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Portrait d'Howard Carter jeune (auteur et date inconnus)
Découvreur, en novembre 1922, de la tombe de Toutankhamon (Londres 9-5-1874 - 2-3-1939)
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C'est le 9 mai 1874, au 10 Roch Terrace à Kensington (Londres), qu'Howard Carter voit le jour. Le bébé est fragile, la fratrie est nombreuse et trois enfants de Martha Joyce et Samuel John Carter sont déjà décédés. Natifs de Swaffham dans le Norfolk, les parents décident de le confier à une nurse afin qu'il puisse grandir à l'air pur de la campagne.
Chétif, l'enfant semble avoir quelques difficultés à s'adapter aux exigences de la scolarité. Il n'est pas impossible que son éducation ait alors été confiée à un précepteur…
De sa mère, il dira plus tard : "she was a small kindly woman who loved luxury". Quant à son père, il est peintre animalier et travaille aussi pour "Illustration London news", ce qui l'amène à partager son temps entre Londres et Swaffham. C'est lui qui initie Howard au dessin, à la peinture et à l'aquarelle. Il lui rendra d'ailleurs ainsi hommage dans son autobiographie : "Dans la famille nous avons tous hérité de notre père une faculté innée pour le dessin".
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| Portrait d'Howard Carter jeune, à Swaffam (auteur et date inconnus) - Musée de Swaffam Découvreur, en novembre 1922, de la tombe de Toutankhamon (Londres 9-5-1874 - 2-3-1939)
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Howard, qui est en contact avec la nature, les animaux, les insectes, révèle un véritable talent. Il commence à gagner sa vie en peignant des animaux de compagnie (même s'il avoue avoir toujours eu une aversion pour les petits chiens de salon), alors qu'il adore peindre les oiseaux.
C'est alors qu'il accompagne son père dans le domaine voisin de Didlington Hall qu'un beau concours de circonstances le mettra sur la voie de l'égyptologie... Les propriétaires, les Amherst, ont une passion pour l'Egypte. Ils possèdent une fort belle collection d'antiquités, constituée principalement par l'acquisition de celles du Révérend R. T. Deder et de l'antiquaire John Lee. Ce sera le premier contact d'Howard avec l'ancienne civilisation... Il y rencontre par ailleurs Percy Newberry, très investi dans l'Egypt Exploration Found, créée par Amelia Edwards en 1882, et qui supervisera les fouilles de Lord Amherst … Sur les recommandations de Lady Amherst, il accepte d'engager le jeune Howard, âgé de 17 ans.
Avant son départ, il s'initie à l'Égypte antique en dessinant les artefacts des Amherst et en fréquentant le British Museum. Il découvre ainsi les statues, les bas-reliefs, les bijoux et amulettes et se familiarise avec le monde pharaonique, les dieux et les déesses ...
C'est en octobre 1891 qu'est enfin signé son contrat en tant que dessinateur "pour un salaire qui n'excédera pas 50£".
En arrivant au Caire, il a le temps de visiter le musée, avant de rejoindre son premier chantier à Beni Hassan. Puis, il est envoyé à Louqsor pour réaliser des relevés sur le temple de Montouhotep. Il travaille ensuite avec William Matthew Flinders Petrie à Amarna, mais leur collaboration sera de courte durée, le jugement de son employeur étant alors pour le moins péremptoire : "Mr. Carter est un garçon de bonne composition qui s'intéresse uniquement à la peinture et à l'histoire naturelle ; je ne vois pas l'utilité pour moi d'en faire une fouilleur !".
De retour sur l'ancienne Thèbes, il reproduit les bas-reliefs de Deir el-Bahari qui illustreront magnifiquement l'ouvrage d'Edouard Naville "The Temple of Deir el-Bahari".
