au cœur des musées : une minute pour une œuvre d'art" 2025 - Metropolitan Museum of Art de New York - 1



Harpe arquée (harpe d'épaule)


Harpe arquée (harpe d'épaule) - bois - Nouvel Empire - XVIIIe dynastie - vers 1390 - 1295 av. J.-C.
Metropolitan Museum of Art de New York - numéro 43.2.1. (par acquisition à la Joseph Brummer Gallery à New York en 1943
qui l'avait acquise auprès de Frank Tano en 1942) - photo du musée


Ce type de harpe arquée portable, en forme de bateau, était courant au Nouvel Empire. On le voit aux mains de musiciennes processionnelles jouant seules ou en ensemble avec des chanteurs, des instruments à vent, des sistres et des crécelles. L'extrémité du cadre arqué est décorée de la tête d'une captive nubienne, apparemment ligotée par les cordes de la harpe.

Réalisée en bois, sa longueur (diagonale) est de 82 cm, alors que sa caisse de résonance est longue de 36 cm. Elle est datée du Nouvel Empire, de la XVIIIe dynastie, vers 1390 - 1295 av. J.-C..

Achetée par le Metropolitan Museum of Art de New York à "Joseph Brummer Gallery", à New York en 1943 (Brummer l'avait acquise auprès de Frank Tano en 1942), elle a été enregistrée dans ses collections sous le numéro 43.2.1. 

SOURCES : Notice et informations Metropolitan Museum of Art de New York

 

Le petit + d'Ea - Egyptophile :

La harpe était un instrument très prisé dans l'Egypte ancienne, comme le prouvent de nombreuses scènes représentées sur les parois des tombes (par exemple, à Thèbes : Inerkhaou, TT 359 ; Nakht, TT 52 ; Djéhouty, TT 11 ;  Ramsès III, KV 11 qui fut même surnommée "tombe des harpistes" et où les harpistes sont d'ailleurs, parfois, aveugles)... Dans "The Metropolitan Museum of Art Bulletin" (nouvelle série, vol. 31, n° 3, printemps 197, p. 168), Nora Scott rappelle que : "La musique a toujours joué un rôle important dans la vie des Égyptiens. Dans l’Antiquité, les grands domaines possédaient leurs propres troupes de musiciens et de danseurs, qui agrémentaient les loisirs des propriétaires par leurs talents.

Les moins fortunés pouvaient engager des troupes indépendantes pour des occasions spéciales. On ne peut que deviner la sonorité de cette musique, car il n’existait pas de système de notation, les mélodies se transmettant de génération en génération, comme c’est le cas aujourd’hui dans les villages. À l'Ancien Empire, la musique devait être discrète, à en juger par les instruments utilisés et la manière posée dont les musiciens, pour la plupart des hommes, sont représentés : assis par terre, face à face, chaque instrumentiste accompagnant un chanteur différent. Sous la XVIIIe dynastie, lorsque la Syrie passa sous l'influence de l'Égypte, les Égyptiens découvrirent une musique entraînante et les instruments qui la jouaient".

 

https://www.metmuseum.org/art/collection/search/546194





Plaque représentant une déesse


Plaque représentant une déesse - calcaire - Basse Époque - Période ptolémaïque (400 - 200 av. J.-C.).
provenance inconnue - Metropolitan Museum of Art de New York - numéro 07.228.3.
(anciennement dans la collection Timmins - acquise en Egypte, en 1807, auprès de Panayotis Kitycas par le Met) - photo du musée


Ces petits reliefs ou sculptures de la période tardive et ptolémaïque qui représentent un sujet de manière partielle ou inachevée mais qui sont en eux-mêmes des objets complets constituent une catégorie particulière d'artefacts. Des directives telles que celles destinées aux artistes sont souvent indiquées en bonne place dans le cadre de l'objet, même si, en fait, de nombreux cas peuvent être notés où l'objet ne pourrait tout simplement pas servir de modèle approprié pour une représentation égyptienne formelle traditionnelle. Les personnifications de la royauté, des figures qui peuvent représenter les demi-dieux émergents Imhotep et Amenhotep fils de Hapou, et des dieux ou déesses populaires comme Harpocrate ou Isis, sont largement représentés dans le corpus.

