samedi 21 juin 2014

William Matthew Flinders Petrie : un homme qui a compté dans l'égyptologie

W.M. Flinders Petrie à Abydos (1922)


William Matthew Flinders Petrie est un égyptologue britannique né le 3 juin 1853, à Charlton dans le Kent. Il doit son 2e prénom à son grand-père qui explora les côtes australiennes et dressa la première carte de ce continent. "Son père était un arpenteur et ingénieur civil, et sa mère était intéressée par les fossiles et d'autres sujets scientifiques." L 'enfant étant jugé de constitution trop faible pour être scolarisé, ce sont eux qui se chargent de son éducation.

À 13 ans, il lit un livre sur la grande pyramide. De là naît sa passion pour l'Égypte. Elle se conjugue à une passion pour les mesures, anciennes et modernes et sur les instruments qui les rendent plus précises.

Très attiré par les théories en pyramidologie du professeur Piazzi Smyth, il se rend pour la première fois en Égypte en 1880 afin d'y étudier les pyramides de Gizeh. Il prouve alors que les théories de Smyth sont fondées sur "une erreur de logique". 

Pendant trois ans, il fouille la grande pyramide, étudiant chaque couche du sol, afin d'établir des datations plus précises. La stratigraphie, toujours en vigueur aujourd'hui, est alors une technique totalement novatrice dans les méthodes de fouilles.
Petrie a une approche simple pour le fondement de sa méthodologie :”Je crois que la vraie ligne de recherche réside dans la constatation et la comparaison des plus petits détails."

En 1883, Amelia Edwards l'engage à l'Egypt Exploration Fund (EEF) où il succède à Edouard Naville.

Son caractère est difficile, il est renommé pour sa "redoutable autorité" ! Il congédie de ses équipes de nombreux égyptologues, dont James Quibell… et Howard Carter, dont il fait ainsi le dur "éloge" : "Mr. Carter est un garçon de bonne composition qui s'intéresse uniquement à la peinture et à l'histoire naturelle ; je ne vois pas l'utilité pour moi d'en faire une fouilleur !"

Pour des raisons d'incompatibilité de caractère, il quitte l'EEF et décide de fonder son propre corps archéologique qui devint, plus tard, la British School of Archaeology en Égypte.

Pendant 40 années, il fouille sur un nombre impressionnant de sites : à Abou Rawash, Tanis, Naucratis, Assouan, Dahchour, Meïdoum, Amarna, Coptos, Nagadah, El Kab, Denderah, Hiérakonpolis, Abydos, Menphis, Bouto, Gournah… Maspero, estimant que ses "méthodes de fouille sont aux antipodes des siennes", lui refusera cependant plusieurs fois de fouiller à Saqqarah.

On lui doit des découvertes extraordinaires comme, à partir de 1888, celle de plus de 1000 portraits du Fayoum ; en 1896, le buste de Meritamon au Ramesseum ; en 1903, la statuette en ivoire de Khéops à Abydos ; en 1905, la magnifique tête en stéatite de Tiyi dans le Sinaï… et tant d'autres.

Il diffuse très largement les résultats de ses multiples travaux et recherches. Le titre de "père de l'archéologie" lui est souvent attribué. Il est l'auteur de plus de 100 livres et 900 articles.

Il est le premier professeur d'archéologie égyptienne à l'University College de Londres auquel il vend, en 1913, son exceptionnelle collection d'antiquités. Elle vient enrichir le musée de l'université - déjà riche d'une partie des collections d'Amelia Edwards - qui prend ensuite le nom de "Petrie museum".

Le grand égyptologue est anobli en 1923 et devient alors "Sir Petrie".

Plus tard, il décide de s'installer en Palestine où il travaille sur les chantiers Hyksos.

Il meurt à Jérusalem le 18 juillet 1942, à 89 ans, après une vie pleine et bien remplie.

Il semblerait qu'il ait inspiré les scénaristes d'Hollywood pour développer le héros d'Indiana Jones. Il a aussi servi de modèle à l'égyptologue - romancière Barbara Mertz (Elizabeth Peters) pour le personnage de Radcliffe Emerson.

marie grillot

sources : 
http://www.experts-tourisme.fr/original-indiana-s386312.htm
http://www.ucl.ac.uk/museums/petrie/
http://www.digitalegypt.ucl.ac.uk/archaeology/petriedigsindex.html
http://www.yare.freeola.org/bibliographies/wmfpetrie.pdf
http://pyramidales.blogspot.fr/2009/02/la-construction-de-la-pyramide-de.html

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