dimanche 22 juin 2014

Le street art : un art "inspiré"


Ce graffiti, peint sur les murs de Louxor, est inspiré d'une scène qui se trouve dans un "papyrus satirique" datant de la XXe dynastie, provenant probablement de la nécropole de Deir el-Medina située sur la rive Ouest.

Le "Satirical papyrus" se trouve au British Museum. Il comporte de nombreuses scènes de parodies dans lesquelles les animaux s'adonnent à des activités humaines.

Ici, un lion joue ainsi au "senet" (jeu d'échecs de l'antiquité) avec une antilope, continuant une partie débutée… il y a 3200 ans ! Quel sera le vainqueur ? Le lion, qui semble si sûr de lui ? Ou bien l'antilope, qui semble douter mais dispose encore visiblement d'un atout ?

N'en terminant pas là avec les références antiques, le "graffiteur" a ajouté un second lion, qui semble être "dessiné" par l'élégante déesse Seshat ("celle qui écrit"). Elle est reconnaissable à son élégante silhouette et à sa curieuse coiffe, composée d'une fleur (ou d'une étoile) à 7 pointes, surmontée d'une paire de cornes inversées (Sefekhètâbouy ).

Si le nom de l'illustrateur du papyrus demeure inconnu, celui de l’artiste qui a "repensé" ou "revisité" la scène et l'a fait descendre dans la rue nous est connu. 

Alaa Awad est né à Louxor. Il est diplômé de l'Académie d'Art de cette ville et y enseigne désormais. Dans ses oeuvres murales (au Caire, à Louxor), "il s'attache à montrer l'identité propre de l'Égypte en reprenant des motifs traditionnels des temples et des tombes". Il y ajoute de façon subtile des liens imaginaires avec le présent.

"J'ai toujours été impressionné par l'art pharaonique ; toutes mes peintures sont inspirées par l'art ancien égyptien, mais avec une approche modifiée et plus contemporaine”, explique Alaa, qui ajoute également : "Nous ne pouvons pas voir notre avenir si nous oublions notre passé."

marie grillot

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