Durant son enfance, sa famille ne pouvant se permettre de payer ses études, il est envoyé dans une école où il apprend à psalmodier le Coran. Une fois diplômé, honoré du titre de shaykh, il est admis pendant deux ans à l’université d’al-Azhar.
Il se rend alors compte que sa vraie passion n’est pas le chant religieux, mais la musique dite “populaire”, par l’interprétation et la composition.
Il lui faut tout d’abord une formation : il la trouvera dans l’école de musique dirigée par Sami Effendi.
Il lui faut ensuite tester son talent, se “lancer” : il aura l’occasion de le faire, dès 1909, au cours de tournées organisées dans divers pays arabes par Selim Attallah, dont il a rejoint la formation. Le succès, toutefois, n’est pas au rendez-vous et le public n’est guère enthousiaste.
Le début des années 20 marque un tournant dans la vie de Sayed Darwish : après les échecs qu’il a connus, il décide de se lancer dans l'aventure de la scène. Il s'installe au Caire et se familiarise avec les principales compagnies de spectacle, dont celle de Nagib al-Rihani, pour qui il compose sept opérettes.
Puis il crée finalement sa propre troupe avec laquelle il présente des pièces telles que “Shéhérazade” et “al-Barûka”. Il en composera plus de 20 entre 1917 et 1923. Mais, s’il fait preuve d’imagination, tout en s’inspirant du rythme folklorique local, il ne reçoit pas l'audience qu’il espérait.
Et pourtant…
Oui, et pourtant, le talent et les compositions de Sayid Darwish sont aujourd’hui considérés comme un “pont” entre la musique arabe traditionnelle, dont il ne bouleverse pas les structures traditionnelles, et la musique moderne, notamment occidentale. À ce titre, ce “visionnaire” est salué comme “le père de la nouvelle musique égyptienne et le héros de la renaissance de la musique arabe”.
Sa composition la plus connue est bien sûr “Bilâdî, Bilâdî, Bilâdî”, l’hymne national égyptien dont le texte a été adapté d'un célèbre discours de Mustafa Kamil.
Sayed Darwish disparaît, prématurément, à l'âge de 31 ans, le jour du retour d'exil du leader nationaliste Saad Zaghloul, qui est accueilli sur le sol d’Égypte aux sons de… “Bilâdî, Bilâdî, Bilâdî”.
Lors de son passage en Syrie, il avait fait la connaissance d’Osman Al-Moussely, une grande personnalité de la musique arabe de l'époque, et, en 1916, celle de Georges Abyad et Salama Hegazi dont il intégra la troupe musicale.
Salama Hegazi, à qui Sayed Darwish venait d’être présenté, avait dit : “Rappelez-vous bien le nom de ce jeune homme !”
Marc Chartier
Écouter Sayed Darwish :
http://youtu.be/5gxR0pHhxfM
http://www.hibamusic.com/Egypt/sayed-darwish/sayed-darwish-1947.htm

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