Doucement, son "statut" évolue, l'ancien peintre animalier devient copiste, "peintre-archéologue", puis bientôt égyptologue, mais il n'arrêtera cependant jamais de peindre…
Il rencontre Gaston Maspero qui dirige le Service des antiquités égyptiennes. Une belle amitié liera par la suite les deux hommes. En 1899, Maspero le nomme inspecteur général des monuments de Haute-Égypte. En 1900, lors d'une visite d'inspection, il écrira à son épouse Louise : "Je suis allé inspecter la rive gauche pour voir ce que Carter y a fait. Il a très bien travaillé. Le Ramesseum est nettoyé, clos de murs presque entièrement et les parties ont été mises au jour que personne n'avaient vues jusqu'alors"…
Il donne totale satisfaction et, en 1904, il est promu inspecteur pour la Basse-Egypte. Il s'installe alors sur le site de Saqqarah.
En janvier 1905, sa carrière souffre de ce qui sera appelé "l'affaire de Saqqarah" : une altercation avec des touristes français légèrement enivrés, qui déposeront ensuite plainte contre lui. Refusant de s'excuser, il va jusqu'à donner sa démission … Gaston Maspero tente de le retenir allant jusqu'à lui dire "qu'il ne saurait comment le service des antiquités ferait sans lui" …
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| A l'arrière du véhicule, Howard Carter à Mena House, près des Pyramides, en 1905 il est alors inspecteur du service des antiquités pour la Basse et la Moyenne Egypte |
Buté, il refuse. Il est toutefois lucide sur lui-même et se décrit ainsi : "Je suis de tempérament bouillant et je possède en outre cette ténacité que les personnes mal intentionnées décrivent parfois comme de l’entêtement, et qu’aujourd’hui … mes ennemis se plaisent à désigner par les termes de mauvais caractère. Eh bien, je ne puis rien y changer !"
Il vivra très mal sa mutation à Tantah … Le samedi 4 novembre 1905, la "Gazette Égyptienne" annoncera : "M. Howard Carter a démissionné de son poste d'inspecteur des Antiquités". La fin de l'année 1905 le trouve ainsi sans travail et donc sans appointements…
Il revient à son premier travail d'artiste, peignant de magnifiques aquarelles. Son talent est très largement reconnu, mais cette activité peine à être lucrative car son exigence dans la qualité de ses réalisations est telle qu'il en détruit énormément. Il se lance aussi dans un petit commerce d'antiquités. D'autre part, il ne manque pas de mettre à profit son réseau relationnel : "Il connaissait bon nombre de personnes influentes qui pouvaient utiliser ses services en tant que guide expérimenté pour la visite des monuments, ou bien le recommander à d'autres dans le même but, on pouvait s'attendre à ce qu'il se comporte en 'gentleman', ne manifestant aucune des manières parfois importunes des guides locaux" (T.G.H. James, "The path to Tutankhamun").
Il a 31 ans et c'est, malgré tout, une période, moralement et financièrement, difficile pour lui …
C'est Gaston Maspero qui, d'une certaine façon, le sauvera … Lord Carnarvon qui a, depuis 1906, une concession sur Thèbes ouest, souhaite "un monsieur sachant l'égyptologie" pour superviser ses fouilles. Cet homme ce sera Howard Carter ! Ils se rencontrent à Louqsor mi-janvier 1909 : l'aristocrate anglais lui propose "une somme énorme pour entreprendre, dès février plusieurs mois de fouilles à Drah abou’l Neggeh". S'ils travaillent également à Assouan, à Sakha (l'ancienne Sais) et dans le Delta, c'est bien à Thèbes qu'ils concentrent leurs recherches... C'est d'ailleurs là, près des nécropoles et des temples, qu'ils construiront dès 1911, leur "dig house"…
Dans "Five years' explorations at Thebes : a record of work done 1907-1911" publié en 1912, Lord Carnarvon et Howard Carter rendent compte de leurs premières années de "collaboration". Leur association, respectueuse de part et d'autre, a évolué vers une belle amitié.
En avril 1915, au départ de Theodore Monroe Davis, ils récupèrent la concession de la Vallée des Rois. Ils y feront de belles découvertes et ne tarderont pas à partager la même obsession : "trouver la tombe de Toutankhamon" … Mais cette longue quête de sept années - stérile et coûteuse - finira par décourager l'aristocrate... "À l'été 1922, Carter et Carnarvon eurent une longue et importante discussion dans la magnifique bibliothèque du château de Highclere. Le mécène avait décidé de ne plus financer les travaux dans la Vallée des Rois. Trop peu de résultats l'avaient amené à la conclusion que ces fouilles étaient vaines, dispendieuses et fatigantes. Carter, qui pouvait reprendre à son compte la concession, informa le Lord qu'il était décidé à poursuivre l'exploration de la vallée, quitte à le faire seul à l'aide de ses propres deniers. Carnarvon savait que Carter n'avait pas de fortune et, devant tant de pugnacité de la part de ce dernier et impressionné par sa conviction, l'aristocrate, ému, se résolut à financer une ultime campagne. Dans quelle mesure cette relation un peu mélodramatique de l'entretien transmise par Sir Alan Gardiner est-elle exacte ? Nul ne le saura sans doute jamais" relate avec pertinence et sensibilité Marc Gabolde dans son excellent "Toutankhamon"…
Ce qui devaient être les dernières fouilles débutent le 1er novembre … Et c'est le 4 novembre qu'est découverte la première marche de l'hypogée du jeune pharaon… Howard Carter attendra patiemment l'arrivée de Lord Carnarvon et de sa fille Lady Evelyn qui se trouvaient alors en Angleterre, et c'est le 26 qu'ils pénètrent dans la tombe. C'est aussi ce jour-là qu'ils entrent dans la postérité… Lord Carnarvon décédera quelques mois plus tard, le 5 avril 1923…
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Howard Carter (à gauche) et son mécène, Lord Carnarvon, à droite, découvreurs de la tombe de Toutankhamon en novembre 1922 |
Quant à Howard Carter, pendant dix années, il se consacrera, avec une équipe d'experts, au déblaiement de cette KV 62 et à la préservation des merveilleux artefacts qu'elle recèle…
Le "découvreur" mondialement connu ne doit surtout pas occulter le grand artiste qu'il fut. Les œuvres qu'il laisse sont d'une très haute qualité, la beauté et la maîtrise du dessin étant sublimées par l'harmonie des couleurs. S'il a su restituer avec fidélité et justesse les scènes des tombes ou des murs des temples, il a également su rendre avec une immense sensibilité la blondeur des sables, la douceur d'un pelage, la fragilité d'un plumage, la perspective d'un monument, et bien sûr, l'incomparable lumière de l'Egypte …
C'est cependant dans une quasi-indifférence qu'il s'est éteint,, à son domicile londonien du 49 Albert Court, le 2 mars 1939 ; il sera inhumé quatre jours plus tard au cimetière de Putney Vale, au sud de Londres.
marie grillot
sources :
5th Earl of Carnarvon and Howard Carter, Five Years of Explorations at Thebes, A Record of Work Done, 1907-1911, London, Oxford, New York, 1912
https://archive.org/details/fiveyearsexplora00carnuoft/page/58/mode/2up
John Romer, Histoire de la Vallée des Rois, Vernal - Philippe Lebaud, 1991
Thomas Garnet Henry James, Howard Carter, The path to Tutankhamun, TPP, 1992
https://archive.org/stream/HowardCarterThePathToTutankhamunBySam/Howard+Carter+The+Path+to+Tutankhamun+By+Sam_djvu.txt
Nicholas Reeves, Richard H. Wilkinson, The complete Valley of the kings, The American University in Cairo Press, 1996
Elisabeth David, Gaston Maspero, Lettres d'Egypte, Correspondance avec Louise Maspero, Seuil, 2003
Toutankhamon, Marc Gabolde, Pygmalion, 2015
An album of Howard Carter's watercolours of birds and animals, Carter MSS. vii.1, Editing: Jaromir Malek and Elizabeth Fleming © Griffith Institute, University of Oxford
http://www.griffith.ox.ac.uk/gri/Carter_birds.html
Lost Heritage - Didlington Hall - Norfolk
http://www.lostheritage.org.uk/houses/lh_norfolk_didlingtonhall.html
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| Portrait d'Howard Carter jeune (auteur et date inconnus) Découvreur, en novembre 1922, de la tombe de Toutankhamon Londres 9-5-1874 - 2-3-1939 |









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