vendredi 17 avril 2015

Un petit tour à la grande tour du Caire


Elle a l’affront de dépasser de 50 m en hauteur Sa Majesté la pyramide de Khéops. Mais sans doute peut-on lui pardonner, car elle est considérée comme un chef-d’oeuvre architectural.



Inaugurée officiellement le 11 avril 1961 et ayant fait l’objet récemment d’importantes rénovations, la Tour du Caire, implantée sur l’île de Guezireh (quartier résidentiel de Zamalek), est devenue l’un des symboles de la capitale égyptienne. D’une hauteur totale, avec ses excroissances destinées aux télécommunications, de 187 m, doté d’observatoires nichés à 133 m et 143 m, cet édifice offre aux visiteurs, outre différentes formules gastronomiques dans un restaurant tournant, la possibilité d’englober du regard toute la ville du Caire et ses environs. Avec un clin d’oeil complice en direction de la Grande Pyramide ! Si les 2.500 marches vous effraient, trois ascenseurs sont à votre disposition pour atteindre le sommet.
Naoum Shebib

Sa construction, rendue possible par un financement américain de 6 millions de dollars (en dédommagement, peut-on lire de-ci de-là, pour une non-participation à la construction du haut barrage d’Assouan), a duré 5 années. Elle a été conçue et réalisée par Naoum Shebib (1915-1985), l’un des principaux architectes égyptiens et le précurseur de l’architecture moderne en Égypte.
La Tour du Caire se caractérise par la légèreté, la pureté, la transparence et la simplicité de ses lignes. “Le motif de losanges en béton armé qui recouvre la tour s'allonge de plus en plus, donnant l'apparence d'un mouvement ascendant à mesure que le regard se dirige vers le haut. Les lignes qui s'entrelacent sur toute la hauteur s'ouvrent légèrement au sommet, imitant une fleur de lotus d'inspiration pharaonique.” (site internet consacré à l’architecte Naoum Shebib)



Les matériaux utilisés ont été laissés à l’état brut, sans décorations superficielles. La structure de la tour comporte un corps central, quatre colonnes périphériques et des plateformes, réparties sur toute la hauteur, qui soutiennent l'enveloppe extérieure constituée de losanges également en béton armé. Choisi pour son apparence et sa résistance aux intempéries, un revêtement de tesselles (comptez bien : il y en 8 millions !) recouvre les surfaces extérieures de la tour sur toute sa hauteur. Quant à la base de l’édifice, qui repose sur une dalle de béton armé appuyée sur le roc situé à 25 mètres de profondeur, et à son escalier principal, ils sont construits en granite rose poli d'Assouan, un matériau souvent employé par les anciens Égyptiens.
Les connaisseurs en matière de construction et notamment les spécialistes de la perspective apprécieront : la réalisation de la tour a exigé de grandes prouesses architecturales et techniques afin de donner une apparence de légèreté à une construction en hauteur tout en préservant sa solidité et sa stabilité. Les rangées de losanges, toutes différentes les unes des autres et représentant 24 fenêtres par étage, “ont fait l'objet de calculs complexes dans leur conception et d'une compétence assurée dans leur exécution”.




Cette tour, commentait Naoum Shebib le jour de l’inauguration, siège parmi les tours en béton armé les plus hautes au monde. Sa hauteur atteint 187 mètres et dépasse de 50 mètres la grande pyramide. Nous avons tenu compte des méthodes les plus modernes concernant la construction en béton armé. Le périmètre de la tour est recouvert d'un filet en béton en forme de losanges qui s'allongent de plus en plus, donnant au spectateur l'impression d'un mouvement ascendant à mesure que son regard se dirige vers le ciel. Je tiens à mentionner le courage des ouvriers égyptiens ainsi que leur patience et leur capacité à travailler à pareille hauteur malgré les intempéries auxquelles ils étaient exposés.

Des anciens bâtisseurs de pyramides à leurs très lointains collègues contemporains, les Égyptiens ont le génie constructeur qui coule dans leurs veines.

MC

Site officiel de la Tour : http://www.cairotower.net/

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