mardi 17 novembre 2015

Le premier prix de la Fondation Jean Leclant a été attribué à la mission française de Tanis

Jean Leclant au temple de Soleb (1990) © IFAO.

Le 16 septembre 2011, Jean Leclant, l'éminent égyptologue, le grand orientaliste, "l’homme des Ethiopiens", quittait ce monde après une vie d'excellence, consacrée aux études et aux recherches égyptologiques. De Saqqarah à la Nubie, ce spécialiste incontournable de l'histoire et de l'époque pharaonique a excellé dans de nombreux domaines, notamment la connaissance de la civilisation méroïtique, l'histoire religieuse, l'histoire de l’art en iconographie et en ethnographie.
Le Conseil d'Administration de la Fondation Jean Leclant autour de Michel Zink, 
secrétaire perpétuel de l’Académie des inscriptions et belles lettres et de Marie-Françoise Leclant

Après son décès - et selon ses volontés - son épouse Marie-Françoise Leclant, a décidé, de créer, en 2014, avec l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres dont il fut secrétaire perpétuel du 24 juin 1983 au 16 septembre 2011, une fondation dédiée à la mémoire du grand égyptologue. La Fondation est dotée par la générosité de Mme Marie-Françoise Leclant et par divers dons et legs. Son but est d’aider la recherche archéologique dans la vallée du Nil (Égypte, Soudan) et la publication de travaux d’égyptologie. Elle peut également soutenir des actions scientifiques de haut niveau menées dans d’autres pays du monde que Jean Leclant affectionnait (Proche-Orient, Extrême-Orient).

Elle décernera chaque année, à compter de 2015, le "Prix Jean et Marie-Françoise Leclant" d’un montant de 10.000 €, attribué à une personne physique ou morale (centre de recherche, association savante ...), dont les recherches auront notablement enrichi notre connaissance dans les domaines d’étude cités ci-dessus. Il contribuera à favoriser la poursuite de ses travaux et la diffusion de leurs résultats (missions, fouilles, publications de travaux d’érudition). L'examen des dossiers de candidatures est confié à une commission de spécialistes composée exclusivement de membres et de correspondants de l’Académie.
Séance de remise du prix Jean et Marie-Françoise Leclant

Le premier prix a été décerné le 6 novembre 2015, dans les salons du Palais de l’Institut de France, par Marie-Françoise Leclant, fondatrice de la Fondation, à la Mission archéologique française des Fouilles de Tanis (MFFT) dirigée par François Leclère et Frédéric Payraudeau. 

François Leclère est ingénieur de recherches en archéologie à l’École pratique des Hautes Études, section des sciences religieuses, Paris. Directeur depuis début 2014 de la Mission française des fouilles de Tanis (MFFT), il était auparavant conservateur-chercheur au département Ancient Egypt and Sudan, puis au département Greece & Rome du British Museum, où il a participé successivement à deux projets de recherche sur les sites égyptiens de Taphnis et de Naucratis. Ancien membre scientifique de l’Institut français d’Archéologie orientale du Caire, il a participé à plusieurs chantiers de fouilles en Égypte depuis 1988, et en a dirigé certains, notamment ceux du Tombeau d’Osiris et de la Chapelle d’Osiris coptite à Karnak. Sa thèse de doctorat à l’Université de Lille 3 ("Les villes de Basse Égypte au Ier millénaire av. J.-C."). a été publiée à l’IFAO en 2008. Son dernier ouvrage ("Tell Dafana Reconsidered: the Archaeology of an Egyptian Frontier Town", en collaboration avec Jeffrey Spencer) est paru en 2014 au British Museum. Le nouveau programme de recherches archéologiques qu’il développe désormais sur le site de Tell Sân el-Hagar, dans le nord-est du Delta égyptien, porte entre autres sur l’histoire de la structure urbaine de la cité antique de Tanis et celle de son paléo-environnement hydrographique. Plusieurs institutions publiques et privées en France, en Europe et en Égypte, collaborent activement à ce projet.
Michel Zink, Secrétaire perpétuel de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, Marie-Françoise Leclant et les deux lauréats

Frédéric Payraudeau est maître de conférences en égyptologie à l’Université Paris Sorbonne-Paris 4. Titulaire d’une thèse soutenue dans cette université, sous la direction de Nicolas Grimal, et publiée à l’Institut français d’Archéologie orientale du Caire (IFAO) en 2014 ("Administration, société et pouvoir à Thèbes sous la XXIIe dynastie bubastite"), il a été membre scientifique de l’IFAO. Spécialiste de l’histoire et de la culture égyptienne au Ier millénaire av. J.-C., il a publié sur ce sujet une trentaine d’articles et un ouvrage, et a collaboré à divers chantiers archéologiques en Égypte (Saqqâra, Karnak, Deir el-Bahari). Dans le cadre de la Mission française des fouilles de Tanis, dont il est le directeur-adjoint, il est responsable du volet épigraphique du programme de recherches, portant principalement sur les inscriptions tanites de la Troisième Période intermédiaire, et dirige une équipe de trois étudiants et jeunes chercheurs dont l’objectif est notamment la publication prochaine des inscriptions provenant des tombes privées de la XXIe dynastie et la mise en œuvre d’une étude paléographique des inscriptions des tombes royales de Tanis.
Vue aérienne des temples d'Amon et Mout à Tanis, prise vers l'ouest, en octobre 2004.
© MFFT (Th. Sagory. www.du-ciel.com)

La mission française des fouilles qu'ils dirigent à Tanis (MFFT) est l’une des plus importantes et des plus célèbres de l’égyptologie française ; les plus grands égyptologues s’y sont succédé, notamment Jean Leclant, qui y a participé après la Seconde Guerre mondiale. Naguère dirigée par Philippe Brissaud, elle bénéficie de l’appui de l’École pratique des Hautes Études et de la Commission des fouilles du ministère des Affaires étrangères. La reprise des travaux après le départ de Philippe Brissaud est un véritable défi, que les deux co-directeurs ont relevé avec courage, faisant évoluer la problématique de ce site prestigieux, qui a livré la nécropole des rois de la XXIe et de la XXIIe dynastie et un complexe cultuel, dont l’ampleur et l’importance ne peuvent être comparées qu’à celui de Karnak, sur le modèle duquel il a d’ailleurs été conçu.
Travaux de paléographie dans la tombe de Chéchanq III mai 2015. © MFFT (Fr. Payraudeau)

La nouvelle équipe a déjà effectué deux missions sur le terrain, au cours desquelles un survey en résistivité magnétique a été réalisé sur la zone urbaine, révélant les grandes lignes de l’une des plus importantes villes du delta oriental, que l’analyse céramologique de surface permet déjà de dater du début du premier millénaire av. J.-C. jusqu’au Moyen Âge. Dans le même temps, l’équipe a entrepris la publication du vaste ensemble épigraphique livré par le site, dont l’étude a été laissée en friche par la précédente équipe. Un premier volume sera déposé en 2016 sur les presses de l’IFAO.

"Ce beau projet - l’un des plus fédérateurs de l’égyptologie française de terrain actuellement - se recommande par ses enjeux scientifiques et la promesse de résultats très neufs, garantis par l’expérience internationalement reconnue de ses porteurs, qui ont tous deux une bibliographie abondante : François Leclère est, notamment, l’auteur d’une monographie sur l’urbanisme du delta qui est un manuel de référence." (Nicolas Grimal, membre de l’Académie, professeur au Collège de France)

marie grillot


sources :
http://www.aibl.fr/prix-et-fondations/fondations/fondation-jean-leclant/
http://egyptophile.blogspot.fr/2014/09/jean-leclant-lexcellence-au-service-de.html?q=leclant
http://www.aibl.fr/prix-et-fondations/fondations/fondation-jean-leclant/prix-2015-521/
https://www.ephe.fr/recherche/equipes-de-recherche/mission-francaise-des-fouilles-de-tanis-mfft


Un cordial merci à Philippe Leclant pour les informations et les photos qu'il nous a transmises.

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