Dominique Vivant Denon est accueilli, le 4 janvier 1747, à Chalon-sur-Saône, au sein d'une famille aisée de la noblesse bourguignonne. Une bohémienne lui aurait prédit "qu'il serait aimé des femmes, qu'il irait à la cour dans toute l'Europe et qu'une constellation lumineuse comblerait un jour ses vœux".
Un destin s'annonce … il en sera digne !
Il rejoint Paris où il abandonne ses études de droit, préférant, et de loin, fréquenter le milieu des arts. Il devient bientôt un familier de la cour de Louis XV à Versailles. Il publie des pièces de théâtre, et - anonymement - un comte libertin. Il est décrit comme un "séducteur sans beauté, collectionneur sans scrupules et touche-à-tout sans limites ; une admiratrice dit aussi de lui "Il a un je-ne-sais-quoi-de-malicieux".
Il commence une carrière diplomatique, qui le mène en Russie, en Suisse, puis à Naples où il reste plusieurs années. Il s'y consacre à sa passion pour les monuments anciens, qu'il dessine et grave.
À son retour en France, en 1787, Louis XVI le fait admettre à l'académie royale de peinture et de sculpture. Grand collectionneur, il passe beaucoup de temps à rechercher des oeuvres d'art. À la révolution, il part pour Venise et en profite pour compléter ses collections, mais il en sera expulsé pour soupçon d'espionnage.
Il fréquente Jacques Louis David, Robespierre et se rapproche de Joséphine de Beauharnais.
C'est ainsi qu'à 51 ans, il embarque à Toulon avec l'expédition de Bonaparte. Il suit la division Desaix jusqu'en Haute-Égypte. Il s'adonne totalement à ce qu'il aime et où il excelle : "le croquis de voyage, le lavis à l'encre brune sur papier blanc ou bleu, le dessin au trait à la plume à la pierre noire ou à la sanguine sur papier calque ou sur papier légèrement orangé. Il ne cesse de se consacrer à l'eau-forte, à la lithographie et au relevé archéologique. Voici son récit de la découverte de la ville de Thèbes, le 26 décembre 1798, par les soldats français épuisés et fatigués : "L'armée s'arrêta d'elle-même, et, par un mouvement spontané, battit des mains, comme si l'occupation des restes de cette capitale eût été le but de ses travaux glorieux, eût complété la conquête de l'Égypte. Je fis un dessin, et je trouvai dans le complaisant enthousiasme des soldats des genoux pour me servir de table, des corps pour me donner de l'ombre…"
Près de 600 planches et 400 croquis ont été ainsi répertoriés. Au delà de sa valeur esthétique, cette somme de travail représente un témoignage inédit d'informations et de données sur l'Égypte. À son retour, il restitue ses impressions dans les deux volumes du "Voyage dans la Basse et la Haute Égypte."
Par un décret de 1802, il est nommé directeur du Muséum central des arts, qu'il fera très vite rebaptiser Musée Napoléon. Ce musée deviendra ensuite le musée royal et enfin Le Louvre. En hommage à son premier directeur, une de ses ailes porte aujourd'hui son nom.
Vivant Denon a également "sous sa responsabilité directe le musée des Monuments français, le musée spécial de l'École française de Versailles, les galeries des palais du gouvernement. La Monnaie des médailles, les ateliers de la Chalcographie, de gravures sur pierres fines et de mosaïque sont également soumis à son autorité, auxquels s'ajoutent bientôt les manufactures de Sèvres, de Beauvais et des Gobelins". En cela peut-être a-t-il été aussi l'ancêtre - ou le précurseur - de nos ministres de la culture ?
Napoléon le charge de parcourir l'Europe afin de rechercher les œuvres d'art pour enrichir le musée.
Il organise nombre d'expositions, et de concours notamment pour la réalisation de monuments. Il est chargé du projet de la colonne Vendôme, dont il fait l'esquisse. Il participe activement à l'organisation du mariage de l'empereur avec Marie-Louise dans le salon carré du Louvre.
Après la chute de Napoléon, et quelques "affaires critiques", il est amené à démissionner en 1815... C'est sans illusion aucune qu'il profère ces mots : "Il ne sera bientôt plus question de moi, mais je n'en serai point étonné."
Il se consacre alors au dessin, à la gravure, à la lithographie et à sa somptueuse collection d'œuvres art.
Il meurt le 27 avril 1825, à 78 ans, dans son immense domicile parisien. Et comme personne mieux que lui ne peut résumer sa vie, les mots de la fin lui appartiennent : "Je n'ai rien étudié, parce que cela m'eût ennuyé. Mais j'ai beaucoup observé, parce que cela m'amusait. Ce qui fait que ma vie a été remplie et que j'ai beaucoup joui." (Vivant Denon dans une lettre à Lady Morgan).
marie grillot
http://www.napoleonica.org/denon/denon_bio.html
http://www.archeologiesenchantier.ens.fr/spip.php?article86
http://www.histoire-image.org/site/oeuvre/analyse.php?i=436
http://www.herodote.net/Vivant_Denon_1747_1825_-synthese-347.php
http://www.republique-des-lettres.com/vivant-denon-9782824901312.php

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