dimanche 22 juin 2014

Shadi Abdel Salam, l'inoubliable réalisateur de "La Momie"


D'une famille originaire de Haute-Égypte, Shadi Abdel Salam naît à Alexandrie le 15 mars 1930. Il étudie au Victoria College et demeurera, toute sa vie, extrêmement empreint de la culture anglaise.

Il est attiré par le dessin, la peinture et la lecture. Ses passions l'aideront d'ailleurs à supporter les deux longues années de maladie survenues dans son adolescence.

Pendant ses études, son professeur d'art dramatique l'encourage fortement à cultiver ses dons pour la comédie. Il part ainsi à Paris, puis Londres, puis Rome, étudier le théâtre. Il finit cependant par rentrer en Égypte où il reprend des études d'architecture aux Beaux-Arts du Caire. Diplômé en 1954, il semble regretter alors sa première vocation… et, en 1956, il repart étudier le théâtre en Angleterre.

Il commence sa carrière cinématographique comme assistant de plusieurs cinéastes égyptiens, dont Salah Abou Seif (qui se trouve être son voisin à Zamalek) et Youssef Chahine (pour "Saladin"). Il est très "couru" également comme réalisateur de décors et créateur de costumes.

Sa rencontre avec Rossellini s'avère déterminante, et après avoir réalisé plusieurs courts métrages, il se lance en 1969 dans la réalisation de son premier, et unique, long métrage : "La Momie".

"The night of counting the years" retrace la découverte, dans la nécropole thébaine, de la cachette des momies royales par la famille Abdel Rassoul, dans les années 1880. Ce film aborde avec tact le respect dû à la fois à l'héritage culturel et au clan familial. Le personnage de Wanis, l'un des fils de la famille des pilleurs de tombes, est face à ce dilemme et son cheminement, ses questionnements, ses doutes, sont bouleversants. L'histoire est traitée de façon sensible, digne. Même les silences sont éloquents. Ce film, on l'a compris, est un chef-d'œuvre, tout en intensité dramatique.

Pendant 15 ans, Shadi Abdel Salam travaille ensuite sur un énorme projet - "Akhenaton” - qui, malheureusement, ne verra jamais le jour.

Atteint d'un cancer, il meurt au Caire le 8 octobre 1986. Il n'a que 56 ans, alors que sa créativité avait encore tant de belles idées à délivrer.

Dès son décès, se constitue "The association of the friends of Shadi Abdel Salam". Ce groupe perpétue sa mémoire en réunissant, en rassemblant tout ce qu'il a réalisé, produit, écrit, de façon à constituer un véritable testament culturel.

L'ensemble est ensuite racheté par la Bibilotheca Alexandrina et est désormais présenté en exposition permanente dans un hall dénommé “Le monde de Shadi Abdel Salam".

marie grillot

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