lundi 11 mai 2015

Feu vert pour l'entrée à la "mosquée bleue"

En haut à droite : une oeuvre d’Axel Herman Haig (1835-1921)
En bas à gauche : une oeuvre de Walter Tyndale (1855-1943)

Elle n’a rien à voir avec sa prestigieuse homonyme d’Istanbul. Et pourtant, la "mosquée bleue" du Caire, construite au XIVe siècle, est l’une des valeurs sûres du tourisme dans la capitale égyptienne. Fermée depuis 1992 pour cause de dommages consécutifs à un tremblement de terre, elle a fait l’objet de six années de travaux de restauration avant d’être rouverte tout récemment au public, au cours d’une cérémonie officielle à laquelle étaient présents le ministre des Antiquités égyptien Mamdouh el-Damaty, l'Aga Khan, le président du Réseau Aga Khan de développement et le gouverneur du Caire Galal al-Saïd.

Située dans le Darb al-Ahmar entre Bab Zuweila et la Citadelle de Saladin, la mosquée Aqsunqur - véritable nom de la "mosquée bleue" - est bâtie en 1346 par l’émir Shams El-Din Aqsunqur qui, en souvenir du temps où il fut gouverneur de Tripoli (Tarablos, "Tripoli de Syrie", aujourd'hui "Tripoli du Liban"), veut un édifice construit dans un style architectural syrien. La présence dans l’enceinte du bâtiment de divers mausolées, dont celui de son fondateur, explique l’irrégularité de la structure.

Dès le XVe siècle, pour cause de cessation de "waqfs" (dotations religieuses), la mosquée perd de sa splendeur : elle n’est utilisée que pour les prières du vendredi et les fêtes religieuses.

De 1652 à 1654, durant la domination ottomane, l'émir Ibrahim Agha al-Mustahfizan, général des janissaires, entreprend une importante rénovation de l’édifice en restaurant son toit et ses arcades et en y ajoutant des colonnes pour soutenir la salle de prière. Il fait également décorer le bâtiment avec des revêtements de carreaux bleus et verts (d’où le nom donné à la mosquée). Ces matériaux, fabriqués selon le style Iznik (ville de Turquie) avec des motifs floraux, sont importés de Constantinople et de Damas. L’émir poursuit son oeuvre en faisant construire son propre mausolée, dans un style architectural mamelouk, avec décors de carreaux de marbre. En reconnaissance de tels travaux, la mosquée Aqsunqur est officiellement rebaptisée du nom de son restaurateur et devient ainsi la "mosquée Ibrahim Agha". Mais cette dernière appellation sera et reste peu utilisée.

Les récents travaux de restauration, effectués de 2009 à 2015 par une équipe de 60 à 80 artisans, grâce notamment à un financement du World Monuments Fund, du Aga Khan Trust for Culture et de la Selz Foundation, portent d’abord sur la mise en place d’étais temporaires destinés à maintenir l’édifice endommagé par le tremblement de terre de 1992, puis sur une consolidation anti-sismique de l’ensemble de l’édifice, une attention toute particulière étant portée à la conservation des panneaux de marbre et des carreaux de céramique d’Iznik.

Identifiable, précise le guide Michelin, par : "son minaret cylindrique dont les balcons semblent soutenus par des sculptures de stalactites", la mosquée Aqsunqur est caractérisée notamment par sa cour carrée aux quatre “iwans” traditionnels et son minbar en marbre, le plus ancien construit au Caire avec ce matériau.

Ouverte au culte, elle mérite une visite notamment pour ses carreaux de céramique utilisés par l'émir Ibrahim Agha al-Mustahfizan pour la décoration intérieure et dont : "on ne se lasse pas, écrit le peintre Walter Tyndale, d’admirer cette merveilleuse teinte bleue qui, sous le jeu du soleil, tire tantôt sur le vert et tantôt sur le violet." (L'Égypte d'hier et d'aujourd'hui, 1910)

Marc Chartier

sources :
https://www.wikiwand.com/en/Aqsunqur_Mosque
http://www.thecairopost.com/news/148730/culture/cairos-blue-mosque-inaugurated-after-6-year-restoration
http://archaeologynewsnetwork.blogspot.fr/2015/05/cairos-blue-mosque-opens-after-6-year.html

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