Prises dans leur ensemble, ces représentations et leurs caractéristiques indiquent que les reliefs et les sculptures de cette catégorie, parfois appelés par les égyptologues "modèles de sculpteur / votifs", étaient liés à une pratique de donation, peut-être en rapport à la construction prolifique de temples à ces époques. Malheureusement, il y a peu d'éléments pour nous éclairer sur les mécanismes d'une telle pratique de don.

Une femme, probablement une déesse plutôt qu'une reine, est représentée sur une face de ce relief. De l'autre, une figure royale est sculptée, mais sa main avant tient un bâton raccourci.

Cette plaque de calcaire, haute de 22 cm, large de 18 cm et épaisse de 2,3 cm, est datée de la Basse Époque - Période ptolémaïque (vers 400 - 200 av. J.-C.).

Anciennement dans la collection Timmins, elle a été acquise en Egypte, en 1807, auprès de Panayotis Kitycas, par le Metropolitan Museum of Art de New York. Elle a été enregistrée dans ses collections sous le numéro 07.228.3.

SOURCES : Notice et informations Metropolitan Museum of Art de New York

 

Le petit + d'Ea - Egyptophile :

Dans "The Metropolitan Museum of Art Bulletin" (vol. 2, n° 12, décembre 1907, p. 195), Albert Lythgoe, consacre un article aux récentes acquisitions égyptiennes évoquant ainsi une série de quatorze modèles ou pièces d'essai de la période saïte ou postérieure, de sculpteurs, avec parmi elles, cette plaque : "Bien que, d'une manière générale, la sculpture de cette période manque de la vitalité et de la puissance des œuvres des époques antérieures, la délicatesse et la subtilité du modelé ainsi que le rendu minutieux des détails, visibles dans certains des exemples présentés ici, n'ont peut-être jamais été surpassés, quelle que soit l'époque. Plusieurs de ces modèles présentent un intérêt particulier du fait qu'ils sont inachevés, illustrant ainsi les premières étapes par lesquelles le sculpteur est finalement parvenu à ce produit fini.

 

https://www.metmuseum.org/art/collection/search/551285

 


Statuette de Khnoumhotep 

recevant des offrandes


Statuette de Khnoumhotep recevant des offrandes - diorite - Moyen Empire - XIIe dynastie - XIIIe dynastie (vers 1850 - 1640 av. J.-C.)

provenance inconnue - Metropolitan Museum of Art de New York - numéro 29.100.151

(anciennement dans la collection H. O. Havemeyer, léguée au Met par Louisine W. Havemeyer en 1929) - photo du musée


L'inscription consiste en une prière pour des offrandes au dieu funéraire Ptah-Sokar pour Khnoumhotep, fils de Tasen (?). La position du personnage, le manteau serré sur les jambes accroupies, se retrouve dans plusieurs petites images similaires insérées dans des plaques d'offrandes.

Cette représentation en diorite, haute de 19 cm et large de 12,4 cm, est datée du Moyen Empire, fin de la XIIe dynastie - XIIIe dynastie (vers 1850 - 1640 av. J.-C.).

Elle était dans la collection H. O. Havemeyer et est arrivée au Metropolitan Museum of Art de New York par legs de Louisine W. Havemeyer en 1929. Elle a été enregistrée dans ses collections sous le numéro 29.100.151.

SOURCES : Notice et informations Metropolitan Museum of Art de New York

 

Le petit + d'Ea - Egyptophile :

