lundi 23 juin 2014

Hermann Ludwig Heinrich von Pückler-Muskau : un prince en Égypte



Ce paysagiste, orientaliste et écrivain allemand, connu sous le nom de plume de Semilasso, était plus à l’aise dans son jardin qu’à l’intérieur de la Grande Pyramide.

Sa réputation tient plus au parc paysager romantique de 559,90 ha qu’il aménagea, de 1815 à 1844, de part et d’autre de la Neisse et de la frontière germano-polonaise, qu’à ses connaissances en égyptologie. Il le reconnaissait d’ailleurs lui-même, lorsqu’il écrivit dans son ouvrage “Egypt under Mehemet Ali” : “Je ne suis pas un savant archéologue en quête de découvertes.”

Le voyage qu’il fit en Égypte le conduisit d’Alexandrie au Caire, puis en Haute-Égypte, jusqu’à Abou-Simbel. Le récit dans lequel il relata ce voyage, “très favorable à l’Égypte, l’est encore plus à l’égard de Méhémet-Ali, avec qui il effectua une partie de son voyage en Haute-Égypte, en mettant ce temps à profit pour l’interroger sur tout. L’image qu’il donne du vice-roi est celle d’un homme d’État avisé, voyant loin et extrêmement soucieux des intérêts de son pays. Il se peut que Méhémet-Ali, habile communicateur, ait influencé d’une manière ou d’une autre ce jugement très positif (...). Mais Pückler-Muskau espérait surtout jouer lui-même un rôle politique en établissant un lien entre la Prusse et l’Egypte.” (Sarga Moussa, “Le Voyage en Égypte”, Robert Lffont, 2004)

Lors de ce séjour en Égypte, au cours duquel il acheta au marché des esclaves du Caire une adolescente, qu’il dénomma “Mahbouba” (Bien-Aimée) et avec laquelle il poursuivit un périple en Asie mineure et en Grèce, le prince Pückler-Muskau visita Thèbes dont il admira les “réelles merveilles”.

Par contre, il ne manifesta pas le même empressement en visitant la Grande Pyramide de Guizeh.
Ses impressions ? Il les résuma ainsi : une entrée colossale, des chambres sombres et misérables, une visite fatigante, des incertitudes sur l’endroit exact à l’intérieur de la pyramide où fut enseveli le roi, pour autant qu’il y ait été inhumé… Et pourtant, il tint à passer par “tout ce qui a été ouvert”, en ayant au besoin recours à des échelles.
Quant aux passages et chambres des pyramides, il y vit un “inconcevable et laborieux terrier de renard”.

À sa décharge, il précisa que son propos était simplement de donner ses “impressions personnelles”, sans plus.
D’où les imprécisions et approximations que l’on peut détecter dans son récit, en dépit du fait que l’auteur connaissait personnellement Vyse et qu’il suivait de toute évidence les travaux de Caviglia. Vyse et Caviglia : deux grands noms, deux références majeures de l’égyptologie, dont il sera ici question ultérieurement.

Marc Chartier


Pour en savoir plus :
http://pyramidales.blogspot.fr/search/label/Muskau%20%28Hermann%20Ludwig%20Heinrich%20von%20Pückle%29
http://fr.wikipedia.org/wiki/Hermann_von_Pückler-Muskau

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