Des papillons bleu-vert aux ailes déployées semblent s'être posés : leur tête est de turquoise, leur corps de lapis-lazuli et leur queue, un simple petit triangle de cornaline. Quant à leurs ailes, elles sont déclinées dans un camaïeu coloré, de turquoise, de lapis-lazuli, de béryl et de jaspe vert. Ce motif est reproduit, plusieurs fois, en incrustation, sur de larges et épais joncs d'argent trouvés dans la tombe la reine Hétéphérès I.
Hétéphérès I dont le nom signifie "la satisfaction est sur elle" fut sans doute "l'une des femmes les plus importantes de son temps, puisqu'elle fut l'épouse de Snéfrou et la mère de Chéops, indiscutablement les deux pharaons les plus marquants de cette glorieuse IVe dynastie. Il est également possible - mais ceci est encore l'objet de débats - qu'elle ait également été la fille du dernier roi de la IIIe dynastie, un dénommé Houni" précise Pierre Tallet dans "12 reines d'Égypte qui ont changé l'histoire".
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| Emplacement de la tombe d'Hétéphérés - G 7000x à Guizeh - source "Ancient Egypt" |
Sa tombe a été découverte, au début de l'année 1925 sur le plateau de Guizeh, par "The Harvard University - Museum of Fine Arts Boston Expedition" dirigée par l'égyptologue américain George Andrew Reisner, et ce dans des circonstances très particulières.
C'est le 9 février, à l’est de la pyramide de Khéops, que se déroule cette incroyable histoire impliquant des membres de l'équipe : "Le photographe de l'expédition, Mohamadien Ibrahim, se préparait à prendre des photos sur le côté est de la pyramide. Selon son récit, c'est alors qu'il mettait en place son trépied, que l'un de ses pieds a trouvé un morceau de plâtre. Il a décidé de l'examiner plus sérieusement et a découvert qu'il couvrait l'entrée d'un escalier avec 12 marches. Ibrahim a signalé sa découverte à l'assistant de Reisner, Alan Rowe. Ils ont compris immédiatement qu'ils étaient sur le point de faire l'une des découvertes les plus spectaculaires du plateau de Gizeh."
C'est le 9 février, à l’est de la pyramide de Khéops, que se déroule cette incroyable histoire impliquant des membres de l'équipe : "Le photographe de l'expédition, Mohamadien Ibrahim, se préparait à prendre des photos sur le côté est de la pyramide. Selon son récit, c'est alors qu'il mettait en place son trépied, que l'un de ses pieds a trouvé un morceau de plâtre. Il a décidé de l'examiner plus sérieusement et a découvert qu'il couvrait l'entrée d'un escalier avec 12 marches. Ibrahim a signalé sa découverte à l'assistant de Reisner, Alan Rowe. Ils ont compris immédiatement qu'ils étaient sur le point de faire l'une des découvertes les plus spectaculaires du plateau de Gizeh."
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| Puits menant à la tombe d'Hétéphérés - G 7000x à Guizeh - Giza Archives Project |
Sous la direction d'Ahmed Saïd, le "reïs" de Reisner, ils dégagent un puits de 25 mètres de profondeur qui les mène à une tombe. Battiscombe Gunn y décryptera le nom de Snéfrou. Quant à George Reisner, c'est après étude approfondie des inscriptions, qu'il conclura qu'elle appartient à Hétéphérès I.
Bien que pillée dans l'antiquité, la demeure d'éternité de la souveraine livrera un très beau trousseau funéraire, dont les bracelets constituent cependant les seuls bijoux laissés par les voleurs …
"L'une des découvertes les plus intéressantes de la tombe était une boîte à bijoux de la reine. Elle gisait à côté du sarcophage et avait été plaquée à l'intérieur et à l'extérieur de feuilles d'or recouvertes d'un motif en relief. Au début, son contenu n'a pas été visible, mais lorsque la fouille de la tombe a progressé, certaines des feuilles d'or de la boîte ont été enlevées, et une série de bracelets en argent sont apparus, avec des papillons en pierres semi-précieuses lapis lazuli, béryl et cornaline. Il y en avait à l'origine vingt, dix pour chaque bras, gradués en taille pour s'adapter du poignet au haut de l'avant-bras. Plus tard, une représentation de la reine portant ces bracelets a été trouvée dans la tombe, de sorte qu'il ne peut y avoir aucun doute quant à la façon dont ils étaient portés."
Les photos prises lors de la découverte laissent apparaître les bracelets parmi les "débris", qui jonchaient le sol : certains sont bien rangés, d'autres cassés… mais les pierres semi-précieuses n'ont rien perdu de leur lumière et de leur éclat.
Le diamètre de ces bracelets d'argent qui : "ont été fabriqués à partir d'une seule plaque de métal incurvée creuse à l'intérieur" varie de 9 à 11 cm. Il convient de rappeler que, dans l'Égypte antique : "l'argent était un métal extrêmement prisé pour sa rareté et dont la valeur, à cette époque, était supérieure à celle de l'or".