Dans "Splendid Legacy : The Havemeyer Collection" (Alice Cooney Frelinghuysen, Metropolitan Museum of Art New York, N.Y.), Dorothea Arnold donne cette description : "Son long manteau couvre l'épaule gauche et il est tiré pudiquement sur les genoux et le bas des jambes. La main gauche de Khnoumhotep repose à plat sur la poitrine dans un geste de piété. Sa tête est recouverte d'une étoffe rayée. Des statuettes de ce type étaient faites pour recevoir des offrandes funéraires. Un exemplaire mis au jour par le Musée (MMA 22.1.1073a,b) montre une telle statuette placée sur une table d'offrande en pierre blanche. L'inscription sur les genoux de Khnoumhotep invoque à juste titre le dieu Ptah Sokar pour garantir des provisions éternelles. Le visage de Khnoumhotep est néanmoins représenté selon une tradition artistique plus ancienne. Les grandes oreilles, les lèvres fortement comprimées et les yeux aux paupières lourdes sont des caractéristiques initialement conçues pour la sculpture royale du milieu de la XIIIe dynastie. Mais vers la XIIIe dynastie, ces traits avaient acquis une signification emblématique ; Khnoumhotep est ainsi caractérisé comme un sage et un responsable de haut rang.


https://www.metmuseum.org/art/collection/search/544174

 


Tête attribuée à Arsinoé II


Tête attribuée à Arsinoé II - calcaire induré - période ptolémaïque - règne de Ptolémée II et d'Arsinoé II (278 - 270 av. J.-C.)
découverte en 1922-1923 lors de fouilles menées par l'IFAO (Institut Français d'Archéologie Orientale) à Abou Roasch (région memphite)
Metropolitan Museum of Art de New York - numéro 38.10
(par donation d'Abby Aldrich Rockefeller qui l'avait acquise en 1929 auprès de Dikran Kelekian) - photo du musée


Cette petite tête a été créée au début du règne des Ptolémées de Macédoine et représenterait Arsinoé II (278 - 270 av. J.-C.), sœur/épouse de Ptolémée II, issue d'une lignée de reines ptolémaïques d'importance religieuse et politique.

L'arc délicat formé par son arcade sourcilière surplombant des yeux étroits et légèrement bridés, aux longs et fins étirements, est un style très proche de celui de la 30e dynastie, la dernière des dynasties pharaoniques traditionnelles égyptiennes. Les premiers Ptolémées se sont efforcés de se présenter comme les héritiers des pharaons qui les avaient précédés, poursuivant leurs projets de construction et adoptant fidèlement leur style.

À la même époque, les reines ptolémaïques jouaient un rôle bien plus important au sein de la monarchie que les reines de la 30e dynastie, quasiment inconnues. Des images d'Arsinoé ont été créées pour divers contextes et la représentent également dans un style fortement hellénistique et, dans son culte posthume, dans un style mixte qui s'est développé au cours de la dynastie.

Cette tête en calcaire induré, haute de 12 cm et large de 9 cm, est datée du règne de Ptolémée II et d'Arsinoé II.

Elle a été découverte en 1922-1923 lors de fouilles menées par l'IFAO (Institut Français d'Archéologie Orientale) à Abou Roach (région memphite). Acquise en 1929 auprès de Dikran Kelekian par Abby Aldrich Rockefeller, elle en a fait don au Metropolitan Museum of Art de New York en 1938. Elle a été enregistrée dans ses collections sous le numéro 38.10.

SOURCES : Notice et informations Metropolitan Museum of Art de New York

 

Le petit + d'Ea - Egyptophile :

Dans son "Rapport sur les fouilles d'Abou Roasch (1922-1923), Fouilles de l'Institut français d'archéologie orientale (IFAO) du Caire", publié en 1924, Fernand Bisson de La Roque présente ainsi le site : "Abou-Roasch est un village qui se trouve en bordure du désert, à 8 kilomètres au nord des pyramides de Gîzé. A côté de ce village, des cimetières musulmans ont maintenu le caractère funéraire de cette région. Sous cette dénomination arabe d’Abou-Roasch on englobe diverses nécropoles antiques qui se trouvent dans le désert au sud-ouest, au nord, à l’ouest et au nord-ouest de ce village. La nécropole sud-ouest se trouve sur un vaste plateau calcaire, qui domine la région. Cette nécropole est celle dont Lepsius donne la carte Denkmäler, I, pl. 11). L’Institut français d’archéologie orientale du Caire y a fouillé à plusieurs reprises. M. Fl. Petrie y a fait un sondage dans la grande pyramide. M. Chassinat y a trouvé entre autres, près de la grande pyramide, le cartouche du roi Didoufri de la IVe dynastie. La nécropole nord se trouve à environ 4 kilomètres du village. Elle fut explorée et fouillée en partie par M. Lacau en 1914. La nécropole ouest se trouve près du village. Elle se subdivise en quatre nécropoles, où furent faits des fouilles ou des sondages par l’IFAO".

Pages 65-66, il évoque la "caverne-cimetière de crocodiles"… C'est dans une partie du couloir à ciel ouvert qu'a été trouvée cette tête, inscrite à l'inventaire sous le n° 38 et illustrée en planche XXXVI. Curieusement, sur l'illustration la statuette est indiquée comme mesurant 22 cm : l'explication en est qu'elle ne se résumait pas alors à la seule tête (avec cette même cassure certes), mais à laquelle était "jointe" une partie du corps descendant jusqu'au nombril...

 

https://www.metmuseum.org/art/collection/search/547699

 

 

Nikarê avec sa femme et sa fille


Nikarê avec sa femme et sa fille - calcaire peint - Ancien Empire - Ve dynastie - règne de Niouserê - vers 2420 - 2389 av. J.-C.
provenant probablement de Saqqarah - Metropolitan Museum of Art de New York - numéro 52.19
(anciennement dans la collection Levi de Ben-Zion, acquis par le musée auprès de Paul Mallon en 1952) - photo du musée


Cette statue représente Nikarê, fonctionnaire des greniers, avec sa famille. Son épouse, Khuennub, est agenouillée à sa gauche et sa fille, Khuennebti, se tient à sa droite. 

Haut de 57 cm, large de 22,5 cm, ce groupe statuaire est réalisé en calcaire peint. Il est daté de l'Ancien Empire, de la Ve dynastie, du règne de Niouserê, vers 2420 - 2389 av. J.-C..

Il provient probablement de la région memphite, de Saqqarah.

Anciennement dans la collection Levi de Ben-Zion qui l'avait acheté auprès de Joseph Khawam à Paris, entre 1936 et 1939, il a, en 1952, été acquis, pour le Metropolitan Museum of Art de New York auprès de Paul Mallon à New York. Il a été enregistré dans ses collections sous le numéro 52.19.

SOURCES : Notice et informations Metropolitan Museum of Art de New York

 

Le petit + d'Ea - Egyptophile :

Dans "The Metropolitan Museum of Art Bulletin" (nouvelle série, vol. 31, n° 3, printemps 1973, pp. 126-127), Nora E. Scott décrit ainsi cette représentation familiale : "Le fonctionnaire des greniers Nykuré est en compagnie de sa famille. L'épouse de Nykuré est agenouillée d'un côté, et leur petite fille se tient debout de l'autre, chacune tenant l'une de ses jambes ; comme il se doit, elles sont représentées à une échelle plus petite que celle du chef de famille. La petite fille est assez jeune pour se promener nue, et ses cheveux sont coupés et coiffés avec la 'mèche de l'enfance'. Sa mère porte la tunique droite et serrée de l'Ancien Empire, une perruque courte et ample, laissant apparaître sa propre chevelure sur le front. Ils sont tous les trois pieds nus".

Quant à Peter F. Dorman, il fait ces remarques dans "Egypt and the Ancient Near East - The Metropolitan Museum of Art New York" : "Les sculpteurs du grand cimetière de Saqqarah, peu soucieux de ressemblance, élaborèrent toutefois un style aux qualités et au charme incontestables. Ainsi dans ce groupe, les trois visages sont quasiment identiques. L'énorme disparité des tailles, procédé courant dans l'Ancien Empire, fut atténuée au cours des périodes suivants mais jamais entièrement abandonnée."

 

https://www.metmuseum.org/art/collection/search/543901




Livre des Morts de la chanteuse 

d'Amon Nauny


Livre des Morts pour la chanteuse d'Amon Nauny - papyrus peint - Troisième Période intermédiaire - XXXIe dynastie - vers 1050 av. J.-C.
découvert lors des fouilles 1928-1929 du Metropolitan Museum of Art de New York à Deir el-Bahari - Tombeau de Méritamon (TT 358, MMA 65) -
sépulture de Nauny - acquis par le musée en 1930 lors de la division des trouvailles - numéro 30.3.31  - photo du musée


Ce papyrus faisait partie de la sépulture de Nauny, chanteuse du dieu Amon-Rê, décédée à l'âge de soixante-dix ans. Elle portait également le titre de "fille du roi", ce qui signifie probablement qu'elle était la fille du Grand Prêtre d'Amon et roi titulaire de la région thébaine, Pinedjem Ier. Comme c'était la coutume durant la Troisième Période intermédiaire, l'équipement funéraire de Nauny comprenait une figure d'Osiris en bois creuse, contenant ce rouleau de papyrus gravé de formules magiques tirées d'un recueil de textes appelé le "Livre pour sortir au jour" - aujourd'hui généralement connu sous son nom moderne de "Livre des Morts". Déroulé, ce rouleau mesure plus de cinq mètres de long.

Le papyrus présente des vignettes et des textes de plusieurs formules magiques. La scène centrale illustre la formule magique 125, plus connue sous le nom de Jugement d'Osiris ou Pesée du Cœur. Nauny se trouve dans la Salle du Jugement. La bouche et les yeux dans la main, elle se tient à gauche d'une grande balance. Son cœur est mis en balance avec Maât, incarnation de l'ordre cosmique et du comportement éthique, représentée par une minuscule silhouette coiffée d'une grande plume d'autruche, hiéroglyphe qui épelle son nom. À droite, Osiris, dieu des Enfers et de la renaissance, préside la scène. Il porte la couronne blanche de Haute-Égypte et une barbe courbée qui l'identifie comme divin. Seules ses mains, qui serrent une crosse, émergent des bandelettes qui enveloppent son corps. Sur la table d'offrandes, devant lui, se trouve un rôti de bœuf. Anubis, dieu de la momification et protecteur des morts, à tête de chacal, s'agenouille pour lire la balance, tandis qu'un babouin - représentant Thot, dieu de la sagesse et de l'écriture - est assis sur le fléau de la balance et enregistre le résultat. Derrière Nauny se tient la déesse Isis, à la fois épouse et sœur d'Osiris. Elle est identifiée par le hiéroglyphe au-dessus de sa tête. La balance est équilibrée, indiquant que Nauny a mené une vie éthique et mérite donc une vie éternelle en compagnie d'Osiris. Anubis dit à Osiris : "Son cœur est un témoin fidèle", et Osiris répond : "Donne-lui ses yeux et sa bouche, car son cœur est un témoin fidèle". Dans le registre horizontal au-dessus de la scène du jugement, Nauny apparaît dans trois vignettes : adorant la palette divine sur laquelle tout est écrit, louant une statue d'Horus sous sa forme de faucon et se tenant près de son propre tombeau.

Ce "Livre des Morts", en papyrus peint, long de 521,5 cm, haut de 35 cm, date de la Troisième Période intermédiaire, de la XXXIe dynastie - vers 1050 av. J.-C.. Il provient de Thèbes, précisément de Deir el-Bahari, Tombeau de Méritamon (TT 358, MMA 65), sépulture de Nauny, premier couloir, où il a été découvert à l'intérieur d’une figure d’Osiris, lors des fouilles 1928-1929 du Metropolitan Museum of Art de New York. Acquis par le musée en 1930 lors de la division des trouvailles, il a été enregistré dans ses collections sous le numéro 30.3.31.

SOURCES : Notice et informations Metropolitan Museum of Art de New York

 

Le petit + d'Ea - Egyptophile :

Le "Livre des Morts", était nommé à l'origine "Livre pour sortir au jour". On doit cette appellation "récente" à l'égyptologue Richard Lepsius qui, en 1842, alors qu'il effectuait la traduction d'un papyrus conservé au Musée de Turin, l'appela "Todtenbuch" ("Livre des Morts"). Ce précieux recueil devant assurer le bien-être du défunt, véritable guide pour la vie éternelle, était déposé dans les sépultures de la sphère royale, tout comme dans celles des particuliers. Il contenait des prières pour les divinités, des textes religieux et magiques, recensait les formules permettant de franchir les portes pour accéder à l'au-delà, d'être "justifié", de faire face aux dangers et menaces, de bénéficier des offrandes, de se nourrir, de sortir sur terre le jour après avoir, pendant la nuit, traversé le monde souterrain d'Osiris… 

La scène représentée ici - bien qu'il ne s'agisse pas de la pesée de l'âme mais de la pesée du cœur - est appelée "psychostasie" (chapitre 125 du Livre des Morts).

 

https://www.metmuseum.org/art/collection/search/548344

 



Amulette représentant un œil-oudjat


Amulette représentant un œil-oudjat - faïence - Troisième Période intermédiaire - vers 1070 - 664 av. J.-C.
Metropolitan Museum of Art de New York - numéro 17.190.1639
(anciennement dans la Collection J. Pierpont Morgan qui en fait don en 1917) - photo du musée 


Les amulettes représentant un œil-oudjat comptaient parmi les plus populaires de l'Égypte antique. L'œil-oudjat représente l'œil guéri du dieu Horus et incarne le pouvoir de guérison, de régénération et de protection en général. Cet œil est une combinaison intrigante de l'œil-oudjat classique avec une aile et des pattes de faucon, ainsi qu'un cobra.

Réalisée en faïence, cette amulette est haute de 5,1 cm, large de 6,4 cm et épaisse de 0,9 cm. Elle est datée de la Troisième Période intermédiaire, vers 1070 - 664 av. J.-C..

Dans la Collection de J. Pierpont Morgan depuis 1913, il en a fait don au Metropolitan Museum of Art de New York en 1917. Elle a été enregistrée dans ses collections sous le numéro 17.190.1639.

SOURCES : Notice et informations du Metropolitan Museum of Art de New York

 

Le petit + d'Ea - Egyptophile : 

Dans la légende osirienne, "l'œil d'Horus" symbolise le triomphe du bien sur le mal, la victoire d'Horus, fils d'Osiris et d'Isis, sur son oncle maléfique Seth. Dans la lutte qui les opposa, ce dernier lui avait arraché l'œil gauche puis l'avait découpé en six morceaux. Le dieu Thot se chargea de les retrouver ; il put alors reconstituer l'œil et ainsi le restituer, dans son intégrité, à son "propriétaire".

Ainsi cet "œil sain" devint un "œil magique", un symbole de récupération et de régénération. "Image d'un œil humain agrémenté d'un larmier de faucon, il est le symbole de la plénitude retrouvée, celle de la pleine lune, celle de l'œil d'Horus soigné par Thot, celle de l'Egypte réunifiée, celle d'Osiris revenu à la vie, mais aussi de toute idée de bonne santé et d'accomplissement" analyse Isabelle Franco dans son "Dictionnaire de mythologie égyptienne"

 

https://www.metmuseum.org/art/collection/search/552777





Tête de déesse, probablement Séshat


Tête de déesse, probablement Séshat - calcaire peint - Nouvel Empire - XVIIIe dynastie - règne d'Ahmosis - Amenhotep Ier, vers 1550 - 1504 av. J.-C.
Metropolitan Museum of Art de New York - numéro 08.202.44
par acquisition auprès de Michel Casira, Le Caire, en 1908 - photo du musée


Cette déesse, dont les traits rappellent remarquablement ceux d'Amenhotep Ier, deuxième roi de la XVIIIe dynastie, est probablement Séshat, une divinité chargée de l'écriture et de la tenue des registres. Dans les temples, la déesse est fréquemment représentée en train de consigner les noms officiels d'un roi ou d'enregistrer le butin qu'il a rapporté d'une campagne militaire. Plus important encore, elle accompagne invariablement le roi lors de la cérémonie consistant à "tendre le cordeau", un rituel pratiqué lors de la fondation des temples et autres bâtiments importants. Cette dernière occupation a fait de Séshat une protectrice des bâtisseurs et des architectes. Nous ignorons dans laquelle de ces fonctions la déesse était représentée ici.

