Ce graffiti, peint sur les murs de Louxor, est inspiré d'une scène qui se trouve dans un "papyrus satirique" datant de la XXe dynastie, provenant probablement de la nécropole de Deir el-Medina située sur la rive Ouest.
Le "Satirical papyrus" se trouve au British Museum. Il comporte de nombreuses scènes de parodies dans lesquelles les animaux s'adonnent à des activités humaines.
Ici, un lion joue ainsi au "senet" (jeu d'échecs de l'antiquité) avec une antilope, continuant une partie débutée… il y a 3200 ans ! Quel sera le vainqueur ? Le lion, qui semble si sûr de lui ? Ou bien l'antilope, qui semble douter mais dispose encore visiblement d'un atout ?
N'en terminant pas là avec les références antiques, le "graffiteur" a ajouté un second lion, qui semble être "dessiné" par l'élégante déesse Seshat ("celle qui écrit"). Elle est reconnaissable à son élégante silhouette et à sa curieuse coiffe, composée d'une fleur (ou d'une étoile) à 7 pointes, surmontée d'une paire de cornes inversées (Sefekhètâbouy ).
Si le nom de l'illustrateur du papyrus demeure inconnu, celui de l’artiste qui a "repensé" ou "revisité" la scène et l'a fait descendre dans la rue nous est connu.
Alaa Awad est né à Louxor. Il est diplômé de l'Académie d'Art de cette ville et y enseigne désormais. Dans ses oeuvres murales (au Caire, à Louxor), "il s'attache à montrer l'identité propre de l'Égypte en reprenant des motifs traditionnels des temples et des tombes". Il y ajoute de façon subtile des liens imaginaires avec le présent.
"J'ai toujours été impressionné par l'art pharaonique ; toutes mes peintures sont inspirées par l'art ancien égyptien, mais avec une approche modifiée et plus contemporaine”, explique Alaa, qui ajoute également : "Nous ne pouvons pas voir notre avenir si nous oublions notre passé."
marie grillot

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