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Différents modèles de miroirs Illustration extraite du "Catalogue Général des Antiquités Égyptiennes du musée du Caire - Miroirs - Georges Bénédite |
Les objets destinés à la toilette et au maquillage font partie du trousseau funéraire qui accompagnait le défunt. Ainsi, pots à onguents, palettes ou cuillères à fard, étuis à kohl voisinent souvent avec de magnifiques miroirs. Destinés à la renaissance, ils sont une offrande couramment offerte à Hathor et Nout.
"Les miroirs égyptiens nous sont connus par de nombreux exemplaires dispersés dans la plupart des collections d'antiquités égyptiennes et par des représentations multiples" précise Georges Bénédite.
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Leur manche peut prendre des formes variées. "Les uns ont la forme de la massue 'hm', d'autres celui d'une tige de papyrus surmontée d'une belle ombelle ouverte, d'autres, enfin, sont ornés d'une tête de Bès, ou d'une tête d'Hathor. A partir du Nouvel Empire apparaissent les manches-statuettes en bronze, en bois ou en ivoire, présentant l'aspect d'une jeune fille nue" (Jeanne Vandier d'Abbadie dans "Les objets de toilette égyptiens au Musée du Louvre").
Les matériaux utilisés sont, le plus souvent, le bois, la pierre, le bronze et, plus rarement l'ivoire ou la faïence. Les plus luxueux peuvent être incrustés de pierres dures et colorées…
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Le disque, lui, est fait de métal : généralement de bronze, de cuivre, d'argent, ou encore d'un alliage de bronze et d'argent. Plat, peu épais, il est poli avec le plus grand soin au moyen : "de pierres dures qui faisaient d'excellents polissoirs". Le miroir en verre étamé n'arrivera que bien plus tard, au moment de l'époque chrétienne.
Il peut avoir plusieurs formes - circulaire, ou encore légèrement ovoïde -, mais il est le plus souvent "solaire". "Par là, il faut entendre de cette disposition qui n'est ni circulaire ni elliptique, mais qu'il n'est pas nécessaire d'être grand observateur pour reconnaître l'aspect sous lequel se présente le soleil au dessus de la ligne d'horizon."
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Les miroirs sont souvent à double face, mais il arrive aussi que l'une des faces soit décorée de scènes d'offrandes. Le travail de ciselure est alors réalisé après le polissage du disque.
Mais le nom égyptien qui lui est le plus communément donné est 'ankh' : "le mot même qui désigne la vie. Le miroir doit donc être compris non seulement comme un instrument de toilette, mais aussi comme un puissant symbole : c'est un 'donneur de vie'".
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Ainsi, dans le trésor de Toutankhamon, se trouvait un ravissant étui à miroir en bois doré incrusté de verre bleu et de cornaline. Dans "Toutankhamon vie mort et découverte d'un pharaon", Nicholas Reeves le présente ainsi : "L'étui imite le signe hiéroglyphique de la vie 'ankh', jeu de mot funéraire approprié puisque ankh signifie également 'miroir'. L'étui s'avérera malheureusement vide … Dans l'antiquité, nous précise Zahi Hawass : "des pilleurs ont emporté le miroir, qui était peut-être en argent massif et, par conséquent, plus précieux que son étui en bois doré"…
Le miroir est dédié à la déesse Hathor qui est : "la grande déesse de l'amour physique, et, outre le sistre, son instrument principal de séduction est le miroir, reflet de la beauté".
Il accompagnait le quotidien et l'au-delà et, à ce titre, on le retrouve dans l'iconographie des hypogées, parfois déposé sous la chaise d'une élégante dame de l'antiquité.
Les tombes en ont livré un grand nombre, ce qui explique que l'on peut les admirer dans la plupart des musées. Ceux exposés au Musée du Caire ont été décrits, étudiés, analysés par Georges Bénédite dans son "Catalogue Général des Antiquités Égyptiennes du Musée du Caire - Miroirs" édité en 1907 par l'IFAO. Certains sont d'une beauté précieuse, d'un luxe inoui, tout comme les étuis qui les protégeaient…
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D'autres miroirs, peut-être parce que travaillés dans des métaux moins résistants, ou parce que les conditions de conservation ont été moins favorables, ont moins bien supporté les siècles... Cela leur donne un aspect touchant et émouvant, l'impression qu'ils semblent garder la nostalgie des visages qui s'y miraient, s'y admiraient… ou des mains qui le tenaient.
marie grillot
sources :
Catalogue Général des Antiquités Égyptiennes du musée du Caire - Miroirs, Georges Bénédite, IFAO, 1907
https://archive.org/details/miroirs00bn
Les objets de toilettes égyptiens au Musée du Louvre, Jeanne Vandier d'Abbadie, éditions des musées nationaux, Paris, 1972
Parfums et Cosmétiques dans l'Égypte ancienne, Le Caire - Paris - Marseille - avril 2002
Toutankhamon, vie, mort et découverte d'un pharaon, Nicholas Reeves, Editions Errance
Catalogue de l'exposition "Toutankhamon, trésors du pharaon d'or", Zahi Hawass, IMG Melcher Media, 2018
Trésors d'Egypte - Les merveilles du musée égyptien du Caire, Francesco Tiradritti
Catalogue officiel Musée égyptien du Caire, Mohamed Saleh, Hourig Sourouzian, Verlag Philipp von Zabern, 1987
L'Égypte des pharaons au Musée du Caire, Jean-Pierre Corteggiani, Hachette, 1986
Sesostris III et la fin de la XIIe dynastie, Pierre Tallet
Les momies royales de Deir El-Bahari , Gaston Maspero, Editeur E. Leroux, Paris, 1889
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k511070x/f3.item.r=démail
The treasure of El Lahun, Herbert Eustis Winlock, 1934
http://libmma.contentdm.oclc.org/cdm/ref/collection/p15324coll10/id/142543
Lahun I : The treasure (BSAE 27 en ERA 20 - 1914), Guy Brunton, London, 1920







Merci Marie et Marc pour vos articles si intéressants et si bien écrits!
RépondreSupprimerEgypt-amicalement!
Etienne :-)