Ce relief en calcaire peint, d'une hauteur de 22,5 cm, d'une largeur de 22,8 cm est d'un poids estimé à 1,4 kg. Il est daté du Nouvel Empire, de la XVIIIe dynastie, règne d'Ahmosis Ier - Amenhotep Ier, vers 1550 - 1504 av. J.-C..

Acquis auprès de M. Casira, Le Caire, par le Metropolitan Museum of Art de New York en 1908, il a été enregistré dans ses collections sous le numéro 08.202.44.

SOURCES : Notice et informations du Metropolitan Museum of Art de New York

 

Le petit + d'Ea - Egyptophile :

Dans "La mythologie égyptienne", Nadine Guilhou et Janice Peyré donnent de plus amples précisions sur les différentes "fonctions" de Séshat : "Déesse de l'astronomie, Dame des Livres, Maîtresse de la bibliothèque, Séshat, vêtue d'une robe étoilée en peau de panthère, intervient comme responsable des écrits, et en particulier du décompte des prisonniers, dès les temples funéraires royaux de l'Ancien Empire. Elle participe aussi à l'inscription des noms royaux sur les fruits de l'arbre iched. Mais l'un de ses rôles essentiels est l'orientation du temple et la délimitation de son périmètre dans les rites de fondation, celui de "Tendre le cordeau" qu'elle accomplit avec le roi et qui est attesté dès la IIe dynastie". Elles ajoutent d'autre part que : "L'idéogramme de son nom, une sorte de rosace à 7 branches au-dessous de cornes inversées, n'a pas encore été élucidé".

 

https://www.metmuseum.org/art/collection/search/548465

 



Statuette funéraire de Qebehsenouf


Statuette funéraire de Qebehsenouf - bois stuqué et peint - Basse Époque - Période ptolémaïque, vers 400 - 30 av. J.-C.
provenant de Touna el-Gebel en Moyenne-Égypte - Metropolitan Museum of Art de New York
 numéro 12.182.37c (par acquisition en Égypte, en 1912, auprès de Maurice Nahman) - photo du musée

Cette statuette à tête de faucon représente le dieu Qebehsenouf, protecteur des intestins. Il s'agit de l'un des quatre fils d'Horus, souvent représentés sous forme de momies, chacun avec une tête différente. Les fils d'Horus étaient des divinités protectrices des organes internes et sont probablement mieux connus grâce à leurs représentations sur les couvercles des vases canopes contenant des viscères momifiés. On pensait également qu'ils contribuaient au processus de momification et qu'ils fournissaient de la nourriture, probablement parce qu'ils étaient associés aux organes internes. Ils avaient donc une fonction générale protectrice pour le défunt.

Cette représentation, en bois stuqué et peint, est haute de 39,7 cm, large de 11,5 cm et profonde de 25,7 cm. 

Datée de la Basse Époque - Période ptolémaïque, vers 400 - 30 av. J.-C., elle provient de Touna el-Gebel en Moyenne-Égypte.

Elle a été achetée en Égypte, en 1912, auprès de Maurice Nahman, par le Metropolitan Museum of Art de New York et a été enregistrée dans ses collections sous le numéro 12.182.37c.

SOURCES : Notice et informations du Metropolitan Museum of Art de New York

 

Le petit + d'Ea - Egyptophile :

Maurice Nahman est né, dans la capitale égyptienne, le 26 janvier 1868, dans une famille de banquiers, ce qui l'amènera à occuper, pendant la première partie de sa vie professionnelle, une haute position au Crédit Foncier d'Egypte au Caire. Mais sa passion pour les antiquités le conduira, dès 1890, à se lancer dans leur commerce. Il le fera tout d'abord, depuis son appartement du 20 Sharia Sheikh Abu el-Sibâ (aujourd'hui Gawad Honsy) et d'une boutique située à Sharia Qasr el-Nil, en face de l'hôtel Savoy, à environ 500 mètres du Musée égyptien. L'excellence de sa réputation et la qualité des artefacts qu'il proposera lui permettront, en 1913, d'ouvrir une galerie au 27 Madebegh Street (maintenant Sherif Street). Cette demeure, parfois qualifiée de palace, construite par un architecte français, le Baron Delort de Gléon à la fin du XIXe siècle, se révélera être la plus grande boutique d'antiquités du Caire. C'est là que viendront  s'approvisionner les plus grands musées… et les plus grands collectionneurs. "Son livre d'or contient les signatures et annotations originales d'archéologues, d'égyptologues, d'érudits, de collectionneurs, de philanthropes et de conservateurs renommés de l'époque...". Ainsi, fin octobre 1922, alors qu'il séjourne au Caire avant de rejoindre la Vallée des Rois où il découvrira la tombe de Toutankhamon, Howard Carter passera chez lui acheter des artefacts, pour la plupart destinés à enrichir la collection de Lord Carnarvon …

