Georges (Henri) Posener , égyptologue
Paris, 12 -9-1906 - Garches, 15-5-1988
Georges (Henri) Posener est né à Paris le 12 septembre 1906, dans une famille d'intellectuels russes, installés en France depuis 1903 (ils retourneront dans leur pays en 1917, puis reviendront en France en 1921).
Élevé dans un milieu multiculturel, il est scolarisé au lycée russe de Paris, puis intègre la Sorbonne. Licencié ès lettres, il rejoint l'École Pratique des Hautes Études (EPHE) où il se spécialise en égyptologie. Ses professeurs sont notamment Gustave Lefebvre et Alexandre Moret.
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| Fouilles de Deir El-Medineh (cl. IFAO) |
En 1931, il part pour la première fois en Égypte et devient pensionnaire de l'IFAO (Institut français d'archéologie orientale du Caire). Il rejoint la mission dirigée par Fernand Bisson de la Roque, à Tod, à 20 km de Louqsor. Il y effectue les premiers relevés des textes du temple ptolémaïque et romain avec Étienne Drioton et Jacques Vandier.
| Puits aux ostracas (cl. Marie Grillot) |
Puis il intègre l'équipe de Bernard Bruyère à Deir el-Medineh. Il prend part à de magnifiques découvertes, des tombes bien sûr, mais aussi le grand puits qui : "livra des objets par milliers, notamment des ostracas et des papyrus". Il : "étudie ce matériel inédit et abondant d'ostraca hiératiques. Cerny prend en charge la documentation administrative, Posener s'occupant des ostracas littéraires." Ce travail influence très certainement son orientation professionnelle et il devient : "un spécialiste de l'édition des documents cursifs, mais aussi un refondateur de l'étude de la littérature égyptienne". En 1933, il présente sa thèse sur "La première domination perse en Égypte".
En 1939, il est contacté par Jean Capart pour étudier une acquisition faite par le musée du Cinquantenaire à Bruxelles : il s'agit de figurines d'envoûtement dont il déchiffrera les textes magiques qu'il publiera.
Lorsque la guerre débute, il sert dans l'armée française, puis les lois antiraciales l'obligent à se cacher à Paris, aidé en cela par de nombreux amis, dont Jacques Vandier... Il rejoint ensuite la Résistance et participe à la libération de Paris.
En 1945, il est nommé directeur d'études à l'EPHE "dans une chaire d'histoire et d'archéologie égyptienne". En 1960, à 54 ans, il épouse Paule Violette Posener-Kriéger et l'on imagine sa fierté lorsqu'elle a été nommée, en 1981, à la direction de l'Institut du Caire : "cette grande maison où se forme l'élite de nos chercheurs en Égyptologie comme en Islamologie". Cela lui permet de retrouver : "ainsi plus assidûment encore les pas de sa jeunesse et le foyer d'étude où il s'était nourri toute sa vie, où il avait trouvé l'aliment de tous ses travaux, de tout son enseignement, soit comme directeur d'études à l'École pratique des Hautes Études, soit ensuite comme professeur au Collège de France".
De 1933 à 1980, il s'emploie à dresser le : "catalogue des ostracas hiératiques littéraires de Deir el-Medineh dont la publication ponctue régulièrement sa carrière avec trois volumes qui constituent une somme où les générations à venir trouveront à puiser pour longtemps. Pour ce faire, il fallut à Georges Posener déployer des qualités de méthode et d'investigation qui assuraient un inventaire exhaustif, de véritables qualités de détective ; il lui fallut surtout procéder à des déchiffrements malaisés de l'écriture hiératique, difficile entre toutes, où pourtant il était passé maître, un maître universellement reconnu, comme l'attestent les titres honorifiques qu'il reçut aux États-Unis, en Angleterre ou en Allemagne."
Il s'est également passionné à chercher et traduire : "de véritables contes qui se poursuivent à travers des manuscrits appartenant à des époques différentes".
Georges Posener a été un chercheur et un enseignant connu et reconnu. Il a écrit près de 100 ouvrages et a formé de grands égyptologues. Parmi eux, comment ne pas citer Serge Sauneron et Jean Yoyotte (avec lesquels il publiera le "Dictionnaire de la civilisation égyptienne”) ou bien encore Alain Zivie.
La vie de Georges Posener a été riche et remplie... Il est mort à Garches, le 15 mai 1988.
sources :
Bierbier, M., Who Was Who in Egyptology, London: Egypt Exploration Society
François Pouillon, Dictionnaire des orientalistes de langue française, IISMM-Karthala, 2012
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/crai_0065-0536_1988_num_132_2_14615
http://www.academia.edu/1335656/Le_dieu_Thot_et_la_parole
http://www.fltr.ucl.ac.be/fltr/glor/epo/egypte/Sin2.htm
https://mbombog.wordpress.com/2014/02/06/les-definitions-de-maat/



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