![]() |
| Gravure pour le Geographical Dictionary, s.d. |
Si la littérature traitant des "merveilles du monde" est abondante, elle n'est malheureusement pas toujours "cohérente" : écrits, versions, dates et noms se contredisent ou s'infirment le plus souvent... Ce serait dans les milieux littéraires alexandrins, au sein du musée de la Grande Bibliothèque, qu'aurait été établie la première liste des merveilles du monde. Philon de Byzance, Callimaque de Cyrène, pour les plus connus, y auraient travaillé. L'appellation de "merveilles du monde" n'est d'ailleurs pas encore utilisée, il est plutôt question de "monuments dignes d'être vus".
Cette liste a évolué, au fil du temps, et, à ce jour, un nombre variable de "versions" ont été recensées (on cite le plus souvent entre 14 et 19).
Et si Philon de Byzance fait bien allusion à la liste de façon disons, elliptique - "Tous ont entendu parler des Sept Merveilles du monde" -, il nous faut attendre Antipater de Sidon (IIe siècle av. J.-C.) pour en prendre connaissance. Il cite "le rempart de la vaste Babylone, la statue de Zeus par Alpheus, les jardins suspendus (de Babylone), le Colosse du Soleil (Rhodes), les hautes pyramides (Kheops), le vaste tombeau de Mausole (Halicarnasse), la maison d'Artémis (Ephèse).
Le phare d'Alexandrie n'y figure pas encore et la raison en est toute simple : il n'est pas encore terminé. Mais sa beauté et sa grandeur feront qu'il "mettra à bas" le "rempart de Babylone" et le remplacera au VIe siècle. Il constitue donc la plus "récente" des merveilles alors que la pyramide est la plus ancienne.
Alexandrie a été fondée par l'empereur Alexandre en 331 av. J.-C., dans le Delta, au bord de la Méditerranée. Sa côte est "basse et dépourvue de points de repère, tout en ayant des récifs et des hauts-fonds dangereux". La construction d'une “tour à feu qui se voie de loin" s'avère indispensable. Elle doit non seulement sécuriser l'arrivée dans le port, mais aussi témoigner de la grandeur, de la puissance et du rayonnement de la cité.
Son édification semble avoir débuté sous le règne de Ptolémée Soter et a été achevée sous Ptolémée II Philadelphe. C'est sur l'île de Pharos (qui donnera son nom au mot "phare") que l'architecte Sostrate de Cnide "l'a érigée et dédiée, en sa qualité d'ami des rois". Il s'agit d'une tour de calcaire blanc, dont la porte principale et l'encadrement des fenêtres étaient en granit d'Assouan. Haute de 135 m, elle comptait au moins 3 étages dans lesquels se répartissaient 67 pièces ! Son feu éclairait à 100 miles marins. "Une noria de chevaux et d'animaux de bât montaient à son sommet, par une rampe intérieure, le combustible qui brûlait jour et nuit ; des centaines de pièces abritaient les hommes dédiés à son fonctionnement. Et par-dessus tout, plus encore que les palais royaux, le musée, la Bibliothèque, le Phare faisait la gloire de la ville, et les voyageurs en rapportaient des représentations et des récits fabuleux."
Combien de voyageurs se sont-ils réjouis en voyant les lumières d'Alexandrie ? Combien de vies ont-elles été sauvées grâce à la présence du phare ?
Mais la terre a ses colères... et les séismes qui ont secoué la ville ont fragilisé le merveilleux ouvrage. En 1303, il s'effondre et la mer l'engloutit.
![]() |
À gauche : mosaïque du VIe s. trouvée à Qasr Libya (Libye)
À droite : mosaïque de Saint-Marc de Venise (XIIIe s.) |
Si le fort de Qaitbay a fièrement pris sa place et est même devenu l'un des emblèmes de la cité, Alexandrie n'a pas oublié ce qui fit en partie sa renommée. Les premières fouilles marines débutent en 1968 , puis sont poursuivies de 1992 à 1998 par le Centre d'Études Alexandrines, sous la direction de Jean-Yves Empereur.
Des vestiges du phare remontent à la surface, comme ces "deux colosses représentant un Ptolémée en pharaon et Isis".
Si les représentations qui nous sont parvenues du phare sont le plus souvent différentes, il semblerait que celle qui se trouve sur une mosaïque de la basilique Saint-Marc de Venise soit la plus approchante. Et les blocs qui sortent de la mer, ou qui y reposent encore, ont permis d'en dresser les plans.
Un projet de reconstruction est désormais annoncé par le Service des Antiquités. L'actualité n'en a donc pas fini de jeter ses lumières et ses feux sur le fameux phare
marie grillot
sources :
http://www.histoire-pour-tous.fr/dossiers/85-antiquite/4255-les-sept-merveilles-de-lantiquite.html
https://scribium.com/sebastien-polet/a/lorigine-des-sept-merveilles-du-monde-antique/
http://www.omarlecheri.net/ency/phare.htm
http://www.ancientvine.com/alexandria_egypt.html
http://remacle.org/bloodwolf/erudits/strabon/livre171.htm
Strabon, Géographie - Livre dix-sept, chapitre I :L’Égypte - Traduction française : Amédée Tardieu
http://remacle.org/bloodwolf/erudits/strabon/livre171.htm
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/crai_0065-0536_1997_num_141_3_15771
.jpg)

.jpg)

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire