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| Mahmoud Saïd - Jeune fille, sans date. Huile sur toile. Collection particulière |
Il disparaissait le 8 avril 1964. Son souvenir est entretenu dans le musée qui porte son nom, à Alexandrie (Ganaklis) : une magnifique villa italianisante, où sont exposées une quarantaine de ses toiles : "mêlant des échos du passé à des techniques modernes comme le cubisme et le réalisme social".
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| Mahmoud Saïd |
Mahmoud Saïd naît à Alexandrie le 8 avril 1897. Son père, magistrat, fut ministre, puis Premier ministre. Sa famille comprend également une autre célébrité : la reine Farida, sa cousine, première épouse du roi Farouk. Après un baccalauréat en lettres (1915), il poursuit ses études à l'École Française de droit du Caire, où il obtient sa licence en droit en 1918-1919.
Il suit entre-temps des cours de peinture avec Amelia Casonaoto da Forno, puis dans l’atelier d’Antoine Zanieri, avant de fréquenter l'École des Beaux-arts du Caire, où il fait la connaissance des peintres Raghib Ayyad et Muhammad Nagy, ainsi que du sculpteur Mahmoud Mokhtar. C’est pendant cette période qu’il commence à voyager en Haute-Égypte (Nubie, Louxor, Thèbes, Denderah, Kom Ombo, Edfou, Assouan), puis en divers pays d’Europe.
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| Mahmoud Saïd - Rocks and Hills in Aswan (1953) |
Parallèlement au temps qu’il consacre à sa passion pour l’art, il exerce une activité judiciaire au Parquet de Mansourah et d’Alexandrie. Mais son nom et sa célébrité sont attachés surtout à la place qu’il occupe dans la peinture moderne arabe, dont il est considéré comme l’un des pionniers. Ses oeuvres font l’objet d’une exposition particulière au Rockefeller Center de New York en 1937, ainsi qu’au pavillon égyptien de l'Exposition internationale des Arts et des Techniques appliqués à la vie moderne - Paris, 1937 - où il obtient une médaille d’Honneur pour ses oeuvres "La Ville", "Nadia au canari" et "Baigneuses à Mansourah". Il exposera également à la Biennale de Venise en 1938 et 1948. Diverses rétrospectives de ses oeuvres seront organisées, notamment en mars 1942 par l’Atelier d’Alexandrie, en mai 1949 par les "Amitiés françaises", en février 1951 par la Société des Amis de l'art…
En 2010, son tableau "Les chadoufs", dépeignant des paysans égyptiens tirant l'eau du Nil, a été vendu à Dubaï 2,43 millions de dollars, soit le prix le plus élevé jamais atteint par un tableau d'un artiste arabe.
Les thèmes qu’explore Mahmoud Saïd sont principalement des scènes de la vie quotidienne, des paysages, des autoportraits et de nombreux nus féminins, aux formes sensuelles ou sculpturales, que l’artiste réalise en outrepassant certaines réticences, voire des interdits de la société musulmane.
"Opulence et sensualité, écrit Gabriel Boctor dans les "Cahiers d’Alexandrie" en 1967, telles sont les dominantes de la peinture de Saïd. C'est le grand seigneur oriental, l'homme qui peint pour la joie de ses sens exaltés, qui fait appel à toutes les réminiscences d'une culture raffinée, mais qui ne dédaigne pas non plus l'humble spectacle quotidien qui s'offre à nous dans la spontanéité de son humour ou de ses vérités folkloriques. (...)
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| Mahmous Saïd - Preparatory Sketch for the Whirling Dervishes (1929d |
Des peintres byzantins, Mahmoud Saïd avait pris la disposition hiératique des formes ; des Primitifs italiens, les leçons de la décoration monumentale et cette exquise naïveté qui constelle ses toiles ; des Persans, le luxe et la somptuosité des couleurs ; des Renaissants, il avait goûté cet amour des formes gonflées de sève ; des Flamands, il avait retenu l'acuité de la vision et la profondeur d'émail de leurs couleurs ; des valeurs plastiques : composition, rythme, équivalences. Mais Mahmoud Saïd qui était fier comme un jeune héros antique, malgré ses dehors pleins de douceur et de mansuétude, n'avait jamais accepté de compromission, afin de sacrifier son amour des formes et de la composition aux modes passagères, au papillotement coloré des impressionnistes, aux aplats purement décoratifs des Nabis, ou aux virtuosités apparentes et souvent fortuites des abstraits. S'enrichissant constamment, puisant partout ce qui convenait à son tempérament, évoluant sans cesse, Mahmoud Saïd, maître avant tout classique, a gardé au fond de lui cette unité vraie qui puisse sa sève dans le patrimoine national, pour nous donner une oeuvre typiquement méditerranéenne et alexandrine, une oeuvre dont l'évolution préfigure l'évolution même de notre Égypte éternelle."
Marc Chartier
sources :
http://www.medmem.eu/en/notice/BIB00152
http://www.cealex.org/pfe/diffusion/PFEWeb/pfe_009/PFE_009_012_w.pdf





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