lundi 23 juin 2014

1801 - Le "citoyen" Ameilhon présente la traduction du texte grec de la pierre de Rosette

L'inscription grecque qui occupe le tiers inférieur de la stèle est la seule qui peut être lue à cette époque,
même si la cassure qui existe à l'angle inférieur droit implique  une perte conséquente de données.

C'est le 15 nivôse an IX (6 janvier 1801), à l'Institut national à Paris, qu'Hubert Pascal Ameilhon présente, devant ses collègues, la première traduction du texte grec de la pierre de Rosette. 

Grand érudit, éminent linguiste, il est également théologien, journaliste, et bibliothécaire. Son travail, mené avec sérieux et détermination, est basé sur les premières recherches réalisées par l'helléniste Laporte-Dutheil. 

La traduction d'Ameilhon fera autorité jusqu'en 1841, date d'apparition de textes plus précis.

Sur quels documents s'est-il basé pour traduire ce décret à la gloire de Ptolémée V Epiphane (IIe siècle av. J.-C.) ? 

Il nous faut rappeler une partie de l'histoire de cette stèle…

La pierre de Rosette est découverte à Fort Julien (Rosette), en juillet 1799, par François Xavier Bouchard, savant de la campagne d'Égypte. La stèle est gravée en trois écritures : hiéroglyphique, pour lui conférer un caractère sacré ; cursive ou démotique, l'écriture quotidienne ; et enfin la langue des Ptolémées, le grec, dont la seule lecture est alors possible. 

Bouchard comprend l'importance du texte lorsqu'il en lit la dernière phrase : "Ce décret sera inscrit sur des stèles de pierre dure, en caractères sacrés, indigènes et grecs, que l'on dressera dans chacun des temples… à coté de l'image du roi vivant éternellement."

La pierre est transportée à Boulaq. Jean-Joseph Marcel, directeur de l'imprimerie du Caire, met au point une nouvelle technique afin de la reproduire : la stèle est recouverte d'encre ; puis un papier trempé est appliqué, sur lequel est pressé un tampon. Le texte apparaît alors, mais à l'envers : il doit être lu en transparence, ou mis devant un miroir. Le 24 janvier 1800, plusieurs épreuves sont tirées. Nicolas Conté, directeur des ateliers du Caire essaie une autre technique, la chalcographie. Adrien Raffeneau-Delile, quant à lui, appliquera la technique du moulage.

Les épreuves de chaque procédé sont remises au Général Dugua qui les déposera à l'Institut national de Paris.

C'est ainsi que les savants parisiens auront entre les mains, bien avant les Anglais, le texte de Rosette. 

C'est ainsi qu'Ameilhon pourra étudier, puis traduire le texte grec. 

C'est ainsi que Champollion pourra, plus tard, aller encore beaucoup plus loin…

marie grillot

sources :
"La pierre de rosette" - Robert Solé - Dominique Valbelle

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