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| Palmier au bord du Nil - photo non signée, attribuée à Felice Beato (1832 - 1909) |
"Le palmier est le compagnon fidèle du voyageur qui descend ou remonte le Nil. La forme de ces arbres semble d'abord monotone, mais leur attitude et leur disposition varient à l'infini. Tantôt ils se groupent en bouquets, tantôt ils s'allongent en allées ou s'étendent en forêts sur les bords du fleuve. La constance de leur forme ne lasse point ; l'œil s'y accoutume et s'y attache comme à une sorte d'architecture végétale qui plaît en raison de sa régularité. De même que les colonnes des temples égyptiens imitent souvent le palmier par la décoration de leurs chapiteaux, le palmier rappelle les colonnes par ses chapiteaux vivants.
Quoi qu’on en ait dit, le palmier, en Égypte du moins, se montre bien avant les tropiques. Cet arbre est utile autant que poétique, ses usages sont innombrables : il subvient à presque tous les besoins de la vie. Son fruit est le pain de l'Arabe ; aussi le palmier lui est-il cher comme le cheval et le chameau. (...) D'après une légende musulmane, comme il restait un peu du limon dont Dieu avait pétri le corps de l’homme, il s'en servit pour former le palmier, qui est le frère de l’homme."
(extrait de "Voyage en Égypte et en Nubie", 1868)
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Une journée en Égypte avec… Antoine Barthélémy Clot-Bey
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| Temple de Karnak - photo de 1880 |
"Une grande partie de l’intérêt qui se porte généralement sur l’Égypte est due aux nombreuses ruines que son immense et glorieux passé a léguées à son sol. L’antiquité de ces magnifiques débris, pages énigmatiques, où une érudition nouvelle commence à deviner le mot d’une civilisation qui aima à s’envelopper de mystères ; l’antiquité, dis-je, de ces débris en augmente encore la valeur et présente un attrait de plus à la curiosité. On sait que, deux mille ans avant notre ère, la plupart des colossaux monuments qui couvrent l’Égypte étaient déjà construits ; on sait que l’Égypte a donné, pour me servir de l’expression de l’illustre Fourier, un caractère sublime à son architecture, dont les proportions grandioses frappent à la fois de stupeur et d’admiration. Le grandiose est leur qualité spéciale ; le triomphe des efforts de l’homme sur l’étendue, sur les forces de la matière, est le grand fait qui ressort à leur vue."
(extrait de "Aperçu général sur l'Égypte", 1840)
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Une journée en Égypte avec… Edme François Jomard
(extrait de la "Description de l’Égypte", 1809)
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| Temple d'Edfou - Photo de Francis Frith |
"Dans la partie la plus reculée de la Thébaïde, est un lieu presque inconnu en Europe, et qui renferme un des plus beaux ouvrages de l'antiquité. Cet ouvrage est le temple d'Edfoû, que l'on peut comparer, pour la conception du plan, pour la majesté de l'ordonnance, pour l'exécution et la richesse des ornements, à ce qu'il y a de plus magnifique en architecture. (...)
Le grand temple domine au loin le village et tout le pays : c'est pour cela que les habitants l'appellent 'Qala', c'est-à-dire , la citadelle. (...) Le spectateur, déjà familiarisé avec les beautés supérieures de l'architecture égyptienne, trouve encore à Edfoû de quoi exciter en lui une attention nouvelle. C'est là, plus qu'ailleurs, qu'il se fait une idée de l'harmonie et de la régularité des plans ; car ce monument, un des plus grands de ceux de la Thébaïde, est encore le plus complet et le mieux conservé de tous : on saisit donc avec empressement cette occasion d'étudier l'art de la disposition, art dans lequel les architectes de l'antiquité semblent n'avoir rien laissé à désirer ; enfin on parcourt avec une vive curiosité toutes les parties de cet édifice, et, par la connaissance de ses détails si bien coordonnés entre eux, on acquiert de l'ensemble une idée générale et complète. (...)
Que l'on examine la façade du portique d'Edfoû depuis le seuil de la porte jusqu'au couronnement, colonnes, chapiteaux, dés, murailles, pieds-droits, cordons, corniches, tout est couvert de sculptures, et cependant les lignes de ces colonnes et de ces architraves, les galbes de ces corniches, de ces chapiteaux, sont intacts ; à la distance où la grande proportion du monument commande que l'œil soit placé, l'on n'aperçoit que les formes générales.
Ce caractère de l'architecture égyptienne me paraît un de ceux qui la distinguent éminemment : les hommes qui ont su concilier des conditions si difficiles sont les mêmes qui avaient imaginé de revêtir un édifice entier de couleurs ; idée hardie, et qui offrait le même genre de difficulté à vaincre : il fallait choisir et distribuer si bien ces couleurs que l'attention ne fut pas distraite, et que l'harmonie des proportions ne fût pas troublée ; c'est ce qu'ils ont su faire partout pour la décoration, et le monument d'Edfoû n'a d'autre avantage que d'en être un exemple complet."
(extrait de la "Description de l’Égypte", 1809)



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