La boîte en bois doré dans laquelle ils étaient déposés mérite également que l'on y prête attention. D'une longueur de 41,9 cm, d'une largeur de 33,7 cm et d'une hauteur de 21,8 cm, elle est très élégante et était nommée : "boîte contenant des anneaux". Elle portait, en hiéroglyphes, les noms de Khéops et d'Hétéphérès et : "une feuille d'or qui l'ornait montre précisément Hétéphérès portant ces bracelets multiples ; assise sur un trône, elle respire une fleur de lotus, sa tête est ornée d'un simple bandeau". Mais cette boîte n'est pas qu'élégante et féminine, elle est également très bien "pensée". Elle est ingénieusement munie de "deux rouleaux coniques amovibles pour le rangement des vingt bracelets". Ainsi lorsque la reine souhaitait s'en parer - ou, plus certainement lorsque ses servantes la paraient -, il suffisait de retirer les rouleaux sur lesquels les bracelets étaient rangés par diamètres décroissants.
Le travail des bracelets, la qualité et la finesse des incrustations, témoignent de la très grande maîtrise qu'avaient atteinte les orfèvres de cette époque. Ils constituent un magnifique, voire unique, témoignage de l'orfèvrerie de la IVe dynastie.
Le coffre a été enregistré au Journal des Entrées du Musée égyptien du Caire JE 53265 et la majeure partie des bracelets (on en compte 15) JE 53266, JE 52281. Cet ensemble, comme les autres pièces du trousseau funéraire de la reine (lit, fauteuil, chaise à porteur, …) est désormais exposé au GEM (Grand Egyptian Museum) à Guizeh.
Il est à noter que, en 1947, le Gouvernement Egyptien a offert à "The Harvard University - Museum of Fine Arts Boston" des fragments de bracelets qui représentaient environ "un tiers de préservé". Leurs restaurateurs ont ainsi pu réaliser, en 1947, la reproduction complète - très réussie - d'un bracelet.
Et enfin, on ne peut s'empêcher de penser que si un tel trésor a été délaissé par les profanateurs, la qualité des bijoux qu'ils ont subtilisés devait être de nature plus exceptionnelle encore !
Et enfin, on ne peut s'empêcher de penser que si un tel trésor a été délaissé par les profanateurs, la qualité des bijoux qu'ils ont subtilisés devait être de nature plus exceptionnelle encore !
Une partie de l'histoire reste à écrire … En effet, cette tombe de Guizeh référencée G 7000x, qui était la "seconde tombe" de la reine, s'avéra ne pas abriter sa momie : le sarcophage, ouvert le 3 mars 1927, était désespérément vide … La souveraine a donc certainement été ré-inhumée … Mais à quel endroit, dans quelle nécropole ? Les hypothèses sont diverses et rien, à l'heure actuelle, ne permet de répondre à ces questions…
marie grillot
sources :
George Andrew Reisner, The Household Furniture of Queen Hetep-Heres I, Bulletin of the Museum of Fine Arts, volume XXVII, Boston, december 1929, number 164
http://www.gizapyramids.org/static/pdf%20library/bmfa_pdfs/bmfa27_1929_83to90.pdf
https://www.jstor.org/stable/4170193
Dows Dunham, Museum of Fine Arts Boston, The Egyptian Departement and its excavations, 1958
http://www.gizapyramids.org/pdf_library/dunham_eg_dept1958.pdf
Reproduction of bracelet of Queen Hetepheres, MFA Boston
https://collections.mfa.org/objects/148438/reproduction-of-bracelet-of-queen-hetepheres;jsessionid=F5EE3EA3CA3018F7E6BA35025255A6E4
Butterfly inlays from a silver bracelet, MFA Boston
http://www.mfa.org/collections/object/butterfly-inlays-from-a-silver-bracelet-148356
Mohamed Saleh, Hourig Sourouzian, Catalogue officiel du Musée Egyptien du Caire, Verlag Philippe von Zabern, 1997
Francesco Tiradritti, Trésors d'Egypte, Les merveilles du musée égyptien du Caire, Gründ, 1999
Guide National Geographic, Les Trésors de l'Egypte ancienne au musée égyptien du Caire, 2004
Abeer El-Shahawy, The Egyptian Museum in Cairo, Matḥaf al-Miṣrī, American University in Cairo Press, 2005
https://books.google.fr/books?id=cAyjwKyoHiEC&pg=PA47&lpg=PA47&dq=Hétéphérès+furniture&source=bl&ots=GdX8kU4wCG&sig=MUWwxKEB28l6u5DIhk3Ek7WeCcE&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjY8K7X2b7NAhVCrRoKHVaHDHwQ6AEIZDAM#v=onepage&q=Hétéphérès%20furniture&f=false
Christiane Ziegler, Reines d'Egypte, Somogy éditions d'art, Grimaldi Forum, 2008
Pierre Tallet, 12 reines d'Egypte qui ont changé l'histoire, Pygmalion, 2013









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