![]() |
| Trois fellahs, 1835, crayon et aquarelle sur papier, 24,4 x 32,9 cm Musée cantonal des Beaux-Arts de Lausanne |
Le peintre orientaliste Charles Gleyre naît le 2 mai 1806 dans le canton de Vaud (Suisse). Orphelin très tôt, il est accueilli à Lyon par son oncle. À 20 ans, il part à Paris étudier la peinture dans l'atelier de Louis Hersent. Mais l'académisme de celui-ci ne le satisfait pas, il préfère suivre les cours des Beaux-Arts.
En 1829, il part pour Rome. Au cours de ce séjour de trois années, il fait de belles rencontres, dont celles d'Hector Berlioz et Horace Vernet.
C'est grâce aux recommandations de ce dernier qu'il a la "possibilité d'accompagner en Égypte un riche américain en lui servant en quelque sorte de reporter-dessinateur. Il lui était demandé à chaque étape d'esquisser un paysage et de présenter des études d'habillement et les attitudes des indigènes… Après la visite du Caire, les hommes remontent le Nil dans des conditions difficiles et s'arrêtent aux lieux essentiels : Thèbes, Hénéh, Philae, Abou-Simbel."
Pendant ces longs mois au cours desquels ils parcourent l'Égypte, il travaille au crayon, à l'encre de Chine, à l'aquarelle ou à l'huile, pour son commanditaire. Parallèlement, il se constitue, son propre carnet de voyage.
Il décide de poursuivre, seul, son périple vers le Soudan. Il passe un an à Khartoum, mais un problème de vue l'oblige à rentrer en France.
Dans un premier temps, il se ré-installe à Lyon. C'est là que, avant d'embarquer à Marseille, Gustave Flaubert et Maxime du Camp passent le voir. Flaubert relate ainsi l'entrevue : "À Lyon, nous avons vu Gleyre, un peintre qui a longtemps habité l'Orient (cinq ans) ; il a été jusqu'en Abyssinie. D'après ses conseils nous resterons peut-être plus longtemps en Égypte que nous ne l'avions décidé, quitte à sacrifier ou à bâcler le reste de notre voyage."
Il rejoint ensuite Paris. Il y rassemble ses esquisses et les impressions de son voyage en Égypte.
Plusieurs de ses toiles sont exposées au Salon de 1843. Il décrit ainsi l'une d'elles - "Le soir" - qui lui apporte enfin une certaine notoriété : "C'était le 31 mars 1835, par un beau crépuscule sur le Nil, à hauteur d'Abydos. Le ciel était si pur, si calme, qu'après la masturbation du cerveau à laquelle je m'étais livré toute la journée, il m'eût été difficile de dire si je voguais sur un fleuve ou dans les espaces infinis de l'air…"
En 1843, il est nommé professeur à l'École des Beaux-Arts à Paris. Il dirige l'atelier de Paul Delaroche "refusant, en souvenir de ses propres années de misère, toute autre rémunération de ses élèves que le prix du loyer". Il forme bon nombre de peintres : Gérome, Monet, Renoir, Whistler, Sisley, Bazille.
Il meurt le 5 mai 1874 en laissant une œuvre qui mêle des influences romantiques et néo-classiques et plus généralement orientalistes. "L'Égypte a apporté à Gleyre ce qu'il avait en vain cherché à Rome : le sens de la liberté et le goût de l'étrange, de la mobilité des choses qui font de lui un peintre peu académique, plein d'audace et de sensibilité."
marie grillot
sources :
http://www.cahiers-naturalistes.com/pages/Gleyrea.html
http://www.bcu-lausanne.ch/wp-content/uploads/2013/05/dp-09.pdf ;
François Pouillon, Dictionnaire des Orientalistes de langue française, Karthala
http://books.google.fr/books?id=UVPhEUNg7CcC&pg=PA474&lpg=PA474&dq=charles+gleyre+pouillon&source=bl&ots=-mcLnOU3Wu&sig=NT9Dp8ctqSYhMUtqLDup8GCpG_8&hl=fr&sa=X&ei=cWxiU4SeGOe40QWP1ICACg&ved=0CE0Q6AEwBw#v=onepage&q=charles%20gleyre%20pouillon&f=false ;
http://www.latribunedelart.com/spip.php?page=docbig&id_document=2201 ;

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire