samedi 21 juin 2014

Le chadouf : une histoire d'eau égyptienne





Un dessin d'Émile Prisse d'Avennes, sur un texte de Maxime Du Camp (1822-1894), extrait de "Le Nil : Égypte et Nubie"
“Ces chadoufs sont très simples et connus sans doute en Égypte de toute antiquité, car on les retrouve tels qu'ils sont aujourd'hui dans les peintures des spéos de Beni-Haçan et d'El-Kab.

Ils sont composés d'un levier suspendu vers le tiers de sa longueur sur une traverse horizontale que soutiennent deux montants verticaux enfoncés au sommet des berges du Nil. La branche la plus courte du levier est alourdie d'un contrepoids de terre durcie, et sa
branche la plus longue porte une verge de bois rattachée par un lien flexible ; de sorte que pendant les mouvements d'inflexion du levier, cette verge reste toujours verticale.
À son extrémité inférieure pend un seau de cuir que le moindre effort fait plonger dans l'eau et dont on déverse le contenu, soit dans un canal circulant à travers les terres, soit dans une cavité où un autre chadouf vient le prendre ; j'ai vu quelquefois, lorsque les rivages sont hauts, jusqu'à cinq étages de ces primitives machines que manient des hommes nus et haletants.
Dans certains districts, les fellahs y travaillent jour et nuit, et souvent sur ma barque, lorsque je ne dormais pas, j'entendais, dans le silence et l'obscurité, monter lentement vers le ciel le chant plaintif de ces malheureux que nul repos ne délasse.”

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