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| Statue du Nil - marbre - Musée du Vatican - Inv. 2300 |
Porteur de vie avec ses eaux bienfaisantes, le Nil a aussi irrigué d’autres "cultures". Certains des plus grands musées du monde renferment des oeuvres d’artistes ayant puisé leur inspiration à sa source.
Ainsi en est-il des musées du Vatican où le visiteur peut admirer un célèbre groupe sculpté (Inv. 2300) dans du marbre blanc, probablement réalisé à l’époque de l’empereur Hadrien. "(Cette) gigantesque statue du Nil, précise le site internet des musées du Vatican, a été découverte en 1513 à Rome, dans le quartier du Champ de Mars, où elle ornait probablement ce qu'on appelle l'Iseo Campense, un temple dédié aux divinités égyptiennes Isis et Sérapis. Le fleuve est représenté sous les traits d'un vieillard étendu sur un flanc, tenant une corne d'abondance pleine de fruits dans la main gauche et des épis de blé dans la main droite. L'Égypte est symbolisée par la présence d'un sphinx, sur lequel s'appuie la figure, et par des animaux exotiques. La scène est animée par seize putti, qui évoquent les seize coudées d'eau, c'est-à-dire le niveau atteint par le Nil pendant la saison des crues. Sur le socle, on distingue un paysage nilotique, des pygmées, des hippopotames et des crocodiles. La sculpture s'inspire peut-être d'une statue monumentale du Nil en basalte noir, chef-d'œuvre de la sculpture hellénistique alexandrine, que Pline l'Ancien décrit et situe sur le Forum de la Paix."
La découverte de ce chef-d’oeuvre sous le pontificat de Léon X a été précédée un an auparavant, sur le même site, par celle d’une sculpture représentant un autre fleuve “antique” : le Tibre. Après avoir été restaurées sur demande du Pape Clément XIV par le sculpteur Gaspare Sibilla, les deux statues colossales furent installées dans le musée Pio-Clementino au Vatican. Puis, à la suite du traité de Tolentino de 1797, les deux groupes furent cédés à la France. Celui du Nil fut enfin restitué à Rome en 1816 et placé dans la nouvelle aile des musées du Vatican, où il se trouve aujourd’hui.
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| Statue du Nil - marbre - Musée du Vatican - Inv. 2300 |
Cette sculpture aux traits réalistes, finement imprimés dans le marbre, évoque, sur le mode de l’allégorie, la fécondité qu’apportaient en abondance les crues périodiques du Nil. Tous les éléments de cette symphonie du bien-être sont présents : les angelots malicieux dans lesquels on se plaît à voir les “seize montées souhaitées du Nil” ; “le sphinx, dont l’aspect a pour origine la combinaison des signes du Lion et de la Vierge sous lesquels l’inondation a lieu” ; la sérénité majestueuse du personnage “incarnant” le Nil… “Chaque détail, commente Giuliana Santuccio, est un symbole, jusqu’au voile enveloppant les bras du fleuve, et cachant la source alors inconnue faisant référence aux sources du fleuve, que personne à l’époque n’avait encore découvertes.”
"Ainsi coule le Nil, écrivait en mars 1949 Édouard Antoun dans la revue égyptienne “La Femme nouvelle”, avec l'impassibilité des choses qui se sentent éternelles, au milieu des sociétés éphémères et des siècles qui passent, au milieu du mirage incessant des illusions humaines. Merveilleuse permanence des forces de la nature ! Lui seul est resté immuable, depuis le jour où il s'est creusé un lit vers la mer, alors que la civilisation est née et morte sur ses bords, alors que tant de révolutions et de grandeurs s'y sont tour à tour élevées et brisées par les jeux du hasard et de l'homme. Rien ne viendra changer la régularité inexorable de son cours, aussi réglé, a-t-on dit, que ceux du soleil ou de la lune, tandis que des villes et des empires, des ambitions et des gloires se développent encore et s'effondrent sur ses rives. Or il continuera à les alimenter de son limon fertile sans se tourmenter de ce qu'il suscite et recouvre ensuite depuis des temps immémoriaux."
Marc Chartier
sources :
http://mv.vatican.va/5_FR/pages/x-Schede/MBNs/MBNs_Sala01_02.html
http://www.louvre.fr/oeuvre-notices/le-tibre
http://www.cealex.org/pfe/diffusion/PFEWeb/pfe_066/PFE_066_002_w.pdf
http://www.amisdesevres.com/download/16_62-67.pdf


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