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| Gustave Hubert Delchevalerie (16 janvier 1841 - 5 mars 1899) |
Visitant Paris à l’occasion de l'Exposition Universelle de 1867, le Khédive Ismail fut émerveillé par les travaux réalisés sous la direction de Georges Eugène Haussmann.
L’art de l’aménagement urbain imaginé par le baron allait l’inspirer. Dès 1868, il fit appel à des ingénieurs, architectes, sculpteurs et paysagistes français pour créer, dans le centre ville du Caire, une atmosphère "parisienne".
Gustave Hubert Delchevalerie fera partie du voyage, en compagnie de Pierre Barillet-Deschamps (créateur du Bois de Boulogne), tous deux anciens collaborateurs du baron Haussmann, avec la mission de participer à la modernisation du Caire en créant des parcs publics, jardins botaniques et promenades paysagées.
Delchevalerie (16 janvier 1841 - 5 mars 1899) était chef de culture au Service des promenades et plantations de Paris quand il fut débauché par le Khédive Ismail. Il travailla en Égypte de 1868 à 1878 et obtint du souverain, pour récompense de ses bons et loyaux services, le grade d'inspecteur au ministère égyptien de l'Agriculture.
Avec Barillet-Deschamps, il modernisa et aménagea, entre autres espaces verts, le magnifique parc de l'Ezbekieh, fondé par l’émir Ezbek Men Tatakh Al-Thahery en 880 de l’hégire (1475 après J.-C.).
La tâche ne fut pas aisée. Lisons plutôt ce qu’écrivit Delchevalerie : "À notre arrivée en Égypte, en 1868, le parc de l’Ezbekieh ancien était si mal entretenu et si mal fréquenté que tout le monde venait s’y installer, marchands de friture, cafés en plein air, jeux forains, concerts sous les arbres, jeux de hasard, etc., et qu’il n’était pas rare d’y voir jouer du couteau en plein jour et assassiner du monde. Pour faire cesser cet état de choses, le Khédive Ismaël résolut de faire subir à cette promenade une nouvelle et complète transformation. Un parc de vingt feddans (huit hectares) de forme octogone a été tracé au milieu de l’ancien sur un nouveau remblai de deux mètres en moyenne, et entouré d’une belle grille en fer, avec quatre portes monumentales aux quatre points cardinaux. Les alentours immédiats ont été transformés en de nouveaux quartiers, avec des rues à trottoirs couverts par des arcades, comme dans la rue de Rivoli à Paris." ("Le Parc public de l'Ezbekieh au Caire", par Gustave Delchevalerie)
Pour les aménagements, l’imagination des paysagistes français et la "libéralité" du Khédive furent sans limites. Le parc fut orné d’un rocher, d’une grotte avec cascade d’eau du Nil alimentée par un réservoir situé au faîte du rocher. Il proposait, pour la distraction des promeneurs, deux kiosques à musique, un chalet-restaurant européen, des tonnelles de verdure, deux cafés chantants, un théâtre de plein air, une brasserie, des glaciers-limonadiers, des chevaux de bois, un tir à la carabine, des vélocipèdes nautiques, un atelier de photographie…
Quant aux plantations, elles formaient : une des plus belles collections de végétaux exotiques qui aient été jamais réunies sur le sol égyptien. (Elles provenaient) de toutes les parties chaudes et tempérées de l’ancien et du nouveau continent".
Au-delà de ce parc de prestige, Delchevalerie, en sa qualité d’inspecteur des plantations au ministère de l’Agriculture et du Commerce en Égypte, supervisa les travaux de peuplement végétal du jardin khédival d’horticulture et d’acclimatation de végétaux et animaux utiles dans l’île de Ghézireh.
Marc Chartier

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