| photo Sébah 1890 |
“L'architecture ! elle est en Égypte ce que fatalement elle devait être, colossale et par cela même imposante. Pourquoi y aurait-on inventé la voûte quand on avait des pierres assez grandes pour couvrir la distance d'un support à l'autre ? Pourquoi les Égyptiens auraient-ils posé sur leurs édifices des combles à deux pentes ou des coupoles, quand ils n'avaient à craindre ni la neige ni la pluie ? Pourquoi auraient-ils employé de petits matériaux où la nature leur en fournissait d'énormes ? Alors qu'ils trouvaient dans les carrières d'immenses blocs de calcaire, de grès ou de granit, pour quelle raison auraient-ils pris la peine de les débiter, se trouvant assez habiles pour les extraire et les transporter à pied-d'oeuvre ?
Ainsi, les édifices en plate-bande, les lignes horizontales des couvertures, et les sentiments de calme et de durée qui s'y attachent, tiennent en grande partie aux influences du climat et du sol, en même temps qu'ils traduisent les pensées d'un peuple que la nature a fait “solide et constant” et qui, croyant à l'immortalité de la vie, voulait une architecture impérissable comme elle.”
(extrait de Voyage de la Haute-Égypte : observations sur les arts égyptien et arabe, 1876)
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| Sarcophage de la reine Ma'at-kere - photo d’Émile Brugsch |
“Dans les salles du musée si bien aménagées, on peut errer des heures et des heures sans se lasser d'admirer tout ce qui a été, avec tant de soin, collectionné, étiqueté, numéroté.
Les égyptologues ne sauraient être trop reconnaissants à M. Mariette d'abord, et à M. Maspero aujourd'hui, de la création et de la continuité de cette œuvre magnifique.
Si d'aventure on regrette que parmi tant de souvenirs de l'antiquité, les plus splendides morceaux d'architecture ne soient pas demeurés à la place où ils furent trouvés et désensablés, du moins il faut reconnaître que de les avoir réunis en lieu clos, au Caire, c'était la seule manière de les soustraire à la convoitise humaine, et de faciliter aux archéologues l'étude du passé. (...) Après avoir passé de longues heures au musée, il est étonnant d'en sortir sans fatigue et même avec le regret que des gardiens trop scrupuleux en ferment si tôt les portes.”
(extrait de Du Caire à Assouân : impressions d'Égypte, 1911)
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Une journée en Égypte avec… Mariette
“L'importance des monuments qui couvrent les rives du Nil n'a pas besoin d'être démontrée. Ils sont pour l'Égypte les témoins de sa grandeur passée et comme les parchemins de son antique noblesse. Ils représentent pour les étrangers les pages déchirées des archives de l'un des peuples les plus glorieux du monde.
Mais, plus les monuments de l'Égypte sont précieux, plus il faut tenir à les conserver. De leur conservation dépend en partie le progrès de ces belles études qui ont pour objet l'histoire de l'Égypte ancienne. Il faut aussi les conserver, non pas seulement pour nous qui en jouissons aujourd'hui, mais pour les égyptologues de l'avenir. Il faut que dans cinquante ans, dans cent ans, dans cinq cents ans, l'Égypte puisse encore montrer aux savants qui viendront la visiter les monuments que nous décrivons ici. Ce que la science à peine née du déchiffrement des hiéroglyphes en a tiré, est immense. Que sera-ce quand plusieurs générations de savants se seront appliquées à l'étude de ces admirables ruines, de plus en plus fécondes à mesure qu'on les connaît mieux ?
Aussi ne cesserons-nous de recommander aux visiteurs de la Haute-Égypte de s'abstenir de ces enfantillages qui consistent à écrire des noms sur des monuments. Qu'on visite l'intérieur du tombeau de Ti, à Saqqarah, et on verra que ce tombeau a plus souffert par la main des visiteurs depuis dix ans que pendant les six mille ans de sa durée antérieure. L'admirable tombe de Séti Ier, à Bab-el-Molouk, est à peu près perdue, et c'est à peine si nous réussissons à obtenir que le mal ne devienne pas plus grand encore.”
(extrait de Itinéraires de la Haute-Égypte : comprenant une description des monuments antiques des rives du Nil entre le Caire et la première cataracte, 1880)
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| la tombe de Séti Ier |
“L'importance des monuments qui couvrent les rives du Nil n'a pas besoin d'être démontrée. Ils sont pour l'Égypte les témoins de sa grandeur passée et comme les parchemins de son antique noblesse. Ils représentent pour les étrangers les pages déchirées des archives de l'un des peuples les plus glorieux du monde.
Mais, plus les monuments de l'Égypte sont précieux, plus il faut tenir à les conserver. De leur conservation dépend en partie le progrès de ces belles études qui ont pour objet l'histoire de l'Égypte ancienne. Il faut aussi les conserver, non pas seulement pour nous qui en jouissons aujourd'hui, mais pour les égyptologues de l'avenir. Il faut que dans cinquante ans, dans cent ans, dans cinq cents ans, l'Égypte puisse encore montrer aux savants qui viendront la visiter les monuments que nous décrivons ici. Ce que la science à peine née du déchiffrement des hiéroglyphes en a tiré, est immense. Que sera-ce quand plusieurs générations de savants se seront appliquées à l'étude de ces admirables ruines, de plus en plus fécondes à mesure qu'on les connaît mieux ?
Aussi ne cesserons-nous de recommander aux visiteurs de la Haute-Égypte de s'abstenir de ces enfantillages qui consistent à écrire des noms sur des monuments. Qu'on visite l'intérieur du tombeau de Ti, à Saqqarah, et on verra que ce tombeau a plus souffert par la main des visiteurs depuis dix ans que pendant les six mille ans de sa durée antérieure. L'admirable tombe de Séti Ier, à Bab-el-Molouk, est à peu près perdue, et c'est à peine si nous réussissons à obtenir que le mal ne devienne pas plus grand encore.”
(extrait de Itinéraires de la Haute-Égypte : comprenant une description des monuments antiques des rives du Nil entre le Caire et la première cataracte, 1880)


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