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| Robert Talbot Kelly -The ruins at Karnak |
"Kelly était surtout un excellent aquarelliste, qui obtenait ses effets atmosphériques par des dégradés subtils de ses teintes - rose, jaune pâle, chamois et bleu coquille d'œuf."
Ses toiles d'un désert qui croule sous le soleil écrasant sont nimbées d'une brume de chaleur, les couleurs y sont délayées, presque délavées, au point parfois de ne laisser suggérer qu'une impression… Toutes les douces nuances du sable, du blond au presque blanc lorsque le soleil aveugle, sont déclinées.
Ses toiles représentant les monuments sont belles, tendres, le monument y a sa juste place, ses pierres ont été étudiées afin d'en décrypter les multiples nuances. Le paysage qui l'entoure forme un halo, et là encore, la lumière écrase et illumine à la fois.
Dans ses tableaux de Bédouins, il a saisi toutes les nuances, toutes les subtilités, toute la poésie qui va d'un nuage de sable soulevé par le trot des chameaux à la grâce ou la fierté d'une attitude des hommes du désert. Se ressent, aussi, subrepticement, le temps d'observation consacré à rendre au mieux cette réalité : les longs jours passés près d'eux lui ont permis de s'en faire accepter : "car ses écrits et ses peintures dénotent un profond respect pour leur mode de vie".
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| L'Egypte de Robert Talbot Kelly |
Les scènes du bord du Nil restituent les thèmes habituels : les femmes qui vont puiser de l'eau, les fellahs qui ramènent leur troupeau ou bien encore les pêcheurs au fil de l'onde. Mais Talbot Kelly, par la magie de ses pinceaux, les a rendues particulièrement touchantes. Et là, pour rendre la luxuriance de la végétation, il lâche ses couleurs et toutes les nuances de verts éclatent et se répandent.
Ses scènes du Caire sont tout à la fois romantiques et réalistes. On y lit la langueur et la lumière de l'Orient et on en perçoit presque le bruit, les senteurs et la poussière. Au Caire : "il plantait son chevalet au beau milieu de la rue, au grand dam de son propre confort et à celui de la circulation".
Lorsqu'il peignait, Talbot Kelly acceptait l'eau qu'on lui proposait, mais jamais qu'on lui prête une ombrelle pour le protéger des rayons ardents car, disait-il : "une fois qu'un peintre en acceptait l'ombre, il se trouvait assis sur une petit île d'ombre cramoisie, entourée par une mer de lumière jaune, conditions dans lesquelles il me semble impossible de déterminer la valeur du pigment que vous utilisez".
Mais pourquoi chercher à analyser son travail alors que Somers Clarke l'a fait de façon si élégante et poétique : "La qualité de sa palette - des bleus et des rouges profonds, des ombres aux couleurs très pâles telles que le soleil les rend - est peut-être due au courage personnel qu'il mit à traduire ses théories dans la pratique. Il est particulièrement talentueux pour rendre cette zone transitive de l'horizon, lorsque la poussière suspendue dans l'air donne une faible teinte violette ou pourpre à l'atmosphère qui, quelque part, sans transition marquée et visible, se fond dans une nuance bleu pâle."
Robert Kelly est arrivé en Égypte au tout début des années 1880, en 1882 exactement. Il est né 21 ans plus tôt, en Angleterre ; sa mère se prénomme Mary et son père, d'origine irlandaise, est Robert Georges Kelly, un peintre de paysages qui jouit d'une belle réputation.
Enfant, il aime peindre et passe du temps dans l'atelier paternel. En 1876, il arrête sa scolarité et s'oriente dans le négoce de coton. En 1879, afin de se remettre d'un fort surmenage, il entreprend une croisière. Il n'a jamais cessé de peindre et les paysages qu'il découvre l'enchantent. À son retour, il décide de changer de vie, de voyager et, surtout, il décide de devenir peintre. Il part vers l'Afrique du Nord, puis, dès 1882, il s'installe en Égypte. Il loue un studio au Caire, apprend l'arabe, visite le pays et passe de longs séjours dans le désert, s'installant avec les Bédouins.
En 1902, il publie "Egypt, painted and described by Talbot Kelly", un ouvrage de 250 pages de textes, enrichi de 75 planches colorées de ses aquarelles, presque un guide de voyage de luxe !
Cet ouvrage assoit sa renommée et au Caire : "il recevait des commandes de dignitaires et de membres de l'aristocratie".
Il se rend également en Islande et en Birmanie où il semble qu'il ait eu : "un impact significatif sur le développement de la peinture birmane du début du XXe siècle".
Des raisons de santé l'amènent à quitter définitivement l'Égypte au début de la Seconde Guerre mondiale.
Il s'installe à Londres où il ne cesse de peindre. Ce grand peintre orientaliste s'éteint le 30 décembre 1934. Son fils, Richard Talbot Kelly, est également devenu peintre, mais avec une orientation, disons 'ornithologique'.
marie grillotsources :
http://www.gutenberg.org/files/18647/18647-h/18647-h.htm
http://www.artfinding.com/39265/Biography/Kelly-Robert-George-Talbot?LANG=fr
http://fr.wahooart.com/@/RobertGeorgeTalbotKelly
Historical articles and illustrations » Blog Archive » Robert Talbot Kelly: Artist
http://www.lookandlearn.com/blog/11577/robert-talbot-kelly-artist/
http://www.artnet.fr/artistes/robert-george-talbot-kelly/a-shepherd-and-his-flock-in-front-of-egyptian-Jea_MnmitLM_T1469Q4qXg2
http://www.artnet.fr/artistes/robert-george-talbot-kelly/an-arab-bedouin-with-his-flock-of-goats-before-aa-SDijk40e--TlLhMuIGSycQ2




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