samedi 21 juin 2014

Un cartouche de trouvé, un sarcophage de perdu...


Le colonel britannique Richard William Howard Vyse (25 juillet 1784 - 8 juin 1853) aurait-il mieux fait de continuer à s’occuper de la chose militaire plutôt que de se mêler d’archéologie ?
Quoi qu’il en soit, contentons-nous de mentionner trois particularités du parcours, sur les rives du Nil, de cet "égyptologue" qui, aidé de l'ingénieur John Shae Perring, effectua de nombreuses fouilles dans la région memphite.

Tout d’abord, aux grandes ambitions les grands moyens : le militaire-égyptologue ne s’embarrassa pas de scrupules quant à la technique adoptée pour aller sonder les entrailles de la Grande Pyramide ; il utilisa rien moins que la poudre à canon ! 
De l'égyptologie à la hussarde...

Ce en quoi il n’était pas très éloigné des moyens précédemment mis en oeuvre par le calife-sapeur Al-Ma’moun (IXe siècle) qui, à la recherche d’un hypothétique trésor dans le célèbre monument, demandait à ses artificiers d’allumer du feu sur la pierre, puis d’y jeter du vinaigre, et ensuite de : "battre la place avec les machines".

Howard Vyse est par ailleurs célèbre, au moins auprès de la grande majorité des égyptologues, pour avoir découvert le cartouche de Khéops (qui a récemment défrayé la chronique suite aux prélèvements effectués par deux "experts" allemands dans le but de vérifier l’âge de la Grande Pyramide). Il s’agit d’un graffiti, de couleur ocre, peint sur une paroi de l’une des chambres dites "de décharge" au-dessus de la Chambre du Roi, portant le nom du roi auquel est attribuée la pyramide.

Finalement, au cours de son exploration, sur le plateau de Guizeh, de la pyramide de Mykérinos, Vyse trouva le sarcophage du roi. Bien que vide, ce sarcophage en basalte représentait une découverte de toute première importance, sur laquelle le souverain d’alors de l’Égypte, le pacha ottoman Méhémet Ali, devait tout logiquement être informé. Mais le colonel aventurier en décida autrement. Il fit prendre à cette pièce majeure de l’archéologie égyptienne une autre route : celle du British Museum.

Le sarcophage fut donc démonté, puis embarqué à bord du bateau "Beatrice" qui, à l'automne 1938, quitta le port d’Alexandrie avec sa cargaison secrète. Mais le voyage ne se déroula pas comme prévu. Le bateau ne parvint jamais à destination. Fut-il intercepté sur son parcours, en Italie, à Chypre ou ailleurs ? Sombra-t-il au cours d’une violente tempête sur les côtes de l’Espagne ? L’histoire demeure désespérément muette sur cet événement.

Seul témoignage à notre disposition : un dessin du sarcophage établi par Perring...

De là à charger Vyse de plusieurs "crimes archéologiques", il n’y a qu’un pas que d’aucuns franchissent.

Qu’il nous suffise de remarquer que, depuis les méthodes pour le moins expéditives de Vyse, les spécialistes en égyptologie ont adopté d’autres techniques plus méticuleuses. Plus respectueuses surtout d’une histoire qui n’a pas encore révélé tous ses secrets.

Marc Chartier

sources :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Richard_William_Howard_Vyse
http://www.eridu.co.uk/Author/egypt/giza.html
http://pyramidales.blogspot.fr/2010/02/la-maconnerie-de-la-chambre-du-roi.html

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