dimanche 22 juin 2014

Le voyage de l’obélisque : Louxor/Paris (1829-1836)



Mohamed Ali avait offert à la France l'un des deux obélisques d'Alexandrie surnommés les "Aiguilles de Cléopâtre". Cependant, lorsque Champollion arrive à Louxor, il estime que les obélisques du temple sont infiniment plus beaux et dignes d'intérêt et que ce sont ceux-là que la France doit avoir.

En avril 1830, un émissaire de Charles X est reçu par Mohamed Ali et cette idée est émise. Mohamed Ali, qui conçoit une grande reconnaissance pour la France, accepte de grand cœur de donner, en plus de l'obélisque d'Alexandrie, les deux de Louxor.
Champollion a déjà fait son choix : ce sera celui de droite, qu'il trouve en bien meilleur état, qui partira à Paris. Il a en outre précisé qu'il n'était absolument pas question de le découper en morceaux : "Ce serait un sacrilège !" 

Mais comment transporter de Louxor à Paris une masse de 230 tonnes ?

L'exposition retrace : "l’incroyable voyage de l’obélisque depuis le temple de Louxor jusqu’à la place de la Concorde à Paris", une aventure humaine riche en rebondissements qui dura près de sept ans.

Un bateau spécial est construit : 'Le Luxor'. Les 400 m qui séparent l'obélisque du Nil vont occasionner quatre mois de travail pour 200 hommes avec machines, cordes et cabestans. Ils doivent ensuite attendre des semaines la crue du Nil pour pouvoir redescendre. 

Le monolithe arrive enfin, dans son étui de bois, au pont de la Concorde, le 23 décembre 1833

"Le 25 octobre 1836, c'est le grand jour : 200.000 Parisiens sont sur la place de la Concorde pour voir l'érection du grand monolithe. Un orchestre joue 'Les Mystères d'Isis', de Mozart. À 11 h 30, l'appareil de levage, un portique pivotant par un ensemble de câbles, est actionné par 350 artilleurs. Apollinaire Lebas, qui dirige l'opération, est sous l'obélisque, préférant mourir en cas d'accident. À midi, Louis-Philippe apparaît au balcon du ministère de la Marine. Les bois craquent, les boulons se tordent, les câbles se tendent à l'extrême, mais ça tient. À 14 h 30, l'obélisque repose sur son piédestal de 9 m, sans ciment. Le drapeau tricolore est hissé au sommet par quatre marins." 

marie grillot

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