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| Akhethetep, tel qu'il figure à l'entrée de sa chapelle funéraire, aujourd'hui au Musée du Louvre |
En 1899, Gaston Maspero a retrouvé son poste à la direction du service des antiquités d'Égypte. Il est plus que jamais préoccupé par la sauvegarde des monuments car ce qu'il constate sur le terrain est loin de le rassurer. Le décret du 12 août 1897 : "portant mesures de protection des antiquités" n'est, semble-t-il, pas dissuasif et les fouilles clandestines prolifèrent, causant d'irrémédiables dégâts. Il travaille donc à la rédaction d'une nouvelle loi qui protégerait de façon plus effective les antiquités.
Afin de soustraire, au moins les petits monuments, aux risques encourus, il lui vient l'idée de proposer aux musées étrangers de les acquérir et de les reconstruire dans leurs salles.
En mars 1903, Georges Bénédite, conservateur adjoint au département égyptien du Louvre, le rejoint à Saqqara, nécropole de l'Ancien Empire, afin d'acquérir une tombe pour le Louvre.
Et le 27 mars, Bénédite "tient enfin le tombeau rêvé" ! Voici le récit qu'il en en fait : "Hier vendredi, je suis allé à Saqqarah. Trois tombeaux avaient été déblayés pour être soumis à mon examen : deux étaient d'un intérêt moyen ; le troisième était au contraire d'une grande beauté : style et variété des scènes, perfection de l'exécution, état de conservation, toutes les qualités étaient réunies pour faire de ce monument une pièce digne du Louvre."
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| La chapelle, au Louvre et in situ |
Le choix de Bénédite s'est porté sur l'une des chapelles du mastaba d’Akhethetep, un haut dignitaire de l’Ancien Empire (-2700 à -2200). Le monument, taillé dans le calcaire fin et blond des carrières de Toura (environ 20 km au sud du Caire), mesure 4,21 mètres de largeur pour 1,61 mètre de profondeur. Il est décoré de fort belle manière : "Sur les murs de la chapelle, on ne trouve qu'un petit nombre d'épisodes funéraires : le transport des grandes statues d'Akhethetep vers sa tombe, la récompense des tisserandes qui ont fabriqué les linceuls et les bandelettes enveloppant son cadavre. La plupart immortalisent les activités et les plaisirs terrestres.”
Le bâtiment est copié et étudié : "par deux Anglaises Miss Petrie et Murray" (en fait, il s'agit d'Hilda Petrie l'épouse du grand Petrie et de Margaret Murray, la première femme à enseigner l'égyptologie à l'University College London).
L'acquisition de la chapelle est très rapidement acceptée par le gouvernement égyptien ; elle est ensuite démontée, bloc par bloc, emballée et mise en caisse. L'opération est achevée le 3 mai 1903 et tout est transporté par bateau vers la France. "Aucun plan, aucun document concernant cette opération ne furent conservés."
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| La reconstruction de la chapelle |
Au Louvre : "le département ne possédant pas de salle assez vaste, on crée une annexe à l'autre bout du musée au Pavillon des États, pour y remonter la chapelle. Dans cette salle inaugurée le 21 février 1905, Bénédite a regroupé, autour de la chapelle, les œuvres du département datant de l'Ancien Empire. Pour faciliter l'accès du public, le mur du fond (paroi de la fausse-porte) est désolidarisé des trois autres murs et reculé de 2 mètres ; les reliefs reçoivent une protection vitrée. À partir de 1929, la réorganisation du musée permet au département de se regrouper ; la chapelle est démontée pour être réinstallée dans la salle où elle est visible depuis 1934. Elle est alors reconstruite, légèrement surélevée, en un seul bloc et reçoit une couverture et l'éclairage électrique. Lors du ré-aménagement des salles, en 1997, la chapelle n'a pu être déplacée mais elle s'inscrit parfaitement dans le parcours thématique."
Cette chapelle constitue très certainement l'un des joyaux du Louvre. "On y pénètre par une unique porte autrefois tournée vers l’Est (vers le Soleil levant), surmontée d’une large architrave rectangulaire identifiant le propriétaire et ses titres : Akhethetep était "Bienheureux auprès du grand dieu, Ami unique, Prêtre ritualiste, Prêtre de Khnoum, Prêtre d'Horus, Grand des dizaines du Sud, Directeur des deux trônes, Supérieur des chefs, et Secrétaire de la maison du matin”. Ce protocole nous indique qu’Akhethetep faisait partie de l’entourage proche du roi, dont il avait peut-être en charge la protection."
Depuis 1991, la mission archéologique du musée du Louvre bénéficie d'une concession du Conseil suprême des antiquités afin de continuer les fouilles sur le secteur de provenance du mastaba et d'enrichir sa documentation. Ainsi, en 1995, une autre chapelle a été mise à jour. "Les inscriptions indiquent que son propriétaire, un certain Akhethetep, était prêtre de la pyramide d'Ounas. Il s'agit probablement d'un parent de l'Akhethetep du Louvre, peut-être son petit-fils."
En Égypte, les sables n'en finissent pas de livrer le passé...
marie grillot
L'Égypte ancienne au Louvre, Guillemette Andreux, Marie-Hélène Rutschowscaya, Christiane Ziegler, Hachette, 1997
http://egyptophile.blogspot.fr/2015/03/georges-benedite-le-louvre-lui-doit-tant.html
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/crai_0065-0536_1997_num_141_1_15717
http://www.culture.gouv.fr/culture/arcnat/saqqara/fr/savoir_plus/akhethetep.htm
http://www.pourlascience.fr/ewb_pages/a/article-la-recherche-du-tombeau-d-akhethetep-21739.php
http://www.culture.gouv.fr/culture/arcnat/saqqara/fr/recherche/recherche_ana/chapelle_acq.htm
http://www.culture.gouv.fr/culture/arcnat/saqqara/fr/intro_flash.htm
http://www.egypte-antique.fr/index.php?page=oeuvre&id=00005
http://www.insecula.com/oeuvre/O0005408.html
http://www.culture.gouv.fr/culture/arcnat/saqqara/fr/home.htm
et les liens vers le blog de notre ami Richard Lejeune :http://egyptomusee.over-blog.com/article-21348267.htmlhttp://egyptomusee.over-blog.com/article-23185788.htmlhttp://egyptomusee.over-blog.com/article-23185066.html




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