Un mythe égyptien explique la naissance des abeilles et du miel en ces termes : "Le dieu Rê pleura et les larmes de son oeil tombèrent sur le sol ; elles se changèrent en abeille ; l’abeille construisit (ses rayons), son activité s’exerçant sur les fleurs de toutes les espèces végétales ; ainsi naquit la cire, et ainsi naquit le miel, à partir des larmes du dieu Rê."
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| Scène d'apiculture - Tombe de Pabasa - TT279 - El-assassif (rive ouest de Louqsor) |
Le miel est très apprécié des anciens Égyptiens. On retrouve notamment trace de leur savoir-faire en apiculture sur un bas-relief de la “Chambre des saisons” dans le temple solaire de Niouserrê, sixième roi de la Ve dynastie, à Abou Ghorab en Basse-Égypte, ainsi que dans les tombes thébaines de Pabasa (TT279), majordome de la divine adoratrice Nitocris, et de Rekhmiré, de la XVIIIe dynastie (TT100).
Les ruches sont constituées de poteries oblongues entreposées horizontalement, ou peut-être de tubes faits de roseaux agglomérés avec de la boue. Pour l’extraction du miel - détail que l’on peut voir dans la tombe de Rekhmiré - les apiculteurs ont recours à la technique de l’enfumage. Par contre, aucune protection individuelle n’est représentée.
Dans l’Égypte ancienne, le miel trouve plusieurs utilisations. Dans l’alimentation tout d’abord, comme édulcorant pour la fabrication de pâtisseries ou du vin, puis dans la pharmacopée de l’époque : le miel est alors connu pour ses vertus cicatrisantes (par exemple après une circoncision), antiseptiques (pour soigner les blessures ou les brûlures), anti-inflammatoires (problèmes ophtalmologiques). Il est également utilisé comme aphrodisiaque, ou comme spermicide dans une préparation à base d’épines d'acacia finement broyées, mélangées à des dattes. Est-il par ailleurs utilisé pour la momification ? Georges Posener (Dictionnaire de la civilisation égyptienne) ne le pense pas, contrairement à ce qu’affirment d’autres sources selon lesquelles le miel et la cire entrent dans la composition d'onguents destinés à oindre le corps du défunt.
De naissance divine, l’abeille ne peut qu’avoir une place de choix dans la mythologie égyptienne. Le miel "semble jouer un rôle dans des rites associés à la royauté, particulièrement en liaison avec le 'Per-our' et le 'Per-neser', les deux sanctuaires archaïques de Haute et Basse Égypte ; vu la symbolique attachée à l’abeille, il n’y a là rien de surprenant puisque l’image de l’hyménoptère, qui était évidemment utilisée pour écrire le nom de l’insecte lui-même - 'bit’'- , l’était aussi pour noter ceux, homophones, du miel et de la couronne rouge, ou encore le mot 'bity’ - 'celui qui appartient à l’abeille' - qui désignait le roi de Basse Égypte, et parfois même le souverain du pays tout entier." (Jean-Pierre Corteggiani, L’Égypte ancienne et ses dieux, Fayard, 2007)
La spécificité apicole de l’Égypte a étrangement traversé les siècles. Ainsi, dans sa "Description de l'Égypte contenant plusieurs remarques curieuses sur la géographie ancienne et moderne de ce pays", Benoît de Maillet, consul de France en Égypte et inspecteur des Établissements français au Levant, observe et écrit en 1740 : "En vous entretenant des oiseaux que produit l’Égypte, je ne dois pas oublier de vous parler des abeilles ou mouches à miel. Il y en a une très grande quantité dans ce pays, et on y conserve encore aujourd’hui un usage introduit par les anciens Égyptiens de les nourrir d’une manière très singulière. Vers la fin d’octobre, lorsque le Nil, en baissant, a laissé aux laboureurs le temps d’ensemencer les terres, la graine de sainfoin est une de celles qu’on sème des premières, et qui rapporte le plus de profit. Comme la Haute Égypte est plus chaude que la Basse, et que les terres y sont de même plus tôt découvertes de l’inondation, le sainfoin y croît aussi plus tôt.
La connaissance que l’on en a fait qu’on y envoie de toutes les parties de l’Égypte les ruches à miel qui s’y trouvent, afin que les abeilles jouissent de meilleure heure de la richesse des fleurs qui naissent dans cette contrée, plutôt qu’en aucun autre endroit du royaume.
Ces ruches, parvenues à cette extrémité de l’Égypte, y sont entassées en pyramides sur des bateaux préparés pour les recevoir, après avoir été toutes numérotées par les particuliers qui les y déposent. Là, ces mouches à miel paissent dans les campagnes pendant quelques jours ; ensuite, lorsqu’on juge qu’elles ont à peu près moissonné le miel et la cire qui se trouvent dans les environs à deux ou trois lieues à la ronde, on fait descendre les bateaux qui les portent deux ou trois lieues plus bas, et on les y laisse de même à proportion autant de temps qu’il est nécessaire pour moissonner les richesses de ce canton. Enfin, vers le commencement de février, après avoir parcouru toute l’Égypte, elles arrivent à la mer, d’où l’on repart pour les conduire chacune dans les lieux de leur domicile ordinaire. Car on a soin de marquer exactement sur un registre chaque quartier d’où partent les ruches au commencement de la saison."
Marc Chartier
sources :
http://www.egyptis.com/forum/l-egypte-antique-pour-egypticiens-modernes-t2228-15.html
http://www2.rz.hu-berlin.de/nilus/net-publications/ibaes13/publikation/ibaes13_pub_text.pdf
http://irna.lautre.net/Le-miel-des-pyramides.html
http://www.culturediff.org/mediasources/articles/CCdE6-Pfouma.pdf
sources :
http://www.egyptis.com/forum/l-egypte-antique-pour-egypticiens-modernes-t2228-15.html
http://www2.rz.hu-berlin.de/nilus/net-publications/ibaes13/publikation/ibaes13_pub_text.pdf
http://irna.lautre.net/Le-miel-des-pyramides.html
http://www.culturediff.org/mediasources/articles/CCdE6-Pfouma.pdf




Bon article sur le miel en Egypte antique ;le miel est prononcé Tammant comme en Amazigh actuel
RépondreSupprimerAnecdote intéressante, le fait que du miel Égyptien datant de 3000 ans et encore comestible ait été découvert est une légende urbaine qui prend sa source au début du 20eme siècle.
RépondreSupprimerDétails ici :
http://irna.lautre.net/Le-miel-des-pyramides.html