Quelques années après la mort de Maurice Nahman survenue le 18 mars 1948, et bien que son fils Robert poursuive le commerce, une vente importante de ses antiquités aura lieu à l'Hôtel Drouot à Paris, en février et juin 1953. D'autres objets de la même provenance seront vendus par Christie's à South Kensington le 28 avril 2004…

(sources : "Maurice Nahman, Antiquaire. Visitor book", 1918 ; "Howard Carter, The path to Tutankhamun", Thomas Garnet Henry James, 1992 ; "Who was Who in Egyptology", Morris.L. Bierbrier, 2012 ; "The Antiquities Trade in Egypt 1880-1930 - The H.O. Lange Papers", Frderik Hagen, Kim Ryholt, Marita Akhøj Nielsen, 2016)

 

https://www.metmuseum.org/art/collection/search/56455

 

 


Pectoral d'une déesse ailée

probablement Nout


Pectoral d'une déesse ailée, probablement Nout - faïence à glaçure bleu - Nouvel Empire - XIXe dynastie, vers 1295 - 1186 av. J.-C.
provenant de fouilles menées en 1935 - 1940 par Bernard Bruyère (IFAO) dans la tombe 1437 de Deir el-Médineh - Metropolitan Museum of Art de New York - numéro 1974.192 (par don en 1970 de M. Kofler) - photo du musée


Découvert dans la tombe 1437 de Deir el-Médineh, par Bernard Bruyère, lors de fouilles qu'il menait pour l'IFAO, en 1935 - 1940, ce pectoral funéraire a dû appartenir à l'un des ouvriers qui construisaient et décoraient les tombes royales du Nouvel Empire, ou à un membre de sa famille. Il représente une figure féminine ailée, peut-être la déesse du ciel Nout, souvent vue protégeant le défunt. Il pourrait également s'agir d'Isis, ou d'une autre déesse. Des trous dans les bords supérieur et inférieur du pectoral auraient permis de le fixer aux bandelettes de la momie, juste au-dessus de la poitrine.

Réalisé en faïence à glaçure bleue, il est haut de 10,7 cm, large de 19 cm et épais de 2,8 cm. Il est daté du Nouvel Empire, de l'époque Ramesside, de la XIXe dynastie, vers 1295 - 1186 av. J.-C..

Offert en 1970 par M. Kofler au Metropolitan Museum of Art de New York, il a été enregistré dans ses collections sous le numéro 1974.192.

SOURCES : Notice et informations du Metropolitan Museum of Art de New York

 

Le petit + d'Ea - Egyptophile :

"Identifiée le plus souvent par les signes hiéroglyphiques de son nom placés au-dessus de sa tête - le petit vase globulaire 'nou', le 't' du féminin, et le signe du ciel -, Nout a normalement l'apparence d'une jeune femme figurée sans attribut spécifique ; vêtue d'un fourreau à bretelles, qui peut être recouvert d'une résille ou agrémenté d'une ceinture aux longs pans plissés, elle peut cependant avoir les bras ailés, et, comme Isis et Nephthys au pied et à la tête des sarcophages ou sur tel ou tel pectoral, les ouvrir dans un large geste de protection" (Jean-Pierre Corteggiani, "L'Egypte ancienne et ses dieux", Fayard, 2007).


https://www.metmuseum.org/art/collection/search/549265

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