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| Georges Moustaki |
D’origine grecque, Georges Moustaki naît à Alexandrie le 3 mai 1934. Il s’appelle alors Giuseppe Mustacchi et passera dix-sept années dans sa ville natale. Des années importantes et riches qui font que, toute sa vie, il lui restera viscéralement attaché. Poète, auteur, compositeur, interprète - connu et reconnu - il lui consacrera même une chanson, emplie d’amour, de nostalgie et de reconnaissance (texte ci-dessous).
Le jour de sa mort, le 23 mai 2013, le correspondant de RFI en Égypte, Alexandre Buccianti, qui avait rencontré et bien connu l'artiste, témoignait :
"J’ai rencontré Georges Moustaki en 1990. C’était son premier retour à Alexandrie après un exil d’une quarantaine d’années. Un moment émouvant pour lui comme pour ceux qui l’avaient connu dans son enfance et qui l’appelaient 'Jo'. Une fois la nostalgie dépassée, Jo s’est intéressé au présent de l’Égypte, et c’est ainsi que le troubadour et le journaliste se sont liés. Deux métèques qui parlaient l'italien. Jo m’avait confié qu’il avait appris cette langue, mais aussi le grec, car il avait été pratiquement élevé par la voisine napolitaine.
C’était à l’époque de l’Alexandrie cosmopolite, quand les Grecs et les Italiens se comptaient par dizaines de milliers. L’époque aussi de l’Alexandrie francophone, avec ses journaux et ses librairies dont la célèbre Cité du livre tenue par Moustaki père.
Alexandrie où se produisaient Charles Trenet et Edith Piaf... Georges Moustaki est aujourd’hui pleuré à Alexandrie par une élite francophone et âgée. Un vieil Alexandrin qui avait connu Jo m’a dit, ému : “Nous venons de perdre le dernier phare d’Alexandrie."
"Alexandrie", par Georges Moustaki
Je vous chante ma nostalgie
Ne riez pas si je rougis
Mes souvenirs n'ont pas vieilli
J'ai toujours le mal du pays
Ça fait pourtant vingt-cinq années
Que je vis loin d'où je suis né
Vingt-cinq hivers que je remue
Dans ma mémoire encore émue
Le parfum les odeurs les cris
De la cité d'Alexandrie
Le soleil qui brûlait les rues
Où mon enfance a disparu
Le chant la prière à cinq heures
La paix qui nous montait au coeur
L'oignon cru et le plat de fève
Nous semblaient un festin de rêve
La pipe à eau dans les cafés
Et le temps de philosopher
Avec les vieux les fous les sages
Et les étrangers de passage
Arabes Grecs Juifs Italiens
Tous bons Méditerranéens
Tous compagnons du même bord
L'amour et la folie d'abord
Je veux chanter pour tous ceux qui
Ne m'appelaient pas Moustaki
On m'appelait Jo ou Joseph
C'était plus doux c'était plus bref
Amis des rues ou du lycée
Amis du joli temps passé
Nos femmes étaient des gamines
Nos amours étaient clandestines
On apprenait à s'embrasser
On n'en savait jamais assez
Ça fait presqu'une éternité
Que mon enfance m'a quitté
Elle revient comme un fantôme
Elle me ramène en son royaume
Comme si rien n'avait changé
Et que le temps s'était figé
Elle ramène mes seize ans
Elle me les remet au présent
Pardonnez-moi si je radote
Je n'ai pas trouvé l'antidote
Pour guérir de ma nostalgie
Ne riez pas si je rougis
On me comprendra j'en suis sûr
Chacun de nous a sa blessure
Son coin de paradis perdu
Son petit jardin défendu
Le mien s'appelle Alexandrie
Et c'est là-bas loin de Paris.
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| Alexandrie, photo de Zangaki |



J'ai connu Georges à l'île Ste Marguerite à Cannes lors de ses tournées avec sa nièce Aurélia qui l'accompagnait comme danseuse en danse orientale avec laquelle j'ai noué amitié. Celle ci ayant reprit la librairie familiale je la revu quelques années plus tard au Caire et à Alexandrie lorsque nous avions vingt cinq ans. J'aimerais la remercier du danger dont elle ma prévenue cinq ans plus tard dans une Egypte avec ses troubles politiques.Meilleurs souvenirs... Si elle pouvait me laisser un petit message sur face book ! Bernard Carayon
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