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| Coucher de soleil sur le Nil (photo Marie Grillot) |
"Et dans le ciel rougeâtre et dans les flots vermeils,
Comme deux rois amis, on voyait deux soleils
Venir au-devant l'un de l'autre."
Romancier, poète, dramaturge, intellectuel, homme politique aussi, Victor Hugo est l'une des grandes personnalités du paysage français du XIXe siècle. "Sa passion du verbe, un sens de l'épique et une imagination féconde" alliés à ses engagements (défenseur des classes ouvrières, dénonciateur de la ségrégation sociale, abolitionniste, européen de la première heure…) ont fait qu'il a porté l'image de la France bien au-delà des frontières.
Ainsi, nous convient-il de cueillir au passage cet hommage de Gamal el-Ghitany, auteur d'une cinquantaine de romans : "Pour les intellectuels égyptiens, la France demeure une référence culturelle. Je ne suis pas francophone, mais le premier roman que j'ai lu était une traduction des Misérables, de Victor Hugo.
Hugo, grand voyageur, n'a cependant jamais entrepris - comme de nombreux intellectuels d'alors - le voyage en Orient. Il disait d'ailleurs, si joliment, en s'extasiant sur le "Voyage en Orient" de Gérard de Nerval, qu'il "le dispensait d'aller en Égypte".
Mais son talent, son génie, sa sensibilité, son imagination, son amour des mots, des situations, des lieux lui ont permis d'écrire sur ce pays de magnifiques poèmes.
En voici un intitulé "Le Feu du ciel", paru dans "Les Orientales" en 1829.
"L'Égypte ! - Elle étalait, toute blonde d'épis,
Ses champs, bariolés comme un riche tapis,
Plaines que des plaines prolongent ;
L'eau vaste et froide au nord, au sud le sable ardent
Se disputent l'Égypte ; elle rit cependant
Entre ces deux qui la rongent
Trois monts bâtis par l'homme au loin perçaient les cieux
D'un triple angle de marbre, et dérobaient aux yeux
Leurs bases de cendre inondées ;
Et, de leur faîte aigu jusqu'aux sables dorés,
Allaient s'élargissant leurs monstrueux degrés,
Faits pour des pas de six coudées.
Un sphinx de granit rose, un dieu de marbre vert,
Les gardaient, sans qu'il fût vent de flamme au désert
Qui leur fît baisser la paupière.
Des vaisseaux au flanc large entraient dans un grand port.
Une ville géante, assise sur le bord,
Baignait dans l'eau ses pieds de pierre.
On entendait mugir le semoun meurtrier,
Et sur les cailloux blancs les écailles crier
Sous le ventre des crocodiles.
Les obélisques gris s'élançaient d'un seul jet.
Comme une peau de tigre, au couchant s'allongeait
Le Nil jaune, tacheté d'îles.
L'astre-roi se couchait. Calme, à l'abri du vent,
La mer réfléchissait ce globe d'or vivant,
Ce monde, âme et flambeau du nôtre ;
Et dans le ciel rougeâtre et dans les flots vermeils,
Comme deux rois amis, on voyait deux soleils
Venir au-devant l'un de l'autre."
Victor Hugo (26-02-1802 - 22-05-1885) reçoit des obsèques nationales. Selon ses dernières volontés, c'est dans le "corbillard des pauvres" que sa dépouille est transportée. Il repose désormais au Panthéon.
marie grillot
source :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Victor_Hugo

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