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| Hector Horeau (1801-1872) : Mit-Rahina - Colosse de Ramsès II |
Une Conférence internationale pour la protection des antiquités se tient les 13 et 14 mai 2015 au Caire.
"Il est du plus haut intérêt, pour l'Égypte elle-même, que le gouvernement... veille à l'entière conservation des édifices et monuments antiques."
Des mesures actives sont à : "prendre pour assurer la conservation des temples, des palais, des tombeaux, et de tous les genres de monuments qui attestent encore la puissance et la grandeur de l'Égypte ancienne, et sont en même temps les plus beaux ornements de l'Égypte moderne”.
Il faudrait : "ordonner qu'on n'enlevât, sous aucun prétexte, aucune pierre ou brique, soit ornée de sculptures, soit non sculptée, dans les constructions et monuments antiques existant encore dans les lieux (...) tant de l’Égypte que de la Nubie.(...) Les monuments antiques creusés et taillés dans les montagnes sont tout aussi importants à conserver que ceux qui sont construits en pierres tirées de ces mêmes montagnes. Il est urgent d'ordonner qu'à l’avenir on ne commette aucun dégât dans ces tombeaux...".
Il ne s'agit pas là du discours de l'un des membres du gouvernement égyptien à cette conférence... Il s'agit des propos de celui qui a donné ses bases à l'égyptologie. Dès novembre 1829 en effet, le grand Champollion s'inquiétait de la sauvegarde des monuments pharaoniques.
Et plus tard, en 1857, c'est Auguste Mariette qui oeuvre en haut lieu pour leur préservation. Ainsi, alors qu'il prépare, au Caire, la future visite du prince Napoléon, il alerte Saïd Pacha sur une nécessaire sauvegarde des monuments. Plus que réceptif sur ce sujet, Saïd Pacha édite un décret dont voici un extrait : "Monsieur Mariette veillera au salut des monuments… Il dira aux moudirs des provinces que le roi leur interdit de toucher toute pierre antique…"
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Hector Horeau : Edfou - temple d’Horus
En incrustation, de gauche à droite : Champollion, Mariette, Maspero, Drioton
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Une quarantaine d'années plus tard, en 1899 exactement, Gaston Maspero vient de retrouver son poste à la direction du service des Antiquités d'Égypte. Il est, lui aussi, extrêmement préoccupé par ce sujet, tant les destructions qu'il constate sur le terrain sont importantes. Le décret du 12 août 1897 : "portant mesures de protection des antiquités" n'a semble-t-il pas été dissuasif... Il travaille donc à la rédaction d'une réglementation plus sévère en la matière. Son projet de loi, qui date du 3 mars 1902, comporte pas moins de 20 articles, extrêmement précis et détaillés, comme par exemple l'article 7 qui stipule : "Il est défendu de déplacer, abattre, mutiler, détruire d'une façon quelconque les édifices et les objets antiques immobiliers ou de s'emparer, sans autorisation spéciale du Service des Antiquités, des matériaux provenant de la destruction totale ou partielle de l'un de ces immeubles..."
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| Hector Horeau : Philae - temple d’Isis |
En 1945, Étienne Drioton, qui est à la tête des Antiquités, lance cet alarmant appel : "L’Égypte se trouve, en ce qui concerne ses monuments historiques, dans une situation non pas désespérée, mais fort grave, qui résulte de deux causes. La première est que ses monuments, qui sont sa parure inégalable et sa juste fierté, sont loin d’être éternels, comme leur haute antiquité donnerait de prime abord à le penser... Parce que rien n‘est éternel en ce bas monde, les pierres s’effritent, les teintures s’écaillent, les enduits craquent. Il faut désormais faire appel à toutes les ressources de la science et de la technique pour prolonger artificiellement une vie dont le terme naturel est en train d’échoir... La seconde cause qui accentue actuellement la désintégration des vieux monuments égyptiens, pour laquelle nous poussons un cri d’alarme, est le changement récent du régime des eaux souterraines en Égypte par l’établissement de l’irrigation pérenne... L’humidification d’un sol jusqu’alors à peu près sec y développe, avec une violence effrayante, l’efflorescence du salpêtre, destructrice des matières les plus dures. Si l’on n’y porte rapidement remède, l’extension de la prospérité agricole de l’Égypte aura pour rançon la perte totale, et à brève échéance, de tous ses monuments antiques…"
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| Musée de Malawi : 15-16 août 2013 |
Depuis 1952, le service des Antiquités est sous direction égyptienne. Les responsables, totalement conscients de tous ces maux, ont tout mis en oeuvre pour les combattre.
"En 1983, l’organisation des antiquités égyptiennes (renommée Conseil suprême des antiquités en 1994) passe la loi n° 117 remplaçant la loi n° 215 de l’année 1951. Toujours en vigueur, cette législation est la plus importante dans l’histoire du patrimoine égyptien."
Puis des périodes troubles et troublées ont généré une recrudescence d'actes de malveillance et de destructions que nous n'avons pas oubliées : le musée du Caire, le musée de Malawi...
Aujourd'hui, alors que le monde entier est confronté à des menaces terroristes qui en viennent à toucher aussi l'histoire de nos civilisations, et par là-même le patrimoine de l'humanité - nous avons tous en mémoire la destruction des célèbres sites irakiens de Nimroud, Hatra, et Khorsabad -, il est urgent que les États mettent en place de nouvelles mesures.
Il nous reste à souhaiter que cette conférence qui accueille, en terre d'Égypte, des représentants de nombreux pays (Soudan, Arabie saoudite, Émirats arabes unis, Liban, Irak... ) en présence d'Irina Bokova, directrice générale de l'Unesco, sous la belle bannière de "L'Union pour le Patrimoine", oeuvre pour que les chefs-d'oeuvre millénaires que nous ont laissés les lointaines civilisations vivent encore des millions d'années.
marie grillot
sources :
Campagne de l'UNESCO :
http://www.unite4heritage.org/?lang=en



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