![]() |
C'est dans les terres riches et fertiles du Beaujolais que Pierre Montet voit le jour, le 27 juin 1885. Ses études l'amènent en khâgne à Lyon où il a pour professeur Édouard Herriot. Puis les cours de Victor Loret le confirment dans sa passion pour l'égyptologie.
En 1910, il est nommé pensionnaire de l'IFAO (Institut français d'archéologie orientale) au Caire.
Il débute alors ses missions sur le terrain. En Moyenne-Égypte, en 1911, il étudie de nombreux sites (Kasr es-Sayad, Siout, Der Rifeh), ainsi que les tombeaux de Béni-Hassan où, écrit-il "J'ai pu collationner les légendes, dessiner quelques scènes et détails qui se trouvaient rendus un peu sommairement dans les planches de M. Newberry, inexactement dans celles de Champollion et de Rosellini".
De 1913 à 1914, sur la nécropole d'Abou Roach, il met à jour de grands tombeaux de la Ière dynastie (Nagada III) contenant des poteries, des récipients en pierre et de petits objets en ivoire ou en cuivre.
Mobilisé pendant la guerre de 1914, il reçoit la Croix de Guerre et la médaille militaire.
En 1919, il devient enseignant à l’université de Strasbourg, puis, pendant les cinq années suivantes, il dirige les fouilles de Byblos. En 1925, se basant sur ses travaux, principalement ceux effectués dans le mastaba de TI, il soutient brillamment sa thèse de doctorat sur "Les scènes de la vie privée dans les tombeaux de l'Ancien Empire".
Pierre Montet se préoccupe de "retrouver en Égypte même les vestiges de la présence des Hébreux sous les Ramessides. Il décide alors de fouiller à Tanis, encore mal connu et que l’on a longtemps confondu avec la cité de Pi-Ramsès palais-forteresse pharaonique destiné à endiguer les avances des Hittites au Proche-Orient et avec celle d’Avaris".
Après les fouilles réalisées par Mariette (1860) et Petrie (1884), il devient "l'homme de Tanis", retrouvant d'ailleurs "la stèle de l'an 400" jadis découverte par Mariette.
Dans l'antique Djanet, il découvre des monuments importants remontant à l'Ancien et au Moyen Empire, les vestiges de la capitale des Hyksôs, ceux, beaucoup plus évocateurs de la ville royale ramesside, et, enfin, la nécropole royale des XXIe et XXIIe dynasties.
Masque de Psousennès
"Tanis, ville située à proximité de la route de l'Asie, n'a jamais cessé d'être en relation avec les puissances asiatiques, et appartient à l'histoire de l'Asie comme à celle de l'Egypte." En 1939, les sépultures, malheureusement pillées des rois Osorkon II, Takélot II et du prince Hornakht de la XXIIe dynastie sont découvertes. Et puis, en mars 1939… enfin ! Une tombe inviolée. Son collaborateur, l’égyptologue Georges Goyon, raconte ainsi comment le pharaon Chéchonq renaît à la vie par la magie de son nom prononcé : "C’est alors qu’apparut l’inscription gravée sur le bandeau ventral du sarcophage avec les cartouches porteurs du protocole royal que j’eus le plaisir de déchiffrer le premier : "Héqakheperrê Chéchanq-aimé d’Amon", lis-je à haute voix. Montet s’irrita : "Vous avez certainement mal lu, on ne connaît pas de roi portant ce prénom-là", déclara-t-il. Chéchonq II, roi d’origine libyenne de la XXIIe dynastie venait d’entrer dans l’Histoire moderne." La découverte est "royale" et "le lendemain, en présence du roi Farouk, nous soulevâmes ensemble le couvercle du sarcophage d’argent. C’est alors qu’apparut dans toute sa beauté, fixé par la magie du métal incorruptible, le masque d’or, l’image rayonnante, du pharaon Héqakheperré-Chéchanq. Ce magnifique masque, frappé dans une seule plaque d’or pur, d’une épaisseur d’un millimètre, était non seulement une admirable pièce d’orfèvrerie, mais aussi un document historique de premier ordre."
En février 1940, la tombe de Psousennès Ier (XXIe dynastie) est découverte. Son contenu est d'une richesse incroyable, comparable à celui de Toutankhahmon. Cependant les affres de la Seconde Guerre mondiale rendent difficile l'exploitation de la découverte tout en la privant d'un certain retentissement. En 1946, la tombe du général Oundebaouended, contemporain de Psousennès Ier est également mise à jour.
En 1987, l'exposition "Tanis l'or des pharaons" organisée par Jean Yoyotte au Grand Palais à Paris a permis aux Français, émerveillés, de découvrir ces trésors qui se trouvent au musée égyptien du Caire.
Pierre Montet a été couvert d'honneurs, appelé à enseigner au Collège de France, élu à l’Institut de France, Président de la Société française d'égyptologie, Commandeur de la Légion d'honneur… Auteur prolifique, il a été également le fondateur de la revue "Kemi".
L'homme de Tanis meurt à Paris, dans la nuit du 17 au 18 juin 1966.
marie grillot
sources :
“La découverte des trésors de Tanis”, Georges Goyon, Paris, 2004, p. 133-148).http://www.ifao.egnet.net/recherche/?cx=017268457047622373162%3Azukjfg4widw&cof=FORID %3A11&q=pierre+montet&sa=Rechercher
http://youtu.be/JDzyhVqBbuhttp://suite101.fr/article/la-tombe-inviolee-du-roi-chechonq-ii-retrouvee-a-tanis-egypte-a26868#.U5hay2eKB9M
ephe.fr/bibliotheques/bibliotheques-et-centres/centre-wladimir-golenischeff


Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire